Chien à Plumes 2007 : Les loges Chien à Plumes 2007 : Les loges Jour 1
Ayant déjà fait le déplacement en spectateur lambda l'an dernier, se rendre au Chien à Plumes en ce deuxième week-end de Août ne devrait pas être un gros problème. Décollage en milieu de matinée depuis mon toujours sud-Jura originel et une nouvelle fois, direction plein Nord (cf Eurocks 2007), mais moins à l'Est cette fois. Après avoir traversé la patrie de Rouget-de-l'Isle (Lons-le-Saunier), direction la plaine Doloise et à la sortie de la cité de Pasteur, embrouille totale aux commandes du véhicule, je me retrouve direction Besançon. Bref, après quelques instants d'hésitations et consultation d'une carte (merci le convoi exceptionnel !), je pars en quête de Pesmes à travers Gendrey, Taxenne et autres Thervay. Une fois la cité fortifiée ralliée, porte de la Haute-Patate, Gray est la prochaine mégapole à affronter. Une fois Gray et ses Arcs décochés du plan de route, c'est la traversée de Champlitte (et son château) qui animera la fin d'un trajet quelque peu monotone. Il ne reste alors qu'à suivre les indications pour Langres et à bifurquer à l'endroit indiqué. Le but approche, et même plus vite que prévu. Dépôt du véhicule sur le parking aménagé dans un champs à la sortie de Villegusien-le-Lac et je comprendrai plus tard que le parking historique du festival, situé à quelques dizaines de mètres juste en face des scènes, n'a pas été mis en place. La faute à un déluge pluvieux durant plusieurs jours avant le début des hostilités. Il ne reste plus qu'à croiser des doigts pour que la météo se tienne à carreaux car le plancher des vaches est totalement imbibé d'eau !
Passage au guichet après 14 heures afin de récupérer le bracelet (bleu), faisant office de pass de l'autre coté du festival. Dans la foulée, je m'installe sur le camping "tout public", dans une zone facilement repérable et une fois la tente installée (nul besoin d'user du maillet pour planter les sardines, elles rentrent comme dans du beurre !), c'est une petite sieste que je m'octroie afin de refaire quelques forces avant d'affronter ce nouveau Chien à Plumes et son ciel incertain. Ayant encore en mémoire la fatigue des longues journées (et de ses temps morts) de l'édition précédente du festival, je fais donc l'impasse sur le début de Keur De Sable et émerge vers 16h30 dans l'antre du festival où le groupe termine son set. Chose promise, chose due, au camping comme sur le festival, la boue est bien présente mais cela n'empêche pas les festivaliers d'affluer. De mon coté, j'effectue un petit repérage de la "zone VIP" : des accès frontstage et backstage des deux scènes aux loges et buvettes en passant par la petite zone de campement... Puis, petit tour du festival coté public, pour voir que le Village accueille de nouveau Le Ringo Star, tout comme le Manège et son spectacle équestre Tempo della Speranza. Du coté des stands, c'est toujours militant. Après "S!lence" ou "No Pasaran !" l'année passée, ce sont "Greenpeace" ou le réseau "Sortons du nucléaires" qui ont été conviés à monter une tente-info. Après ce petit apéritif, il est temps de passer aux choses sérieuses.
Chien à Plumes 2007 : Daniel Fernandez Daniel Fernandez, accompagné d'un guitariste et d'un musicien polyvalent (accordéon, percussions, ...) se lance sur la Petite scène. Après quelques titres dans une veine song-folk, le duo de guitare se fait très virtuose et enlevé. Les ambiances arabisantes côtoient des textures andalouses et sud américaines, l'internationalisme de Daniel Hernandez sonne comme une évidence au son de sa voix et de la musique qu'il sert. Daniel Fernandez montre que ça swinge, on songera plus tard, sur un autre titre, à un flamenco... Après plusieurs instants en compagnie du public, Daniel Fernandez et ses musiciens s'éclipsent... Sous de chaleureux applaudissements.
