Dour 2008 : Brian Jonestown Massacre Dour 2008 : Brian Jonestown Massacre Jeudi 17 juillet 2008
C'est donc avec Brian Jonestown Massacre que commence ce vingtième festival de Dour (et déjà le huitième pour le W-Fenec !), malgré 15 ans de carrière les folk-rockeux américains sont assez peu connus de ce côté-ci de l'Atlantique et comme tous les jeudis midi, la plaine de la Machine à Feu se remplit doucement aux sons des instruments de Anton Newcombe et de ses comparses, difficile de s'emballer, le temps est maussade... Traversons le site pour écouter un peu de Kofeee, le groupe a de l'énergie à distribuer et se fait plaisir à jouer sur une "petite" scène, ils ont emmené avec eux leur base de fans, leur rock ne me laissera pas un souvenir indélébile mais ça envoie avec le sourire, c'est toujours ça de pris.
La pop d'Austin Lace, pouquoi pas ? Alors que leur concert n'a pas débuté, un gros son venu de la tente d'à côté m'intrigue, je me rapproche et prends une énorme claque ! Steak Number Eight est tout simplement la grosse révélation de ce Dour, ceux qui étaient encore en train de s'installer en sont pour leurs frais, ceux qui ont trop fêté le début du festival mercredi soir également. Car les quatre gamins (14 ans et demi de moyenne d'âge) venus de Flandres nous balancent dans les machoires un sludge/post-hardcore des plus abrasifs et surtout des plus efficaces, ultra à l'aise sur scène, ils ne se laissent pas démonter par un public nombreux, médusé et qui cherche à prendre en défaut ces marmots. Bon, justement, niveau défaut, il y a quelques parties chantées qui ne sont pas encore très au point mais pour le reste, c'est une énorme déflagration et un son gigantesque.
Remplaçants (de luxe) débarqués en dernière minute à Dour (suite au désistement de Voodoo Glow Skull), les Burning Heads, précurseurs et vieux routards du punk rock français ont délivré un show brut et rock and roll, oscillant entre du bon punk alternatif à l'ancienne et des compositions à influences reggae. En quelques minutes, les 'têtes brulées' se sont mis le public dans la poche pour un concert mémorable.
Dour 2008 : Steak Number Eight Dour 2008 : Steak Number Eight La formation qui se serre sur la Last Arena est forcément anglaise, le son, le look, l'attitude, pas de doute, c'est bien un des buzz de l'année outre-Manche qui se produit, ce sont les Foals et si c'est frénétiquement sympathique, ça ne risque pas de devenir culte tant ça sonne comme ce groupe hype de l'an dernier dont on a déjà oublié le nom...
Prés de cette grande scène, Dub Trio a livré une heure d'un set à la fois rock, massif, technique et dub, venu d'ailleurs (enfin de New York), le trio a enchanté le Marquee par ses compositions instrumentales (surtout issues de Another sound is dying) et les changements d'atmosphères, petite note amusante, c'est le batteur qui est, par deux fois, venu dire un mot (surtout "merci") au public, certainement que le bassiste et le guitariste sont trop timides... Une belle drache m'a laissé sous ce chapiteau à attendre la suite sans trop me mouiller, c'est donc sec que je profite du concert d'Ez3kiel ! Les auteurs de Battlefield ont joué un set court mais intense avec leurs vieux tubes ("Barb4ry", "Versus"...) et quelques nouvelles bombes ("Adamantium", "Firedamp", "Break or die"...) devant un public aux anges face à une telle démonstration d'assemblages de sons et d'images. Comme d'habitude, la boule musicale a livré son inédit pour clore le trop court (vraiment) show des représentants de Jarring effects.
Goldfrapp et ses nouvelles chansons sous la pluie ne m'ont pas trop emballé, zapping. Pendulum s'est vu assisté par un MC, la sauce ne prend pas, zapping aussi.
