franco02 : mass hysteria franco02 : mass hysteria Autant le dire tout de suite, les Francofolies de la Rochelle ont mal commencé pour moi ! Un départ dimanche matin, 14 juillet à 8 heures pétantes de Nancy, alors que 6 heures plus tôt, je me trouvais encore à Valence. La nuit à rouler, à peine le temps de prendre une douche et d'acheter un croissant qu'Einstein (sondier des Amis d'Ta Femme et de Scapin) et moi même sommes reparti vers de nouvelles aventures. Je suis du voyage avec le Scapin Crew (JC, les trois Scap, Stein, Dalila, Sabine et Isa) et pendant tout le trajet qui va nous mener à la Rochelle, pas moyen de fermer l'œil. Il faut dire que c'est pas tous les jours que je vais sur un gros festival comme celui des Franco. Alors en arrivant sur les coups de 17 heures à La Rochelle, je suis dans un état assez lamentable. Presque 36 heures sans dormir, ça se ressent ! Mais pas question de flancher, la soirée risque d'être longue et bien lourde. Hop, le temps de poser mes affaires à l'hôtel face au port (une vue plus qu'agréable, surtout que pendant mon séjour, je ne verrais pas énormément de nuages !) que je fonce à un apéro "privé" organisé par Yelen avec les membres de La Ruda Salska et de Mass Hysteria pour leur street team. Le temps d'un Coca et de dire bonjour à tout le monde entre deux salves d'applaudissements pour l'anniversaire de Pierrot le frontman de la Ruda qu'il est déjà temps de foncer à l'Esplanade St Jean d'Acre pour une interview avec les Burning Heads. Grand moment avec le groupe phare de la scène punk française et du rock en général. Sitôt la rencontre terminée, il est temps de rejoindre le lieu du concert où il va se produire un grand moment : la soirée Yelen. Mais on en reparlera très vite. Car oui, en plus de la fatigue et de mon timing serré, j'ai le temps de me perdre dans les accès presse, les accès concerts et tout le reste. Gros stress, la Coursive, QG pour la presse, ferme à 19 heures, pas possible donc d'envoyer des news après, pas possible de bosser avec mon PC et de décharger mes photos, et surtout pas moyen de recharger mon accu d'appareil photo. Donc, je sais que je vais bosser à la roots ! Heureusement, les Mass me rechargeront le dit accu, et je me débrouille pour trouver une prise de courant au milieu du bar VIP pour le reste du fest', je ne vous raconte pas la galère. Mais bon, les concerts commencent, et je sais déjà que je vais passer une grosse soirée !
C'est MacZde Carpate qui ouvre avec son rock très ouvert, barrant dans plusieurs directions. Ces jeunes gens sont charmants, c'est idéal pour ouvrir la soirée. Mais les choses sérieuses vont commencer quand le premier groupe de l'écurie Yelen déboule. Car oui, tout le monde le sait, en ce dimanche 14 juillet, c'est une soirée particulière pour le label qui fête ses 7 ans. En effet, l'organisation des Franco a laissé au label carte blanche dans la programmation ! Alors ce soir, ça sera les Burning, les Mass et la Ruda ! une soirée magistrale, en tout cas une prog' idéale pour le fan des trois groupes que je suis.
Quand les Burning entrent en scène, j'ai encore le souvenir de leur show de la semaine précédente aux Eurocks qui m'avait hypnotysé. Mais aux Franco, les Burning ont cassé la baraque. Rien à redire à leur show, non, rien à redire. Du punk rock à outrance, pas de temps mort, les titres s'enchaînent, ça vire beaucoup vers l'album Escape, et bien sur des extrait de l'étonnant et réussi Opposite .C'est un bonheur d'assister à leur concert, j'ai un sourire comme jamais je n'en ai eu pendant un concert. Une grosse tuerie. En y repensant, j'en ai encore des frissons. Le final avec "No way" et Fonfon au chant est un feu d'artifice avant l'heure, alors que les slammers ont un accès libre et illimité à la scène pour se défouler. BRAVO.
franco02 : la ruda salska franco02 : la ruda salska Le temps de se rafraîchir vite fait le gosier et Mass Hysteria est on stage. Eux aussi ont délivré aux festivaliers un concert de toute beauté, où intensité et puissance cohabitaient avec ambiances et mélodies. Pour l'occasion, le groupe s'est enrichi d'un trio de cordes, donnant plus d'ampleur aux morceaux de leur dernier album usant de ces instruments. Le public est chaud, pas un instant le groupe ne relâche la pression, et tout le monde est sur les rotules quand le show se termine. Dans des petites salles ou sur des scènes immenses comme ce soir là, Mass Hysteria est définitivement le groupe de la situation. Un grand du rock dans l'hexagone.
