Download festival - ambiance Download festival - ambiance Arrivés au camping le jeudi en fin d'après-midi afin d'être prêts pour attaquer sereinement les festivités et faire connaissance avec le voisinage, c'est avec grand plaisir que nous débutons dès la nuit tombée par la projection du film documentaire "Spit'N'Split" sur la vie du groupe belge le plus taré, The Experimental Tropic Blues Band. Nous suivons, dans la majeure partie du film, les aventures du trio en tournée accompagné de leur malheureux ingé-son. Au menu, des engueulades, de l'amour, des rencontres loufoques, des déboires inévitables, le "Baby Bamboo", de la philosophie. Tout y passe ! "Spit'N'Split", c'est un peu le "C'est arrivé près de chez vous" version rockumentaire, c'est drôle et excessif avec un peu de fiction et de psychédélisme au fur et à mesure que le film avance. La BO de la première œuvre de Jérôme Vandewattyne, présent pour l'occasion, a été jouée par le groupe lui-même qui a pris place dans la foulée sur la Firefly Stage (la scène du camping) pour délivrer un set ultra efficace et emballant. Les rejetons de Jon Spencer Blues Explosion nous ont donnés une leçon de rock n' roll que nous n'oublierons pas.


VENDREDI

Au lendemain, Merge envoie officiellement les premières notes du festival à 11h30 avec sa pop métal très passable, suivi par le hard rock n' roll bluesy de Laura Cox Band, groupe bien plus appréciable, qui auparavant, nous avait teasé son tube "Hard blues shot" en balance pendant le déjeuner. Le temps de récupérer nos bracelets, de rejoindre le stand presse pour nos pass photo et de (re)découvrir le site qui n'a pas ou peu changé par rapport à l'année dernière (sauf l'ajout de zones d'ombres, détail important vu le soleil imposant tout au long du festival), nous passons devant Wakan Tanka, formation locale ayant eu la chance de gagner un tremplin organisé par la salle de concert Le Rack'Am à Brétigny pour se produire sur la Main Stage 2 (à l'instar de Wild Mighty Freaks pour la journée du samedi et Teacup Monster le dimanche). Le trio, présenté par une octogénaire emblématique du Plessis-Pâté, propage un rock mystique inspiré par la culture amérindienne. Nos régions ont du talent. Côté Main Stage, ce sont les charmants et énergiques Billy Talent qui l'inaugurent. Les punk canadiens font honneur à leur répertoire tout entier (dont des vieux tubes de la trempe de "Red flag" et "This is how it goes") et livrent une bonne prestation bien que nous ne soyons pas véritablement séduits par le style.

Les Pogo Car Crash Control au Download Festival Les Pogo Car Crash Control au Download Festival Pogo Car Crash Control, l'une des formations que nous souhaitions revoir au plus vite, prend ses marques sur la Spitfire Stage (la plus petite du site). Venus défendre Déprime hostile, leur premier album sorti en mars, le quatuor punk métal envoie des décibels à go-go (big up à l'excellente "Hypothèse mort"), provoque naturellement des mouvements de foule et démontre aux festivaliers que la France a des ressources en la matière. Les P3C ont été à la hauteur de l'évènement, et vu leur âge, on risque de recevoir encore des cargaisons de riffs coriaces à l'avenir. Bien requinqués et dégoulinants de sueur, c'est du côté de la Warbird Stage que nous opérons un virage extrême, entre métalcore et death, avec les Australiens de Thy Art Is Murder. Growls, blasts, breaks, grooves, riffs acérés et solos font partie des armes du quintet, ça ne rigole pas, et si on se prend d'une sympathie instantanée pour leur musique, c'est surement parce qu'elle nous rappelle Lamb Of God ou I Declare War. Un super concert violent comme on les aime avec une reprise de "Du hast" de Rammstein en bonus, quoi de mieux pour se mettre le public en poche ? Opeth n'avait pas forcément tous les atouts pour convaincre l'ensemble des festivaliers avec sa musique hybride et sombre, entre black-death métal d'un côté et prog-rock de l'autre. Et pourtant, aussi inattendu que cela puisse paraître, ce fut l'un des meilleurs shows de la journée. Un véritable voyage dans la discographie du groupe puisqu'il a interprété huit titres issus de huit albums différents (de Blackwater park (2001) jusqu'au dernier Sorceress (2016)). C'est la virtuosité des Suédois pour la composition qui a séduit plus que sa communication avec le public. Au moins, on ne pourra pas leur reprocher de dissimuler une certaine médiocrité de style par des déguisements, des masques et des décors mystico-religieux avec des effets pyrotechniques comme l'ont fait les membres de Ghost sur la Main Stage. On salue la prestation bien rôdée (voire parfaite) de la bande du nouveau Cardinal Copia (qui devrait enlever son masque afin que l'on entende correctement sa voix), même s'il subsiste une certaine incompréhension quant à l'intérêt démesuré de cette formation aux compositions hard-pop FM. Comme quoi, tu fous un pape sataniste et des démons autour dans un décorum d'enfer et le tour est joué !