Chien à Plumes 2007 : M.A.P Chien à Plumes 2007 : M.A.P Tandis que Le Ringo Star (mini-scène ouverte aux festivaliers sachant un minimum manier un instrument le temps d'un boeuf) lance son générique d'ouverture du coté de la Grande scène, le Ministère des Affaires Populaires (ou M.A.P) ne devrait plus trop se faire attendre. A peine l'ouverture des grilles libérant l'accès à la scène principale effectuée, le public commence à investir les lieux. Quelques instants plus tard, les chtimis de rappeurs font leur apparition et par la même une grosse impression. Les gars sont à l'aise et souriants, ils lancent leurs premières rimes et le public est très réactif. Taquins entre eux et avec le public ("Le Stade de France de Langres", "y'en a 4 qui suivent, bravo !", le trip sur Aznavour, ...), le courant passe on ne peut mieux. Par l'intermédiaire de ses textes ou entre les titres, explications de texte à la clef, M.A.P fait de la "vraie" politique. Le groupe écorche aussi bien "la gauche caviar" que notre Sarko, les chauvins de tout poil, le drapeau national (avec les spots !) ou les businessmen de l'industrie du disque, des positions qui n'ont rien pour me déplaire. Le verbe acerbe, les rimes taillées avec justesse et un son pouvant évoquer Java (tout comme son line-up), M.A.P ne fait vraiment pas du rap comme les autres. Après avoir changé une ou deux fois d'accoutrement et que 2 de ses membres soient venus faire un petit tour dans le public, les M.A.P rembalent leur rap-musette sous des applaudissements bien mérités. Le Chien A Plumes vient de débuter et c'est une première bonne surprise (et découverte pour moi) que d'avoir assisté à ce concert de M.A.P !
Retour sur la Petite, où se donnent les Polar Sun, formation presque locale puisque venant de Dijon. C'est dans un tout autre registre qu'évolue le quintet. Le groupe, qui a sorti les rayures sur ses t-shirt, joue un brit-rock légèrement 80's qui a du mal à faire mouche, et de surcroît à le don de m'agacer. Ca manque de conviction, c'est plan-plan, bref ça ne passe pas. La première touche rock du festival n'est pas une réussite mais inutile de les assassiner, le manque de public suffisait à lui même. Sur le coup des 20h30, retour devant la Grande. Là, il s'agit de Gnawa Diffusion, le premier "gros" nom de la journée et donc du festival qui anime le sommet de la colline. Malgré sa réputation et une certaine attente de voir (enfin) ce groupe en live, il me restera un goût amer dans la bouche après leur prestation, surtout celle du chanteur. Le concert accompagnant la tombée de la nuit, le jeu de lumière est tout de même sympa (avant qu'il ne tombe en rade), le son est relativement bon, le groupe distille son world-rock devant un public sans cesse croissant. Mais le frontman paraît méprisant, soit pas à l'aise, soit quelque chose en travers de la gorge (le problème de lights ?). Une impression communément partagée par une partie du public qui ne se bougera pas autant que je pouvais le penser. Pour contrecarrer cette double mauvaise pioche (PolarSun + Gnawa Diffusion), il faudra attendre le changement de matos (et de groupe) de la Grande et voir apparaître les Ogres De Barback, une fois la nuit totalement installée (soit juste avant 22h).
Chien à Plumes 2007 : Les Ogres De Barback Alors que, discographiquement parlant, je préfère leurs potes des Hurlements D'Léo (des HDL qui étaient venus ici même l'an dernier mais dans des conditions moins favorables : fin d'après-midi, pluie et set plus court), les Ogres De Barback ont marqué d'un grand coup cette édition du Chien à Plumes, avec une prestation énorme ! Rien que ça ! N'ayant jamais vu la famille Burguière (les 4 membres sont frères et soeurs) à l'oeuvre, je me demandais vraiment ce qui allait se passer. Des petites chansons tranquilles en catimini ? Eh bien non ! Et à la vue du dispositif scénique, il serait étonnant qu'il en soit ainsi. Des "petites" grues soutiennent les instruments les plus volumineux du groupe (violoncelle et hélicon) et la scène est semée de différents instruments. Les Ogres ont sans relâche revisité leur répertoire (fort d'une dizaine de disques dont le dernier en date, Du simple au néant). Resté collé fronstage pendant tout leur set, en plus de m'en prendre plein les oreilles, il y avait de quoi rester les yeux grands ouverts du début à la fin du concert. Sam a présenté sa famille, Alice, Mathilde et Fred présents sur scène mais aussi leur "Grand-mère" et leur "Grand-Père" avec les titres qui leurs sont dédiés. Fred a fait et joué en même temps du Vélo-Batterie sur la fantastique version de "Pour me rendre à mon bureau", reprise de Brassens. D'ailleurs, plus tard, le groupe n'échappera pas à servir au public "Salut à toi" (de Bérurier Noir). Les 4 n'ont eu de cesse de changer d'instrument et de chanter à tour de rôle. Les Ogres sont aussi monté ensemble sur un même minuscule podium et tourné dessus afin d'y chanter à tout de rôle, joué ensemble de l'accordéon ou de la guitare, et tout ça devant le va-et-vient du personnel technique aménageant la scène entre, et parfois pendant, les titres. En exposant son coté saltimbanque, Mathilde ou Alice (impossible de les reconnaître, seraient-ce des soeurs jumelles ?) grimpe même sur une des grue pour frapper sur le tom placé à l'intersection du mât et de la flèche... Sans oublier que des vidéos-projections étaient diffusées sur les trois draps (des fois ne faisant qu'un) placés au fond de la scène. Un grand spectacle et bien rodé, de plus ! Tribune militante oblige, les Ogres en ont profité pour diffuser le clip "Laissez nous grandir ici", hostile aux (dernières) lois sur l'immigration. Une fois remis de la claque du clan Burguière, il restait encore un gros morceau à avaler : La Ruda.
