Baroness @ Eurocks 2010 Baroness @ Eurocks 2010 Vendredi 2 juillet 2010
T : Commençons par le commencement et entrons dans le vif du sujet : le premier jour, le vendredi. J'ai foncé voir les BB Brunes et j'étais au premier rang... Non, je déconne.
J'ai commencé par Two Door Cinema Club, jeune groupe irlandais, qui a sorti un album truffé de tubes en tout genre. Un show carré, frais et très "smile". Ce n'est peut être pas le groupe qui va changer la face de la musique mais les gars jouent une musique bien ancrée dans son époque. Le genre de concert que j'aime pour commencer les Eurocks. La scène de la plage, le soleil et un concert sympa pour une bonne mise en jambes.
J'ai enchaîné sur Baroness où on s'est croisés avec Ted et c'était sympa de se faire un concert avec les Fenecs ! Un set assez énergique mais pour les avoir vu dans une plus petite salle auparavant j'ai trouvé que le show manquait d'électricité. Mais c'est un véritable rouleau compresseur et les mecs de Converge sur le bord de la scène avait l'air d'apprécier ! Par contre la chaleur était dure à supporter...
R : Mon cher Thibault sache, qu'avant le commencement, il y a comme qui dirait les préliminaires. Je ne vais pas les relater en long en large et en travers, chose que mon compère Ted, récupéré en gare de Vesoul quelques heures auparavant, pourrait mal supporter mais tout de même, une petit anecdote comme ça, en passant, ça ne fait pas de mal. Je vois déjà les sourires baveux de nos lecteurs impatients d'en savoir davantage. Et comme ils vont être déçus de ne lire aucun récit sexuellement explicite ni autre aventure "oununiste" et scabreuse ! Puisqu'il s'agit tout simplement de la rencontre avec un flyer à l'effigie de... Lagony (!) datant de... 2004 (!!) et arborant en bas à gauche un logo... W-Fenec.org (!!!). L'objet, froissé, est en sale état mais sa présence sur ce "parking" (un champ) et les interrogations quant à sa provenance (sans doute un des camions garé là) nous fait chaud au coeur et semble (mais seulement semble en fait) présager d'une sympathique édition 2010.
En ce qui concerne la prise de position sur le site du Malsaucy, elle a eu lieu sous le Chapiteau en compagnie des Suicidal Tendencies. On ne change pas une équipe qui gagne et c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures : voilà qui pourrait résumer l'impression que nous a faites à Ted et à moi-même la prestation du collectif californien. Grosse dépense (énergétique) et panache à revendre, répertoire rempli de bonnes choses à tendances fusion-hardcore et bandanas toujours d'actualité, les Suicidal Tendencies ont assuré un set comme ils savent le faire depuis des années maintenant, sans pour autant avoir l'impression de s'ennuyer. On ne peut qu'acquiescer devant tant de générosité et de charisme ! Par la suite, j'ai dirigé mes pas vers Baroness où nous nous sommes rencontrés, Ted, toi et moi. Et quelque chose me dit (ta bouteille en plastique ?) que ce n'était pas que la chaleur induite par le soleil qui était dure à supporter... Bref, plaisanterie à part, Baroness nous a foutu une sacrée calotte. C'était ma première rencontre avec le groupe et il y avait matière à être complètement enthousiasmé par ce vibrant orage stoner/sludge de grande classe. Les seules petits reproches iront à l'encontre des poses des zikos (mais il faut bien gâter les photographes), mais l'essentiel est là : Baroness nous a froudroyé grâce à un show où le sublime tutoie la perfection. Une impression confirmée à Dour deux semaines après. Ensuite, j'ai rejoins Filiamotsa sur le Club Deville. Il m'aurait sans doute fallu écouter l'oeuvre du binôme sur disque auparavant pour y succomber entièrement sur scène mais il faut avouer que le duo violon/batterie détient un potentiel pour le moins charmant. Emilie (violon) et Anthony (batterie) virevoltent d'impros en dialogue instrumental avec une fébrilité difficile à conserver. Le concert était peut-être à peine trop long mais chapeau quand-même à cette petite expérience entre amis.
 
