Jeudi
J'arrive au camping vers 21h30 jeudi soir, le temps de retrouver les amis déjà présents, de s'installer, on part sur le site voir ce qui s'y passe rapidement avant de retourner au camping pour guider vers nos tentes les derniers potes attendus.
La mise en bouche sera donc tardive et plutôt electro pour cette première journée de Dour. On passe la soirée dans la Eastpak Tent, notamment pour les set Drum n' Bass de Roni Size, Dillinga et Lemon D ou encore Rom 1 qui signe cette année sa dixième participation consécutive à Dour. Dans notre dos, Miss Kittin a l'air de très bien s'occuper du Dance Hall.
Première soirée légère, festive sans excès, ce qui n'a pourtant pas empêcher un de nos potes d'oublier l'emplacement de sa tente (pourtant idéal) et de se réveiller au petit matin dans une tente de festivaliers homosexuels grecs entrain de s'embrasser (véridique !!!). Ca commence bien !

dour 06 : soulfly dour 06 : soulfly Vendredi
Voilà donc plus sérieusement ma première véritable journée de festival et je décide d'aller jeter une oreille à Ultraphallus, groupe liégeois formé en 2002 que je ne connais pas encore. Premier constat, les ambiances instrumentales sont sombres, un son noisy qui crache volontairement des watts sursaturés, le chant lui est plutôt aigu et me brutalise un peu à vrai dire pour ce début de journée. Je reste deux trois morceaux, un aller-retour parking pour les dernières denrées alimentaires s'imposant !
Très mauvaise idée en fait cet aller-retour puisque je rate The Elektrocution. Du coup, je m'oriente vers La Petite Maison Dans La Prairie d'où s'élève chaudement le son Dub de Brain Damage. Présenté comme un groupe electro dub ambient, on retrouve sur scène un bassiste et un DJ, rien de plus mais c'est suffisant pour faire vibrer tout le public. Ca nous plaît bien, on prolonge.
Sur Last Arena débarque Oomph et leur aliéné de chanteur en camisole de force. J'écoute les premières salves indus des Allemands en surveillant ma montre de près pour le début de Gojira.
Hop, direction Eastpak, je laisse un nuage de poussière derrière ma course car voilà l'occasion de revoir un de mes groupes préférés et surtout d'entendre enfin en live les chansons de From Mars to Sirius. C'est d'ailleurs par "Ocean planet " - première chanson de cet album - que le monstre commence son show. Ca envoie sévère, le tsunami déferle comme à son habitude sur le public, bref ça me fait du bien de retrouver Gojira. Je remarque que le chant est plus agressif en live (la voix plus gueulée que chantée sur la fin de "The heaviest matter of the universe"). Mais ça passe trop vite et je reste sur ma faim : trois quarts d'heure de set, c'est beaucoup trop court, j'en voulais encore !!! Pour info, Gojira sera distribué fin août aux States par Prosthetic Records, ils projettent d'y tourner à la rentrée...
Puis retour à La Petite Maison Dans La Prairie pour de nouveau du Dub, cette fois-ci avec High Tone. Bien que je connaisse déjà le groupe, je n'accroche pas trop, l'ambiance (du moins à notre passage) est celle d'un mix de soirée. on n'arrive vraiment pas à rentrer dedans, peut être l'esprit perturbé par le set de Gojira et toutes les chansons qu'on aurait souhaité entendre.
Du coup, retour au camping. De nos tentes, on entend un groupe de Rock reprendre "Block rockin' beat" des Chemical Brothers suivi de "Poison" de Prodigy. Zut, on se dit qu'on aurait pu y être. Vu l'emplacement de la tente, on doit recevoir les ondes de Club-circuit Marquee.