Mais là le contexte est différent, je m'attendais à ce que ce soit du gros ! Et comme prévu, La Ruda a offert un bon concert, généreux, burnés et enjoué. Ils n'ont pas eu à souffrir d'un quelconque soucis technique puisque les lights ont fait leur réapparition pendant le set des Ogres. Ritchoune grille un clope pendant les derniers instants des balances, le groupe s'en va puis... réapparaît et envoi un de ses derniers morceaux (tiré de La trajectoire de l'homme canon). Mais la promo du dernier opus tourne court, trois titres maxi pendant tout le concert et ce sont bien avec les morceaux plus cuivrés et plus tendus que la bande à Pierrot jette le Chien à Plumes dans la boue. "Le prix du silence", "Unis", "Que le bon l'emporte", "L'art de la joie", "Tant d'argent dans le monde", "Le bruit du bang", "L'école des sous-sols" et quelques autres encore étaient au programme d'une Ruda redevenue Salska. C'est très pro, ça pète, ça envoi du steack et du nerf, et c'est avec excellence que Pierrot, soutenu par le public, chante a capella la "Rue de Paname" des Ogres De Barback. Après une rappel bien costaud et une prestation aussi chaleureuse qu'expressive de La Ruda, je prends le chemin de la voiture pour récupérer des affaires. Mais avant cela, petit détour par la Petite d'où s'échappe la musique hybride de Manipulators, un électro-dub-rock bien péchu, pour finir d'achever les festivaliers les plus tenaces. Pour ma part, la journée est bouclée, c'est sur un fond sonore de Manipulators, bien agréable, que je descends au parking puis remonte sur le camping. Après avoir franchi la magnifique flaque de gadoue à l'entrée du camping, je parviens à la tente et ne mets pas longtemps à me faire absorber par le sommeil vers les 2h00 (ça va, c'est gentil).

Jour 2 Chien à Plumes 2007 : Izabo Chien à Plumes 2007 : Izabo Chien à Plumes 2007 : Labo Chien à Plumes 2007 : Labo
En fin de matinée, du coté du ciel, toujours pas de pluie. Mieux, ça ce dégage un peu (mais pas trop), le soleil est voilé, une petite bise empêche de griller : c'est nickel ! Tellement bien que je repique du nez après avoir mangé. Si bien que je me re-réveille pour 16H00. Le temps de se faire une "beauté", et hop, j'arrive devant la Petite pendant les balances de Izabo. Petit moment de latence, de quoi grignoter quelque chose, passer au "village pro" et retour devant la seule scène accessible à cette heure-là. Izabo démarre son set sous un sympathique soleil et semble content de traîner dans le coin. Le groupe joue ses titres devant un parterre clairsemé début de journée oblige. Venu d'Israël, Izabo envoi un bon rock à tendances psyché, incrusté de sonorités orientales et se permet de tourner quelques titres en "disco-rock" avec panache. Après un bon moment en leur compagnie, notamment celle du bassiste et d'avoir croisé 2 Labo sans encore le savoir, je rejoins la Grande où, justement, les lillois finissent de s'installer et d'effectuer les balances. Vainqueur du Tremplin National organisé par le festival, Labo interprète des titres très contrastés de son répertoire, allant de la pop intimiste et fébrile à des morceaux bien plus costauds, certains soutenus par des séquences électros donnant une touche futuriste (comme la coupe de cheveux de Fred K) à leur musique. Bien que le public soit trop éparpillé, une partie scotchée devant les buvettes (et le "Ringo Star" ?) et pas assez dans le son pour ceux qui assistaient à leur concert, les Labo n'en tiennent pourtant pas rigueur et font de leur passage au Chien à Plumes un excellent concert. Le chanteur (un mimimoy ?) brise à plusieurs reprises la glace avec le public, Fred H et Bruno se donnent sous un soleil déclinant et Fred K lance des clins d'oeils lorsqu'il ne tournicote pas, basse en main. Une bonne prestation qui arrive (malheureusement) à son terme et abandonne les hôtes du festival sous un soleil en fin de course mais... toujours sans pluie.
