Leçon numéro une : se préparer. Faire son sac, préparer sa tente, tous les petits "extras" qui amélioreront le séjour (lampe de poche, bonne humeur, heure de sommeil d'avance,.). Pour moi, tout roule. J'attends mes deux con-père (bien qu'un soit plus jeune que moi) dans mes Vosges que j'affectionne tant (non, je plaisante !) et c'est à 18H30 que Pooly et Oli débarquent dans ma petite bourgade. Embrassades, débarquement dans mon appart, la magie ne prendra pas longtemps à pointer son nez. Tout le monde s'en fout, mais les mâles du fenec se voient une fois par an ensemble, et c'est toujours le premier week-end de juillet. Alors, évidemment, on refait le monde devant une petite binouze, avant d'aller avaler un petit repas chez l'indien de Bruyères avec sa serveuse niaise mais tellement sympathique. La soirée se passe bien, trop bien même, "nos" Eurocks ont déjà commencé, et de fort belle manière. Le temps avance trop vite, le temps de dormir quelques heures et nous somme déjà le vendredi 2 juillet.

Leçon numéro deux : s'organiser. Partir à l'heure qu'on avait fixé, arriver à l'heure qu'on avait chronométré. Comme on est plus malin que nos amis de E-Zic (jolie team composée cette année de Xav, webmaster le 30 février tous les ans, Alice qui relève le niveau du joli couple, et MH, professionnel de la photo, chroniqueur de talent mais picoleur néophyte). Oui, donc, nous sommes plus malins que les parisiens, et avant de rentrer sur le camping, on va chercher nos jolis pass presse qui nous permettent, en plus d'accéder au site de Malsaucy, de rentrer sur le camping déjà bien garni en cette matinée du vendredi. On fait les choses dans l'ordre, si bien qu'à midi, après avoir monté les tentes (avec un peu de mal pour Pooly, est-ce le fait de vivre en Angleterre qui lui fait faire les choses à l'envers ?), on attaque l'apéro auprès de la guiguimobile qui crache du Darkness à tout va. Un repas bien envoyé, et nous voilà en route sur le site du festival. En 2002, on a tout fait à pied entre le camping et le site du festival, cette année, on a décidé de changer la donne. Grâce à l'aide, il faut le reconnaître, de l'organisation, qui met cette année beaucoup plus de navettes qu'à l'accoutumée. Petit voyage et nous voilà on the place. C'est déjà le bronx en accès presse, pas de connexion pour notre PC portable, les cadors du journal local ouvrent leurs gueules à peine arrivés, pas de pass photo pour notre petit webzine, bref, ça démarre mal. Mais c'est sans connaître notre magnifique Oli qui passera où il veut quand il veut (enfin, pas toujours mais on y reviendra).
membrane membrane Et si on parlait un petit peu de musique ? bon d'accord. C'est Luke qui a l'honneur, ou la difficile tache, c'est comme on veut, de démarrer les hostilités. L'ami Oli nous conte son concert : à la faveur d'un tube Luke s'est révélé cette année au grand public, mais les programmateurs n'avaient pas parié sur l'existence d'un hit futur lors de l'engagement du groupe, plus sur leurs compos et leurs concerts à travers la France. Les faire jouer en ouverture du festival était donc une bonne chose, c'est un groupe attendu qui débute les hostilités et le chapiteau est déjà comble quand les premiers riffs retentissent, les Eurocks 2004 partent sur une bonne base même si Luke semble peu à l'aise aussi loin des premiers rangs, le côté intense de leur power-pop-rock ne ressort pas autant que dans une petite salle étouffante... Malgré tout, ils s'en sortent plutôt bien, toujours très propre musicalement, le groupe assure un bon concert sans artifice.
Les concerts se succèdent et se chevauchent, si bien que pendant le set de Luke, Membrane a les faveurs de la Loggia. Premier concert découverte des tremplins régionaux et excellente surprise. Je connaissais les gars de réputation, leur noise rock étant favorable aux bons échos. Bien qu'il soit tôt dans l'après midi, le trio a envoyé le bois devant un public attentif et accrochant aux rythmes chaloupés du groupe. Noise rock impeccable, énergie débordante, j'ai beaucoup apprécié ce concert rudement mené. Qu'en pense Oli ? suffit de lui demander : découvrir des groupes aux Eurocks est assez rare, tant le festival privilégie les groupes déjà installés (ou signés et bien entourés), seul les tremplins permettent parfois de trouver des perles, cette année, la perle, c'est Membrane, un trio noisy-core arborant fièrement influences et TShirt Unsane. Dans la loggia, le groupe balance de gros riffs abrasifs avec assurance. Le son est bon, suffisament rouillé pour nous dérouiller, le live offert par la bière sponsor ne refléte pas sa qualité, dommage, j'aurais aimé en ramener chez moi ! Le rock indé flirtant avec le métal (ou l'inverse ?) de Membrane devrait faire parler de lui dans les mois à venir, nous les surveillerons de prés...

