Zombie Eaters à Clermont Et autant mettre les points sur les "i" tout de suite, la première édition qui s'est déroulée à Clermont Ferrand est indiscutablement un succès. Un succès de part la richesse de l'affiche (quelques dizaines de groupes, pas moins, dont Lofofora, Silmarils, Slaves On Dope, Wunjo, Cox ont défilé sur les deux scènes de la Coopé durant trois jours), la bonne humeur et la réponse du public qui ne peut que conforter l'équipe de RS dans l'idée d'envisager une seconde édition l'année prochaine.
Ce qui est bien, c'est que ce festival n'a pas eu lieu à Paris, capitale, mais bien en province. Et quand je dis province, je devrais dire le centre de la France, proclamée pour un week-end capitale mondiale du bon son, de la sueur et de la bonne humeur. Après un premier soir pop rock voir plus si affinitées (Cox, Feverish, Silmarils et bien d'autres) et une soirée métal brûlante (sold out, mais vu l'affiche c'est normal !) avec le Sriracha Possee, le team Coriace et quelques autres formations rimant avec distortion, la soirée la plus éclectique du week-end fut incontestablement le samedi. Et qui éclectisme dit Gui de Champi de la partie. Bon, c'est vrai que dans l'ensemble, la majorité des groupes sont dit néo et consorts, mais bon, des ovni viendront se mêler à la fête pour faire de cette journée du samedi une bonne raison de croire au rock français.
Premiers sur la liste, The Cube, mais malheureusement, je les ai raté. Tant pis. Mais bon, je me serais mordu de louper le deuxième groupe de la journée, tellement leur set a été en tout point parfait !!! Man Made Monster. J'ai juste eu le temps de boire un coup avec le trio avant qu'ils ne montent sur scène. "Vous faites quoi comme genre de zic les gars?" "Euh, du rock mec !". A bah, tu m'étonnes, du rock ! Et du bon. Un de ces croisements comme on les aime, une bonne louche de Motorhead et une grosse platrée d'AC/DC, un mélange de stoner et de rock 'n' roll. Putain, j'ai été scotché pendant les trente minutes du concert. Et dire qu'ils ont été programmé à 17 heures !!! Les locaux méritaient largement une tête d'affiche tellement leur zik était dévastatrice et bien inspirée. Franchement, rien à dire de ce concert. Le temps de retrouver les Dead Pop Club qui viennent d'arriver avec leur camion qui gagnerait le premier prix d'un concours anti tuning que les Minimum Serious débutent leur concert dans la petite Coopé, petite mais quand même bien équipée. Je suis déçu, le nouveau groupe coaché par Salsedo ne chantent pas en français... ça aurait été marrant, des indés qui composent en français pour faire plaisir aux majors. Trèves de plaisanteries, le concert est bon, sans plus, ok, il y a de l'énergie et les bonhommes ont une certaine expérience de la scène, mais ça joue pas toujours juste, et ça se ressent. Bonne prestation quand même.
De retour dans la grande salle avec les bordelais de Zombie Eaters. Oh les batards, qu'est-ce qu'ils nous ont fait là !! Un concert de titans, incontestablement. C'est la deuxième fois que je vois le groupe live, et franchement, c'est toujours avec ce gros son, cette intensité, cette dynamique. Métal, certes, mais excellent ! Blagues à part, Zombie Eaters nous a sorti le grand jeu et restera un des meilleurs souvenirs de cette soirée. Et avec ce final instrumental de Black Sabbath, "Iron man", c'est du délire !
Et dans le genre boucherie, les concerts se succèdent et ça montent en intensité, avec le concert de Dagoba. Et là, c'est de la folie sur scène. Headbanging du bassiste, ils mériteraient un trophé pour ça, attitude à la Danzig pour le chanteur, et gros gros son pour l'ensemble. Y a pas à dire, Dagoba sur scène, c'est de la dynamite, et même si c'est pas mon style, je ne peux que reconnaitre le talent du groupe.