Il est le moment d'aller mater un petit coup les Zoreilles sur la Petite. La formation composée de 6 membres, déjà présente à la première du Chien à Plumes, officie dans une sorte de world-music, bonne présence d'éléments afro à la clef. Uns foie quelques titres en poche, je quitte les gentilles Zoreilles afin de faire un tour devant Eiffel, déjà à l'oeuvre. Et là, comme en atteste mon carnet de prise de note : rien. C'est sûr, le groupe joue son rock avec conviction, ça tient la route, mais perso, mis à par les beudes (et encore, en demi-teinte...) avec l'assistance et LA mèche du chanteur, je ne rentre pas tellement dedans, peut-être déjà éreinté... Alors que faire dans ce cas ? Se poser et examiner le public. C'est donc ce que je fais. Et la jauge indiquée par le public est plutôt correcte, les p'tits gars et le fifilles semblent comblés par le set de Eiffel. Ces hostilités-là se terminent vers 21h30, soit le moment où Sanseverino devrait débarquer. Mis à part ce petit retard (on commence à être habituer) et la température qui baisse, tout va pas trop mal du coté de Langres. Mais quelques instants plus tard, une annonce est faite, comme quoi, suite à un problème technique, le set de Sanseverino serait repoussé... d'une heure ! Mince et triple zut ! Mais bon, il suffit de prendre son mal en patience, de sympathiser avec deux demoiselles autour de la blague sans pouce (elle est comme ça !), de se coltiner un Ardennais de Nice et hop, la pendule tourne bien plus vite que prévu.
Chien à Plumes 2007 : Sanseverino Chien à Plumes 2007 : Sanseverino Tout de blanc vêtu et coiffé d'un chapeau, le Monsieur débarque sur scène, devant un décor à la fois arty et jazzy. Et à la vue de son petit personnel (claviériste, guitariste, contrebassiste, batteur et... 8 cuivres !), on devrait plutôt avoir droit à un Sanseverino Brass Band ! Mais en fait, c'était bien plus que cela. Secondé par un gratteux avec un t-shirt à l'effigie des Ramones et un contrebassiste de choc en kilt et en débardeur "Ni johnny, ni sarkozy", Sanseverino a déployé tout ses talents polymorphes (de la chanson, du rock, du jazz, du blues, ...), ne serait-ce que pour se faire excuser du retard. Même si il n'a pas vocation à être (uniquement) drôle, l'immense show qu'a livré Sanseverino m'aura littéralement plié en deux (de rire). Des morceaux où le bonhomme joue avec la langue (dans tous les sens du terme !) française, des titres où le gaillards empoigne sa Gibson rouge éclatant, des instants de pure délire, d'autres de très grande classe étaient servis par un "maître de cérémonie" à l'aise comme un poisson dans l'eau. En plus de se payer un numéro de dingue avec son guitariste, pendant le(s) rappel(s) à rallonge(s), Sanseverino se fera chef d'orchestre en dirigeant aussi bien ses musiciens que le public dans une "cacophonie organisée". Avant de se changer en danseuse façon années 1930 et de quitter les lieux en envoyant en façade l'Internationale en version italienne. Un point (g ?) d'honneur à un set époustouflant de vivacité ! Vu que le sieur Sanseverino a quitté les lieux vers 0h45, il reste tout juste le temps de glisser backstage, de croiser "en civil" Sanse et de retrouver la Petite où se produit Nadj. Et même à plus d'une heure du mat', accompagnée de ses 2 zicos, le petit bout de femme envoie du gros rock qui tache. Le trio sert des titres denses à un public brassé et qui ne demande que cela, d'ailleurs. Mais un certain Bruno, portant lui aussi des vêtements immaculés de blancheur (et avec un bandana sous son chapeau), presse le pas et se dirige sur la Grande où viennent de débarquer ses musiciens.