Peut-être la principale tête d'affiche proposée à Dour ce jeudi, l'une des plus attendues par le public en tout cas au vue de la masse humaine rassemblée devant la Last Arena pour voir Birdy Nam Nam prendre possession de 4 platines. Attendu au tournant peut être, mais la réponse se fit nette et sans bavure, heureux d'être là, le groupe tout entier délivre une énorme prestation ce soir-là à Dour au grand bonheur des festivaliers qui ne se priveront pas de sauter, danser, crier. Après nous avoir fait découvrir leurs prestations scéniques dans un registre plus Electro Downtempo voir jazzy, Les 4 acolyte (Dj Pone, Crazy B, Little Mike et Need), explorent désormais une orientation beaucoup plus dansante, une électro un peu dans la lignée du label hype du moment : Edbanger. Les basses sont puissantes, les nappes hypnotique et on se retrouve à bouger la tête sans même sans rendre compte.
Dour 2008 : Birdy Nam Nam Dour 2008 : Birdy Nam Nam Après une prestation (trop courte c'est une habitude en festival) d'une petite heure, les Birdy Nam Nam se doivent de délaisser la Last Arena mais n'en délaissent pas le public pour autant. Tout le monde en direction du Club Circuit Marquee ... et oui, après Birdy Nam Nam, voici la soirée Birdy Harders les 4 scratcheurs rejoignent directement Busy P (producteur d' Edbanger justement) auprès des platines. D'1h à 5h du mat' les DJs se succèdant au mix dans une joyeuse agitation, la dixaine de personnes du staff squattent la scène. Dans le public... de larges sourires, des têtes qui bougent, des corps qui dansent, beaucoup d'energie, de sueur, d'alcool aussi peut être... Une magnifique première soirée à Dour se termine...


Dour 2008 : X-Makeena Dour 2008 : X-Makeena Vendredi 18 juillet 2008
Invité à les découvrir live par mail, rapidement écouté sur MySpace, malgré leur nom peu engageant j'ai fait l'effort d'aller écouter les Ultraphallus. Effort récompensé car c'était bien gros et gras, avec une petite cover de Nirvana pour ouvrir les débats ("Drain you"), les Belges sont à l'aise avec leurs multiples influences et jonglent avec stoner, métal, sludge et rock sans se casser la gueule.
Le premier gros morceau de la journée, c'est Future Of The Left, le trio Gallois a lui aussi eu le droit à son petit buzz et il est bien mérité car ça fonctionne très bien sur scène et on imagine aisément les petits clubs de la perfide Albion s'enflammer au son power-pop voire bien noisy-rock (quand le clavier est mis de côté) de ces petits jeunes qui n'en veulent. Avec un seul album sous le bras, Curses!, difficile de prétendre à un meilleur horaire que ce début d'aprem mais également de jouer très longtemps, le Marquee était donc tout en intensité pour ce petit groupe qui a certainement un futur...
Sur la Last Arena (la grande scène), on retrouvait X-Makeena, suite à leur prestation explosive de l'an dernier, les Bretons sont revenus et ont proposé un gros show comme ils savent le faire malgré le manque de jeux de lumières (en plein jour, difficile de jouer avec les ombres et les projos) : costumes, trouvailles, inventions, bricolages, chasse au lézard géant, capes, sauts, canons à rond de fumée, bâton, et un paquet de bonnes chansons plus tard, c'est dans le public que les deux responsables en chefs des micros termine un set haletant, le public qui avait été séduit sous un chapiteau l'an dernier a fait passé le mot, la plaine de la Machine à Feu est bien remplie et a le sourire.
Autre ambiance du côté de la Petite Maison dans la Prairie avec le happening Oxbow... Enfin concert pour les zicos et happening pour Eugene Robinson. De retour sur scène après un nouvel album paru chez Hydrahead Records, les Californiens proposent un rock assez dur mélant de petites touches de blues et d'influences jazzy, ça fait 20 ans qu'ils existent et si musicalement, c'est intéressant, on retient surtout la prestation live de leur chanteur. Il arrive en costard, une bouteille de vin à la main, chancelant. Il pose la bouteille, prend le micro et accompagne au chant ses musiciens qui ne communiquent quasiment pas avec lui (mais beaucoup entre eux), Oxbow est un tout mais semble formé de deux entités distinctes, peu à peu Eugene se déssape (pour finir en slip...), il se heurte à des murs invisibles, bave, trébuche, semble étourdi par les fumées d'encens allumés au pied de la scène mais sa voix hypnotise et nous laisse pantois. Complètement habité par ses textes, il semble ailleurs le temps du live, nous aussi.