Juste avant d'aller faire un coucou au vieux Ozzy Osbourne, un petit détour du côté de la Warbird Stage pour aller voir les Converge qui ont vite fait comprendre à l'audience ce que les mots "hardcore" et "punk" signifiaient quand on les associait ensemble (voir plus si affinités). En un mot, c'est la guerre ! Les Bostoniens ont mis principalement l'accent sur leur dernier opus The dusk in us même s'ils n'oublient pas de contenter les vieux fans de titres plus anciens comme "Dark horse" ou le final "Concubine" dont nous n'avons malheureusement pas pu profiter (satané programme !). Toujours est-il que Converge reste ce cocktail de riffs, de cassures et de rythmes qui vont à 100 à l'heure formant une bouillie sonore à t'en faire perdre l'équilibre. En gros, ceux qui ont l'habitude de contempler le massacre sonore de la bande de Jacon Bannon n'ont rien raté, on ne change pas une formule gagnante. La tête d'affiche de ce premier jour est un vétéran du heavy-métal, désormais plus connu par la masse pour ses émissions de télé que pour sa carrière de musicien, même si Black Sabbath était encore vivant il y a un peu plus d'an. La crainte légitime sur l'état de forme d'Ozzy a été partiellement effacée notamment par la prestation XXL de ses acolytes Zakk Wylde (guitariste) et Tommy Clufetos (batterie), pas avares en solos endiablés. Mais également par une set-list étonnamment bonne, mêlant de vieux morceaux à des reprises de Black Sabbath ("War pigs" et "Paranoid" pour les plus connus). Même si, avouons-le, certains titres kitschs ont fait leurs apparitions durant le show ("Shot in the dark" ou "Mama, I'm coming home"), on n'en veut pas à notre papy métal qui a assuré son show et à peu près correctement ses vocalises malgré un état de forme à l'image de sa vie de débauche.

La nuit avec Hangman's Chair La nuit avec Hangman's Chair La fin de journée se rapproche, direction le camping dans lequel les Hangman's Chair propagent leurs ondes sludge. Banlieue triste, leur dernier disque en date, passe beaucoup mieux en live où la lourdeur et le caractère brumeux de son univers prend réellement tout son sens. Dans un tout autre délire, leurs successeurs nommés Peter Alexander Band rendent hommage à Lynyrd Skynyrd à travers un set de reprises country-blues des cultissimes Floridiens. C'est assez inouï de faire suivre deux formations au style radicalement opposés, mais c'est toute la magie du Download Festival qui prend bien soin de brouiller les cartes de sa prog' en prônant l'ouverture. Le W-Fenec ne peut que saluer l'initiative.