NO ONE NO ONE Troisième concert et première tête d'affiche sur la grande scène. No one is Innocent is back, après une absence qui a laissé des traces à un style qui a perdu sa folie à la mort du groupe français. Comme Jésus, No one is Innocent a ressuscité et à partager avec le public, qui les attendait au tournant, de bonnes sensations. Pour être honnête, j'avais quelques a priori sur cette reformation, mais la musique a parlé et a mis tout le monde d'accord : No one is Innocent restera un des groupes français majeurs des années 90. Et s'ils remettaient ça les bougres ? en attendant, le concert est extra, c'est juste dommage que le nouveau guitariste se prennent pour le gratteux des Who et tente d'exploser sa guitare en fin de set. En tout cas, c'est radical, on sait qu'il n'y aura pas de rappel ensuite. Oli (décidemment dans tous les bons coups en ce début de festival) nous donne son avis sur la question. No one is Innocent était attendu au tournant, reformé à coup de dollars, le groupe emblématique de la fusion made in France revenaient sur la grande scène des Eurocks alors que leur concert de folie de 97 est encore dans toutes les mémoires de ceux qui étaient déjà là il y a 7 ans... Les "supers stars" (sic) réunis autour de Kmar ont déjà pris leurs marques, ils n'hésitent pas à mettre leur touche perso dans les vieux morceaux car aprés un "Helter skelter" ce sont surtout les vieux titres ("Genocide", "La peau", "Henry serial killer", "Ne reste-t-il que la guerre pour tuer le silence") qui sont joués, les nouveaux qui sortiront à la fin de l'été ne sont pas légions ("Revolution.kom", "US Festival"), ils sont cependant très bien accueillis par le public fasciné par le show. Pour terminer le set (trop court), on a le droit à "Nomenklatura" (unique extrait d'Utopia) qui se transforme en un énorme "La jeunesse emmerde le Front National" ! Dans ce déluge de riffs, les quelques gouttes de pluie passent elles inaperçues... Welcome back !

an pierle Cette journée du vendredi est riche, trop riche même (désolé pour les Two Tone Club et leur ska rock steady de bonne facture qui jouaient pendant No One) et entre deux retrouvailles avec nos copains de E-Zic et les barjots de Santagore, Oli se gave de musique, de bonne musique : la Synfonietta de Belfort accompagne An Pierlé pour ses 2 concerts belfortains, c'est donc un événement à part entière auquel j'assiste, si la belge est sur cette tournée accompagnée d'un vrai groupe, il est rare de la voir entourée d'une trentaine (???) de musiciens classiques pour appuyer ses douces mélodies. Les titres plus rock d'Helium sunset se taillent la part du lion alors que la lionne des flandres passe de son piano à l'accordéon ou se déchaîne face au micro, sa voix se mélange aux cordes et les arrangements magiques ravissent le chapiteau. Les élèves du conservatoire semblent aussi heureux qu'An qui revient sur scène nous interprêté un étonnant "Il est 5 heures, Paris s'éveille" en guise de rappel, la standing ovation est toujours de rigueur aux Eurocks, mais si nous avions été assis, nous nous serions tout de même levé pour applaudir cette expérience inoubliable.

