aureliO
aureliO - 3181 msg
Terrier : à gauche à fond du couloir

[ 1 2 :: ]

Publié le 17/08/2007 à 02:02
Édité le 18/12/2007 à 02:59

.:: M(y)TV::. : Episode 3 : Sunshine TV (ou presque...)

L'été, pour les sérivores un peu geeks que nous sommes, c'est un peu comme un automne dans les highlands écossais, autant dire que ça ne rigole pas tous les jours... quand on parvient à voir du jour... Et lorsque vient le moment de percer l'épais manteau nuageux télévisuel qui plane sur nos têtes, ben on a alors l'air un peu con... Pas de grosses séries à l'horizon, même pas de Grey's Anatomy (ou alors des rédiffs sur TF1... youpi. Promis j'arrête avec ça). Mais quand on n'a pas la tarre de vivre dans les highlands (notez au passage que je n'ai, personnellement, rien de spécial contre cette région, c'est tout bêtement tombé sur elle...), ben l'été, c'est plutôt sympa, car outre un soleil de plomb un peu partout (private joke inside), on a également la possibilité de rattraper notre retard en excellentes séries loupées faute de temps... (The Shield à la bourre, c'est un peu la honte quand même) Ou pas.

Dans ce cas, changement de programme, on se met avidement à la recherche de la moindre pépite télévisuelle à se mettre sous le croc... La pêche est parfois bonne, parfois un peu moins... Des fois, on tombe sur une perle aussi... Pas forcément du premier coup d'ailleurs. On tombe ainsi sur Painkiller Jane (arghhh), on retente Heroes (re-arghhhh...), on jette un oeil sur le revival Jurassic Park pour ado-boutonneux décérébrés Primeval (oh mon dieu, vite, la télécommande!!!), Traveler (ah, plutôt pas mal...), Meadowsland et là, c'est le choc : on tombe sur les premières secondes de Jekyll. A première vue, rien d'autre qu'une énième variation sur le thème archi rebattu de l'oeuvre de Stevenson, mais rapidement, on se rend compte qu'on a en face de nouveau un véritable "otni". Un truc sorti tout droit des cerveaux des scénaristes de la BBC qui, encore une fois (ça devient lassant à la fin), nous ponde une mini-série en béton armée... Un scénario retors, un acteur prodigieux et un subtil mais éléctrisant dosage d'humour corrosif, de démons intérieurs et de démence borderline. C'est violent, cru, drôle... jouissif. A ne pas mettre devant n'importe quels yeux... Donc Jekyll on l'a compris, c'est le pied intégral, mais problème, après ça, la descente est brutale, le retour à la réalité, violemment en pleine face... Genre tu viens de passer deux semaines à te faire dorer la pilule à soleil de Malaga, et tu retournes dans ta mégapole à l'urbanité crasse en te disant que lundi, c'est boulot. Pas facile. Du coup, tu te passes un chti épisode de la drôlissime et toujours aussi farfelue Eureka et tu attends l'éclair de génie... Ce petit moment de lucidité absolue où tu comprends que ton salut viendra de chez FX Networks...

Cette même chaîne qui a donné naissance à The Shield il y a six ans et qui depuis à un peu tendance à se chercher avec des demi-réussites un peu sabotées et pas mal vulgaire (Dirt avec l'ex-Friends Courteney Cox dans le rôle de la garce de service) ou des ratages complets scandaleusement voyeuristes (Nip/ tuck et ses pétasses siliconnées de concours). Mais en cet an de grâce 2007, la lumière nous vient de FX Networks avec Damages, l'autre grosse claque, "séries TV" dans la tronche, de cet été. Qui a vu Glenn Close dans la saison 4 de The Shield sait pertinemment que cette grande dame du cinéma, dans un rôle taillé sur mesure de procureur impitoyable et n'hésitant pas à user de tous les moyens, même immoraux, pour parvenir à ses fins, va dominer de toute sa classe une intrigue, tordue, violente et sans concession... Un modèle de précision à la mise en scène frisant le génie de Six Feet Under, quasiment un must instantané... Et finalement, en attendant une rentrée US qui ne s'annonce pas forcément très excitante, on aura quand même eu droit à deux petits bijoux télévisuels estivaux... en attendant la prochaine saga de l'été française sur TF1. Rhoo ça va, si on peut même plus se moquer...