dour 2008 : Jeronimo dour 2008 : Jeronimo Annoncé avec 20 minutes de retard car bloqué sur la route, edIT arrive finalement au Dance Hall et nous faisons connaissance avec ce DJ, qui semble déjà fort apprécié. Au menu du set : du gros son électro / hip hop. Le mélange est réussi pour ses différents remixes : entre d'un côté le groove ("West coast rocks" avec son petit sample emprunté à un classique de Cypress Hill) et de l'autre la dynamique des samples électro, le DJ californien nous sort définitivement de notre léthargie de début d'après-midi.
La Red Freq est en effet "au calme", et ce ne sont pas les blagues de Rob Crow qui sortent le public de Pinback de son repos, Zach Smith rigole quand son comparse remercie la foule version death metal ou vanne le clavier mais ça reste très tranquille... Les titres d'Autumn of the seraphs défilent, quelques vieilleries sont aussi de la partie mais ce que je retiens encore, c'est le jeu de basse de Zach Smith, toujours aussi impressionnant...
Sous une tente on se réchauffe et se réveille avec le dub plus ou moins énergique de Zenzile ou les travaux sur les instruments de Ratatat, dans les deux cas c'est pointu et les festivaliers répondent présents...
Jeronimo bosse sur son nouvel album mais il est venu à Dour pour un concert exceptionnel... Avec son éternel petit groupe, il teste quelques une de ses nouvelles compositions en live, de ces Mélodies démolies on découvre "Rendez-vous dans ma loge", "Bel ange", "Irons-nous voir Ostende ?" et "L'argent c'est bien", pas de surprise, Jeronimo est tout aussi romanti-caustique que sur les précédents... Et comme les tubes électrisent la foule, c'est un grand concert...
Cette énième venue de The Notwist à Dour sera celle que j'oublierais le plus vite, il faut dire qu'après l'exceptionnel collaboration 13 & God (Dour 2005) et le merveilleux concert de Dour 2007, ils avaient fort à faire pour se surpasser. La faute à une trop grande scène ? La faute au soleil se couchant derrière quelques nuages ? Difficile à dire mais les nouvelles trouvailles des Teutons (et même le Nunchuk d'une Wii comme accessoire) n'ont pas opéré le même charme que par le passé...
Pas trop au fait de la mouvance dans laquelle évolue Ice Cube, pas évident d'en parler mais il est clair que le lascar et ses cousins au mic ou aux platines ne sont pas venus-là sans bosser, c'est précis, préparé, rodé, rien à voir avec le WTC...
C'est parce que je ne suis pas du tout fan d'Ice Cube que je suis allé voir la contre-programmation Wax Tailor, n'étant pas emballé par le travail studio et ayant du mal à comprendre l'intérêt pour Jean-Christophe Le Saout, je voulais me confronter au live... Entouré d'une chanteuse (Charlotte), d'une violoncelliste (Marina) et d'une flûtiste (Ludivine) mais aussi d'un VJ et d'un joli mobilier, ça passe tout de suite mieux...
Dour 2008 : Battles Dour 2008 : Battles Haut représentant du Math Rock, Battles était certainement le groupe dont la venue à Dour me faisait le plus saliver. Ce qu'il y a de bien avec ce genre de groupe, c'est qu'on passe un agréablement moment de détente tout en ayant l'impression de suivre un cours de musique, on se prend une grosse claque, on tend l'autre joue et en plus on dit merci à la fin. Le jeu du batteur (et son son) John Stanier (ex-Helmet) est exceptionnel. En tant que véritable chef d'orchestre, ses changements de rythme totalement désorientants nous guident aveuglément dans les nuances de la musique du quatuor new-yorkais. Les instruments à cordes et claviers ne sont pas moins triturés pour en extirper les sonorités les plus improbables. "Atlas" arrive avec sa voix enfantine et son refrain est repris en choeur par toute la Red Frequency. Un point culminant de cette vingtième édition du festival.