Filiamotsa @ Eurocks 2010 Filiamotsa @ Eurocks 2010 R : Mon petit doigt me dit que tu es allé à la rencontre de The Dead Weather... pendant que je découvrais Filiamotsa.
T : Effectivement. Je ne suis pas un grand fan de Jack White mais je dois avouer que le concert m'a vraiment plu surtout sur les morceaux où il chantait. Et le gars est quand même un sacré musicien ! Par contre j'ai été déçu des Black Keys... Pas assez varié même si, techniquement il n'y avait pas grand chose à redire... Idem pour Kasabian qui n'est pas un groupe qui méritait de jouer sur la grande scène çà mon avis... Pas assez connus, pas assez fédérateurs : le piège classique des grandes scènes ! Je suis parti avant la fin pour aller voir l'un des concerts que j'attendais le plus de cette édition 2010.
R : Je ne suis pas certain de ce que tu avances sur Kasabian quant à leur notoriété... Mais on va se rejoindre totalement sur leur prestation et celle de The Back Keys. De plus, si j'appelle Ted à la rescousse, on n'accordera plus aucun répit aux english de Leicester ni au groupe venant de l'Ohio (qui ne nous laisse pas dans un état aussi mémorable que ça). De la musique d'ascenseur un peu hype avec un dispositif scénique assez "strange" pour les premiers, des moulinets à vents pour les seconds, on assiste au premier gros creux de ces Eurocks 2010. Et avec Fab', le pilote de Ted, (qui nous a alors rejoint) en guise de complément, c'est une véritable boucherie, un littéral carnage à l'encontre des Black Keys et de Kasabian qui nous auront offert de fantastiques tranches de rigolade, à l'insu de leur plein gré. Mais ne me dis pas que par "un des concerts que j'attendais le plus de cette édition 2010", tu entendais parler de Foals ?!
Foals @ Eurocks 2010 Foals @ Eurocks 2010 T : Hé si ! Et j'ai adoré. Vraiment. Ces mecs ont une honnêteté que je n'ai pas ressenti depuis très longtemps. Ils sont loin des modes et un peu hors cadre. Ils jouent une musique exigeante avec une passion palpable et sans artifice. Ils n'ont pas joué certains morceaux comme "This orient" mais j'espère qu'ils répareront cette erreur à Rock en Seine. L'accueil du public était assez démentiel. Pour moi ces mecs forment un groupe qui va durer et qui risque de marquer son époque...
R : Non, là, franchement, je crois que ça va pas être possible. Du tout. Et si j'appelle les hauts-saônois à la rescousse, tu n'as plus qu'à savoir courir très vite pour rejoindre tes pénates bisontines. Foals, vendu comme un groupe de folie, nous fait plutôt penser qu'il y a erreur sur la marchandise tellement ça sonne faux. Avec leurs gimmicks avec 0% de matière grasse, Foals ferait mieux de passer plus de temps à travailler ses titres que ses brushings. Et qu'on arrête de parler de "révélation" à leur égard, c'est juste un épiphénomène, une prestation à oublier. Ou alors à ranger dans la catégorie "Grand concours de haricots sauteurs géants du Malsaucy", là ils ont peut-être des chances de faire bonne figure.
 
T : Tu es très dur quand même. Ah la la... Dès que ça ne fait plus "pou poum tchak" il n'y a plus personne ! Mais bon... Après, c'était le moment d'aller voir la grosse tête d'affiche de la journée : Jay-Z. Je précise qu'en chemin j'ai entendu de loin Charlotte Gainsbourg qui chantait "Couleur café" ce qui prouve l'étendu de son répertoire et la pauvreté artistique de sa propre musique. Il paraît que c'était un fiasco. N'est pas musicien qui veut !
R : Ahah, c'est marrant, ça, je n'allais pas sur la grande scène mais remontais la voie technique en quête d'espace-presse et je suis aussi passé au moment de "Couleur café". Mais ma conclusion est sensiblement identique à la tienne : ce n'est pas par le patrimoine génétique que se transmet le talent...
 
