eurock 01 : incubus eurock 01 : incubus Après quelques temps d'installation sur le magnifique camping pas encore couvert de boue, Pooly et moi nous nous dirigeons vers le site du festival. Lecteur, si tu n'es jamais allé aux Eurockéennes, saches que pour te former au dur statut de festivalier, tu ne prendras pas la navette qui démarre au camping jusqu'au site (3 kilomètres) comme les 25.454 personnes qui l'attendent, mais tu suivras la voie de chemin de fer qui te dirige vers les scènes. En gros, tu es à peine arrivé que tu es déjà fatigué ! Mais bon, nous ne sommes que le vendredi et la fête ne fait que commencer.
En arrivant sur le site, c'est dans le vif du sujet que l'on attaque le festival avec une interview de La Ruda Salska pour vous. Ce qui nous empêchera de voir Skull, le groupe alsacien ayant remporté un tremplin pour ouvrir le festival sous une température plus qu'insupportable et une ambiance climatique malsaine. Mais pour nous, pas question de rater la première attraction des Eurocks : la venue d'Incubus, le groupe américain tant apprécié chez nous. Le chapiteau est copieusement garni pour accueillir les ricains qui effectueront un set franchement excellent. Tout est là : des purs sons de guitare, une rythmique qui groove, et une voix, Quelle Voix !, alliant mélodie et panache. Peut-être un peu plus de puissance dans la sono et dans la guitare aurait permis le set parfait. Tout de suite après, on remonte vers la grande scène, appelé communément la scène "A" pour y retrouver les bretons de Matmatah. On pourra toujours dire ce qu'on veut sur les 4 français qui ont connu le succès il y a trois ans avec La ouache, et bien Matmatah est un groupe de scène qui assure et qui fait du rock'n'roll. eurock 01 : enhancer eurock 01 : enhancer Même si le deuxième album ne m'a pas convaincu, il est indéniable que le groupe assure dès qu'il monte sur les planches. Les standards se mélangent aux nouvelles compos dans une ambiance bonne enfant. Yann Thiersen est lui aussi à l'affiche du vendredi. Déconcertant mais tellement saisissant, voici les qualificatifs que je retiendrais pour parler du show du musicien hors pair, forcément peu connu du grand public (sauf depuis sa participation à la BO d'Amélie Poulain). On zappe quelques concerts qui ne nous intéressent pas particulièrement (à part Tété le nancéen que je n'ai jamais vu, disons que ce n'est que partie remise !) pour se préparer à la sensation française de la journée. Tous les spectateurs sont à l'ouest et sont étonnés de voir qu'un groupe de ska est prévue sur la grande scène à l'heure des informations. Mais s'ils avaient lu les news du W-Fenec cette semaine, ils auraient appris en exclusivité (bien avant tout le monde) que les Rita Mitsouko annulaient leurs mini tournée et que La Ruda Salska les remplaçaient ! C'est donc la bande à Pierrot qui grimpe sur la scène "A". La formation de Saumur entame son set à l'énergie en présentant à Belfort ses nouveaux morceaux, nouveaux titres qui passent très bien sur scène. Tout se passe bien, jusqu'à ce hic. Et quel hic ! La pluie ! On est d'accord, la pluie n'a jamais tué un homme. Mais ce qui est sur, c'est que beaucoup de pluie associé à des rafales de vent, et bien ça calme plus d'un homme et l'organisation des Eurocks a pris la sage décision d'annuler le festival alors que le gros de la journée allait arriver. En conséquence, pas de My Vitriol, pas de Alec Empire, pas de Roni Size et surtout pas de Deftones ! Le courant coupé, les Têtes Raides la jouent acoustique pour quelques rangs alors que l'annonce retentie comme quoi le site doit être évacué. Le public aurait pu s'énervé, mais la masse a été plus que raisonnable et aucun dégât n'a été occasionné par les festivaliers.
Résultat : une perte financière considérable pour le festival (3 à 5 millions de francs, mais à la rigueur, ce n'est pas notre problème), des milliers de festivaliers sous la flotte, un retour au camping chaotique, des tentes inondées (n'est ce pas les E-Zic-men ?)... Vivement samedi !