> Commenter le blog. 5 commentaires  Tags : ,,

Publié le 20/05/2007 à 03:49
Édité le 12/08/2007 à 15:37

.:: M(y)TV::. : Episode 2 : des nouvelles du front

Conséquence (ou pas) de la nouvelle orientation politique nationale, le Front de Libération Télévisuelle (avec un titre pareil, attention à la manif sauvagement réprimée par les chars) a cessé d'exister depuis quelques semaines déjà pour devenir A suivre-org. Soit un portail de sites hexagonaux en forme d'"association de réfléxion sur la fiction télévisée". L'initiative est louable mais si c'est pour dire que les américains sont très bons en la matière, les anglais excellentissimes et les français très mauvais (les allemands étant bien évidemment hors-concours...), ben ça on le savait déjà.
Mais en même temps, un portail de sites tous plus ou moins bien spécialisés sur la question, c'est toujours mieux que la flopée de mag avilissants façon Série One, Série Addict, Série Zap (et des heures de brainstorming massif derrière pour trouver LE titre qui tue) ou le dernier-né "Inside of séries" avec son titre "franglais" méga hype, son sommaire frileux (ITW des bellâtres creux qui posent dans Nip/tuck et Grey's Anatomy) et ses chtites cartes collectors pour faire comme dans les albums Paninis, la baballe en moins ? Bref, à part le tout nouveau (quoi encore un ? ben si...) Episodik, (pas extraordinaire, mais légèrement décalé), pas de quoi pavoiser, la presse "série TV", c'est un peu comme dans le rock avec Rock Sound/ One/ Mag et consorts... on creuse, on creuse et on enterre bien profond (pas trop quand même, d'ici là, qu'on trouve du pétrole..., ça pourrait nous attirer des emmerdes).

Des nouvelles du front, mais nord-américain cette fois : G.W Bush envisage d'envahir le Liban (évidement, c'est faux mais bon... faudrait pas non plus lui filer des idées à la con à ce .... zut, ça fait deux fois "con" dans la même phrase, c'est pas très joli). Plus sérieusement, la valse des annonces concernant les nouvelles grilles des programmes pour la rentrée 2007 s'est poursuivie. Alors avec le sourire, on apprend qu'on aura notamment droit à :
- une série ultra-originale avec un mec qui a le pouvoir hallucinant (mais où trouvent-ils tout ça) de voyager dans le temps et donc de modifier aussi bien le passé que le présent... (Journeyman)
- un truc avec une fille normale qui après avoir été complètement désossée lors d'un accident de voiture est retapée de la cave au plafond afin d'en faire une super-agent de la CIA.... (Bionic Woman)
- des petits génies de l'informatique éprouvant une incapacité lantente à communiquer avec la gent féminine (autrement dit, des geeks qui savent pas pécho) et qui vont trouver une solution à leur problème avec leur nouvelle et supra canon collègue de boulot. (The IT Crowd)
- où quand 4 chefs d'entreprises plein aux as jusqu'à plus soif se retrouvent toutes les semaines sur un golf pour parler cul, boulot et surtout beaucoup cul... (Big shots)
- 4 hommes directement parachutés depuis leur préhistoire natale dans une Amérique moderne, peinent à se retrouver dans un univers fait de buildings, big mac et pouffes siliconnées... l'Amérique néandertalienne actuelle en somme. (Cavemen)