Passage eclair par la grande scène, retrouvaille de la Last Arena avec le Wu Tang Clan qui apres son passag en 2007 a demandé expressement à revenir pour l'edition 2008, avec Method Man en surplus cette année le monsieur etant absent l'année passée (ses potes ont peut-être eu envie de lui faire découvrir l'ambiance de Dour, ça se comprendrait). Je fais un constat, le Wu Tang est une légende vivante il n'en fait aucun doute, et le nombre de fans amassés devant la scène ne peut que le confirmer. Par contre décidement le hip hop east coast à base de 'repreznt' 'motherfucking' 'wu tang wu tang' ça me touche moyen. Aller on bouge vite fait, laissons les gens s'amuser pour aller voir quelquechose de plus interessant.
Pour ne pas rompre la tradition à Dour, cette année encore l'Eastpak Core Stage affiche archicomplet pour cette nuit de vendredi à samedi. Pas moyen de se frayer un chemin et de trouver un endroit respirable, c'est à l'extérieur de la tente que nous commençons le set de l'Allemand Boys Noize. Un set terriblement efficace, plus que sa prestation au Main Square Festival deux semaines auparavant. On voyage entre les différentes influences électro, house, techno et minimal que maîtrise bien notre voisin germanique.Pour ma part, c'est surtout le tube "& down" que j'attends impatiemment... je suis servi dans le premier quart d'heure. Titre au combien efficace et délicieux qui me rappelle aussi mes délits et autres infractions commis sur ce son dans GTA IV... J'aurai encore le temps de l'entendre sur le festival, bon nombre de Djs le reprenant à leur sauce... C'est évidemment le ciment de tout DJ et Boys Noize se fournit allègrement chez Justice et Daft Punk. Sans interruption, l'allemand laisse place au bout d'une heure trente au Parisien Sebastian. On attaque sévère avec pour le hors d'œuvre un remix de "Killing in the name" des RATM avant d'enchaîner (dans le désordre) sur "Litihum" de Nirvana dont le refrain est scandé par toute la tente (vraiment pas dur, même bourré en fait), Daft Punk, Boys Noize (...avec devinez quoi, encore "And down", non sans blagues !) et mon oreille avertie me prévient de prémices de Prodigy ... ça ne rate pas, c'est "Smack my bitch up" qui nous est offert (ça devient aussi une habitude ce titre à Dour).


Dour 2008 : Comiong Soon Dour 2008 : Comiong Soon Samedi 19 juillet 2008
Enfin ! Le soleil se lève sur Dour, il sèche la boue qui propage son odeur nauséabonde sur le site, c'est la douce folk de Syd Matters qui m'a amené jusque la Petite Maison dans la Prairie, quand sa voix s'accouple à celles de ses musiciens, c'est un vrai délice, une entrée en matière idéale pour cette journée où la folk est à l'honneur. La preuve avec la suite du programme mais en extérieur cette fois-ci et malgré leur jeune âge (et je parle de celui du groupe, pas forcément du batteur collégien) les Coming Soon ne sont pas effrayés par l'étendue qui fait face à la Red Frequency, un peu plus plaisant en live de par leur incessante activité sur la scène (qui va jouer un peu de batterie, qui va chanter tel titre, quel instru va sortir de leur chapeau...), on passe un agréable moment.
Retour sous une tente pour se rendre compte que Death By Stereo a bien du mal à agiter le maigre public... Puis avec le projet F.L.A.M.E., j'attendais beaucoup du Flexa Lyndo Altered Magic Ensemble et malgré 3 percussionnistes et 4 cuivres, la dizaine de choristes qui reprennent des standards du rock me laisse de marbre, pas de magie, pas vraiment de rythme et une certaine monotonie plombent le concert, dommage.
L'anniversaire dans l'anniversaire ! C'est ses 10 ans de carrière que Cataract s'applique à célébrer dignement sur ce vingtième Dour. Le groupe nous offre une prestation massive avec un son très bien réglé sur la Eastpak (ce qui n'était cas de Death By Stereo juste avant). Entre Metal et Hardcore, le principal c'est que ça en envoie sévère sur fond de double et guitares saturées. On passe le concert le poing haut levé. Ca fait du bien !