T : Par contre, Jay-Z fût une surprise très agréable. Un show super pro, très américain, hyper carré, un son très propre, des musiciens qui font plus que leur travail, des visuels dingues et lui, avec son flow et son charisme qui font que l'on comprend pourquoi ce mec est l'un des rappeurs les plus connus au monde. Il ne vole pas sa réputation !
Infectious Grooves @ Eurocks 2010 Infectious Grooves @ Eurocks 2010 R : Ayant zappé Jay-Z au profit d'une petite pause, je passe le clavier à Ted qui, pour le coup, abondera absolument dans ton sens : "Un rappeur américain qui cartonne dans les charts... c'est tout ce qu'il fallait pour la programmation des Eurocks new generation ! Le mec connaît son truc, c'est pro et la musique groove comme pas deux. Avec un orchestre (type rock) en prime, Jay-Z ne s'est pas foutu de la gueule des festivaliers."
Pour ma part, j'ai suivi le deuxième set des Suicidal Tendencies... Ah pardon, de Infectious Grooves, puisqu'il s'agit presque des mêmes musiciens ! Cette fois sur La Plage, Mike Muir et son crew ont assuré un groove hors du commun à l'aide de leur funk-métal qui n'a pas pris une ride ! On n'a pas de mal à se déchaîner sur les brûlots communicatifs de l'équipe. Un autre très bon moment de cette première journée qui s'arrêtera là pour ma part. Avec une grosse journée dans les pattes et ayant déjà goûté à Converge ici-même il y a quelques années (2007 ?) sans y avoir véritablement accroché, je préfère rejoindre un camping qui ne me semblera pas si agité que cela.
Et toi, jusqu'à quand as-tu pû trimballer ta carcasse ce vendredi soir ?
 
T : J'ai réussi à tenir le coup jusqu'à... tard ! Mais presque pour rien puisqu'on ne peut pas dire que Missy Elliott, pour conclure la journée, ait fait l'unanimité, loin de là.
R : Arf, je n'ose même pas oser imaginer ce que j'en aurais pensé...
T : On peut même parler de désastre tellement la foule s'est dispersée en quelques instants. Ensuite gros dodo pour moi...
R : Ah, carrément ?! Mais entre-temps, tu as vu autre chose ?
T : Oui, j'ai fais un tour voir Converge à la Loggia... Une sacrée démonstration technique et un batteur qui est un bonheur à regarder jouer. Par contre avec Converge, je n'accroche pas toujours à cause du chant que je trouve trop monocorde...
R : Oui, c'est aussi ce que Ted en a pensé, grosso-modo : de bonnes compos mais un chant vraiment difficile à supporter.
 
 
 