Reste pour cloturer la boucle Yelen les géniaux Ruda Salska. Malgré quelques problèmes de micro dans la façade, les gars de Saumur ont joué à bloc un concert qui était forcement particulier pour eux. Eux qui ont démarré dans la rue à la Rochelle il y a de ça plusieurs années, les voilà en tête des groupes Yelen, la roue tourne et c'est mérité. De "Candice revolver" au "Trianon", le groupe a été très bon du début à la fin. Patricia Bonneteau peut être fier de ses poulains, de ces machines à riffs, imposantes à la scène et attachantes à la vie. Le temps d'un coup de barre qu'il est l'heure de rejoindre l'after musclé de Yelen derrière la grande scène. Rigolades avec les trois groupes, retrouvailles avec Philly, ça déconne sec, ça boit, si bien que pendant que Ska-P joue, on est là à enquiller des verres de Champagne ! Les Espagnols sont bons, et la reprise de Black Sabbath clouera tout le monde. After au Magic Mirrors avec la team Yelen et la Ruda, cassage de crâne à l'alcool, le reveil sera difficile pour tout le monde. Couchage à 5 heures du mat', j'en peux vraiment plus, bourré et exténué. Grosse soirée pour "mon" ouverture des Franco.

Lundi : lever vers 11 heures, assez dur d'ailleurs, mais bon, on est pas là pour enfiler des perles comme dirait l'autre. Alors au boulot. Le temps de chercher un PC connecté et d'envoyer des news que les concerts débutent à différents endroits de la ville. Le soleil est au rendez-vous, ça tape sec du coté thermomètre et le programme est assez alléchant. Grosse soirée reggae avec Burning Spear place St Jean d'Acre et Aston Villa dans la soirée. Seulement, il existe un système étrange aux Franco. Les accrédités presse ont accès au concert que dans la limite des places dispo. Donc pas d'Aston Villa pour moi, car concert complet !!! Et oui, c'est comme ça les Franco. Mais dans l'après-midi, il me tardait de voir ou plutôt de revoir Kemar sur scène. L'ancien chanteur des regrettés No One Is Innocent se la joue solo depuis quelques années, et après un quelques projets avortés, le revoilà sur les planches avec une formation pop. Une pop assez personnelle que Kemar présentera devant un maigre public dans une salle feutrée et intimiste, avec peu de lights. Un bon concert, bien que la reprise de "la peau" avec un guitariste électrique et Kemar au chant soit très dispensable. Mais Kemar a toujours la rage dans ses textes et dans sa musique quelques peu assouplie mais toujours énergique quand il le faut. Mai sil faut tout de même reconnaître que c'est surprenant de le retrouver dans cet environnement quand on a connu son ancien groupe super énergique et très électrique.
Le temps d'une petite sieste bien méritée, je passe outre Caliciuri, et Bénabar, lui aussi jouant devant salle comble au grand théatre. Je reviens pour les Trapetisttes, et franchement, je ne le regrette pas un instant. Dans une interprétation musicale proche de leurs amis les Gueules de Bois, les Trapettistes ont offert à leur public un concert touchant, drôle et rafraîchissant. On ne voit pas le temps passer avec ce groupe attachant, très chanson empruntant parfois aux rythmes jamaïcains. Spectacle mi-musical mi-théâtral, les Trapetisttes sont à l'aise et savent mettre un public dans leur poche. Ça fait du bien. La standing ovation et amplement mérité. On en reparlera très certainement sur le W-Fenec. Peu de temps après, la soirée reggae s'annonce, mais je ne peux pas supporter l'idée d'entendre Matt, "Artiste R'nB" à la française.
franco02 : trapettistes franco02 : trapettistes Donc, désolé pour Burning Spear, mais je me suis évadé vers une soirée Hardcore punky à la Casamance. Ça fait plaisir de retrouver cette salle associative, géré par des passionnés que sont principalement Karim et Matthieu. Les loges sont à classer moment historique du rock'n'roll, et j'y arrive suite à l'invitation de Steve de Feeding. Gros son à l'interieur, bières à gogo, discut' autour des Burning, de Second Rate et des Flying Donuts. Weak balance son punk rock à la limité du hardcore, je suis déjà tout émoustillé, et ce n'est que le début. Suivra Asyl et son rock façon Placebo très bon sur scène, notamment grace à un jeu de scène déconcertant. Les musiciens tout de blanc vétu semblent être venu d'une autre planète dès lors qu'il sont sur les planches. Ça pulse, c'est bien. Puis viendra Mind The Gap, la claque de la soirée. Les gars de chez Préhisto Rcds balancent un hardcore mélo de toute beauté, rapidement joué et vraiment excellent. Ça fait du bien par où ça passe. Ne les oublie pas, ils sont véritablement un gros espoir de la scène skate core. Malheureusement, pris de fatigue, je me suis endormi pendant le set de mon ami Steeve et ses Feeding. Mais gros souvenir de cette soirée réussie... Raccompagnage à mon hôtel par Steeve et sa promise, et nuit encore bien méritée !