Manque de temps pour voir Battles qui aurait pu être fort sympathique, je trace à travers la poussière jusque Last Arena. Il est 20 heures et il fait encore super chaud et Soulfly se prépare. C'est la troisième venue de Max Cavalera avec Soulfly à Dour (ce qui n'est pas forcément le cas des autres membres de sa tribu) et certainement la troisième fois que je les vois à Dour aussi. Le groupe nous offre un show très dynamique pour lequel Max nous a concocté sa recette habituelle à base de medley pêle mêle entre "Roots bloody roots" / "Jump da fuck up" / "Bring it". Les chansons s'enchaînent à travers les solis de Marc Rizzo, l'arrivée des percus sur le devant de la scène, bref c'est du concentré de Soulfly. Malheureusement pour moi, j'ai toujours du mal à accrocher à ces concerts "express", bien que les membres du groupe communiquent avec le public et que l'ambiance est super.
Vient le moment où toute notion de temps disparaît. Ô joie, Ô bonheur ! Je n'ai entendu pour l'instant qu'un seul morceau de Peeping Tom mais je suis déjà impatient de les voir monter sur scène. C'est d'ailleurs une exclusivité mondiale puisque c'est la première fois que se produit en concert la nouvelle formation de Patton, et c'est à Dour, on est des sacrés veinards quand même !!! C'est très bon mais finalement sans surprise, car comme à chaque fois avec Patton, c'est la claque assurée... On retrouve toutes ses influences, rock, hip hop, métal, électro, y'a de quoi les représenter de toute manière avec 9 musiciens sur scène. Moment fort du concert, le DJ, en solo, nous a gratifié d'un superbe mix : en débutant sur le vynil d'un ensemble symphonique, il nous amène brutalement sur la cultissime wah-wah de "Bulls on parade" (RATM) avant de balancer le riff basse guitare batterie. Quit it now ! Le public de la Red Frequency est comblé et moi aussi. Un très bon moment passé, un très bon souvenir (qui vient s'additionner à celui du duo Amon Tobin / Mike Patton de Dour 2005).
dour 06 : apocalyptica dour 06 : apocalyptica Puis je traîne ça et là en attendant de retrouver tous les amis pour le début d'Apocalyptica. Premier constat : superbe scène. Ornée par 4 grandes chaises ayant pour dossier le semblant d'un cercueil, autour d'une batterie décorée d'une tête de mort. dans le texte, ça fait très cliché mais sur place c'est super, l'éclairage étant lui aussi très très bon (d'ailleurs c'est le meilleur éclairage que j'ai vu sur le festival). Le quatuor attaque son set sagement assis, bientôt rejoint par leur batteur. C'est évidemment harmonieux, mélodique et sublime ! (Et à vrai dire ça change un peu de ne pas avoir de chanteur/se présent sur scène, ce qui fait aussi la particularité de cette fin de programmation de ce vendredi). Last Arena est blindée et les reprises de Metallica "Enter sandman" ou encore "Seek n' destroy" sont à l'unisson avec la foule où on reconnaît les metalleux hurlant les paroles, poing dressé vers la scène (exemple au hasard : moi). Du très très grand spectacle.
Après j'ai un petit trou, je sais juste que je me suis retrouvé sur Eastpak Tent pour écouter Roll Deep, un son hip hop Uk garage breaké avec 4 ou 5 mcs. J'ai plutôt accroché et il va falloir que j'y jette une oreille post-festivalière.
Pour finir, j'avance plus ou moins hagard vers la camping après avoir jeté une courte oreille à Ashanti 3000 et Aba Shanti (whaouh c'est trop reggae pour moi). Je nous félicite d'avoir trouver un emplacement relativement aisé à retrouver, le chemin est quand même parsemé d'embuscades.