Airbourne @ Eurocks 2010 Airbourne @ Eurocks 2010 Samedi 3 juillet 2010
 
T : Pour moi le samedi a été une journée très moyenne...
R : En exagérant à peine et au risque d'être cruel (c'est une seconde nature chez les Fenecs), je dirais que les Eurocks étaient quasi-bouclées après Infectious Grooves. Raconte-nous néanmoins comment tu as entamé ce samedi...
 T : Oh, vous êtes bien dur Monsieur Rémi. J'ai commencé avec Emilie Simon. Un concert à des kilomètres de ce qu'elle avait pu faire il y a quelques années. Je me suis clairement ennuyé. Mais Airbourne a simplement changé la donne ! Un show comme on devrait en voir plus souvent avec ce chanteur si charismatique qui entre éclats de cannettes de bières sur sa tête et solos endiablés à plus de 20 mètres de hauteur sur la structure de la scène (!), scande la foule avec des "Rock n roll !" très communicatifs. Après musicalement, c'est la même sauce tout le long mais ça fonctionne. Le plus drôle, quand on y pense, réside dans le fait que ces mecs que pleins de gens adorent aujourd'hui étaient typiquement ceux dont tout le monde se moquait il y a 20 ans, à l'époque de "Wayne's world".
Et toi, à quel moment as-tu attaqué cette deuxième journée ?
R : En même temps que toi en fait mais sur une autre scène. C'est au Club Deville que j'ai rejoint une jeune formation alsacienne répondant au nom de Colt Silvers (une allusion à Colt Seavers a.k.a L'homme qui tombe à pic ?). Le quatuor, accoutré de couleurs flashy pour se distinguer, dégaine (si j'ose dire) un électro-rock à la fois futuriste et kitsch. Alors il y a à prendre et à laisser mais impossible de nier qu'avec son aspect "so british" en bonus, Colt Silvers fait bouger une partie du public, avec ou sans son robot, mais me laissera une impression mitigée. Concernant Airbourne, je crois que tu as parfaitement résumé la situation, il n'y a rien à ajouter. Ah si ! Le mur d'amplis devant lequel le groupe a joué : hallucinant !
Après, passage à la Loggia où on ne peut pas parler de véritable claque mais quand même d'un concert intéressant, au moins intriguant, celui de Serena Maneesh. Pas facile de se laisser happer par le délire de Tommy (qui avait semble-t-il un problème avec cette espèce de châle...) et par la planète shoegaze avec des satellites cold-wave et post-punk des norvégiens mais il y a pas mal de bonnes choses à prendre... Et un concert livré en toute sincérité, plein d'émotions, ça ne se refuse pas... Mais, Thibault, je ne t'y ai pas vu, tu devais être ailleurs...
T : Oui car je suis allé voir General Elektriks que j'aime beaucoup en CD mais il faut bien avouer que c'était un concert très moyen à mon goût. La fatigue aidant, je n'ai pas du tout accroché... Et je pourrais te retourner la question puisque je ne t'ai pas vu non plus à Memory Tapes !
Serena Maneesh @ Eurocks 2010 Serena Maneesh @ Eurocks 2010 R : Ca ne me disait rien et quand même, The Specials, quoi, c'est incontournable ! Donc, rendez-vous sur le "Podium-VIP" pour assister au concert des vétérans du ska. Et ce fût un très agréable moment qui a carrément sauvé cette deuxième journée plus qu'en demie-teinte... Du ska old-school, des sourires à foison, des messages positifs, une ambiance chaleureuse, pas trop de reggae (style que j'ai tendance à abhorrer), plus d'une heure de show : mission largement accomplie pour Lynval Golding, Terry Hall et les autres (seul Jerry Dammers n'a pas remis le pied à l'étrier), qui ont traversé trois décennies dans le monde de la musique (avec ou sans The Specials) et se permettent une vivifiante apparition sur ces Eurockéennes.
Sinon, tu disais que tu étais allé voir Memory Tapes.
T : Oui car j'aime autant le ska que les poils des grands mères qui nous piquent quand elles nous embrassent. Ce petit passage vers Memory Tapes décrochera la célèbre mention de "bien mais pas top" à mes yeux... avant d'aller voir The XX. Faire de la musique comme ça quand on à peine 18 ans c'en est presque insultant. C'est classe, différent et personnel et ça passe sans problème l'épreuve du live. Je leur souhaite plein de succès à l'avenir.
R : Sans mentir, le samedi était terminé pour moi à l'issue des Specials mais... je ne le savais encore pas. Petite explication. N'ayant d'intérêt ni pour The XX ni pour Sexy Sushi (et encore moins pour la Raspect Night), je passe un moment au village pro. Ensuite, ça va très vite, dans l'attente de The Hives, alors que le groupe s'apprête à rejoindre la scène, un orage s'approche et avec lui les premières trombes d'eau. Et là, c'est pile ou face : soit tu attends dans un coin que ça passe (en espérant que ça passe et si ce n'est pas le cas, bonjour l'attente de la navette sous la pluie...) soit tu plies bagage illico pour chopper une navette en direction du camping le plus vite possible. C'est la deuxième option que j'ai suivi, non sans quelques regrets (sur le coup) puisque le calme était revenu une fois arrivé au camping.
T : Petit feignant ! Moi, j'ai tenu bon et je suis allé voir The Hives que j'attendais avec impatience...
R : Verdict ? 
T : Rien à redire, c'était un bon concert, aussi bon que celui d'il y a trois ans aux Eurockéennes. The Hives, quoi ! Un chanteur ultra impliqué (trop selon certains) et un groupe qui assure malgré un guitariste absent et remplacé au pied levé (chapeau !).
R : Et après ?
T : Ah ben, c'était le tour des déceptions annoncées : Ghinzu, toujours aussi soporifiques et Vitalic qui n'aura sorti qu'un bon album, son premier, et ce il y a quelques années déjà...
R : Ah ben, j'ai bien fait d'aller me coucher alors... D'autant plus que les quelques instants auprès de Ghinzu à Dour 2010 confirment tes dires.
 