jr ewing jr ewing Pendant ce temps, je me préparais à une bonne déflagration : Jr Ewing. Les gars de Scandinavie, je les attendais de pied ferme. Très bon sur skeud, c'est le type de groupe que j'aime voir sur scène. Je réussis à me frayer un chemin pour faire quelques photos du groupe hardcore 'n' roll (en fait, nous somme trois photographes dont Dan Kérosène que j'ai le plaisir de découvrir "en vrai" entre deux shoots numériques). Je dévore ce concert de 50 minutes qui sont passées trop vite et je prends une bonne claque avec le son du groupe. Ça tape fort, et malgré un chanteur taillant du 24 en t-shirt qui en fait décidemment beaucoup (comme beaucoup de groupes du genre), je ne trouve rien à redire de leur show. Les compos sont énormes, le jeu de scène formidable, j'aurais du mal à m'en remettre, si bien que MH se moque encore de moi quand je persiste à dire que c'est un des meilleurs concerts que j'ai vu sur le festival. Et nous n'étions que vendredi après-midi. Je retrouve Dan et sa charmante compagne pour tailler le bout de gras, si bien que je laisse délibérément de coté I Am pour taquiner quelques bières tièdes sous le chapiteau presse avec mon collègue fanzinien. Et c'est pareil, on refait le monde, on hallucine devant la conférence de presse de Kmar des No one is Innocent ("je réalise le rêve de mon bassiste et mon batteur qui rêvaient de jouer avec No one", no comment), mais j'arrive à capter quelques morceaux de Franz Ferdinand dont je retiendrais plus le fait que son staff ait squatté tous les pc du stand presse tout le vendredi que la musique à la mode en ce moment.

M M Autre gros morceau de ce vendredi, M. Perso, j'adhère complètement. Aussi bien au personnage qu'au musicien. Ce mec ne se prend pas au sérieux, mais n'amuse pas la galerie à grands coups de n'importe quoi sur scène. Le décor est planté, une énorme guitare rose gonflable en impose en fond de scène, et le génie M entre dans la danse. Ses musiciens sont hors pairs, le son est acceptable pour un groupe qui s'aventure sur la grande scène. Grande scène mais pas grosse tête pour le multi instrumentiste. Le gazier s'inquiète pour son public quand les seules gouttes de pluie du week -end commencent à tomber, et il n'hésite pas à faire venir du public sur scène pour danser et participer à ce show plus que convainquant. Qu'on se le dise, avec une tripotée d'albums à son actif, M n'a pas changé : il reste ce compositeur génial, cet arrangeur de talent, ce musicien irréprochable qu'on aime écouter. Les tubes du Machistador pleuvent (super jeu de mots !) et tout le monde "ador" (deuxième jeu de mot, bon, je m'arrête, promis !). 90 minutes de bonheur.

ben kweller Je vais me reposer un peu en attendant Placebo, mais Oli est allé taquiner un autre concert. J'allais plus voir Ben Kweller pour ce qu'il était que pour ce qu'il est devenu, ses folk songs me plaisant moins que les titres qu'il avait composé étant gamin avec Radish. Et si le début du concert se déroule avec un véritable groupe et une énergie toute Radish ienne, Ben enchaîne ensuite sur un "Sha sha" au piano puis tout seul sur ses chansons moins percutantes et vite lassantes, il n'a pas l'air très clair (enfin sobre...) et c'est comme un funambule qu'il livre la suite du concert, certainement que je l'aurais plus apprécié dans une petite salle...

placebo placebo Tête d'affiche de ce vendredi, Placebo était attendu par de nombreux fans (et de nombreuses minettes). J'ai vu le groupe une paire de fois, et avec Pooly, on profite de ce concert qui sera le dernier pour la team (fatigue oblige) ce vendredi. C'est beau, c'est chouette, mais... mais... A chaque fois que je vois le groupe, ça le fait toujours, mais une partie des frissons et de la magie s'amenuisent à chaque show auquel j'assiste. Résultat : bon concert, mais c'est tout. Dommage. Et je crois qu'Oli a le même avis que moi...You're in the basement... Le trio Placebo est désormais un quintet sur scène et Brian lache bien plus souvent sa guitare pour faire joujou avec les machines, si certains titres speed s'en trouvent calmés et d'autres calmes speedés, on retiendra surtout la transformation magique d' "English summer rain"... Mais la fougue et l'intensité des premières années se sont envolées et si le combo a su bien s'adapter aux grandes scènes, le défilé des tubes sur de jolies lumières a un côté un peu artificiel... Parmi tous les hits, on ne frémit que sur quelques uns et c'est visiblement "Special K" qui fait frémir le plus de monde. Placebo joue la sécurité, joue pour ses fans comme pour les autres (ainsi j'ai pu entendre "je n'ai aucun album de Placebo mais y'a qu'un titre que je connaissais pas...") et communique un peu moins que par le passé, bref, c'était mieux avant... Enfin, en rentrant au camping on aura quand même tous leurs refrains en tête... I'm in the sky...
Il est deux heures, on est naze, alors on décide de rentrer. On retrouve nos amis d'E-Zic, et la bande de six s'en va chercher une navette. Le hic, c'est qu'il y a trop de monde qui attend le bus. Pfffffffff, on se décide de rentrer à pied après qu'Oli et Xav se tappent la honte avec un flic à base d'arguments bidons ("on est presse, on peut passer devant ?" "NON"). Mais au bout de cent mètres, avec l'aide de quelques festivaliers, on stoppe un bus vide qui venait prendre du monde au PC des bus. Et hop là, économie de 30 minutes de queue, tout le monde est ébahi, et nous on se fend bien la gueule. Au camping, on se boit quelques petits verres, et la bouteille de vodka ne fait pas long feu. Fais chié !!! On squatte un feu, je parle dans le vide provoquant l'hilarité générale, il est temps d'aller dormir. Bonne nuit.