Et ce n'est pas fini, pas le temps de souffler, c'est aux nowheriens de Wunjo d'entrer en scène. Malheureusement, je n'ai pas tout vu pour cause de délicieux repas au catering de la Coopé, mais le bon sentiment que j'ai ressenti en écoutant l'album se répercute en live. Belle énergie, bons morceaux, le groupe assure vraiment sur scène. Malheureusement, je n'aurais pas eu l'occas de tout voir.
Tout comme le concert démoniaque des Sleeppers. J'ai loupé le début, mais je ne perdrai pas une seule miette de la deuxième moitié du concert du quatuor qui a sorti un des meilleurs disques de la rentrée, et ce n'est pas Oli qui me contradira, ni même les Pookies et Big Jim Unco qui ne s'en remettront pas. Le concert est intense, le rock noise à tendance métal sur certains titres déstabilise le public qui restent bouche bée devant l'impressionant concert des Sleeppers. Une institution est sur scène, et malgré quelques connards scandant "Enhancer" entre les morceaux, le public découvre et prend une claque monumentale. Une belle leçon de rock 'n' roll. Point barre.
Mais voilà que le groupe tant attendu par le public de Clermont entre en piste, et le grand cirque Nncer se met en place. Pas le temps de souffler, le groupe, après avoir conquis la France en avion privé débute sa tournée au rock sound festival. Et Nncer n'a rien perdu de sa fougue. L'album est sorti depuis quelques semaines seulement mais les afficionados des huit parisiens connaissent déjà les paroles par coeur. C'est pro, tout simplement. Le bordel sur scène, mais super pro. Le son est énorme (il faut dire que tous les groupes de la journée ont bénéficié du bon son de la salle), les lights sont généreuses sans trop en faire, et les nouveaux titres, à l'instar de "Cinglés", "J'ai pas sommeil" font mouche. "Music business" sera exécuté avec Marc des Pleymo, venu avec son pegrou pour rendre visite à leurs potes et peut-être pour la promo, qui sait. Le medley du premier album est bien envoyé, il ne manquera, faute de temps, que "Hardcore version dancefloor" pour achever le public. Ce sera pour la prochaine fois, assurement.
Changement de backline, les Dead Pop Club et leur punk pop emo mes couilles investissent la scène. Pas de chichi, Olivier a des problèmes de voix et deux points de suture à un doigts (pas pratique quand on joue de la guitare), mais ça le fait quand même. Le groupe balance sans compter ses tubes issus de ses deux albums, avec en prime le morceau de la compil' emo glam 2. Le public apprécie, et même si les Dead Pop jouent entre deux groupes de métal, ils tirent les bonnes cartes et envoient le boulet. Comme d'hab' quoi.
Les deux prochains groupes, par contre, ne me transcendent pas des masses. Artsonic, pour leur avant dernier concert (certains diront qu'il était temps, je me réserverai de tout commentaire), balance son néo gentillet avec un Sylvain énergique. Je préfère rejoindre la buvette, que je ne quitterai pas pour assister au concert de Nihil, un des rares groupes que j'apprécie en disque et qui m'ennuie quelque peu en concert. Désolé, ça arrive. Il commence à se faire tard quand le public rend les armes, mais il reste un groupe, et pas des moindres.
Slaves On Dope. Un groupe ricain dans cette programmation quasi frenchie, c'est bizarre. Mais ce qu'on peut dire, et le public qui a eu le courage de rester après le déluge de décibels ne me contredira pas, c'est que les ricains ont cloturé le festival en beauté. Grosse machine, gros son, attitude énorme sur scène, morceaux impec, rien n'est à jeter dans ce groupe. Bon, d'accord, les morceaux sont faits pour plaire, mais quand le quatuor entamme son medley hard rock style années 80, tout le monde est bluffé par la technique et les arrangements. Tout le monde reste incrédule, et un rappel est exigé par le public, rappel exécuté par bonheur par le quatuor. Hallucinant. Mais c'est déjà fini, et il est temps de rentrer chez soi. Au bar, personne ne bronche pour payer un coup au dernier survivant. Qu'importe, on finira avec les Dead Pop au mac do ouvert jour et nuit. Quelle soirée !!