eurock 01 : k's choice eurock 01 : k's choice Forcément, deuxième jour de festival et la pluie au réveil ! Bah oui évidemment car les Eurocks sans pluie serait comme Oli sans mauvais goût : impensable ! Fort heureusement, la pluie cesse sur les coups de midi, ce qui nous permettra de vivre une journée fraîche mais sèche (enfin presque !). Le programme a été bouleversé : les rappeurs de Run DMC ont annulé leur show prévu à Belfort, mais les Têtes Raides ont tenu a jouer une deuxième fois pour le festival histoire d'assurer un set entier ! Respect aux Têtes Raides ! C'est à Enhancer de démarrer cette journée avec leur rap-core plus qu'inspiré. La bande à David a carrement mis le feu, et le public a extrêmement bien réagi au son des Parisiens. C'était le premier épisode vitaminé d'un après midi fort en émotions. A noter une conférence de presse délirante avec que des questions de merde et une participation de John le batteur dans le rôle de l'intervieweur ! Tout de suite après Enhancer s'ensuit la douce et mélodieuse pop de K's Choice. Le groupe belge qui chante en anglais varie intelligemment les passages très calme et les envolés guitaristiques avec grâce et volupté. De la grande classe. Pour deuxième épisode, K's Choice est tout ému de l'accueil du public, nous aussi d'ailleurs. Le temps de passer voir se qui se passe sur la scène "C" (la plage) et de s'apercevoir que c'est le rappeur Disiz la Peste qui a pris possession du "mic" ! Allez hop, on se barre direction le reggae music avec l'énorme sensation de la journée, messieurs dames, respect à Burning Spear. Il fait beau (enfin c'est toujours relatif à Belfort, mais là, il fait vraiment beau !), il y a du monde, l'ambiance est fraternelle, tout est réuni pour faire la fete et se détendre un peu en écoutant de la bonne musique jamaïcaine. Alors que dire quand on a en face de soi sur la grande scène une légende du reggae, on se doit de passer un bon moment, et c'est effectivement le cas : en un mot, Burning Spear, ça tue tout. Hélas, comme dans tout festival, les concerts s'enchaînent et parfois se revauchent : c'est le cas malheureusement avec Burning Spear et les géniaux Young Gods : le groupe suisse, trop méconnu du grand public, balance sur la Plage ses rythmes technoïdes et ses guitares samplées. C'est presque malsain, ça remue les tripes mais c'est tellement bon. Mais quelle honte de les programmer sur cette scène !!! La programmation changeant tous les jours pour des raisons d'annulation, on ne sait plus vraiment à quelle heure ont joué les Têtes Raides (17h45... à la place de RunDMC), mais on a retenu sans hésitation que les musiciens tous vêtus de noir ont réchauffé le cœur des festivaliers avec les chansons peut-être triste mais tellement réalistes et en un mot, belles. Déjà présent il y a deux ans, l'homme de Bristol qu'on appelle Tricky joue aujourd'hui sous le chapiteau. eurock 01 : marcel et son orchestre eurock 01 : marcel et son orchestre Evidemment, c'est très spécial, à la limite de l'intriguant, mais il est reconnu pour faire les choses dans une ambiance lugubre. La première chanson est très spéciale, Tricky dans le noir, oscillant au chant de sa chanteuse. Il faut aimer, moi en tout cas, j'aime. Sans contestation, Pooly et moi même attendions de cette journée du samedi la montée sur scène des Mass Hyyyyyysssssssssteeeeeeeeeeeeeeeria ! Le groupe fait son grand retour après presque un an d'absence, et franchement ça fait plaisir de retrouver ce groupe de scène. Concert de rentrée, une des deux dates de l'été avant le retour sur les planches pour l'automne prochain. Des nouveaux morceaux beaucoup plus calmes du fait des samples d'instruments comme le violon et le piano en remplacement des boucles techno, des mélodies dans la voix comme il n'y en a jamais eu auparavant. Des guests comme La Brigade pour deux morceaux, et les trois chanteurs d'Enhancer pour un "Furia" d'anthologie ! En résumé, gros son, grosses lights, énorme prestation des gars de chez Yelen. L'album qui sort fin août risque d'en retourner plus d'un. Le temps de se remettre de nos émotions, on zappera une paire de concerts, disons que la fatigue commence à se faire sentir. Donc pardon à Anthony B, Joseph Arthur, Rae et Christian. eurock 01 : fantomas eurock 01 : fantomas La fin de soirée s'annonce éclectique avec les Freestylers, Ben Harper et Nashville Pussy. Ces derniers se disent le groupe qui a le plus tourné au monde depuis 3 an et demi, avec près d'1 concert par jour ! De ce point de vue, ça fait beaucoup. Ben Harper, lui, a été détestable lors de la rencontre avec les journalistes : peu de paroles, aucun intérêt et des réflexions peu…diplomates. Il y a des jours comme ça... Mais quand ce magicien monte sur scène accompagné des ses Innocent Criminals de musiciens, on lui pardonne tout, et c'est à cet instant qu'on réalise que le sieur joue avant tout pour son public et qu'il emmerde le business. Son show à Belfort prendre des allures de conte de fée électrique, avec des interprétations live de ses titres phares complètement hallucinantes. Des clins d'œil à Hendrix et Led Zep au passage ranimeront la flamme dans le public qui n'avait pas besoin de ça pour exprimer son approbation au rocker métisse. La pluie commence à tomber sévère, de plus, nos jambes fatiguées nous réclament la tente. On ne résiste pas à l'envie e rejoindre le camping. On se remémore les quelques notes des Freeestylers et leur sorte de rap electro. De source de fan, on apprendra que les 4 de Nashville auront offert un concert plus qu'endiablé, savoureusement rock 'n' roll et puissamment sauvage. Evidemment, plus la nuit tombe, plus la techno se fait maîtresse du festival : pardon, la techno quand je suis fatigué, je ne peux pas !