SAMEDI

Samedi matin, le camping se réveille doucement avec le math-rock instrumental de Jean Jean, groupe qui défend actuellement partout et avec force son sémillant Froidepierre. Ni trop intello dans la démarche, sans tomber dans la facilité, le trio de Seine-et-Marne sort d'un show de 40 minutes avec les honneurs et laisse place au punk-rock mélodique californien de Bad Cop Bad Cop. Signé chez Fat Wreck Chords, le label de NOFX qui jouera plus tard en fin d'après-midi, le quatuor féminin lâche avec vélocité son énergie communicative. Nous sommes fin prêts pour démarrer cette journée avec quelques camarades venus nous rejoindre pour profiter également de cette célébration rock francilienne unique.

Pendant que les Japonais de Crossfaith déversent sur la Main Stage leur bouillabaisse métal pas révolutionnaire pour un sou, l'heure est déjà à l'apéro à la Lagunitas (une IPA trouvée à la Beer Factory qu'on vous recommande). On profite des attractions du site comme tourner la roue du stand Zippo ou bien encourager le copain au concours de batterie Monster. Entre-temps, nous avons pu profiter de plusieurs morceaux du duo Alcest dont l'œuvre onirique apparentée post-rock black est composée essentiellement de guitares shoegaze atmosphériques. C'est esthétiquement très beau à écouter mais le style employé par le groupe le fait presque passer pour un intrus au regard de la programmation de ce samedi qui met davantage le ton sur des ambiances plus festives ou musclées. Turbonegro a bien rempli ce rôle en combinant merveilleusement bien les deux avec son punk-rock à l'image volontaire (ou non) de gay-friendly. Les Norvégiens dotés d'un nouveau claviériste étaient habillés façon Village People, ce qui leur confère ce petit plus distrayant et sympathique. Un grand moment "concurrencé" par nos frenchy de Tagada Jones qui oeuvraient au même moment sous la Warbird. Cette valeur sûre du punk-hardcore habituée des festivals depuis plus de vingt ans a fait le job sous un chapiteau rempli de ravagés venus pour se défouler. Le rock français est loin d'être mort ! C'est l'heure de se remettre de nos émotions en prenant une pause méritée, nous passons à travers les mailles du filet du metalcore testostéroné de Betraying The Martyrs et du métal hip-hop d'Hollywood Undead qui selon certains festivaliers étaient immanquables. Tant pis pour nous (ou pas !).

Fat Mike (NOFX) Fat Mike (NOFX) Quel plaisir de retrouver NOFX sur scène ! Vêtu d'une robe verte à rayures noires et d'une jolie crête à dominante rose-violette, le frontman bassiste Fat Mike est survolté. Ses camarades de jeu ne le sont pas moins et ce sont 50 minutes de joie, de gros délires, et une ambiance de festival comme on les aime. Les Américains ont bien évidemment pensé à offrir au public parisien (moins nombreux que prévu selon les estimations) sa version poilante et approximative du "Champs Élysées" de Joe Dassin. Ultra Vomit défend également bien son bout de gras dans le rayon exaltation et déconnades car la curiosité Nantaise baigne dans la parodie métal-cartoon depuis plusieurs années déjà. Le chapiteau est complet pour recevoir la messe qui débute par le thème des Looney Toons et celui de Fort Boyard. Le groupe a enchaîné ses tubes ("Darry Cowl chamber", "Calogira", "Boulangerie pâtisserie", "Kammthaar" et le final "Évier metal") devant un public forcément acquis à sa cause et avec lequel il s'est admirablement bien amusé (blague, circle pit, queue-leu-leu.). Bref, le genre de personnes avec qui tu passes toujours un bon moment de décontraction (pas forcément musculaire !). Avant de rejoindre la Spitfire Stage pour revoir Treponem Pal, les vétérans punk-rock de The Offspring (tous la cinquantaine passée), l'un des "college band" les plus emblématiques, prennent d'assaut la deuxième grande scène pour taper dans le best-of (en gros la moitié des chansons sont issues de Smash (1994) et d'Americana (1998)). Sans surprise, les fans ont eu leur "Come out and play", "Self esteem", "Pretty fly (for a white guy)", "Why don't you get a job", "The kids aren't alright" (avec Fat Mike en invité) mais également une reprise d'AC/DC ("Whole lotta rosie"). Le cahier des charges a été respecté de belle manière !

