eurocks 2000 eurocks 2000 Vendredi 7 juillet :
Holà, une journée rude en reports, décalage, changements d'horaires et de scènes, etc... Oomph retardé, Slayer retardé, A décommandé, Fu Manchu déplacé un vrai parcours du combattant d'essayer de voir le bon groupe au bon endroit. L'équipe du W-Fenec débarque alors que Muse est sur la grande scène. Toutes couleurs dehors, Muse et Matthew Bellamy s'escrime pour bouger le public engourdi par le froid, la scène est monstrueusement grande devant ce chanteur trop fragile. Mélange d'émotion et de "J'Me la joue" légèrement, l'impression donnée par le frontman de Muse reste mitigée. Quoiqu'il en dise, le succès pétrit leur jeu de scène. Matthew s'essaye vainement à faire les plans pour groupies mais ca ne prend pas. Cela part-il d'une bonne intention, ou des nombreux disques qu'ils ont vendus ? Toujours est-il qu'on regrette soudainement de ne pas les avoir vus dans une petite salle. Tant mieux pour les retardataires, la prestation de Oomph commence à 19h, Un set bien ficelé et une énergie démentielle, par trois fois Dero, tout de blanc vêtu, se jette dans la foule du Chapiteau venu en masse, les fans de NIN déjà présent en sont pour leurs frais. C'est de la folie furieuse ce raz de marée allemand, d'ailleurs un roadie par à la pêche au micro. Spécialement vêtu en veste transparente (pour la pluie ?), le reste de Oomph reste assez statique. Dero, le chanteur plante son enclume indus at the Malsaucy, ça donne un bon coup de décapant aux Eurockéennes tout ça, une grosse impression que ce concert industriel allemand. Fu Manchu sur la grande scène, devant une herbe à peine piétiner, c'est grandiose, et ca ne les dérangent pas du tout. Ils remplacent, on ne sait pas trop qui, et à la rigueur on ne veut pas savoir. Du stone rock ? peut-être, en tout cas, ça s'écoute drôlement bien, et on va pas s'en priver. Bon, après maints reports, Slayer arrive enfin de Paris ou ils ont été bloqués, le bus passe à droite de la scène déclenchant une rumeur hystérique. Kerry King et ses musiciens investissent la scène pour décrocher un set blindé, carré, en béton armé : un coup de poing dans la boue du Malsaucy. Du travail de pro, pas une note de travers, juste des cheveux qui bougent, c'est un mur sonique que se prend le public, et en pleine tête. Une sono pas mal gaulé, et un jeu de lumières ahurissant, ouais... des truc d'américains quoi. Coldplay, une pop cold rondement menée par nos britanniques, brit-pop légèrement acidulée, une sincérité dans la voix. Les Coldplay ne se prennent pas la tête le moins du monde et communique avec le public, passe des petits messages. Le clin d'œil accrocheur reste la mappemonde illuminée (un signe pour conquérir le monde ? ) qui éclaire le clavier lorsque le chanteur commence une chanson écrite mardi après-midi, à moins que ca ne soit le titre, tant pis pour la compréhension, ce qui passe entre eux et le public suffit. Bon, passons aux choses sérieuses, Nine Inch Nails, NIN quoi... démentiel, ultra-violent, froid, brisant, cinglant. La conférence de presse était dans le genre bien bateau, mais le concert était tout autre. Tout de fripes vêtu, peinturlurer mi-farine, mi-charbon, Trent et ses pôtes débarque sur la scène du chapiteau, non pour exécuter un concert de la tournée The fragile, mais bien pour interpréter ici quelques des meilleurs morceaux du répertoire de Nine Inch Nails ("Hurt", "Closer"...). Ceci, sans doute, parce que le public des festivals, n'est pas accoutumé des chansons (sic). Eurocks 2000 Eurocks 2000 Trent Reznor l'avait prévenu à la conférence de presse avant le concert : les festivaliers auraient le droit à un concert composé des meilleurs "tubes" de Nine Inch Nails. Chose promise, chose due : le groupe indus le plus reconnu du monde a fourni une brillante prestation lors de ce concert. Peu de jeux de lumière, pas de fioritures, NIN va ce soir à l'essentiel. Et l'essentiel de NIN, c'est la sensibilité et la brutalité à la fois : le public amassé sous le chapiteau va en ramasser pendant 1h30. Le groupe enchaîne des morceaux comme "March of the pigs", "Closer" ou "Starfucker Inc.", avec beaucoup de maîtrise. Trent Reznor agresse son guitariste d'un coup de tête et maltraite sa guitare, Danny Lohner éteind les claviers en versant de l'eau dessus, bref, le show est brutal. A-t-il parlé trop vite en parlant des festivaliers peu connaisseurs de NIN qu'à la fin, après un "Starfucker Inc." particulièrement haineux, survolté, vitaminé, transpirant, vibrant, avec un "Don't you ? " repris en cœur par tout le public. Trent Reznor, surpris par la réaction du public qui en redemande, joue quelques notes de piano et le groupe entier joue "Hurt". Ce morceau final est exécuté lentement, avec beaucoup de sensibilité et d'émotion. Après les dernières notes, le public et le groupe échangent des remerciements, preuve que les deux ont pris du plaisir lors de ce concert. Le concert est intense, violent, tant pour le public que pour les musiciens, coup de têtes, court-circuits des instruments (bah, avec 3 litres d'eau dans le bide du synthé, tu m'étonnes... Il s'amuse le Trent Reznor), et autres friandises. En gros, c'était le concert à ne pas manquer.