Vous l'aurez compris, Sergent Garcia et ses guérilleros viennent de prendre d'assaut l'ultime rendez-vous de la journée. L'échappé de Ludwig Von 88 (dont le récent double tribute est tout bonnement dément) vient partager ses titres, mélanges de chanson, de rock, de salsa, (et un ska sur la fin) évidemment sous les signes de l'Amérique Latine et de la "Révoluçion". Les morceaux historiques ("Acabar mal", "Amor pa'mi" ou "Que palique") du sergent se marient habilement aux titres des derniers opus, la danseuse ondule de son corps et les musiciens apportent chaleur et décontraction et ce, au beau milieu de la nuit ! Le coeur léger, c'est à l'issu de ce concert étincelant que je rejoins ma tente, avec un petit exercice d'équilibriste consistant à quitter des chaussures et des fringues gaugées (de boue) sans en mettre partout. Des irréductibles fans de Jean-Louis Borloo scandent "Apéro !" mais la fatigue est telle que je m'endors en 2 temps, 3 mouvements vers les 4 heures...

Jour 3
La nuit aura été courte (guère plus de quatre heures) mais dense et c'est un soleil de moins en moins timoré qui vient de faire son apparition sur Villegusien. La tête de travers, les articulations mises à mal et une température croissante laissent présager une dernière journée... éprouvante. Vers la mi-journée, démontage du campement et replis du matériel dans le carrosse, puis petite ballade sur les bords du lac avant de m'abandonner, à l'ombre, sur la pelouse bordant la plage.
Chien à Plumes 2007 : Nosfell Chien à Plumes 2007 : Nosfell Certains le considèrent comme un doux dingue ou un drôle d'hurluberlu, je penche plutôt pour un condensé de génie, toujours est-il que c'est en compagnie de Nosfell (sur la Petite scène, après que le vainqueur du tremplin régional, Somadaya, en ai fini de sa prestation) que débute cette troisième et dernière journée de Chien à Plumes. Tout comme ses disques qui se suivent et se délectent les uns après les autres, les concerts de Nosfell sont des expériences à part. Après avoir vu le bonhomme et son associé de Pierre Le Bourgeois deux fois en 2005, auquel il faut ajouter la performance avec Ez3kiel, c'est donc une quatrième rencontre qui s'effectue ce dimanche 12 août 2007. Labyala s'exprime tout aussi bien avec sa voix (intermèdes et chansons) et sa guitare mais aussi son corps, en gesticulant, s'entortillant, semblant succomber à des crises de delirium. Des crises qui le pousseront à gober une rose ou encore à faire de la musique concrète que ce soit avec sa guitare ou ses chères et tendres cordes vocaleS. Bien que l'homme au carnet de route plus que comble se contente de la petite scène et joue en plein jour (un soleil à en faire bronzer plus d'un(e)), il se donne (comme d'hab') à un spectacle entier, émouvant ou plus radical qui a le don de faire chaque concert une expérience à part. A l'image de leur deuxième album, plus ample, "Nos' " (pour le intimes) et Pierre se sont adjoints les services d'un batteur sur scène, pour prodiguer davantage de vigueur qu'un simple duo. Une fois les "petites" histoires introductives lancées, des extraits des deux albums servis, un rappel de trois titres, un petit déshabillé et un concert de haut vol, Nosfell se retire mais votre Fenec préféré ira lui faire un petit coucou (comme sa tour-camionnette !) et le plus beau tatoué du festival, soucieux de l'état des tympans du public, demandera si il "n'a pas joué trop fort".