Mardi 16 juillet : grosse journée en perspective, La Rochelle est en ébullition. Noir Désir est annoncé complet à l'ésplanade St Jean D'Acre, ouverture des portes exceptionnelles plus tôt que prévu pour faire entrer les 17.000 spectateurs, du jamais vu. Pas grand chose à se mettre sous la dent pour moi pendant cette journée, Brigitte Fontaine et Miro, euh, je suis pas très inspiré. Scapin est aussi prévu sur la scène de l'Horloge pour un concert gratuit en début de soirée. Ça promet d'être mouvementé. Le set de Scapin est prévu pour une bonne demie heure. Bon concert des nancéiens devant un public observateur. Le trio desservira bon nombre des titres de son premier album éponyme ainsi que quelques inédits franchement maquettés.
Mais le public est en masse pour le concert de Noir Désir... qui fut absolument lamentable se soir là, et je pèse mes mots. A une heure du concert, les journalistes sont refusés, donc pas de concert pour moi. Bon, en réussissant à gruger un peu, j'arrive à accéder à un endroit assez raisonnable, et là, c'est la claque dans la gueule. Autant le groupe a été bon à Belfort, autant le concert des Franco fut fade à plus d'un point. Son archi naze (étonnant pour un groupe de ce calibre !), froideur sur scène, on sent que que groupe est venu empocher son cachet et servir une prestation minimum devant des festivalier déçus. Peu d'ambiance dans le pit, le public sent la supercherie. Seul le rappel donnera du tonus à un concert qui en a manqué. Ça fait drôle quand même, aussi bien pour les fans que pour les professionnels présents ce soir là. Amertume ? certainement. Il y a des jours comme ça. Je n'ai tenu que 5 morceaux, tellement ma deception fut grande. Allez, un excellent repas envoyé au catering, et oups, au lit, alors que Dom Colmé envoie son excellent reggae world place de l'horloge.

franco02 scapin franco02 scapin Mercredi 17 : dernier jour des Franco. Scapin une nouvelle fois place de l'horloge, et une belle affiche pour cloturer le festival : Miossec et Yann Tiersen accompagné de l'ensemble orchestral Synaxis. Rien de tel pour cloturer ces 18ème Francofolies de La Rochelle. Avant le show de l'horloge des nanceiens de Scapin, Asyl prend place. Asyl, c'est ce groupe de power pop proche de Placebo et d'Indochine dans le style artistique. Une bonne prestation des 4 de La Rochelle, bien que je reste sur la prestation soufflante de la Casamance. Puis c'est au tour de Scapin de fouler pour une seconde fois la scène de l'Horloge. 40 minutes leur sont attribuées aujourd'hui pour présenter à un public très enthousiaste leur pop rock efficace. Le son est meilleur que la veille, le public est beaucoup plus dans le coup (et nettement plus présent aussi !) et de ce fait, le groupe est encore plus à l'aise que la veille. Chargement du matos, et hop, direction la grande scène pour assister aux derniers concerts.
C'est Miossec qui succèdera à Cheb Mami. Miossec, dans un style beaucoup plus rock'n'roll que ses premiers albums, chante toujours aussi faux, mais il reste un artiste à part entière. Ses textes sont crûs mais en même temps attachants, personnels et donc le public peut se retrouver dans chaque strophe du breton. Mais c'est Yann Tiersen qui calmera tout le monde, moi y compris. Ok ? Tiersen, c'est l'auteur de la B.O. d'Amélie Poulain, mais pas seulement. Ça fait une paire d'année que le multi-instrumentiste enregistre des disques et traîne sa bosse aux quatre coins de la France pour y deverser sa musique touchante et magnifique. Plus de 10.000 personnes dans le public, mais pas un bruit, un silence frissonant quand l'artiste interprète ses chansons avec un grand orchestre. Une voix féminine est parfois de la partie pour donner plus d'ampleur aux sons de Tiersen. Le spectateur est attentif, les émotions sont présentes. C'est une marque de respect pour Yann qui mérite amplement son succès, lui qui n'a jamais fait de concession, qui joue comme il vit. Formidable. Et c'est ainsi que se termine pour moi ces 18ème Francofolies de La Rochelle, riche en émotions et en découvertes. Certes, la programmation est très accès chanson française, mais la bande à Jean-Louis Foulquier sait varier les plaisirs, et le spectateur que je suis à vécu 4 jours de bonheur !