 
 
MOPA @ Eurocks 2010 MOPA @ Eurocks 2010 Dimanche 4 juillet 2010
 
T : Ah, le dimanche... la journée des excellentes surprises.
R : Tu trouves ? A part Rien et LCD Soundsystem, c'était pauvre... Ou alors je n'étais pas au bon endroit au bon moment.
 
T : On est allés au même festival ? Pour commencer, je suis allé voir The Drums, la sensation new yorkaise de cette année. Bon c'est encore un jeune groupe et ils jouaient sur la grande scène... Mais c'est passé assez bien pour moi. Leur musique entre Talking Heads et Duran Duran m'a conforté dans mon amour des vieilleries eighties que je chéris tant. Alors oui, c'est un groupe hype mais franchement, c'était bien. Et j'ai foncé sous le chapiteau pour aller voir Gallows : là on peut parler de sacré groupe ! De la patate à revendre, des titres totalement costauds avec un côté très rock'n'roll qui ont touché ma corde sensible niveau rock !
R : Ah, comme la veille, nous avons attaqué la journée en même temps mais pas au même endroit. J'ai plutôt été attiré par Rien, sans doute mon coté nihiliste qui réapparaît, sans mauvais jeu de mot. A propos de jeu de mots, le groupe énumère tous ceux que l'on peut faire avec le mot "rien" par le biais d'une voix digitale (pré-enregistrée ?) afin de les évacuer... Coté musique, c'est un post-rock bien particulier (doté de soupçons grunge et bribes noïse) que les grenoblois délivrent. C'est léger et comique, j'aime bien l'état d'esprit, avec Rien, tout est possible. En revanche, j'aurais aimé être aussi enthousiaste que toi au sujet de Gallows mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, je n'ai pas sû sur quel pied danser durant tout le set de la formation... Peut-être suis-je passer à coté, tout simplement...
 
T : Ensuite, j'ai subi Julian Casablancas qui est vraiment un usurpateur. Du "je m'en foutisme" affiché, peu de respect pour le public au point d'avoir avec lui des musiciens que je soupçonne plus d'être ses potes que des vrais pros. Pourtant j'aime les Strokes. C'est déçu que je suis allé voir MOPA, histoire de m'assurer que je n'accroche pas du tout sur cette "sensation française". Et j'en ai eu la confirmation en quelques pénibles vingt minutes. Il ne se passe rien qui attire mon attention et qui trouve grâce à mes yeux. Je n'aime ni leur musique, ni leur attitude, ni leur approche... Pour moi c'est du Yann Tiersen avec un mec qui gueule pas très bien dessus en faisant le mec torturé. Je n'ai rien contre eux, je respecte leur travail et ce n'est que mon avis ! Mais je n'ai pas trouvé que le public était hyper réceptif.
En début de soirée, LA claque de ces Eurockéennes 2010 : LCD Soundsystem ! J'aime déjà bien ce que fait James Murphy et on m'avait prévenu qu'en live c'était quelque chose mais là c'était fou. Je n'ai tenu que cinq minutes avant d'aller avec mon pote James (un autre) danser devant la scène comme un fou. Je ne me souviens de pas grand chose tellement j'ai aimé et le final était fantastique. Un concert trop court !
R : Bah écoute là, Thibault, tu me coupes l'herbe sous le pied. Tout comme hier (bis) à propos de Airbourne, j'ai bien peu de choses à ajouter... En quelques mots : je n'ai même pas essayé d'approcher le leader des Strokes tandis que MOPA m'a vraiment laissé de marbre. Je serai peut-être à peine (mais vraiment à peine) moins emballé que toi autour de LCD Soundsystem... Mais j'ai quand même bien accroché à ce set nerveux et dansant, peut-être qu'avec moins de fatigue accumulée, je vous aurais rejoint dans la danse !
 