C'est encore un groupe totalement 90's que nous avons le plaisir de retrouver par la suite, les cultissimes Treponem Pal. Les patrons français du rock industriel, qui fêtent leur 30 ans cette année, ont impulsé leur groove mystique dans un décor qui l'était tout autant avec des têtes de mort vaudou répandues autour des membres. La magie opère, on en profite pour découvrir certains nouveaux titres issus de Rockers' vibes, et redécouvrir des classiques comme la fameuse reprise de "Funky town" sur Higher. Un excellent moment passé devant cette Spitfire un petit peu abandonnée, certains étant partis en cure de nostalgie avec The Offspring, d'autres se plaçant stratégiquement devant la Main Stage afin d'être prêt à contempler l'"Antichrist Superstar". Justement, c'était le dilemme de la journée Meshuggah VS Marilyn Manson, choisir entre un groupe qui n'a jamais déçu en live, et dont l'intensité infaillible est sa marque de fabrique, et un artiste ayant eu ses années de gloire dans les 90's et 2000 et qui n'a peut-être pas su se renouveler efficacement et dont les shows n'ont plus la même saveur d'antan ? Nous ferons une partie des deux pour ne pas avoir de regrets quitte à louper certains bons moments voire cruciaux de l'un des deux spectacles. Du côté de Meshuggah, aucune déception n'est à noter. Les Suédois baignent dans des lumières stroboscopiques et impressionnantes pour être en raccord avec sa musique épileptique aux riffs cliniques. Sous le chapiteau rempli de la Warbird Stage, le quintet est tout bonnement impressionnant de maîtrise et de puissance, il met un point d'honneur à livrer un set varié avec une place un peu plus grande au dernier album The violent sleep of reason tout en omettant de jouer au moins un morceau du désormais classique Catch 33.

Meshuggah au Download Festival Meshuggah au Download Festival La tête d'affiche de ce samedi se nomme Marilyn Manson. En pleine tournée de son dernier album Heaven upside down, l'Américain ne l'a pour ainsi dire que peu défendu (seules "Kill4Me" et "Say10" ont été joués) et n'a pas vraiment été à la hauteur de sa réputation malgré un choix de titres pas si médiocre que ça (dont "Irresponsible hate anthem", "The beautiful people", "Rock is dead", "The dope show", "Disposable teens" ou l'inévitable "Sweet dreams") . Est-ce étonnant au regard de ses dernières tournées ? Pas vraiment, le "révérend" n'est plus que l'ombre de lui-même, un personnage du passé sans passion qui semble tourner uniquement pour payer ses impôts et son train de vie. Malgré un backing band appliqué (dont ne sait plus vraiment qui est membre), le chanteur ne lui fait pas pour autant honneur, MM n'a plus de voix, de fougue, est adepte des gros blanc et du lancer-casser de micros entre les morceaux et quand il tente de communier avec le public, cela se transforme en ridicule (comme cette jeune fan déguisée en pom-pom girl qui monte sur scène pour "danser" avec son idole). Notre journée se termine mieux avec la prestation bluffante de Galactic Empire, quintet reprenant la BO de Star Wars en version rock-métal. À voir absolument !


DIMANCHE

Ce sont les Autrichiens de Kaiser Franz Josef qui balancent les premières notes de la journée au camping, un rock sans grande personnalité dont la voix fait immédiatement penser à feu Chris Cornell et à ses groupes. Les Anglais de Stone Broken, leurs successeurs sur les planches de la Firefly, ont choisi de réveiller les campeurs avec un rock de sudiste à la Black Stone Cherry. Leurs balades mielleuses et leur rock de stade nous incitent brutalement à rejoindre plus rapidement que prévu le site principal du Download Festival. Le premier concert intéressant à se mettre sous la dent est Wolf Alice. Les Londoniens ne trempent ni dans le métal qui tâche, ni dans un rock velu mais baignent les deux pieds dans une indie-pop mutante qui sait habilement s'apprêter à des éléments folk, garage ou encore shoegaze. La voix à la fois aérienne, douce et agitée de la belle Ellie donne par moment un côté très ambivalent à l'ensemble qui a su paradoxalement, du fait de son style, se faire une place sur cette programmation.