elista elista Samedi : on prend les mêmes et on recommence. Repas auprès de la guiguimobile, j'évite de mettre de la musique, Pooly étant excité à l'idée d'entendre Darkness et Motley Crue. Pas grand-chose à me mettre sous la dent en ce samedi, après l'orgie sonore de la veille. Si bien que c'est Oli qui démarre une nouvelle journée de concerts : j'adore Elista en CD, j'adore également Elista sur scène ! Malgré un départ boîtillant (un problème de guitare) qui n'handicape pas la bonne humeur du groupe ("quelqu'un aurait une clé de 12 ?"), une des révélations de l'an dernier livre live les perles de son album. Le quatuor/quintet rock n rollise ses morceaux, les étire et joue quelques innatendus comme "Les Calanques de Cassis" qui sera sur le prochain album et une reprise de France Gall !. Les modifications apportées à leurs titres qui résonnent dans ma tête comme des tubes sont toutes réussies sauf peut-être celles de "Perceval" dont la métrique est simplifiée (c'est mon titre préféré d'Elista, difficile de ne pas faire le difficile dans ce cas-là !), "Debout" et pour finir "Déçu du paradis" font les joies du chapiteau qui écoute la radio, mais tout le monde se sera délecté de cette heure passée avec les franciliens très à l'aise sur cette grande scène...

Pendant qu'on squatte la tente presse et qu'on fait connaissance avec des collègues (Rock 'n' Folk, L'Est Républicain), Oli en redemande : AS Dragon joue sur la grande scène et il aurait certainement fallu les voir sous le chapiteau, tous de blanc vêtu, ils ont tenté (et partiellement réussi) de faire bouger les pototins des eurockéens, la chanteuse, elle, aura bien bougé le sien, se dandinant, jouant avec tout ce qui se trouve sur scène et affriolant le public. Sur scène, la pop branchouille de Spanked devient un monstre rock n roll où quelques bons bieux riffs ont leur place. Il fait beau, des zicos sourient en déployant dans l'air leurs accords, une petite russe nous sourit en s'aspergeant, que demander de plus ?
Sur la scène de la plage, des petits suisses entamment le concert de leur vie. Franchement, ça fait plaisir de voir des groupes quasi inconnus qui se font plaisir (et nous avec) en jouant leur musique. En tout cas, Tim Patience Watch a le sourire au lèvre, et sa pop teintée de rock rafraichissant fait du bien à nos petites oreilles sous le soleil qui bastonne. On dit que les suisses sont lents, bah c'est pas vrai ! En tout cas, pas leur guitariste !

Sitôt terminé, je me précipite sous la tente de la Loggia pour assister au concert de Herman Düne. Les suédois disposent de 75 minutes pour émerveiller le public de Belfort avec sa recette pop merveilleuse. Des dandys très heureux de partager plus d'une heure avec Belfort. Le groupe joue à la cool, le guitariste commençant son solo une fois sa clope consumée. C'est très agréable, certains diront que c'est très hippy, voir mieleux. M'en fout de ce qu'ils pensent, moi j'ai apprécié, et loin des guitares saturées et des jump tant appréciés aux Eurocks, Herman Düne a mis le feu. A la suédoise quoi !

