Fest 666 SETH Fest 666 SETH Fest 666 LEPROUS Fest 666 LEPROUS Nichée au cœur du village, c'est l'école communale, forte de ses infrastructures d'accueil et de restauration, qui abrite le festival et ses deux scènes côte à côte. Si c'est l'association du jeune Victor, le président, qui organise le festival, c'est en réalité tout le village qui participe à sa réalisation : la municipalité met à disposition les locaux et règle les factures d'eau et d'électricité, les autres associations prêtent leur matériel, les habitants se mobilisent dans le bénévolat. C'est cette organisation qui permet au 666 d'être à l'équilibre financier à l'heure où, tant de festivals plus ou moins gros, mettent la clef sous la porte ou voient leur avenir mis en péril, confrontés à des problématiques financières de plus en plus lourdes (hausse des cachets des artistes, du coût de l'énergie, de la location de matériel, des assurances, baisse des subventions, etc...)

Si Victor ne cache pas son ambition de vouloir augmenter la jauge à 6000/8000 festivaliers, changer de site, de passer de 3 à 4 jours, profitons pour l'heure de ce festival à taille humaine sur 3 jours : cela fait tellement de bien ! Il n'y a pas que moi qui le dis, Zegut aussi ! Un grand terrain à surface plane et délimité en plusieurs zones, camping, trucks et parking, nous accueille à notre arrivée et nous sommes accompagnés par de gentils bénévoles venus nous guider. Des douches, points d'eau et des toilettes en nombre suffisant sont mis à notre disposition et seront nettoyés très régulièrement. Les quelques commerces du village jouent le jeu : ils étendent leur plage horaire et adaptent leur offre. Le terrain est très proche de la zone de concerts et une circulation alternée a été mise en place pour la sécurité des festivaliers. Je ne ferai pas des kilomètres et des kilomètres chaque jour, sachant que la canicule est là et que 38° sont annoncés ce week-end. L'orga a d'ailleurs installé plusieurs lignes de brumisateurs à différents endroits du site et le pit sera arrosé à la lance à eau.

Fest 666 EIGHT SINS Fest 666 EIGHT SINS Fest 666 TAGADA JONES Fest 666 TAGADA JONES Le festival se déroule sur trois jours, du vendredi au dimanche. Cette année, il ouvre une soirée plus tôt qui est animée par le célèbre Macumba dont les tubes metal, mais également les chansons des années 80, les parodies diverses et variées feront danser, chanter, délirer les metalleux arrivés en avance et les villageois de Cercoux. Une très belle ambiance lors de cette première soirée qui voit se mêler familles, personnes âgées et metalleux barbus et tatoués ! J'ai vu tout ce petit monde se rencontrer, danser, crier, se lancer dans des chenilles interminables. De la joie, des sourires, du plaisir sur tous les visages. Le 666 commence très bien !

On retrouve les différents exposants, en nombre relativement importants (Jt'aime pas!, Tamère, Crève, Hyraw et divers) en première partie du site puis vient la zone des foodtrucks variés et de qualité, accompagnée d'un barnum avec tables et bancs, puis celle du merch du festival et des artistes. Nous descendons une petite pente pour nous retrouver dans une vaste zone avec d'un coté un grand bar abrité et de l'autre, les deux scènes. Un grand arbre et des chapiteaux permettent d'assurer une protection contre le soleil implacable. C'est le 1er jour, je viens d'arriver et déjà, je dégouline... Tout le long de ces 3 jours, j'aurai beaucoup d'admiration pour les acharnés qui, inlassablement, braveront la chaleur et la poussière dans le pit. Le point culminant du 666 sera atteint le samedi avec 3000 entrées, soirée hommage de cette 6ème édition reprenant les têtes d'affiches des 3 premières : Tagada Jones, Shaârghot et Mass Hysteria.