Woven Hand @ Eurocks 2010 Woven Hand @ Eurocks 2010 T : Allez Rémi, avoue tout : tu es allé voir Mika !
R : Ah pardon, je croyais que c'était toi que j'avais vu en guest-star sur la scène... Plus sérieusement, je ne voulais manquer sous aucun prétexte Woven Hand & Muzsikas. Voir David Eugene Edwards (ex-SixteenHorsepower) au sein de son "nouveau" groupe et en compagnie d'une formation de musique traditionnelle d'Europe de l'est avait de la gueule sur le papier. Sauf que c'est une déception totale. Les parties de folk mystique sont entrecoupées des interventions folkloriques dansantes et alternent sans jamais se rencontrer ni s'unir... Et même en restant jusqu'au terme du concert, attendant une étincelle au dernier moment, rien n'y fait, la sauce ne prend pas... Et une étrange impression envahit la Plage lorsque le set se termine avec un bon quart d'heure d'avance sur le planning... Vraiment dommage. Et le même spectacle aura sensiblement produit les même sentiments auprès de Cactus, mon collègue de festival lors de Dour 2010.
Dis-moi, par quels moyens as-tu continué la soirée ?
T : Dans un premier temps, par le biais de la Loggia pour Health. Un truc totalement barré mais jouissif : une sorte de math rock noise avec des synthés. Un super moment. Je suis passé sous le Chapiteau où Empire of the Sun était aussi assez fou même si je suis moins rentré dedans... Mais voir toutes ces danseuses qui s'activaient façon Bioman tout le long était assez osé sans être ridicule. On est vraiment dans une époque où les musiciens ont une approche de la pop très costumée comme dans les années 80 (à la Duran Duran pour en reparler) et j'aime ça.
R : Oui, j'ai vu ça en te voyant vendredi, avec ton look un peu Gérard Baste-like...
T : Oh, je suis moins gras tout de même non ? Tout ça pour une casquette, une moustache et des lunettes... Bon ok, ça fait déjà pas mal. Dans la foulée, retour à la Loggia pour Fuck Buttons qui ont été un des trucs électros les plus excitants que j'ai pu écouter ces derniers mois mais en live c'était la déception... Du bruit, du bruit mais pas très agréable. Les anglais doivent pour moi revoir leur copie !
R : Oui, j'ai dû y assister quelques instants sans prendre pied... Comment as-tu trouvé la tête d'affiche de cette dernière journée, Massive Attack ?
T : C'était la troisième fois que je les voyais et j'ai toujours autant aimé. Ce sont des concerts incroyables de professionnalisme et de sensibilité. Je reproche seulement que les visuels ne changent pas assez d'une année sur l'autre mais ce la fonctionne toujours autant. Je crois qu'on peut dire que c'est la classe, tout simplement, que l'on aime ou non. J'ai plané une heure et demie et ce fût ma foi fort agréable !
R : Il est certain qu'au niveau du visuel, le show de Massive Attack était impeccable. Après, c'est une atmosphère assez spéciale, pas déplaisante, mais qui à mon avis ne laisse pas neutre : soit on accroche, soit on s'en va au bout de quelques titres. Et c'est ce que j'ai fais, ayant vraiment du mal à rester scotcher devant la grande scène.
 T Tu résumes tout le dilemme Massive Attack ! On aime ou on aime pas !
 
