L'annonce du line-up de la soirée "punk rock" de l'édition 2025 du Rock Your Brain Fest a dû en émouvoir plus d'un... et moi le premier ! Entre légendes, nouvelles sensations et groupes en pleine bourre, il y avait de quoi passer une excellente journée !
Rock Your Brain 2025
Une journée commencée relativement tôt pour ma part, avec une arrivée sur les coups de 13 heures afin de prendre la température de la console lumières (je dépanne sur ma sollicitation les Lion's Law) et retirer mon accréditation presse avant l'ouverture des portes. Lion's Law jouant à minuit trente, j'ai clairement du temps à tuer, mais ça tombe bien, car l'affiche est vraiment à tomber. Et alors que le line-up de l'édition 2026 (en mode Rage Tour support) est déjà dévoilé et affiché dans chaque recoin des Tanzmatten, je me dirige vers la scène principale (celle de l'indoor) pour assister au show des New-Yorkais de The Turbo's AC. Il est encore tôt, le public arrive tranquillement, ce qui fait que le quatuor jouera devant un parterre assez clairsemé, mais totalement attentif (car pas encore imbibé), avec déjà quelques irréductibles bien remuants. Il faut dire que le rock'n'roll high energy des Américains, à défaut d'être totalement original, est suffisamment sulfureux pour faire remuer les popotins et enflammer nos petits cœurs de rockeurs !
Rock Your Brain 2025
Le groupe, qui démarre une tournée européenne assez conséquente, est parfaitement en place et pioche dans sa riche discographie pour proposer un set énergique. Une belle entrée en matière. Pour la petite anecdote, le guitariste chanteur passera la quasi intégralité de l'après-midi et la soirée à grattouiller sa guitare acoustique au stand de merch (installé juste à côté de leur table pour écouler quelques fanzines et disques, j'ai pu profiter du spectacle entre chaque changement de plateau).
Après avoir croisé quelques amis (dont Gaëlle et Jérôme Escape qui ont joué les intermédiaires pour me rapporter un hoodie tout neuf des Burning Heads, identique à celui que j'avais égaré depuis de nombreuses semaines et que, naturellement, j'ai retrouvé le lendemain de ma commande auprès du groupe, ce cher Fab Justin(e)/Ultra Vomit à qui je conseille le show de The Meffs, et ce cher Tof I Hate People, bien ancré dans les traditions culinaires locales), je retourne prendre une place de choix dans la salle pour assister au concert des Dirty Fonzy. Le groupe jouait la veille à Vitry-le-François à l'Orange Bleue, salle dans laquelle j'ai pu les voir pour la première en 2004 avec La Ruda. J'en ai fait part à David qui a trouvé l'anecdote sympa, d'autant plus qu'il m'indique avoir demandé au public marnais qui était présent à ce fameux concert d'il y a plus de deux décennies. J'ai toujours suivi, de plus ou moins près (ou plutôt, pour être honnête, de plus ou moins loin) la carrière des gars d'Albi, mais le concert strasbourgeois de mars 2024 au cours de la Tournée du Siècle m'avait mis une bonne baffe, et cette bonne impression avait été confirmée par un concert au début de cette année à Toul, dans le cadre de l'édition d'hiver du Jardin du Michel.
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Si tu ne me crois pas, le report de ces soirées est dispo dans les numéros 60 et 64 de ton mag en ligne préféré. Tout ça pour dire que la date de Sélestat est une des dernières (si ce n'est la dernière) de la tournée Full speed ahead. Si ma mémoire est bonne, la setlist est assez proche de celles déroulées lors des shows précédents auxquels j'ai pu assister. Je pourrais me tromper, ce qui, d'une part, est humain et, d'autre part, serait assez facile tant le groupe enchaîne les tubes qui déboîtent. Autant, je suis assez aguerri depuis quelques années pour distinguer les tuyaux, autant distinguer tous les tubes d'un groupe qui les enchaîne, ce n'est pas facile hein ? Sinon, oui, je te rassure, le manchot est toujours là pour ambiancer, le smile et la bonne humeur sont toujours de rigueur, et David se retrouve encore et toujours au milieu du pit pour terminer le show et rendre encore un peu plus fou un public qui lui mange dans la main au fur et à mesure du bon déroulé du concert. Si tu ajoutes à tout ça une maîtrise technique imparable (je suis toujours impressionné par le jeu de batterie de Julien) et un son excellent (quand tu as ton sondier qui te suit depuis plus de vingt piges, ça aide !), tu obtiens un concert béton. Bravo les gars !
Après cette excellente mise en bouche, voici venu le temps de ce qui aurait pu motiver à lui seul ma venue à ce festival : le concert de The Meffs. Les protégés de Fat Mike (Fat Wreck Chords) et de Frank Turner (production d'albums, tournées) sont de la partie, et je m'en frotte encore les yeux pour être sûr de ne pas rêver. En même temps, le groupe est continuellement sur les routes, alors pourquoi pas un nouveau passage en France ? D'autant plus que le duo est depuis quelque temps booké par la sympathique Mathilde SuperBloom Booking (Lyon) pour la partie française. Toujours est-il que je me faisais une joie de revoir le groupe sur les planches, après un super concert en ouverture d'une des étapes de la dernière tournée de NOFX en Allemagne. J'assiste au line-check avec quelques aficionados du groupe, prends position dans les premiers rangs et attends impatiemment le début du concert. La configuration scénique a quelque peu évolué (le groupe a abandonné - pour ce concert seulement ? - la position de la batterie stage left pour une position classique et centrale), mais ce qui n'a pas changé par contre, c'est le dynamisme de Lily qui arpente sans discontinuer la scène en long en large et en travers.
