Méditérranéennes 2008 Méditérranéennes 2008 Arrivés à 14h sur le site, nous apprenons que la conférence de presse de Sonic Youth est reportée à 19h. Un peu embêtant car les alentours du festival ne proposent pour divertissement que la plage toute proche ou un espace de dégustation d'huîtres. A noter que la température extérieure est d'environ 38 degrés. Nous nous armons de patience et allons siroter un Perrier dans un bar. A 16h, il n'y a toujours rien à faire. Enfin, à 18h30, après avoir passer quatre heures entre deux paillotes, nous entrons dans le festival. Le décor est vraiment original, tout a été posé sur le sable, espace protégé au passage qui donne à ce festival des allures d'éco-protecteur de la planète. Bientôt 19h l'heure de la conférence de presse de Sonic Youth, Ah encore une surprise ! Repoussée à 21h... Mais 19h, c'est aussi l'heure de Phoebe Killdeer and The Short Straws qui débute la soirée. La chanteuse est une des voix du groupe Nouvelle Vague, c'est une découverte assez plaisante entre rythmes années 60 et musique actuelle. Il reste surement à travailler le set pour le rendre plus attractif du début à la fin. En tout cas, ce premier groupe donne de l'énergie sur scène, le son est très bon. C'est autours de Mademoiselle K. Oublions les a priori dûs a un petit reportage du 13h de France 2, il paraît que le seul bon moyen de juger un artiste c'est sur scène, alors allons-y !
Après nous avoir expliqué que ça lui fait trop bizarre quand un fan l'appelle "Cat" parce que ce n'est que pour les proches ("et les gars du groupe, tu vois"), ils commencent... La prestation est fade (apparemment le charisme n'était pas livré avec la tenue de Joan Jett). La performance des musiciens était normale contrairement à la chanteuse qui a eu du mal à hisser sa voix au dessus des instruments (pas de chance de passer après Phoebe Killdeer parce leur chanteuse n'avait aucun mal a se faire entendre). Bref nous n'en retiendrons rien de bon.
Nous retournons voir ce qu'il se passe du coté des conférences de presse, Lumières, caméras et journalistes sont au rendez-vous mais pas de Sonic Youth. On apprend finalement qu'elle est "cancelled". L'organisateur du festival aura beau essayé de convaincre leur manager, rien y fera. Allez tout le monde remballe ses caméras, son matériel et ses 7h d'attente !
Retour coté scène c'est au tour de dEUS, il est 21H45. Pour notre part, il s'agit de notre première rencontre avec le groupe belge. Le groupe se plaît sur scène, le son est parfait et les jeux de lumière s'amusent avec le vent qui souffle de la scène vers le large. Tom Barman saluera ce cadre assez exceptionnel, une bière à la main, par un "D'ici on voit la mer, et on boit la bière". Salut l'artiste ! Il n'empêche, on a affaire à de la musique efficace, le groupe enchaîne les tubes qui ont fait leur reconnaissance ("Bad timing", "Suds and soda", "Roses") et une bonne partie du dernière album ("Oh your god", "The architect", "Favourit game"). On notera que certains de ces derniers titres ont beaucoup plus de dimensions sur scène (pour ceux qui auraient pu être déçus). Le concert se finira à 23h ce qui est une bonne durée pour un concert en festival. Le groupe a semblé content de jouer à Leucate. Dommage que le batteur demeurera éternellement inconnu caché derrière sa batterie elle-même reléguée vers le fond de la scène.
Voila, le grand moment de la soirée se prépare, la fosse s'intensifie. Le public de ce festival reste très diversifié, on verra même des couples de papis-mamies qui sans doute ont acheté un pass 3 jours mais surtout pour le jour suivant où Mister Aznavour va venir enflammer la Méditérrannée ! Les organisateurs du festival ont d'ailleurs avancé les dates de déroulement de 3 jours pour permettre à Sonic Youth de jouer ce soir. Bref, 23h35, le groupe mythique apparait comme si de rien était surprenant une bonne partie du public. Thurston Moore se déchaine tout de suite sur sa guitare avec une baguette avant de la jeter et de débuter avec le groupe le mythique "100%". Le public prend tout de suite, peut-être même un peu trop. On déplorera les trentenaires qui ne se sont pas remis de leur jeunesse et qui après avoir siroter des bières pendant toute la soirée, avoir insulter dEUS durant leur show, viennent comme des boeufs aux avant-postes de la fosse en ce début de concert. Ca sent l'alcool, mais surtout ça pue la bêtise. Les titres s'enchaînent, le son est un peu moins bon qu'avec dEUS, surtout en ce qui concerne la voix de Kim Gordon (qui s'énervera pendant le premier titre lorsque son micro ne se fera pas entendre). Le groupe enchaîne ses morceaux typés festival comme "Drunken butterfly" qui met le feu et l'incontournable "Bull in the heather". Nous les avions vu en juin 2007 en salle, le groupe avait fait un mélange de promo entre leur dernier album et la ré-édition de Daydream nation. Heureusement, cette fois-çi on ne s'en tiendra qu'au plus ancien des deux avec "Hey Johnny", "Teen age riot" et d'autres. Seul "Jams run free" sera issu de Rather ripped, personne ne s'en plaindra. Le concert se finira sur "Brother James", un peu à l'image de concert assez exceptionnel tout de même. On ne s'attendait pas à une telle démonstration, surtout après l'annulation inexpliquée de la conférence de presse deux heures plus tôt. Un petit détour par le stand boisson pour se voir offrir une bière (la dernière servie de la soirée s'il vous plait) et deux bouteilles d'eau. Cette journée aura été longue, on aura payé le coût de faire un festival sur la plage en plein mois d'août avec une chaleur de plomb mais les performances scéniques en valaient vraiment la peine. On est tout de même déçus de ne pas avoir pu assister à la conférence de presse des New-Yorkais mais heureusement pour eux ils ont assuré le show. Ce qui est sûr ce soir, c'est que la France a encore du chemin à faire pour pouvoir proposer des groupes avec autant d'allure que dEUS et Sonic Youth. Autant le dire honnêtement en cette fin de review, on ne comprend pas comment que Mademoiselle K peut se produire sur des scènes comme dernièrement à Budapest, soit le talent ne se révèle pas à nos oreilles, soit il n'existe pas.