C'est curieux que nous nous avancons jusqu'à la petite maison dans la prairie. Le programme affiche Zu vs Dälek. D'un coté, un trio sax basse batterie italien, chercheur sonore avant gardiste proposant un coktail, free jazz rock noise electro... De l'autre un duo hip hop expérimental americain traversé d'éclairs noisy, la bande son de Dälek s'affranchit de toute contrainte. Que peut bien donner une confrontation entre ces deux formations atypiques... La réponse est rapide. Au croisement du noise maitrisé et d'envolées rythmiques perdant l'auditeur... en quelques notes nous voici transporté dans un univers sonore, sombre, glacé, métallique. C'est froid, c'est abrupt et... c'est surtout bon !!! On notera une adaptation du titre éponyme du dernier Dälek "Abandonned langage", magnifique de retenu, il faudra guetter pour apercevoir le MC deversant son flow caché derriere ses machines, délaissant son role de frontman, il laisse la primeur de la présence à l'ensemble des musiciens. Beaucoup plus qu'un simple versus, une vraie collaboration nous a été donné de voir ce jour là. Grand moment.
"Backwater", "Plateau", "Lack of fire", "Oh me", autant de tubes des Meat Puppets que chacun connaît sans connaître, les deux frères adorés par Kurt Cobain sont désormais de vieux briscards de la scène rock indé américaine et faut-il le rappeler n'ont rien à voir avec Seattle (ce que j'ai encore entendu sur une radio interviewant Curt Kirkwood), de leurs 4 titres les plus connus (trois devant beaucoup à leur version acoustique jouée avec Nirvana), les frérots en ont joué deux (laissant "Oh me" au placard), ajoutant à la set list bon nombre de leurs nouvelles compositions. Un set où on trouve autant de rock pépère aux influences bluesy/country que de fulgurances électriques, sous le soleil, j'ai fini par frissonner quand Curt entâme And when I wake up in the morning (...) Some things will never change, leur plus gros tube "Backwater" n'a pas pris une ride et ils enchainent/terminent avec un "Lack of fire" explosé, étiré et devenu fou. Pour ceux qui n'ont pas connu le début des années 90's, c'était un concert comme un autre, pour moi, c'était un des très grands moments de ce Dour 2008.
Moins de nostalgie et plus de riffs dans ta face côté "est" avec la prestation haute en couleurs (rouge) d'Heaven Shall Burn, ça décoiffe, vieux titres et nouveautés (Iconoclast est tout chaud) ont autant d'effets, plus HardCore que Métal/Core en live, les Allemands mettent le feu sur l'Eastpak Core, Marcus taquine ses gratteux et son bassiste qui tapent des pauses et headbanguent tant que c'est assez, gros défouloir, grosse énergie, tout ce qu'on aime sur cette scène !
Dehors, c'est Lagwagon, autre groupe culte qui fait bouger le public, bon, ça a un peu vieillit mais ça reste cool, à quand un stand "surf" ou une "plage" sur la Plaine de la Machine à Feu ?
Devenus des habitués de Dour, les toulousains ne voulaient pas participer à la fête d'anniversaire sans apporter un cadeau, ils sont donc venus sous la forme du The Incredible Punish Yourself Pictures Show, un show aussi fluo, sexy, indus, martial, blast que d'habitude mais avec un peu de retenue de la part de Vx (5 côtes cassées lors du Hellfest 2008 3 semaines auparavant, ça calme) et avec en plus : deux graphistes qui peignent en direct 3 cases géantes d'un comic book PY, leur saxophoniste qui donne vie à quelques titres de Cult movie, un danseur qui est venu avec ses chorégraphies, ses torches, ses drapeaux et sa ponceuse, histoire de ne pas laisser la danseuse toute seule... et des canons à neige pour changer du papier. Punish Yourself laisse toujours une trace de son passage à Dour, ceux qui avaient raté les deux premiers ne se sont pas encore remis de celui-ci, les autres ont profité à 200% de ce show exceptionnel.
Dour 2008 : Hatebreed Dour 2008 : Hatebreed Difficile ensuite de rester attentif aux complaintes folk de Woven Hand, ça a beau être d'une pureté éclatante, quand on sort tout excité du show de Punish Yourself, apprécier à sa juste valeur la voix et les sons d'Eugene, c'est dur. Dur aussi de ne pas penser que dans quelques minutes, il va falloir se remettre à fond pour Hatebreed...