T : Alors mon p'tit Rémi, quelles conclusions tu tires de cette édition ?
Logo Eurocks 2010 Logo Eurocks 2010 R : Je dirais qu'il suffit de voir la place prise par la journée de vendredi dans ce compte-rendu pour se faire une idée de ce que furent les Eurockéennes 2010. L'affiche aurait pu être compactée sur une journée et on se rend compte que Ted a eu le nez creux en ne restant que vendredi. Pour le reste, c'est cool d'avoir découvert Rien, passé un bon moment avec The Specials et bien accroché à LCD Soundsystem mais pas grand'chose de plus à ajouter (si ce ne sont les gros cartons rouges à l'égard de BB Brunes, Mika et Charlotte Gainsbourg).
Plus largement, je reste fan des affiches de la première décennie du festival où Ben Harper, Burning Heads, Deus, Jeff Buckley, Silverchair, Senser pouvaient se partager l'affiche, tout en ayant déjà un esprit d'éclectisme bien là avec Public Enemy... Maintenant, la presqu'île du Malsaucy a pris un tournant avec plus de scènes, plus de groupes mais quid de l'homogénéité ? Reste le camping, lieu de tous les possibles, même si cette année, tout le monde avait l'air d'être bien gentil...
T : Pour moi ce fût une super année malgré un samedi un peu mollasson. Pourtant à l'annonce de l'affiche en avril je n'étais pas très convaincu. Il faut avouer que c'était clairement une programmation très indé, très actuelle avec pleins de groupes "du moment" et qu'on a manqué de têtes d'affiches. Mais je pense que les Eurocks sont un festival qui aujourd'hui n'a plus les moyens de rivaliser avec des grosses machines comme Rock en Seine en termes de budget. Je ne trouve pas que ce soit un mauvais calcul de se spécialiser dans l'indé au vu de la qualité des groupes de cette année. Certains y trouveront certainement à redire que ce soit le grand public ou les allergiques au "trucs du moment". Ca s'est senti niveau fréquentation : le public cette année était assez clairsemé et ce n'était pas plus mal ! Comme toi je regrette les anciennes années non pas pour les progs (qui étaient parfaites je te l'accorde) mais plus pour l'ambiance qui est moins folle : moins d'alcool, moins de libertés, tout est de plus en plus policé comme tous les festivals d'ailleurs. Par contre niveau prog' rien à redire de mon côté. C'était pertinent et loin d'être un déballage commercial (quand je te dis que c'est indé Rémi !) malgré quelques impairs (j'aurais préféré Serge Gainsbourg et B.B. Plutôt que sa fille et les BB Brunes). Personnellement, l'été a fort bien commencé grâce à ces Eurockéennes 2010. Alors bravo à Foals, LCD Soundsystem, Gallows, The Hives, The XX, Health, Converge, Airbourne, Health, Jay-Z, The Dead Weather, The Hives, Massive Attack et aux autres.
Et un bon coup de chapeau (et il fallait en avoir un vu la chaleur écrasante de cette année) à l'équipe des Eurockéennes pour une organisation à mon sens toujours aussi efficace.
R : Ouais, mention spéciale au "Bar à eau" gratuit et aux gobelets consignés qui font partie des nouveauté, du moins pour moi (je n'étais pas venu depuis 2007). En revanche, coté village pro, je regretterai l'absence de Vince et son Tsunami Bus, remplacés par des algécos mais avec un nombre restreint de PC en libre service, tout le monde n'a pas de laptop...
T : Allez Rémi, ne boude pas. Si tu veux on y retourne l'année prochaine ?
R : Aïe, on ne peut jurer de rien... Surtout si longtemps à l'avance et avec des affiches aussi "boîteuses" que celles des dernières années.
T : Je couvrirai l'évènement avec plaisir pour le W-Fenec alors ! Merci à toi Rémi. See you soon !