Samedi 8 juillet :
La deuxième journée commence avec Tryo dans un décor très tropical, on se sent bien que chez soi, les Tryo se mettent donc à leurs aises... C'est du reggae, c'est plutôt bien cool, c'est de l'autoproduit qui marhe. Le public connaît la chansonnette (l'hymne de nos campagnes) mais pas les nouvelles. Tryo s'amuse avec le public, lui parle, le met en confiance. Un vrai aquarium sous le chapiteau, Tryo à l'expérience de la scène, et cela s'en ressent, tellement ils sont à l'aise. On peut juste regretter comme ils l'ont si bien dit, le fait que tous leur fans n'avaient pas pu passer les barrières de sécurité à 16h30 (ca prend du temps une fouille...). Skirt, ca veut dire jupe mais aussi contourner en anglais, mais ca, elles ne le savaient pas avant de venir ici. Un peu jeunes, très spontanées et adolescentes, mais leur présence ici doit surtout à cette jeunesse et au fait au combien qu'elles soient des Filles, d'ailleurs c'est elles qui le disent spontanément... Le concert démarre doucement, le public s'enflamme doucement pour les suissesses. Le pogo géant, plutôt dû à l'alcool qu'à la violence de la musique. Assez hésitantes, le public aidera à les tirer de leur trac, elles trouvent enfin leur rythme, la fougue, la spontaneité qui sont leurs. Skirt, on en reparlera sûrement, mais après leurs études qu'elles sont déterminées à poursuivre. Enfin après quelques plantages rattrapés, la conférence de presse tourne en rond, dommage. On tient à remercier les Mister Gang, pour leur super punch à la canelle qu'ils ont offert lors de la conférence de presse !!! Dionysos, Arghh... Ils bougent dans tous les sens, impossible à suivre et le sourire au lèvres, même Matthias sur son siège coccinelle se démène comme un petit fou. Une énergie et une fougue impressionnante se dégage du show dés le début, c'est mortel. Le public est enthousiaste et unanime, il est venu en masse pour soutenir Dionysos. Ils sont frais et terrifiant ! Day One, ouais si c'était pas de Bristol etc... Hein, vous connaissez la suite. Au passage, juste un petit mot sur M, fils illustre, et récompensé aux victoires de la musique. M, soigne son image dans la presse, et surtout choisit qui va parler de lui, comme il ne peut pas empêcher la presse indésirable d'écouter ses concerts, il lui interdit les photos. Bon évidemment, pour les gros tirages (siuvez mon regard...), ça ne s'applique pas... Rico, bon alors la réponse écossaise à Nine Inch Nails, c'est du bidon, rien à voir, juste quelques samples par-ci par-là. La basse très saturé, les deux guitaristes l'un en face de l'autre, seul le chanteur fait corps avec le public, et lui donne toute l'intensité incluse dans la musique. La musique est réfléchi, cherche des innovations, et s'engoufre corps et âme dans des méandres assez noirs, personnels, envoutant. Le mystère couvre en tout cas l'artiste, son dossier de presse se résumant à une feuille recto, parsemé de-ci de-là de commentaires. Il travaille seul dans son propre studio dans le garage de ses parents. Habillé comme une abeille, Rico, c'est légèrement indus, très introspectif, assez intimiste, et pas mal prometteur, à suivre donc...