Samedi
Je commence par Hitch sur Last Arena. Quelques arrangements basse guitare assez sympa mais un chant un peu limite. En fait, je suis vite détourné par l'intérêt que constitue Raymondo, j'e n'en ai strictement jamais entendu parler mais j'accroche énormément. "Plage, soleil, chaleur, fin de soirée en été... voilà les mots auxquels la musique de Raymondo fait délicieusement penser." Telle est la présentation sur le site de Dour. Sur scène : 2 guitaristes, une bassiste et un batteur à la frappe calme (jeu aux balais) pour des chansons très feutrées, des ballades souvent chantées en duo aux structures intéressantes, les chansons ne se dévoilant entièrement qu'une fois arrivées à leur terme. Le public sur Red Frequency n'est pas très nombreux, mais tous apprécient finalement cette délicieuse mise en jambe matinale (il n'est que 13h).
Black Bomb A ! Ca fait un bout de temps que je ne les ai pas vu sur scène (peut-être Dour 2002 d'ailleurs), et c'est aussi la première fois que je retrouve la formation avec Arno au chant (c'est pour dire.) Et bah mon Dieu. quel plaisir de les voir. Ca déborde d'énergie et de bonne humeur, on a le droit à un répertoire équilibré sur les différents albums, une reprise au passage de Midnight Oil, "Beds are burning". Eastpak Tent est totalement blindée. Arno défend toujours à fond la fumette ("Mary") !!! On n'a plus qu'attendre le prochain album qui ne devrait plus trop tardé, vu la prestation du groupe aujourd'hui, on peut s'attendre a du lourd.
Puis je jette un rapide coup d'oeil à The Locos. Avec l'ex-chanteur de Ska-P, la Red Frequency a tout pour faire la fête. Et tout le monde s'amuse les bras pointés vers le ciel pour les balancer de gauche à droite, de droite à gauche, singeant méthodiquement le chanteur. Comme j'ai déjà fait ma gymnastique ce matin et qu'en plus je n'ai pas mis de déo, je préfère passer mon chemin et m'installer pour Mudhoney.
Si vous avez les mêmes références que moi, Mudhoney, ça vous rappelle juste 30 secondes où on peut les voir sur la cassette vidéo Live tonight sold out de Nirvana (c'est vieux !!). Il m'aura donc fallu plus de 10 ans pour combler cette lacune culturelle. Donc Mudhoney, c'est la première fois que je les vois, je n'y connais rien, et je trouve ça très bon. C'est punk, c'est rock (bah oui, ça me gêne de dire que c'est du grunge parce que je n'ai pas du tout cette impression). Les mélodies se dessinent beaucoup plus dans la torture des instruments qu'à travers le chant. Je les trouve vraiment talentueux, sans artifices.
Omnikrom en quatrième vitesse. Décrit comme les cousins canadiens de TTC, iIs sont trois sur scène, ça envoie des grosses basses, ça prend le public à partie. je ne m'attarde pas énormément. Direction La Petite Maison Dans La Prairie pour les Canadiens (encore) d'Islands.
Connais pas, donc on va découvrir. Premier traumatisme, ce sont les minettes des premiers rangs qui me vrillent les tympans avec leurs cris suraigus dès que le groupe fait son entrée sur scène. Motivation de cette forme d'expression purement féminine : les musiciens se la jouent un peu beaux gosses, vêtements blancs et moulants. Musicalement, pour en parler aussi, c'est très pop en fait, intéressant dans les structures, dans les mélodies, avec une petite dérive country sur un des premiers morceaux, notamment soulignée par les deux violons sur scène.
Encore un aller-retour camping avant de suivre 31 Knots.
Bon bah là, j'ai des regrets. Je suis arrivé vers la fin, je n'ai profité que de trois morceaux. mais quels moments !!! Le genre de groupe qui insuffle une vie à leurs chansons, un chant intense et des notes qui s'entremêlent, se torturent, se discernent pour finalement se sublimer en d'intenses explosions instrumentales, c'est généralement tout ce que j'adore dans ce genre de groupe. Note pour plus tard !
En face, sur Club Circuit Marquee, c'est une ambiance sympa avec Puppetmastaz. On retrouve un décor de Guignol moderne avec la vingtaine de poupées du groupe qui vont se succéder au sommet, imitant à la perfection la gestuelle hip hop. Excellent ! "The bigger the better", le gros single est vite joué. On a même un guest surprise puisque Maître Yoda a fait son apparition sur un sample de la Marche Impériale. Il paraît que par la suite, les rappeurs ont fait leur apparition sur scène mais je n'étais plus là.