Sinon, dans les nouvelles plus fraîches et rafraichissantes, on note que la FOX a bien pigé qu'elle était assise sur une mine d'or avec House et a donc décidé de programmer un épisode inédit juste après la finale du Super Bowl (histoire de faire de la bouillie de leurs concurrents). On a également appris que le président de HBO (The Sopranos, Sur écoute, Deadwood) avait dû quitter son poste après avoir fait la une pour avoir un peu cogné sa chère et tendre... En fait, on s'en branle un peu mais ça ne va pas arranger les affaires de la chaîne un peu en perdition depuis quelques temps. Mais l'évènement de la semaine télévisuelle US, c'était surtout la reconduction de 24 pour deux nouvelles saisons. Sachant que la saison 7 de 24 marquerait une refonte complète de la série. A quand Jack Bauer chargé de régler le conflit au proche-orient (ou envahir le Liban...) avec une craie et un demi-jambon grillé dans son sac à dos ? Réponse, d'ici quelques mois.

Dans l'immédiat, Dexter vient de poser ses scalpels et autres joyeusetés sur Canal plouche, les deux saisons de la cultissime Twin Peaks de David Lynch devraient ENFIN (!) débarquer d'ici l'été dans les bacs à DVD... mais, à l'instar de Oz comme ça fait des plombes qu'on patiente, on n'est plus à deux années près... Mais surtout, le drame.... 7 à la maison (l'interminable série ultra-conservatrice pro-Bush), c'est définitivement terminé... Allez, op une petite larme, un supo et au lit.


A suivre...

> Commenter le blog. 10 commentaires  Tags : ,

Publié le 16/05/2007 à 02:01
Édité le 16/05/2007 à 21:32

.:: M(y)TV::. : Episode Pilote

Yoooogi ! C'est le branle-bas de combat chez les petits génies chargés d'élaborer (enfin élaborer, c'est quand même un bien grand mot) les grilles de programmes des grands networks US (chez ceux des chaînes cablées aussi, mais là ce sont de vrais génies... rien à voir donc), alors là, tout le monte commence à s'exciter à droite et à gauche pour savoir qui va être jeté avec l'eau du bain des terribles annulations et qui va avoir le droit de se taper un petit tour de piste début septembre... pour être annulé à son tour deux mois plus tard, mais bon... C'est le grand cirque des annonces qui va monopoliser le grand cirque télévisuel US cette semaine.

Evidemment, le suspense est digne d'un Troyes-Sedan un dimanche après-midi pluvieux avec les commentaires de Charles Biétry, alors au rayon des "cancelled shows" on a tout un tas de prod immondes comme seules les grands networks savent nous les mijoter (Day Break avec un mec qui nous rejoue Un jour sans fin mais plus mal, Six Degrees créée par le king J.J Abrams...) ; et c'est généralement lorsque l'on découvre les nouvelles séries que l'on commence à avoir des palpitations... Donc, pour faire court, à la rentrée prochaine, on est parti pour avoir de la comédie pour trentenaires indépendantes mais en manque, de la chronique de pouffes libérées mais du coup célibataires, des polars ennuyeux... mais alors super ennuyeux (un mec qui a été emprisonné injustement et qui reprend son boulot de flic...), des adaptations de BD nazes (sans déconner, on va subir Flash Gordon à la télé...) et... last but not least, LE show qui va atomiser les audiences, un truc baptisé Private Practice... pour faire court, une série dérivée de Grey's Anatomy. Et oui, vous l'aviez cauchemardé, pas de souci, ABC l'a fait. Même que les américains ont un nom pour ça : c'est un "sequel"... nous avec notre baguette de pain et notre morceau de rosette, on appelle ça une "séquelle", c'est un poil plus long, mais tout aussi pertinent.