Le frappeur de Slaves Le frappeur de Slaves Notre curiosité nous a amené par la suite vers la Warbird Stage pour découvrir le duo guitare-batterie Slaves et son garage-punk basique mais foutrement efficace. Avec leur accent bien british, ces gars originaires du Kent scandent fougueusement leurs textes à la foule comme une bombe à retardement sur des rythmiques binaires vigoureuses et des riffs "catchy" bien nerveux. Plus le show passe, plus on s'éprend d'amour pour la musique de Laurie (guitare) et Isaac qui sied parfaitement à la scène. Comme celle de Frank Carter & The Rattlesnakes qui se répand dans le même temps à quelques centaines de mètres de là sur la grande scène. L'ex-frontman de Gallows, en tenue de combattant de boxe thaï, annonce la couleur : ça va remuer et faire mal. Sous un soleil radieux, le Gallois s'en donne à cœur joie, harangue la foule et n'hésite pas longtemps avant de la rejoindre au cours du concert pour y faire (au hasard) du surf sur un fan !!! Musicalement, rien à y redire, le punk-rock fédérateur alternant rugosité et phases plus relâchées, reste la solution idoine pour les festivaliers du Download Festival qui paraissent aux anges devant le rouquin et sa bande. Le groupe quitte la scène avant un blues-rock ironiquement nommé "I hate you".

Dead Cross, contrairement à Frank Carter, n'est pas trop du genre à vouloir absolument fédérer. On est sur un autre registre, plus abrupt et unilatéral. La bande de Mike Patton et Dave Lombardo communique peu, seule la musique tient ce rôle. Et quelle musique ! Un punk-hardcore qui puise autant dans le thrash que dans le grind, bref, un cocktail explosif complètement déjanté qui correspond bien à la personnalité du général Patton. Le public semble rester coi devant cette déflagration sonore, ne comprend pas toujours ce qui lui arrive. Et la formation en joue à fond et en rajoute une couche lorsqu'elle termine son set par un mix foireux et incomplet d'extraits de "Rainin blood" de Slayer et d'"Epic" de Faith No More. Ça fait du bien là où ça passe, si ça ne casse pas. En tout cas, on ne regrette pas cette heure passée avec ces grands garnements. On poursuit avec Perturbator, le Parisien connu pour ses ondes martiales de synthwave investit la scène façon décontracté accompagné de son batteur. Le duo fonctionne à merveille mais peine à convaincre sur la durée tant les structures et le son n'évoluent guère dans l'ensemble. On tombe alors dans une sorte de bis repetita qui ne prend plus au corps. Erreur de planning ? (ce genre de musique se sublime dans la nuit), la fatigue ? l'humeur de l'instant ? Tout autant de raisons qui nous poussent à revoir ce perturbateur des temps modernes.