Destroy everything !" martèle Hatebreed à un public belge fondu de HardCore qui démonte et qui ne se fait pas prier pour lancer "le plus gros circle pit du festival", toutes les paroles du Dieu vivant Jamey Jasta sont écoutées (et heureusement pas toutes suivies car heureusement, la Last Arena ne prend pas au pied de la lettre un truc comme : les mecs qui ne bougent pas sont nos ennemis ! Moshhhh. Histoire qu'on puisse manger un truc indien (végétarien...) super bon sans se faire exploser les épaules... Hatebreed n'est pas une référence pour rien, ils l'ont encore prouvé ce soir...
Autre tête d'affiche très attendue pour bon nombre de festivaliers, the Herbaliser rejoint la scène de l'Eastpak. Le groupe au complet ... Ah tiens non, ayant déjà eu l'occasion de voir les English à l'oeuvre une année plus tôt lors d'un concert mémorable, je constate cette fois qu'il manque dans la formation un saxophone, un trombone et un xylophone... une inquiétude me vient ... tous ces instruments manquant là fatalement ça va avoir une incidence ?!! Démarrage du concert, le quintet est toujours aussi entrainant, funky à souhait, le trompetiste comme à son habitude harangue la foule, le public répond présent. C'est joyeux, c'est entrainant.. la foule chavire... et moi je reste un peu déçu. Avec des musiciens additionnels the Herbaliser prend encore une autre dimension que le simple passage de sample ne peut remplacer, ça manque de cuivre, ça manque de profondeur. Ne jouons pas les esprit chagrins tout de même, the Herbaliser aura fourni une bonne prestation scénique. Le public est comblé c'est l'essentiel. Aller hop on continue à faire la fête !
Drumcorps, c'est un torrent insensé et dévastateur de déflagrations électroniques et de guitare hyper saturée. On a en fait à faire à 2 extrêmes qui se rejoignent : le breakcore pour la partie électronique, le grind pour la seule guitare. La Petite Maison dans la Prairie vit ce soir-là une véritable débauche de sons futuristes d'une violence inouïe. J'encaisse bien les premiers assauts... mais j'abandonne la partie avant l'adversaire, bien trop réactif pour moi à une heure si tardive !


Dimanche 20 juillet 2008
Le dimanche de Dour, c'est toujours le jour le plus "dur", il faut ranger la tente, retourner au parking et ne pas perdre trop de temps car comme tous les jours ça joue tôt... Il est à peine 12h20 quand Set The Tone attaque son répertoire dans un Dance Hall quasi vide et encore à moitié endormi, on pourrait presque se demander si ce ne sont pas les plus gros fêtards de la veille qui n'ont pas retrouvé le camping et sont encore là... Les habiles Belges qui manient aussi bien le stoner que le hardcore s'en moquent bien et envoient leur gros son à travers tout (dépassant largement les abords tente), eux sont bien réveillés et s'étaient préparés pour tout exploser à Dour, dommage qu'on soit si peu à se faire exploser car il est certain que leurs compositions valent le détour, s'ils continuent dans cette veine, on les reverra dans quelques années à un horaire qui leur permettra à ceux qui ne les ont pas encore croisés de comprendre leur douleur.
L'entrée du site du festival se fait par la Last Arena et c'est The Moonshine Playboys qui reçoit les festivaliers, après être entré en scène sur le thème de Star wars, les playboys flamands dégainent sourirs et instruments de cowboys pour reprendre les plus grands hits de l'histoire du rock façon western... Beastie Boys ("Fight for your right"), Nirvana ("Come as you are"), Sex Pistols ("Anarchy in the UK") ... il y en a pour tous les goûts, c'est frais, c'est sous le soleil, c'est cool.