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La majorité du public, qui ne semblait pas savoir à quelle sauce il allait être mangé, est conquis en un rien de temps, et les pogos et circle pit s'enchaînent sur fonds des brûlots de What a life (premier album) et Broken Britain (les EP). J'avais une préférence pour les morceaux des EP par rapport à ceux de l'album avant le concert, mais j'ai été conquis par l'interprétation des hits tels que "Stamp it out" ou "Clowns". Le public pète un plomb lors de la reprise de "Breathe" des Prodigy et se déchaîne quand la frontwoman Lily le harangue. Le son est ultra massif, la setlist ne laisse pas le temps de respirer et l'ambiance est ultra wild. En moins d'une heure, The Meffs a retourné les Tanzmatten, moi y compris. Le groupe est content d'être là et sera très disponible pour échanger quelques mots avec le public ou dédicacer des disques. Pour l'anecdote (eh oui, encore une), le groupe a un souvenir très précis de l'interview réalisée sur le téléphérique de l'Xtreme Fest sous une chaleur accablante ! The Meffs a encore frappé, et fort en plus.
Le Réparateur prendra le relais. Autant, j'ai aimé Super, merci sur disque (sorti chez Slow Death et que j'ai eu la joie de choper sur la distro de Steph Déviance), autant le début du concert auquel j'ai assisté ne m'a pas transcendé. Je ne suis peut-être pas redescendu du concert de The Meffs. Le public n'est, lui, pas de mon avis et s'en donne à cœur joie dans le pit, reprenant les textes à tue-tête. Je profite de la présence de mon copain Thib (backliner du soir des Sheriff) pour prendre quelques nouvelles et partager le verre de l'amitié et un bon repas au catering du festival. Puis je décide d'aller assister backstage, du côté de la console retour tenue par mon autre ami Bender, au concert de Ludwig Von 88.
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C'est un peu la galère pour accéder à la console, la place est assez restreinte et je décide rapidement de quitter l'endroit pour ne pas déranger Bender lors de ce début de concert qu'on pourrait qualifier de chaotique : le micro de Karim ne fonctionne pas, puis c'est à l'ampli basse de Charlu de faire des siennes. Ce n'est clairement pas dans les meilleures conditions que LV88 démarre son show, mais l'esprit est tellement festif que le public pourrait croire à un gimmick du groupe. Une fois ces problèmes techniques résolus, le groupe déroule une setlist de haute volée, avec son lot de confettis, de déguisements en tout genre et de tubes en veux-tu en voilà. Je rejoins mes amis Mimi et Isa. Cette dernière, pour qui c'est le premier concert des Ludwig, semble assez surprise de ce bordel ambiant, mais s'en amuse, tandis que Mimi et moi, aguerris de ces trublions du punk rock, ne loupons pas une minute de ce cirque ambulant qui décroche (une nouvelle fois) la timbale auprès d'un public de plus en plus chaud.
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« On est Les Sheriff, de Montpellier ! ». Olivier aurait pu ajouter : « et on va tout défoncer ». Mais pas besoin d'en rajouter. Ou plutôt de le préciser. Les Sheriff ne sont pas des grands bavards, mais quand il s'agit de se transformer en arme de destruction massive, le groupe de Montpellier met les petits plats dans les grands. J'ai beau me répéter à chaque fois que j'assiste à un concert des Héraults du punk rock, cette machine de guerre me claque la tronche à chaque fois. Le basse-batterie est un roc(k), le duo de guitares est mastoc (la présence Ritchie Buzz, depuis de nombreuses années déjà, est un plus indéniable) et le chant d'Olivier et toujours aussi charismatique.
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Les morceaux de Grand bombardement tardif se sont intégrés de belle manière dans une setlist déjà démentielle et les Sheriff, légendes des années 80/90, n'ont pas à rougir devant tous les groupes de rock du nouveau millénaire. Ça joue juste, ça joue vite et ça joue fort. Bien calée en fond de salle, Isabelle assiste à un tout autre spectacle que celui de l'heure précédente : le punk rock minimaliste et festif des Ludwig a laissé place à un monstre qui enchaîne les riffs surpuissants et qui, lui aussi, enchaîne tube sur tube, chantés par toute la salle, dans une ambiance survoltée. Les Sheriff est l'un des rares groupes du circuit dont je peux enchaîner les concerts sans jamais me lasser. Et je peux te dire que j'en ai vu un bon paquet depuis son retour aux affaires en 2014. Avec toujours le même plaisir !