Direction la Main Stage afin de voir les vingt dernières minutes du concert de The Hives qui propose un tout autre univers. Motivés comme jamais, les Suédois savent manier le garage-rock comme personne et partager ça avec le public. Fringants et élégants, ils ont su attendre d'échauffer leur fans avant de propager leurs hits "Die, all right !", "Hate to say I told you so" et "Tick tick boom". On regrette presque de s'être arrêté à Perturbator. Valeur sûre du métal fusion à la française, Mass Hysteria revient à nouveau au Download Festival deux ans après une prestation réussie. Sauf que cette année, la bande de Mouss est l'une des têtes d'affiche. Pas volé pour un groupe dont la réputation scénique n'est plus à prouver et qui a vu cette année son Contraddiction certifié disque d'or. Sur scène, les Mass font monter la tension, le groove et le son mastoc du quintette est à son comble pendant toute la durée du set. Cependant - et c'est le seul reproche que l'on pourra émettre - leurs shows ne se diversifient pas, si bien qu'aucune surprise ne vient s'inviter. Du coup, cet esprit de "déjà vu" vient plomber la bonne ambiance qui règne. Il y a bien quelques détails (le décor, le discours, l'ambiance, la set list) qui peuvent faire une petite différence, mais ils ne sont pas assez nombreux pour qu'on puisse le ranger dans les meilleurs concerts de la journée. Surtout que derrière, un mastodonte du rock US nommé Foo Fighters est attendu de pied ferme, et tandis que le public se dirige progressivement vers la Main Stage, "Furia" conclut le spectacle de la plus belle des manières avec danseuses et pyrotechnie à la clé.

The Hives @ Download Festival The Hives @ Download Festival Il est 21h, Foo Fighters débarque avec plein d'engouement sur les planches de la Main Stage en envoyant "All my life", titre parfait pour mettre l'audience dans le bain. Un tube parmi la pelleté qui seront présents sur ce programme de 2h30, des morceaux notoires sur lesquels les fans chanteront à tue-tête ("Learn to fly", "The pretender", "My hero", Monkey wrench", "Time like these", "Best of you"...), entrecoupés de titres plus récents et dispensables qui par moments plomberont un peu l'ambiance ("Run", "The sky is a neighborhood", "Wheels", "Walk"). Le sextuor est taillé pour la scène, on le savait déjà, et n'a pas eu besoin d'artifice pour briller (si ce n'est cette batterie qui s'élève en l'air sur un morceau). Spontané et communicatif, il aurait très bien pu présenter le même show dans une salle de 200 personnes que les effets auraient été identiques (peut-être même mieux !). Les Foos s'amusent, et quand Dave ne chante pas "Imagine" de John Lennon avec les paroles de "Jump" de Van Halen, il troque son chant avec la batterie de Taylor Hawkins pour laisser son acolyte interpréter "Under pressure" en compagnie de Luke Spiller de The Struts qui a joué dans l'après-midi. La bonne humeur est à son comble et lorsque le groupe quitte la scène, il ne se fait pas prier pour revenir après avoir nargué son public à l'arrière de la scène en lui faisant comprendre, par l'intermédiaire d'un caméraman, que c'est l'heure d'aller se coucher. Même si on espérait entendre les airs de "This is a call", "Big me", "Low", "No way back" ou "Breakout", Dave Grohl et sa bande terminent avec deux de leurs meilleures chansons à savoir "Times like these" et "Everlong". Au final, le bilan est plus que positif pour un groupe qui a perdu de sa créativité au fil du temps mais qui a su garder cette précieuse constante dans la réalisation et l'intensité de ces shows sans blablater comme l'ont pu faire certains comme Green Day l'année dernière à cette même place. Quand nous arrivons au campement, Nesseria est en train de s'égosiller par-dessus son hardcore massif sur la Firefly. L'effet post-Foo Fighters a rendu nos esprits trop inertes pour qu'on puisse le découvrir et le considérer correctement, sans parler dIn Search Of Sun qui achèvera cette troisième journée remplie de concerts.


LUNDI

Et une de plus ! Pour sa troisième édition, le Download Festival a offert une journée supplémentaire plus légère à ses festivaliers. On ne sait pas vraiment si c'est à titre exceptionnel ou non mais Live Nation a prévu de proposer les vétérans de Guns N' Roses en ce premier jour de semaine. Un peu casse-gueule sachant que tout le monde n'a pu rester jusqu'à ce jour (les gens bossent !) et qu'il n'est pas évident de faire bouger la populace sur cette base militaire un lundi pour deux fois moins de concerts et une seule tête d'affiche valable, et ce pour le même prix (69 euros la journée) et qui plus est quand le confort et la visibilité n'égalent pas celle d'une arène sportive ou d'une grande salle de spectacle. On apprendra bien plus tard que les Guns joueront devant (seulement) 25 000 personnes, autrement dit que la stratégie n'a pas fonctionné.