Retour au Dance Hall où on a tout sauf de la danse... Ce sont en effet les Suisses de Kruger qui blastent les quelques hères venus jusque-là pour se faire défoncer les tympans... Le groupe est au taquet en ce qui concerne le sludge/post-HardCore, son impeccable, grosse présence sur scène des zicos et ... Reno, un chanteur ultra sympathique quand il n'y a pas de musique et complètement halluciné et hallucinant quand ça joue... Il grimpe sur les structures qui servent à tenir les projos (continuant de chanter sans son micro), rampe sur scène, s'assoit devant la façade, va chanter dans le public, se couche sur les barrières de sécurité... Il ne tient pas en place mais assure un sacré spectacle ! Redemption through looseness prend encore une autre ampleur sur scène, à voir pour le croire.
Dour : Psykick Lyrikah Dour : Psykick Lyrikah Quand un mec de Sunn O))) retrouve Trey Spruance (ex-Faith No More, ex-Mr Bungle), faut pas s'étonner si c'est barré... Asva est difficilement descriptible, j'ai le souvenir d'avoir vu Gandalf le magicien en guitariste et d'avoir subi un test auditif, le groupe s'amusant avec les fréquences, les rythmes et les sonorités...
Le Dance Hall est enfin blindé, il faut dire qu'avec le soleil, il est dur de rester sous les tentes de camping et que Lofofora écrit une nouvelle page de son histoire d'amour avec Dour... Bon, ils sont toujours au taquet avec un public qui se renouvelle et qui charme encore les plus anciens. Buvons du cul !
Psykick Lyrikah à l'affiche de Dour, quelle surprise et quel grand plaisir aussi. Formation hip hop française atypique, Psykick Lyrikah est aujourd'hui composé d'Arm, MC de son état et d'Olivier Mellano ancien guitariste de Laetitia Sherif, Miossec, Dominique A ... associé en live à M. Robert Le magnifique homme multitaches capable de gérer les samples, le scratch et la basse en même temps (ou presque). Le groupe rennais, peu habitué à se produire sur de grandes scènes vient présenter son dernier album au public. S'agit-il encore de hip hop ? Oui mais bien au delà de ça, bien au delà du hip hop bling bling ou pseudo rebelle, au delà des conventions établies par les styles... les boucles electro cotoient les guitare tantôt aérienne, tantôt noisy, la basse ronflante se mélange au flow "littéraire" et inspiré d'Arm. Ce n'est plus du simple de texte, derriere le flow se cache une sombre poésie introspective, Arm aime les mots et les mots aiment cette mise en valeur. Il est encore tôt dans l'après midi, une ambiance nocturne et des jeux de lumière auraient été parfaitement adaptés au jeu de scène du trio et pourtant petit à petit le public, curieux, se fait plus nombreux, attentif, silencieux pour laisser place aux paroles avant de vibrer chaleureusement. Heureux simplement d'être là le groupe profite, se fait plaisir et nous donne un aperçu de leur dernier (magnifique) opus Vu d'ici, Une reprise magistrale des "amis" Abstrakt Keal Agram "Quand la nuit s'eternise" au passage ... Les gens présents sont comblés ... Très bon concert en espérant le meilleur pour ce groupe décidément à part sur la scène hip hop française.
Juste le temps de finir le matos au camping avant de commencer la journée et de marcher jusqu'à la Red Frequency, nous ratons les 10 premières minutes du concert d'Heavy Trash, bon ce ne sera pas la dernière fois. En tant que fan de Jon Spencer et de son Blues Explosion, j'ai été très réceptif à l'album d'Heavy Trash composé du duo Matt Verta-Ray (Speedball Baby) / Jon Spencer, leurs albums sont un retour aux sources : très rockabilly. Arrivés près de la scène c'est le concert parfait de l'après-midi : bon rock à la fois léger et entrainant, des musiciens débordant de charisme (respect pour la moustache du bassiste), des costards, des grosses guitares de bluesman, et un Jon Spencer au look de crooner toujours accompagné de son delay rockabilly légendaire et son phrasé digne des meilleurs shows à l'américaine. L'envie de twister ne tarde pas à monter. Alors que nous crampons encore au traditionnel rendez-vous à droite de la régie, trois pouffes débarquent sur scène afin de réchauffer le coeur des foules, nous bondissons alors avec Jool au devant de la scène (on ne te refera pas Jool, moi non plus d'ailleurs). Le show prend bizarrement une allure plus torride. S'il y a une seul regret il est sur le public, qui n'était pas très nombreux au début du concert, mais les rangs se sont resserrés au fur et à mesure de l'avancement du show. Ce fut un très bon concert, qui prouve que le Rock'n Roll n'est pas mort, et qu'un bon rock à l'ancienne fonctionne aussi bien qu'un speed nu metal melodic powerfull. Et même si les formes sont très inspirées du style des années 50, on ne tombe pas dans le cliché grâce à la voix enivrante de Jon Spencer...