Et pendant ce temps, ces abrutis annulent sauvagement le meilleur truc qu'ils aient produits depuis minimum 5 ans : The Nine, un drama tellement bien écrit que les téléspectacteurs américains n'ont pas passé le 5e épisode... en même temps, déjà qu'ils ne savent pas voter (quoique nous non plus...), on va pas leur demander de saisir les subtilités de la condition humaine. Mais à la place, on aura droit à une série avec une pouffe bionique. Si si même que c'est Bionic Woman que ça s'appelle cette petite merveille. Sinon à part ça, sans surprise, Heroes, Lost et Desperate Housewives repartent pour un tour et avant même que ce ne soit officiellement annoncé il en sera de même pour House M.D, Prison Break, les Simpsons et l'increvable 24... En bref, Greg House, les Robinson de Lost, Homer, Michael Scofield et Lynette seront bien là pour nous coller à la petite lucarne. Et non, Jack Bauer ne va pas encore mourir cette année. Ouf, on a bien failli s'emmerder sévère à la rentrée...

To be continued...


Quelques sources :
The Futon Critic / http://www.thefutoncritic.com/home.aspx
Zap2it / http://www.zap2it.com/tv/
TV.com / http://www.tv.com/

> Commenter le blog. 10 commentaires  Tags : ,,

Publié le 10/04/2007 à 00:59
Édité le 17/08/2007 à 02:18

L'angoisse du scénariste devant la feuille blanche... (et une montagne de coke) .:: M(y)TV::. : The Prequel

Un Bauer, ça peut tout faireOn y est, les séries TV en provenance du pays de tonton George déferlent sur nos écrans et plus il y en a, plus on en redemande. Youpi, un paysage audiovisuel presque idyllique en matière de TV shows. Enfin presque youpi. Car c'est plus de l'idiovisuel en ce moment, car, là, on frise la boulimie télévisuelle et même les sérivores les plus affamés vont avoir du mal à finir leur assiette.

Faut pas abuser quand même, pour un Expert ou un FBI : Portés disparus, combien d'ersatz de formula-show (même que c'est comme ça que ça s'appelle aux "States") façon Esprits Criminels, NCIS, Killer Instinct et autres Angela Eyes à la con ? Et on ne parlera pas ici des séries "adulescentes" post-pubères qui évidemment trouvent leur public... Si l'on creuse un peu plus (la tombe), on déterre du très vilain, Surface (un truc surfant sur la vague (oh oh) des Lost et autres Triangle (deux gros succès d'audience aux USA) et Supernatural (sorte de Smallville sans Superman et plus mauvais bien que ce soit difficile de faire pire). Des soufflés (souvent annulés en cours de route) qui retombent aussi vite et qu'ils sont montés mais qui, bien que largement périmés, nous sont refourgués dans de somptueux coffrets DVD un peu avariés.

Tiens à propos de Lost justement, on va éviter les sacro-saints ("spoilers", vise un peu comme je serai tendance sur un site de fans boutonneux) et carrément aller au bout du bout, du bout tout de suite : Lost, c'est une arnaque montée de toutes pièces par un scénariste (au demeurant pas très bon) qui avait envie de faire monter sa montagne de coke assez rapidement pour ne pas avoir à nous pondre un Alias 2 (pitié J.J, n'y pense même pas... merci). Du coup, on tourne, on vire, on retourne... en rond et l'audience US s'effrite. On ne sait pas du tout on l'on va, mais c'est pas grave, on y va quand même, c'est pas comme si il y avait une intrigue à terminer... (ben si, mais bon...). De toutes les façons la colline de poudre parvient à garder une hauteur relativement acceptable et le père J.J va pouvoir s'enquiller le onzième, ou douzième (de toutes les façons, qui continue de compter?) Star Trek pour le grand écran....
Et puis de toutes les façons, Lost, même si, c'est des manchots empeureurs qui ont fait le coup de l'expérience Truman Show, pour le public TF1, ça passera. D'ailleurs pour le public de TF1, commencer House M.D (formidable série au demeurant, mais en VO only) par l'épisode 3, c'est pas grave alors... une intrigue qui se termine avec des réponses aux questions les plus importantes, t'imagine l'hallu... Au pire, bientôt les polytechniciens de chez TF1 (et oui, ils ont tous leur BEPC là-bas...) passeront les séries à rebours et les gens s'abrutiront quand même devant. De toutes les façons, c'est connu, plus c'est gros, plus ça passe. Les sériphiles boulimiques ont encore de l'avenir.