La première fois que j'ai vu un concert d'Ultra Vomit, c'était au festival Lez'arts Scéniques... aux Tanzmatten de Sélestat en juillet 2010. Le groupe ouvrait notamment pour Gojira et Motörhead. Avec ma chère et tendre Tiffany et Mimi (toujours là dans les bons coups), on avait passé un bon moment à se marrer devant le show des Nantais qui lançait une tournée d'été après avoir beaucoup tourné pour l'excellent Objectif : thunes. Un très bon moment même, mais on s'était toutefois fait la réflexion qu'on avait passé l'âge de l'humour pipi/caca et qu'Ultra Vomit, c'est bien à voir une fois, mais peut-être pas plus. Puis le groupe a sorti Panzer surprise !, a explosé les compteurs et l'occasion m'a été donnée de recroiser la route du copain Fab et de sa bande lors d'un festival près de chez moi. Bien que pour moi, l'événement de cette soirée était le passage des Burning Heads qui jouaient les deux albums sortis chez Epitath, j'ai pris une nouvelle claque (avec cette géniale vision des types qui enfilent des sweats "Staff" et des lunettes de soleil pour aller faire leur line check sans déclencher le hourra des foules). Car oui, on en est là, le public est tout simplement et massivement hystérique (c'est bon, tu l'as ?) devant ce groupe qui ne laisse rien au hasard : stand de merch (appelé "magasin") diffusant des spots de réclame et bien achalandé, décors de scène, son énorme (que dis-je ? ENORME), synchronisation vidéo/lumières bluffante. Mais cela n'aurait aucun impact sans les quatre musiciens pratiquant un metal certes parodique, mais diaboliquement efficace. Les réf et clichés s'enchaînent sans discontinuer, et il me faudrait des pages et des pages pour toutes les énumérer. L'humour des quatre fantastiques est sans limite, et même quand Nicolas "Fœtus" revient sur ses pépins physiques ayant obligé le groupe à annuler sa tournée d'été, c'est avec humour ("Sonde de bite", nouvel hymne !). En deux temps trois mouvements, le groupe a retourné les derniers spectateurs qui auraient pu se montrer sceptiques. La setlist pioche dans les trois derniers albums, l'ambiance est survoltée, et même si l'humour pipi/caca est toujours bien présent, Ultra Vomit a plus d'un tour dans sa besace (et surtout une aisance technique presque insolente) pour faire passer un moment délicieux à ses chers fans clients.
Rock Your Brain 2025
Il faut une bonne paire de couilles pour monter sur scène après Ultra Vomit, qui plus est après minuit et alors que le public est déjà bien rincé. Mais Lion's Law n'en a cure et le groupe parisien de street punk oï va achever les irréductibles spectateurs qui ont encore assez d'énergie pour prendre une dernière mandale. Le "classic line-up" est quasi au complet, Thomas Burning (Heads) étant remplacé à la batterie par Thomas Burning (Lady). Ayant beaucoup joué à l'étranger (et quasiment dans le monde entier), Lion's Law tourne un peu plus en France depuis la sortie de COVID, et c'est tant mieux, tant la musique abrasive et percutante du quintet fait mouche. Le concert de Sélestat fait la part belle au nouvel album Evermore (9 extraits !) sans oublier les classiques ("Lafayette", "For my clan", "I don't give a damn"). Je prends un sacré plaisir à mettre le groupe en lumière, tandis que Bender (un des guitaristes de spare, les musiciens étant interchangeables au gré des tournées à l'étranger) a rejoint la console pour concocter un son aux petits oignons. Le set est une succession d'uppercuts, majoritairement chantés et scandés en anglais avec quelques incursions en français. Wattie en impose au chant, n'hésitant pas à puiser les dernières forces des irréductibles formant le dernier pogo dans le pit. La basse de Swan est hallucinante (Monsieur 100.000 notes), tandis que Thomas Burning (Lady) fait le taff à la drum et que la paire de guitaristes explose les compteurs. C'est direct, franc et massif, sans artifice ni cotillons. Les refrains sont repris par une partie du public, preuve du succès grandissant dans l'hexagone. C'est chirurgical et sans concession, et je ne vois pas ce qui pourrait enrayer la machine de ce band qui a déjà conquis le monde dans un style peu conventionnel, mélange de punk oï aux guitares métalliques. Le public de Sélestat non plus, d'ailleurs. Oï.
Ainsi s'est achevée une longue journée de très bons concerts. Tout était parfait, de l'accueil (techniciens, bénévoles...) à l'organisation, et cette affiche diversifiée et amplifiée a fait des heureux. Moi y compris.
Merci et salutations à Claudine et l'équipe presse / Agathe, Ludo, Augustin et à l'équipe technique du festival, David et Julien Fonzy, The Meffs, Olivier/Wattie/Daick/Thomas/Swan/Ludo de Lion's Law, Bender, Thib, Ritchie et Les Sheriff, Karim Ludwig, Fab UV, Jérôme, Gaëlle, Mimi et Isa. Gros bisou à Thomas Burning (l'autre) qui a rendu possible la connexion. Gros gros bisou à Marie D'Emm et merci pour les photos, sa sympathie et sa disponibilité.
Publié dans le Mag #68