Baroness, ça décoiffe ! Baroness, ça décoiffe ! Les jeunots de Grit, qu'on connaît bien chez W-Fenec, commencent à se faire un petit nom dans la sphère rock française, et sont à l'image de leur premier album : ça sonne hyper pro, c'est bien joué, ça prend des influences bien évidentes à droite et à gauche (au hasard, Incubus et Rival Sons), et on passe un bon moment sans que ce soit une révélation. De toute façon, on n'en attendait pas moins (et pas forcément plus) d'eux, étant donné que tu ne retournes pas comme ça à 11h du matin un camping de festivaliers qui en sont à leur 4eme ou 5eme jour ici. Le blues-rock groovy de Jared James Nichols ne sera pas plus efficace que les Franciliens juste après. Direction le site principal du festival pour retrouver les Baroness qu'on voit pour la première fois avec leur nouvelle guitariste Gina Gleason (arrivée l'année dernière en remplacement de Peter Adams). C'est sur une set-liste axée sur ses derniers albums (Purple et Yellow & green) que Baroness va déclencher de la mélodie et du riff costaud à gogo, on est forcément loin de l'ambiance pesante et sludge qu'on aimait à l'époque, mais ce visage du groupe n'est pas pour autant inintéressant. Dommage que les Américains soient apparus qu'une petite quarantaine de minutes sur la Main Stage pour qu'on puisse véritablement rentrer dans l'univers de ce groupe qui est loin d'être mort après sa période de mauvaise fortune (grave accident de bus en 2012 puis line-up décimé).

Juste avant Jonathan Davis, se produisait le groupe de Grace, la fille de Duff McKagan, nommé The Pink Slips. Entourée de ses gars, cette tigresse se donne du mal pour mettre le feu, se tortille dans tous les sens au rythme de sa pop-punk dotée d'un clavier qui ajoute des touches synth-wave séduisantes. Entre bons et moins bons morceaux, la formation manque de charisme (seuls la chanteuse et le bassiste semblent être conscients de jouer devant du public) et communique très peu préférant balancer sa sauce électrique se situant quelque part entre The Kills et No Doubt. Retour vers la grande scène sur laquelle se présente le chanteur de Korn avec sa troupe toute vêtue de noir. Venu défendre son nouvel album Black labyrinth, Jonathan Davis en jouera la moitié ainsi que "Forsaken", titre issue de la BO du film "La reine des damnés" qu'il a composé en 2002. Si l'on sent clairement que le frontman de Korn essaie de se détacher du style de son groupe d'origine en apportant des touches de violons, de la contrebasse ou encore des influences orientales, son chant et sa griffe inévitable le trahissent naturellement. Sans parler de certaines parties de chansons qui rappellent le gang de Bakersfield. Résultat des courses, on navigue entre des compositions plutôt bien réalisées qui supportent facilement la scène ("Final days"), des ratés ("Basic needs"), et des surprises dont on ne sait quoi en penser sur le coup ("What you believe"). On reste sur notre faim tout de même, des voisins juste à côté de nous parlent quant à eux de purge intersidérale.

Il est l'heure de retrouver Greta Van Fleet, la relève du rock n' roll 70's (jusque dans l'accoutrement), ou plutôt les nouveaux Led Zeppelin (Robert Plant le disant lui-même). C'est bluffant comment Josh Kiszka, le chanteur de la formation du Michigan, arrive par moment à imiter à la perfection la voix de Plant. Sauf qu'il s'agit bien là d'un groupe aux compositions originales qui fout le feu, même avec un micro défectueux ! Et le public ne s'est pas trompé en se joignant en masse sous le chapiteau de la Warbird Stage, preuve que ce quatuor a déjà un certain succès et risque de l'accroître puisqu'il n'a qu'un EP et un album en poche. On s'arrête un petit instant devant les Danois de Volbeat et leur pop hard-rock aux vocalises maniérées et conventionnelles. Après quelques morceaux trop mélodiques et peu inspirés à notre goût ( "Dead but rising" n'y changera rien) nous laissons profiter nos oreilles du néo-métal (ça se dit encore en 2018 ?) de Sleether. Le souci avec ce style, c'est que quand t'as bientôt 40 piges, ça ne prend plus du tout ! Mais alors pas du tout ! Le spectacle est bon mais musicalement on s'ennuie ferme, les récepteurs sensoriels et émotionnels sont à néant et on préfère les reposer pour notre amour de jeunesse qu'est Guns N' Roses.