Pourtant, l'univers (impitoyable) des séries TV, c'est un peu comme le PSG, des fois, tu crois que ça y'est, cette fois, ta la tête dans le trou et finalement, tu t'en sors sors quand même, presque comme quand Bernard Mendy met un but venu d'ailleurs (mais alors, vraiment d'ailleurs pour lui) contre Athènes en UEFA. En même temps, des séries comme The Shield, Desperate Housewives, Prison Break, Rome, Deadwood ou House et 24 continuent de résister la tête haute à l'invasion du tout n'importe quoi... Si si, regardez Grey's Anatomy... Ces série qui battent le haut du pavés depuis 2/ 3 ans voire plus tiennent à peu près le choc mais leur nombre a tendance à se restreindre. A ce rythme, ça va être la poignée de mec pas content, en slip de guerre, abdo huilés fièrement arborés face à des centaines milliers de perses très méchants comme dans 300. D'ailleurs, Jack Bauer, c'est presque comme Leonidas, sauf que Bauer lui, t'envoie 2000 mecs en face, avec un couteau à beurre (et là, il était lourdement armé), il te les dézingue. Il est comme ça le Jack, si en plus de souvent L.A et sa fifille canon, il pouvait également sauver quelques séries TV plutôt bien gaulées mais trop souvent méconnues (The Nine, Sleeper Cell, Eureka etc...), ce serait pas mal.

Parce que sinon et ça va me goûter mon maillot de rugbyman, je vais devoir mater la téloche du côté de la perfide Albion. Mais ce n'est pas ma faute, si là-bas les auteurs ont un cerveau et un stylo qui va avec. Et surtout, une certaine intégrité que n'ont pas certains de leurs homologues ricains (suivez mon regard). Evidemment, ce n'est pas forcément en prime sur T.. (la première chaîne du PAF en trois lettres qui commence à par un T et qui se termine par un 1), mais MI:5, State of Play, The States Within ou Life on Mars, ça bordel de cul, c'est de l'intrigue bétonnée au poil de ... (non je peux pas écrire deux fois cul dans la même phrase, ce n'est pas très élégant... sic). En clair, l'avenir de la fiction télévisuelle passe donc comme d'hab par le cable US (merci HBO, FX Networks, USA Networks et Showtime...), quelques bonnes surprises sur les grosses chaînes et sans doute les productions BBC (où les mecs marchent à un truc étrange que certains appellent l'inspiration... mais c'est tellement tordu qu'on évite d'en parler partout).
Evidemment, par souci d'humanité et parce qu'il y a vraiment des gens qui sont malheureux en ce bas-monde, j'ai délibérément évité de parler de la fiction française... Faut quand même pas pousser...

> Commenter le blog. 31 commentaires  Tags : ,,

Publié le 01/01/2007 à 04:51
Édité le 08/09/2007 à 03:07

Focus 2006

L'année musicale écoulée en 21 objets :

Lingua - The Smell of a life that could have been
Hooverphonic - No more sweet music
Thom Torke - The eraser
S-Pam - S/t
Hermano - The Sweet and easy of brief happiness [DVD]
Zoe - Make it burning
Dredg - Live at the Fillmore (Live album)
The Album Leaf - Into the blue again
Glowsun - Lost Love [EP]
Deftones - Saturday Night Wrist
Ministry - Rio Grande Blood
Sleeppers - Signals from elements
Mogwai - Mr.Beast
The Gathering - Home
Tool - 10,000 Days
My Vitriol - Cast in Amber (Live Recordings album)
Monkey3 - 39 Laps
Amusement Parks on Fire - Out of the Angeles
Honcho - Live in Paris [DVD]
7 Weeks - S/t
The Haunted - The Dead Eye

> Commenter le blog. 2 commentaires  Tags :

Publié le 28/10/2006 à 00:37
Édité le 16/05/2007 à 02:14

Burn this CD!