Eurocks 2000 Eurocks 2000 Dimanche 9 juillet :
Parlons un peu du temps... Bon, le temps était archi dégueu, et à l'heure actuelle, le site ainsi que le camping sont classés zone sinistrées !!! Il a plu pendant 24 heures durant, si bien que le site ne ressemblait qu'à une gigantesque zone boueuse et crade à souhait ! La journée a commencé avec le posse de la canebière, Massilia Sound System, qui a tenté de réchauffer le chapiteau à 16 h 30. Un concert tout à fait plaisant teinté de reggae, de dub et de rap au niveau du chant. A noter la particularité du groupe qui n'aligne pas moins de 4 chanteurs avec leur accent gorgé de soleil. Bien que ce groupe soit inconnu les Uncommonmenfrommars étaient depuis deux jours dans la tête des festivaliers, car des milliers de stickers ont été distribués pendant 3 jours. Ce groupe français composé de 3 frangins et d'un autre larron distille son hardcore mélodique à la façon d'un Burnings Heads ou d'un Seven Hate pendant près d'une heure pour le plus grand plaisir du public ! Le seul dommage est de faire les intros de morceaux en …anglais ! Mais bon écoutez l'album, vous ne serez pas déçu ! Femi Kuti étant retardé d'une heure par rapport au programme officiel, on assiste à A Perfect Circle, comprenant un membre de NIN et le chanteur de Tool : leur show est tout simplement rock avec beaucoup de triturages de guitare et des voix assez plaisantes. Dommage pour Eels, on part pour voir et écouter Saez sous la tente (!). Bon, ce garçon a l'air tout à fait sympathique et sa musique plaisante faite de plans bien rock et de passages à en faire pleurer Slayer ! Les avis sont partagés, certains l'encense comme un nouveau songwriter exceptionnel, d'autres trouvent les paroles déplorables, et négatives. ("Il n'est jamais content, il est contre tout et vraiment il ne donne pas envie de se bouger le cul pour faire bouger cette putain de planète ! ") Une chose que La Ruda Salska fera à merveille : "rock steady !" : les gars de Saumur ont assuré un set irréprochable composé de morceaux de leurs 2 albums. Le groupe alterne le ska, le reggae et le rock dans une ambiance de folie ! Pierrot, le chanteur du combo, saute partout et les chansons sont vraiment riches en cuivre et en guitares. A en croire Richard, le guitariste, ils ont vraiment été impressionnés par le public et était content de leur prestation. Ce groupe signé dernièrement chez Yelen a sans nul doute de beau jour devant lui. Comme Eurythmics a été déprogrammé, la fin du programme a été chamboulée (une surprise ?), ce qui fait qu'Oasis jouait pendant La Ruda. Enfin, Oasis, c'est Oasis même après 3 albums, de toute façon Noël est resté en Grande Bretagne. Et puis comme dirais Fred et Omar, "si Oasis se sépare, c'est qui va s'occuper de Carlos ? ». St-Germain investi le chapiteau et délivre une bonne performance faite de rythmes vraiment soft, le DJ est accompagné par un groupe live, les passages vraiment festif, du concert sonnent légèrement P18 : le public est tout à fait réceptif au DJ français et danse pendant tout le concert ! Mukta enchaîne sous la tente et délivre un super concert : Mukta, c'est un mélange de world et de jazz et c'est tout à fait rafraîchissant. Les musiciens sont très bons musicalement parlant, notamment le percussionniste qui joue comme un fou et la demoiselle du groupe à la cithare n'en démord pas ! L'horaire est idéal pour ce genre de concert (près de 22 heures), le public épuisé par La Ruda étant très réceptif à la musique de ce groupe plein d'espoir. Moby, ce multi-instrumentiste qui court partout sur scène a donné à Belfort un très bon concert qui a fait danser toute l'assistance, et sur la grande scène ce n'est pas forcément évident ! Le set était un peu court (moins d'une heure) mais vraiment riche et diversifié où le groupe lie à la techno et à la drum‘n'bass du rock et une certaine dose d'humour (comme l'intro d'un standard de Metallica) : le rendu par rapport à Play, son dernier album, vaut vraiment le détour sur les planches.