Un petit tour à la tente presse histoire de reposer les pieds qui souffrent pendant trois jours qu'il est temps pour moi de retrouver le chapiteau. Sur un bon conseil de mon ami Matthieu, je m'en vais assister au show de Buck 65. Enorme surprise pour moi. Un mec barbu arrive avec tenue blanche genre carrosserie, il claque deux vinyls sur ses platines, et il rappe. Un rap très particulier, très monotone dans le ton mais super rapide dans le phrasé ! génial. Entre deux morceaux, le bonhomme, rapidement rejoint par des musiciens (guitare, batterie, basse, clavier,...) s'exprime avec quelques mots dans la langue de Molière, si bien que ce groupe devient vite attachant. Attachant, et surtout hallucinant. Grosse découverte pour moi.

PJ Harvey PJ Harvey Je ne savais pas quoi penser du concert qui suivait. La grande dame PJ Harvey vient de terminer sur la grande scène. Je ne suis pas un inconditionnel de PJ Harvey, mais j'ai pris un grand plaisir à voir la grande dame des Eurocksqui a accumulé un capital sympathie exceptionnel auprès du public. Encore la magie des Eurockéennes qui s'opère.Pooly en reste charmé : Stories from the city, stories from the sea, Hu hu her, Is this desire ? viennent se mélanger doucement, avec joie et bonne humeur, malgré quelque difficultés techniques imprévues, notamment un guitariste qui prend la chanson un ton trop bas. Celà ne déstabilise pas Polly Jean qui prend l'erreur à la légére et reprend la chanson presque comme si de rien n'était. Le public réagit favorablement aux nouvelles chansons, en connaissant certaines déjà par coeur, et bougeant avec motivation sur les titres du précédent album.

bashung Avant de retrouver les Pixies sur la grande scène, c'est avec un grand Monsieur que nous avons rendez vous. Le public est présent en masse devant la scène du chapiteau pour accueillir Alain Bashung. Cet artiste très particulier est venu aux Eurockspour distiller sa musique forte et émouvante, il repartira de Belfort après avoir conquis des spectateurs qu'il a su envouté. Lumières magnifiques, présence formidable, allez mater les photos "loupées" (c'est pas moi qui le dit, c'est Xav) de MH sur E-Zic.

C'est au tour de la tête d'affiche d'investir la grande scène des Eurocks. Les Pixies, je n'ai jamais accroché sur disque. Mais bon, c'est quand même un évènement de les retrouver après avoir splitté il y a une paire d'années. Résultat : gros bof, concert chiant, Oli est de mon avis : la prestation des Pixies laisse perplexe, les stars américaines semblent être venues pour toucher le cachet plus que pour faire plaisir à leurs fans. Ce n'est pas parce que le public est conquis d'avance qu'il ne faut pas sourire ou dire quelques mots... L'enchaînement des tubes d'hier n'a pas déchaîné Franck Black qui semble seul sur scène, assez peu complice avec ses collègues, il livre les chansons des Pixies sans bravoure, en essayant de suivre les rythmes approximatifs parfois de la petite Deal qui a du arrêter de fumer plusieurs fois... Même le "Where is my mind" repris par tous les Eurockéens n'avait rien de très magique...
Il est temps de se rentrer après une deuxième grosse journée. Oli et MH tentent de nous refaire le coup du passage en force pour prendre une navette sans faire la queue, tandis que le reste de la troupe, après avoir tenté le coup de la veille, se décide finalement de se rentrer à pied, persuadé d'arriver avant les autres. Mais par un tour de passe-passe, Oli et MH réussisent à prendre rapidement une navette ("sécurité, sécurité"), si bien que sur le chemin et après un coup de téléphone, on se dépêche d'arriver sur le camping, en leur faisant croire qu'une navette spéciale avec une ravissante conductrice et de la sono dans ladite navette nous ai pris en route. Et ils gobent tout les bougres. Scandaleux !!! Comme on ne va pas se laisser mourir de soif, Oli (président !!) nous sort une bouteille de vodka café assez surprenante. Le temps de taquiner au goulot le liquide magique que notre ami JB nous présente son camarada Boris qui n'arrive pas les mains vides et nous sert quelques rasades de whisky. La fête bat son plein, Xav a abandonné depuis longtemps, W-fenec 3 - E-Zic 2 puis 1 quand Alice rejoint son homme dans les tentes. MH tente de représenter son équipe comme il peut, mais le fait est là, ce soir, on est les plus forts ! Impeccable. Mon camescope captera quelques images compromettantes du gazier. Je lui ai promis de ne pas les diffuser, promesse tenue mec. Au dodo !