Dour 2008 : Heavy Trash Dour 2008 : Heavy Trash Ils sont mal fringués en violet, ils sont scandinaves et font du rock n roll sans se prendre la tête, The (International) Noise Conspiracy est sur la grande scène sous le soleil de l'après-midi, cool.
Attention, concert décalé en veux tu en voilà, voici Didier Super le retour. Artiste engagé, friand du second degré, rejetant tout bon goût, et notions de politiquement correct. Il s'en prend tour à tour, aux pauvres, aux cons, aux caniches, au catholicisme, incite les internautes à utiliser Emule, confisque les drapeaux du public ... plus qu'un concert Didier Super en live c'est un véritable spectacle. Accompagné de ses anciens acolytes de feu Zeu Discomobile, Ziggy à la basse et Simon à la batterie, on a droit à un récital pèle-mêle de chant a capella, de jet de bananes, de tomates et d'oranges dans le public... et tout d'un coup Didier Super disparaît ... pour réapparaitre quelques secondes plus tard au coté de l'ingé son, au beau milieu du public pour jouer des morceaux en emmerdant les mongols de devant qui doivent être dég de suivre un concert de dos !!! Puis le monsieur redisparait ... et réapparait de nouveau sur la scène, seul. Ses complices peut-être lassés de cet humour potache ayant quitté un a un la scène ... C'est seul que Didier Super finira ce concert en tapant sur son micro pour faire office de batterie ... le concert le plus drôle de ce Dour 2008 !
Svinkels ou AqME ou Hollywood Porn Stars ? Les trois groupes jouent à la même heure (c'est malin ça) et comme "me mettre au point central entre les 3 scènes" ne semble pas être la meilleure idée, je choisis d'aller découvrir le Dirty centre en chair et en os. Les Svinkels nous font oublier leur super DJ Pone en amenant un groupe derrière eux (batterie, guitare, basse, machines) et des pom pom girls devant ! C'est donc face à un public chaud bouillant qu'ils jouent et font résonner les "Svinkels ! Svinkels ! Svinkels !" du "Club de l'apocalypse", plein d'énergie et de ressources, le trio enquille ses tubes indémodables repris en coeur ("Dizy (qu'il est fini)", "Le Svink c'est chic", "A coups de santiags", "Cereal killer", "Réveille le punk"...) et ses nouvelles pépites ("Droit dans le mur", "La youte", "Dirty centre", "Tout nu yo !") non sans déconner avec le public et foutre le dawa sur la scène !
A quelques centaines de mètres, c'est moins top à la déconne avec Earth, aucun groupe ne joue aussi lentement qu'eux, c'est pesant et reposant, Dylan Carlson égrène ses accords tandis que la batterie d'Adrienne Davies semble en fin de vie, tant le tempo qu'elle imprime est difficile à suivre... de par sa quiétude ! Earth en fin de festival de Dour, c'est une cure de relaxation d'une heure qui paraît en durer 10... Un régal pour qui est encore attentif...
Sur cette même scène, Tortoise est bien plus alerte, ses deux batteurs, ses multi-instrumentistes et ses images colorées sur écran géant redonne de la vie à une assistance qui ne semble pas lasser d'écouter des groupes cultes...
Pour démonter la Grande Scène (Last Arena), les programmateurs de Dour ont fait venir Gogol Bordello et ça marche ! Croisement improbable entre Manu Chao et Borat le punk Ukrainien de New York invite les Balkans à la fête et arrive à nous puiser nos dernières énergies pour souffler les 20 ans du festoche et le terminer en beauté... Enfin presque car il y a encore du son électro et des DJs toute la nuit pour ceux qui veulent !