Jonathan Davis en solo au Download Jonathan Davis en solo au Download Les Californiens ont intégré ce dernier concert de l'édition 2018 du Download Festival dans leur tournée de réunion "Not in this lifetime" débutée il y a déjà plus de deux ans (et passée par le Stade de France l'année dernière). Aucun album en préparation, mais derrière le trio historique Axl-Slash-Duff, c'est tout un peuple (toutes les générations sont présentes ce soir) qui s'émeut à l'idée de voir ou revoir ce groupe de rock mythique ayant eu ses plus belles années de 1987 à 1994 et de savourer ses tubes légendaires en live. L'effet nostalgie est à son comble comme avec toutes ces reformations qui faute de nouveaux morceaux, jouent des best-of. On redoutait le retard légendaire des Américains, et c'est au bout de presque 30 minutes que les premières notes de basse d'"It's so easy" retentissent sur la Main Stage après la projection au public d'une vidéo animée en boucle d'un char aux couleurs du groupe. Les Guns N' Roses présentent un programme dominé par des reprises, les plus connues ("Knockin' on heaven's door", "Lie and let die", "New rose") comme les moins ("The seeker" des Who, "Wichita lineman" de Jimmy Webb) et des plus surprenantes à l'instar de "Black hole sun" pour un hommage poignant à Chris Cornell ou encore "Slither" de Velvet Revolver. C'est un point important à signaler car ces reprises viennent prendre la place de morceaux originaux de la formation qui auraient très bien pu être joués, surtout quand on se rend compte à la fin que 10 titres sur 30 seulement des deux Use your illusion ont été entendu ce soir (il s'agit juste du double album le plus vendu du groupe à ce jour). Et si vous rajoutez par dessus les quatre titres du coûteux et médiocre Chinese democracy, ça fait encore plus mal. Ça casse un peu l'idée même du "Best-of" mais on ne boude pas notre plaisir à retrouver la bande d'un Axl Rose, qui a vieilli et grossi, mais qui n'a pas perdu ses mimiques vocales (avec un manque de souffle certain) et son déhanché unique. N'empêche que la magie opère grâce à un groupe en super forme. Slash n'a pas perdu son talent et nous balance sans fausse note ses plus beaux solos, quant à Duff, il est intenable et semble être plus qu'heureux de rejouer auprès de ses potes. Quelques effets pyrotechniques stimulent le show (notamment sur "Welcome to the jungle") et seront même utilisés pour le bouquet final avec un feu d'artifice sur "Paradise city". Un grand moment en guise de clôture de ce festival qui nous a apporté de très beaux moments et de souvenirs durant ces 5 jours.

Nous finirons cette édition au bar métal qui durant tout le temps du festival aura été LE lieu pour faire la bringue avec des surprises insoupçonnées (comme le concours officieux de topless ou de zizi-hélicoptère) et des rencontres qui le sont tout autant. Malgré une affiche de plus en plus séduisante, le Download Festival n'a pas fait mieux en terme d'entrée que l'année dernière, le compteur s'étant arrêté sur 120 000 en 4 jours. En ce qui nous concerne, on compte vous (re)voir l'année prochaine sur la base aérienne de Brétigny pour un RDV qui sera, espérons le, aussi passionnant que cette édition 2018. Les spéculations sur les têtes d'affiche de l'année prochaine sont déjà en cours.