Quant à moi, fan de hardcore et de deathcore, je vais vivre une journée d'anthologie le dimanche avec l'enchaînement des coreux toulousains de Alea Jacta Est, suivi du death très brutal de Karras puis de l'étoile montante du hardcore Guild Trip, Paleface Swiss nous atomisera avec un deathcore d'une brutalité incroyable avant que le rouleau compresseur des patrons de Hatebreed finisse de nous briser en mille morceaux. J'ai terminé le 666, épuisée de soleil, dégoulinante de sueur, couverte de poussière, mais le cerveau en ébullition, des étoiles plein les yeux et le cœur empli de joie.

Fest 666 FU MANCHU Fest 666 FU MANCHU Fest 666 TH3ORY Fest 666 TH3ORY Place à un petit mot pour quelques groupes...

Th3ory : Le groupe découverte du 666 qui nous a fortement interpellé avec son metal indus, très electro, une forte présence scénique et un gros effort de scénographie/déco/costume. Ce qui a débouché sur une interview impromptue à laquelle ils se sont livrés avec plaisir.

Tagada Jones : Très beau concert de Tagada Jones, même si je ne suis pas une inconditionnelle. J'ai passé un très bon moment, et au vu de la ferveur du public, j'étais loin d'être la seule.

Shaârghot nous a entrainé une nouvelle fois dans son univers parallèle de Great Eyes avec un show toujours époustouflant et une scénographie soignée. Les shadows (noms de leurs fans) étaient bien présents dans la fosse !

Mass Hysteria : On ne présente plus ce groupe trentenaire capable de rallier jeunes et vieux, furieuses et furieux à coups de riffs percutants, ils restent positif à bloc !

Vestige : Jolie prestation de ce groupe récent (2023) que je vois pour la deuxième fois, mais j'avoue que leur univers black atmosphérique et shoegaze se marie mieux avec l'atmosphère cocoon d'une salle fermée.

Ashen : Je ne les avais pas trouvés du tout convaincants au Hellfest. Sans doute bridés par le trac de jouer sur une mainstage. Au 666, ils se sont montrés sous leur meilleur jour avec un set puissant et costaud. On en redemande.

Fest 666 ASHEN Fest 666 ASHEN Fest 666 HATEBREED Fest 666 HATEBREED Eight Sins : Les coreux venant de la ville, je cite, "des grosses noix et du crime" (Grenoble), ont fait un show à la fois avec la violence caractéristique du HxC, et une bonne humeur solaire qui s'est répandue en douceur sur l'assemblée conquise.

Fu Manchu : Comme à leur habitude, pas de chichi, pas d'extravagance, de la musique et seulement de la musique, jouée et transmise avec virtuosité.

Seth : Du black metal sous un soleil de plomb. Pas facile, mais le chant en français du groupe bordelais fort de sept albums a captivé les festivaliers présents avec "La France des maudits". C'est un hymne à la résistance à ceux prêts à saigner et à souffrir pour ne pas s'agenouiller devant la décadence divine.

Alea Jacta Est attaque dur leur set avec "Decem" qui déferle sur nous avec la puissance d'un 38 tonnes. Leur show est à la hauteur de la température ambiante : très, très chaud !

Karras : Mon 3ème concert de Karras. Plus je les écoute, plus j'aime. Certainement parce que leur death comporte quelques envolées hardcore. Une très jolie rencontre en interview.

Guilt Trip : Un hardcore rageux, moderne, dans l'air du temps et une bassiste qui s'impose dans cet univers très masculin du hardcore.

Fest 666 PALEFACE SWISS Fest 666 PALEFACE SWISS Paleface Swiss : La raclée du 666 !!! Un show de dingue d'une brutalité et d'une puissance phénoménale avec les pit les plus hargneux du festival.

Hatebreed : Un des groupes emblématiques et mythiques du hardcore américain et ils ont su nous le montrer !

LeProus : Avec son metal progressif hypnotique et poétique, LeProus a terminé le premier soir du festival en beauté. Un moment féerique qui a bercé les festivaliers présents pour le plus grand bonheur de tous.