Chien à Plumes 2007 : Tempo della speranza Déjà sur la Grande, Orange Blossom exhibe son electro-world. La chanteuse, tout sourire, porte une robe... orange et les trois musiciens (batteur, percussionniste, violoniste) s'en donnent à coeur joie. Le public est conquis par le mélange de l'agent Orange Blossom et est même ravi lorsque quelques titres plus binaires sont joués par le groupe. Après une bonne heure de festivités métissées d'influences, on en chaîne avec La Familia Baolescu. Et ils sont tous là, les huit de la "famille", à distribuer leur bonne humeur. Une bonne humeur servie à l'aide de musique klezmer et tzigane, qui m'évoquera des formations comme Taraf Borzo ou Bratsch. A l'instar du groupe précédent, le sens de la fête et le goût pour la vie sont bien présent dans la prestation de la fanfare. Pendant que la Familia Baolescu réussit son pari de conquérir les festivaliers, je vais faire un petit tour vers le Manège où se donne en spectacle Tempo della speranza. Tous comme les deux jours précédents, c'est un spectacle équestre qui anime le Manège. Allégories sur la conquête de la Liberté et chorégraphies avec présence de canassons constituent le programme présenté par ces utopistes... Une fois les derniers tours de pistes du Tempo della speranza effectués, je retourne dans la zone VIP afin d'assister à l'avant-dernier concert de l'été de Aaron.
La mise en jambes du trio (Olivier et Simon étant accompagnés d'une violoncelliste) m'a paru laborieuse et étriquée. Du moins j'ai eu extrêmement de mal à être captivé par le début de concert de Aaron. Mais quelques instants plus tard, une fois "coté public" (est-ce lié ?), la performance des auteurs de Artificial animals riding on neverland prend un tout autre tour. En effet, choc émotionnel, grands frissons, larmes et sourires aidant, j'ai été obligé de succomber au lyrisme et à la finesse de ce trio. Epoustouflants de vitalité (les tourbillons d'un Simon virevoltant sur scène), Aaron sème ses pépites à sa guise ainsi qu'une reprise de Billie Holiday, à fleur de peau. Mais Aaron n'émeut pas seulement en jouant sur une corde (très) sensible, le groupe sait aussi partager une certaine joie de vivre. Mais il est déjà 21h30 et après un rappel de 3 titres, le groupe se retire, devant un public conquis. Moment de flottement oblige, je passe à nouveau dans la "zone VIP" puis devant la Petite. Et là, La Familia Baolescu donne encore généreusement (ont-ils joué pendant tout Aaron ?) sa musique à partager (et à danser).
Chien à Plumes 2007 : Percubaba Chien à Plumes 2007 : Percubaba Un peu plus tard, retour sur la Grande, pour y rester jusqu'à la fin des festivités. Les musiciens (clavier, basse, batterie, guitare) commencent à jouer sans lui. Mais il ne met pas longtemps à faire son apparition. Lui, c'est Arno. Le rockeur (si, si !) Belge, légèrement boursouflé fera son petit numéro. Très pro, le bonhomme ne parle presque pas entre les morceaux, et lorsqu'il le fait, c'est pour égratigner le "Nabot-Léon", la dernière tête de gondole en date du supermarché "France"... Au milieu de titres plutôt péchus et certains assez décadents, séquences émotion (Aaron n'a pas suffit...) avec "Dans les yeux de ma mère", extrêmement poignante. Plus tard, Arno proposera une version très personnelle de "Comme à Ostende" de Léo Ferré, et pour l'anecdote, la chanson originale a été diffusée le matin même par des campeurs installés en bordure du lac... (Salut à eux !) Arno ayant accomplit avec une certaine noblesse son job de "rock-star", amenant un public plus âgé que la moyenne (comme l'avait fait Hubert-Félix Thiéfaine l'an passé), il est l'heure d'aborder l'ultime concert de ce Chien à Plumes 2007.
Le jeu de mots est facile et je ne dois pas être le premier à le faire mais Percubaba, c'est vraiment percutant à t'en laisser baba ! Avant le début de leur set, je m'étais dis "ouais, le temps de 3 ou 4 titres et je m'en vais" mais après 3 titres dans la foule (très remuante !), je vais me poster frontstage plus longtemps que prévu. Groupe de scène par excellence, Percubaba enverra imperturbablement ska, reggae ou funk (avec de belles pointes rock). Pour servir sa fusion (bien cohérente) de styles, la troupe se donne à fond et en fait voir de toutes les couleurs à un public déchaîné au beau milieu de la nuit...
Quelques minutes avant l'heure de jeu de ce dernier concert, je quittais les terribles Percubaba et donc le Chien à Plumes, histoire de partir dans de bonnes conditions et de rejoindre mon "chez moi" en 2h30 (montre en main), la tête pleine de saveurs et de sonorités diverses.