an albatross Dimanche : même pas mal à la tête, c'est reparti pour une dernière journée. Pooly est tout de même le plus courageux et enquille deux concerts : An Albatross : Cet OVNI hardcore sorti tout droit des USA, a enflammé le chapiteau pendant 30 minutes de feu. Décharges électriques violentes, riffs psychotiques, ces drôles d'oiseaux tirent une partie de leur puissance de leurs deux synthés augmentant l'ambiance sombre et apocalyptique. Les morceaux de We are the lazer viking, maxi de 11 titres pour 8 minutes claque comme un fouet sur cette scène. Sur la plage, ce sont les allemands de Serotonine qui donnent le ton, oscillant entre rock mellow et des guitares éthérées.


svinkels svinkels Les choses sérieuses commencent sur les coups de l'heure du thé. Grave dilemme pour un Gui de Champi qui a le cul entre deux chaises : X-Vision ou Svinkels ? Putain, le choix est dur. Je penche pour les Svink, je reverrais bientôt mes camarades Lorrains. Et ce concert de Svinkels a été magique. Trois chanteurs, un dj, l'ambiance est électrique, le Svink, c'est chic. Tous les hits du dernier album sont lachés, et alors que les fans de Slipknot massés sur le devant de scène agonisent, G Baste lache avec un grand sourire : "on a croisé backstage les Slipknot sans les masques : bah en fait c'est les Daft Punk". C'était pas forcement gagné d'avance pour les rockers rappeurs, mais le public a célébré le "rap potache" (dixit un photographe freelance qui a rien compris) et les parisiens ont tout donné pour ce concert. Fabuleux. Le groupe a fait slammé le public et l'apothéose viendra avec un "Reveille le punk" sur un sample de Back in Black d'AC/DC. A noter un DJ Pone exceptionnel qui a démontré en solo tout son talent. Classe.
x_vision x_vision Pendant ce temps là, Oli a vadrouillé vers la plage et apparemment, il ne regrette pas : le dimanche, on est toujours un peu naze, alors rien de tel que de prendre une grosse claque dans la gueule pour se réveiller, cette claque s'appelle X-Vision, les lorrains ont tout simplement retourné la plage (je n'avais jamais vu autant d'ambiance sur cette scène ! il devait y avoir prés de 4.000 personnes !), ultra carrés Pierre et sa bande, tout de noir vêtu, ont balancé les riffs de Confused et de Time of the new slavery avec une brutalité métallique qui a ravi les maggots et les fans de métal venus en masse en ce dimanche béni. Petite chorégraphie, participation de Manu le Malin (Palindrome) sur "Hynapsi", tout se déroulait (trés vite) à merveille mais alors que le set touchait à sa fin, coupure de courant. Le groupe électrogène n'a pas résisté à X-Vision, le groupe reste sur scène et se fait ovationner pendant 10 bonnes minutes ! Le bassiste se permet une grosse folie : un slam dantesque depuis la scène ! Malgré tout, rien à faire, les techniciens s'activent mais la seule solution est le remplacement du générateur, le concert est donc terminé, aprés tout, cette fin inattendue a offert au combo les félicitations qu'il méritait par un public qui en mérite tout autant.


La fatigue nous gagnant, j'écouterais de loin le Peuple de l'herbe qui, sur la grande scène, a du achevé les fans de Slipknot et Korn. Rien que ça, c'est du bon. Avec Xavier, Alice et MH, on s'embarque dans un taxi Mercedes climatisé pour un voyage de dix minutes dans le monde de Nikko. Ancien batteur des Tétines Noires, le personnage tout à fait sympathique se lance dans un exercice très périlleux mais émotionnellement très fort. On choisit deux morceaux sur une liste, et le bonhomme au volant se lance dans un mini concert en chantant sur des boucles enregistrées dans son mac. Pas de limitation pour Nikko, nous restons impassibles à l'arrière de la berline, non pas que ce moment soit chiant à mourir, mais tout simplement envahis d'une certaine émotion dans ce cadre très particulier. C'est toujours plus dur de faire un concert devant quatre personnes que tu entends respirer plutôt qu'un show à l'américaine à dix mètres d'une fosse remplis de dizaines de milliers de spectacteurs. Merci pour tout !