Dimanche : oh miracle miracle, pas de pluie ! La journée (chargée pour moi qui ai raccompagné Pooly à la gare, il va bien, merci pour lui :o) ) commence bien. Comme à chaque fois, le festival a vu sa prog chamboulée, faute à l'annulation des Motorhead du fait d'un accident scénique la veille. Ça arrive, mais ce n'est pas encore cette année que j'assisterais à un concert de Lemmy et Cie. C'est Dies Coroles, groupe local mélangeant guitare et beat techno influencé Spicy Box et Mass Hysteria qui démarre cette dernière journée de festival. Je n'y étais pas, occupé par une interview de Franck des Marcel et son orchestre, mais je le regrette à l'écoute de leur démo. Passons. Amadou et Mariam : ok, je vous vois déjà arriver, c'est bien le couple qui chantait un pauvre truc à la télé. Bah j'hallucine encore sur le concert que j'ai vu ! Je me demande sérieusement si c'est bien ce duo que j'ai écouté dimanche tellement c'était…puissant ! Des musicos funky, la fête sur scène, un vrai régal ! eurock 01 : marcel et son orchestre eurock 01 : marcel et son orchestre Le public était aux anges, ça fait plaisir des show comme ça !!! Je zappe la suite (du rap et du blues) du fait d'une rencontre avec les gratteux de Mass Hysteria pour me diriger au concert de Marcel et son orchestre : comme d'habitude, les ch'ti du 5.9-6.2 ont mis le feu sur la grande scène, bien que leur terrain de prédilection soit les salles étroites sentant bien la sueur. Les trois disques du groupe rock ska reggae beauf y passent, je suis amoureux de ce groupe à jamais. Quelle pêche, quelle générosité dans leur jeu de scène ! Un modèle !!! Vite, à peine terminé, il faut courir sur la scène B assister au live des K2R Riddim, groupe de reggae ska beaucoup plus roots que les Marcel ! comme tout groupe de ce style, la scène est un territoire bien connu, et c'est sans aucune difficulté que les K2R se mettent le public dans la poche ! Une multitude de musiciens, deux chanteurs rasta, la chaleur de leurs rythmes envahie les corps de chacun de nous en train de danser ! Et hop, à peine fini, on regrimpe la butte direction la grande scène pour écouter et surtout voir le Sergent préféré des musiciens, Sergent Garcia ! Accompagné de ses musiciens, Bruno l'ancien Ludwig Von 88 reconverti dans le salsa-muffin (vous aurez tous compris le concept) use une nouvelle fois ses morceaux issu du premier album sorti il y a plus de deux ans. Ça commence à faire beaucoup, et même si l'interprétation des musiciens est monstrueuse, le son de la grande scène et la fatigue me font renoncer à tout un set entier. eurock 01 : iggy pop eurock 01 : iggy pop Mais quand même, quel groupe ! Sous la chapiteau a commencé pendant la salsa du Sgt un drôle de concert ! Et oui, du dub c'est rare en concert aux Eurocks ! Le peuple de l'herbe, car c'est bien eux dont il s'agit, viennent de Lyon faire savourer leurs sonorité à des festivaliers curieux. Dub, c'est peut être un peu réducteur, disons que la formation mélange le rock, le rap, le dub, pleins de choses qui créent une ambiance feutré puis explosive. Pour les Eurocks, les français ont partagé leur set avec Badmarsh et Shri, des anglo-pakistanais mixant musique indienne et big beat. Le concert fut long, ce qui a pour conséquence que je n'ai pas assisté à toute la prestation qui demeura excellente. Entre deux morceaux, j'ai pris le soin de me rendre à la scène C pour assister à la curieuse venue de Fantômas, composé, comme tout le monde le sait, de Mr Patton, Lombardo, un Melvins et un Mr Bungle. Carrément pas fanatique des délires de Patton, c'est donc avec un certain recul que j'ai pu me rendre compte de la folie de ces musiciens hors pair. Je n'ai pas réussi à comprendre le pourquoi du comment, je suis peut être pas assez "in", mais il faut reconnaître que j'ai quand même pris une claque quand à la disposition de scène (la batterie de Lombardo face à face avec les claviers de Patton), la démence de cette musique déstructurée (pas tant que ça quand même) et surtout quand à la voix magnifique de Patton, tel un ange et un démon. Restera pour nos oreilles bien abîmés le concert, le show, que dis-je, la leçon de rock'n'roll que donnera Iggy Pop en fin de soirée pour clôturer ces 13èmes Eurockéennes de Belfort : majestueux, gracieux mais en même temps sale et gras, la musique de Mr Iggy ne laisse pas indifférent les rockeurs que nous sommes. Avec beaucoup de stupéfiants dans le nez, Iggy nous assure un show qui restera gravé dans nos mémoires ! Des cris, des gesticulations interminables, tout pour chauffer le public limite dans la fraîcheur de l'air. Il fait même monter des membres du public sous le regard d'une sécurité médusée. Les standards pleuvent, les nouveaux titres se succèdent, bien joué, c'est super !