Je suis revenu sur mes pas où 31 Knots a laissé la place à Troy Von Balthazar.
Nous voilà donc en présence du charismatique chanteur de Chokebore qui s'installe tout d'abord seul avec sa guitare et trois micros. C'est paisible et doux mais ô combien plaisant : il enregistre quelques petites boucles de guitares, relativement simples, pour superposer les lignes et poser sa voix. Après quelques chansons, je repère sur le programme le début de set de The Haunted, allons donc voir.
Si j'avais su. Là encore, déjà entendu parler de ce groupe, jamais vu. je n'en parlerai pas beaucoup au risque de déconvenir aux fans. Je dirais juste que le son n'était pas en leur faveur (trop compressé), et donc je n'ai pas réussi à rentrer dans leurs morceaux. Ils se démènent à fond sur scène, mais la connection ne se fait pas avec la fosse. Trop chaud ? Back to Troy !!!
Ca y est, je pars vingt minutes et je retrouve Troy Von Balthazar accompagné de musiciens supplémentaires. Conséquence directe, les morceaux sont un peu plus pêchus que tout à l'heure (non, pas autant que The Haunted quand même). Des mélodies en profondeur. finalement, j'aurais du rester pendant tout le set.
dour 06 : punish yourself dour 06 : punish yourself Allez, trois petits quarts d'heure de pose avant d'attaquer Punish Yourself.
Enorme énorme énorme!!! Inutile de les présenter, comme à leur habitude, peinturlurés de fluo et éclairés à la lumière noir, l'ambiance est déjà chimique. Leur indus cyber punk a complètement dévasté Eastpak Tent, gonflée à bloc pour l'occasion. Une belle prestation, toujours chaude et déjantée, un très bon souvenir de Dour !!
Archive. Difficile de rentrer dans leur musique après Punish Yourself, j'ai l'impression que c'est trop lent et surtout répétitif. Je reste quelques morceaux. mais il se fait faim maintenant (00 :30).
C'est l'estomac rempli que j'attaque la soirée Drum n' bass de Eastpak avec dans l'ordre Ed Rush, The Panacea et Hellfish.
Le premier n'est plus à présenter sur la scène drum/jungle. Le set est sympa mais c'est dur de bouger un tant soit peu, la chaleur nous a usé et il y a beaucoup de monde. A souligner un petit remix de Misirlou de Pulp Fiction.
The Panacea : c'est méchamment bourrin, pas étonnant quand on sait que c'est Alec Empire qui l'a fait connaître au public. Set quasi parfait, peu de moment de repos, des relances massives. Sauf la dernière demi-heure !!! Qu'est ce qu'il se passe ? Plus rien ! A court d'idées ou obligé de combler un éventuel retard d'Hellfish qui traîne sur scène à s'installer ? The Panacea clôture en passant carrèment le dernier skeud de Marylin Manson... ??!* !?? J'attends cependant le début d'Hellfish, attendu par pas mal de monde. C'est hyper- breaké, ça n'arrête pas et c'est trop pour mon esprit fatigué par cette journée de festival chargée à bloc.
Hop, destination camping / tente / dodo.

Dimanche
Cette journée fut très expéditive, le temps d'apprécier le stoner d'Hermano, étonnés de trouver une Belgique aussi caniculaire que leur désert chéri (j'ai relevé 37° à 15 heures) d'écouter Guerilla Poubelle, qui a peut être mal aux yeux comme moi à cause de la poussière, avec une bonne frite (on est en Belgique quand même) et de jeter un oeil de loin aux énergumènes des Wampas, de remballer tout, de multiplier les aller-retours camping-voiture. C'est décidé l'année prochaine je laisse la glacière dans le coffre.