slipknot slipknot
Ne nous voilons pas la face, la grande majorité du public présent ce dimanche est venue pour deux groupes. L'un d'entre eux rentre sur scène sur les coups de 21H30 alors que le soleil n'est pas encore couché sur le Malsaucy. C'est un évènement, Slipknot est à Belfort. Pas vraiment amateur du groupe, c'est tout de même avec curiosité que je décide d'aller voir ce concert. Surtout voir mais écouter quand même. Niveau visuel, les lights sont désastreuses, à l'américaine quoi : on balance tout tout de suite tout le temps. Nul à chier. Niveau spectacle, c'est vraiment un cirque. Musicalement enfin, je ne cacherai pas que je suis resté écouter le groupe des 9 du début à la fin, et n'en déplaise à MH, j'ai tout de même apprécié ce concert, même si j'ai beaucoup ri. Et sache, mon ami, que Slipknot doit pas mal de choses à Motley Crue. Girls, Girls, Girls !!! Pendant ce temps là, le bassiste de Korn se la joue star en conf de presse allant jusqu'à demander à un gamin de la beuh pour que ce dernier pose avec lui en photo. Lamentable. Mais revenons à Slipknot : qu'en pense Oli ? Jeux de lumières dignes d'une fête des écoles, son désastreux, jeu de scène ultra prévisible, le spectacle de clowns Slipknot aura fait rire petits et grands, le gang de l'Iowa a enchaîné ses tubes (on avait même du mal à faire la différence entre les titres), le parterre de kids était aux anges grâce à leurs diablotins qui auront eu le mérite d'accélérer considérablement les balades du nouvel album et de balancer au public "on est moche et on pue mais on va vous bottez le cul", une phrase que Ben de Santagore a appris à Corey ! Ca, c'est culte !

DEP Forcément, après Slipknot, place à un vrai groupe de métal : The Dillinger Escape Plan. Eux ne font pas de la musique pour le spectacle même si leurs shows sont ahurissants. Oli en est encore tout retourné : rage, furie, technique et folie, voilà quatre mots qui riment avec The Dillinger Escape Plan, alors que je pensais que la loggia serait pleine à craquer, c'est dans un air respirable que les doux dingues ont balancé leurs titres. D'une technicité effarante et d'une efficacité foudroyante, ils se permettent de jouer dans le public ou de faire des saltos, si ça ne rigole pas dans les riffs, leur décontraction (apparente tout au moins) et leur souplesse scénique est un régal, Mike Patton (qui chante sur leur dernier EP) n'était pas là mais on ose à peine imaginer le bordel que ce serait si le génie du métal participait à leurs concerts...

korn korn S'en suivra le show de Korn. Ça aussi c'est un évènement d'accueillir les ricains. J'ai préféré m'éclipser au bout de deux morceaux pour retrouver High Tone que je ne verrais finalement pas pour cause de retard dans la prog. Oli, lui, était à Korn : la tête d'affiche n'aura déçu personne cette année, Korn a livré l'un de ses meilleurs concerts en Europe depuis bien longtemps (97 ?), très détendus, souriants et déconneurs, les californiens ont enchaîné les tubes de toujours ("Blind", "Faget", "ADIDAS", "Here to stay"...) avec les titres du dernier album (dont un gigantesque "Right now" pour débuter le show) et des reprises cultes ("One" de MetallicA en version courte, et la somptueuse trilogie "Another brick in the wall" er les nombreux interludes de Pink Floyd plus "Goodbye cruel world" !!!). Tous les 2-3 titres, Jon quitte la scène pour recharger ses batteries et laisse ses comparses faire des interludes plus ou moins réussis et intéressant, ça casse le rythme mais c'est mieux que les gros blancs de la tournée d'il y a 2 ans ! Et quand les titres sont enchaînés ("Shoots and ladders", "One" et "Falling away from me" par exemple), ça fait vraiment trés mal ! Le son en façade déguste par moments mais rien de grave et comme Korn est particulièrement en forme, on reste à 200% dans le concert. Les lumières -magnifiques- s'éteignent aprés un dernier "Y'all want a single", les nombreuses personnes qui étaient venues spécifiquement pour Korn n'ont pas fait le voyage pour rien...
1H30. C'est fini. On se retrouve tous pour prendre une dernière navette, arriver au camping et squatter pendant deux heures chez deux camarades au camion France Telecom (ils ont du courant, ils ont du courant !!!) où mes vannes font passer le temps de transférer quelques gigas de photos du festival. Embrassage, on salut les collègues, dernière nuitée dans la tente. A l'année prochaine :
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