Cette fois ça y'est, le marché du disque est clairement dans la caille. Parce que c'est bien beau de gueuler après les mordus du clic droit et de diaboliser le téléchargement, faudrait aussi balayer devant sa porte. Il faut bien le reconnaître, la pauvreté de l'offre n'a d'égal qu'un Troyes-Sedan un dimanche après-midi pluvieux sur canal... et sans décodeur. Et encore. Evidemment, il y a eu Tool, évidemment il y a eu Thom Yorke, certes, le Ministry nous a mis une bonne baffe dans la gueule, oui Hermano et consorts nous ont fait souiller nos chers calcifs... mais derrière ça... il y a quoi. Rien, le quasi néant chez les gros et quelques bonnes petites surprises chez les petits, ceux-ci quasiment sortis de nulle part. Et oui, la vérité est ailleurs.

Sans rires, moi, quand Gégé m'a fait découvrir son rayon indie/ pop-rock et tous les trucs sortis depuis six mois, j'ai pris peur... Red Hot, Muse, Rapture, Placebo, The Servant, Divine Comedy, Dirty Pretty Things, il y avait déjà de quoi avoir des sueurs froides... Mais ça c'était avant le drame, l'accident stupide. The Killers me parvint sauvagement jusqu'aux écoutilles. Verdict : syncope. Le coup de mou. Sur le coup, le petit Tommy, il m'a bien fait marrer lorsqu'il m'a gueulé à travers les écoutilles que c'était ça le fameux Sam's Town... Puis après j'ai compris qu'il ne riait pas lui. Et puis quoi encore. T'attends quoi toi d'un Muse qui fait du Prince, d'un Placebo qui fait du Placebo fatigué et des autres qui font du fric... C'est pas cool le téléchargement. M'enfin, c'est pas cool pour qui ? Les grosses machines pour kids et midinettes prépubères qui de toutes les façons feront vibrer le tiroir-caisse, ou les jeunes indé qui débutent férocement dans leur coin et qui cherchent à tout prix à se faire (re)-connaître ? Je ne sais pas Gégé, mais moi, j'ai bêtement l'impression que tout ça, au final, c'est pour nous la mettre profond (mais avec amour), histoire de nous faire acheter un album 14 euros pour 13 titres dont seulements 3 valent le détour et nous faire sortir du magasin, le porte-feuille allégé et un sourire béat aux lèvres. Alors moi, j'ai préféré jeter un coup d'oeil furtir du côté des cargaisons métal, post-hardcore, post-core et tous les autres trucs qui commencent à par post-quelque chose ou finissent par -core quelque chose. Mais là, je suis tombé nez-à-nez avec un truc de bouzeux et un nom ridicule : Cattle Decapitation. Passé le premier sourire, j'ai eu pitié. Mais je n'ai pas poussé le vice jusqu'à écouter... Faut pas exagérer non plus. De toutes les façons, après avoir jetté une oreille sur le Kill de Cannibal Corpse, j'avais déjà des remontés acides. Tout ça pour ça, alors que deux clics auraient suffit avec mon vieux 486...

Et puis tant mieux non ? Les gens téléchargent et quand certains en auront marre de se prendre des branlées à tour de bras, peut-être que les uns se mettront à faire de la bonne musique, les autres à signer de bons groupes (et pas les Babyshambles siouplez, merci pour moi... et pour eux). Ne serait-ce donc pas un mal pour un bien.... enfin un bien (la gratuité) pour un bien (la qualité future)... ? Bon ok, faut pas rêver non plus, ce sont les majors qui tiennent les cordons de la bourse (bien pleine) et ce n'est pas demain qu'ils vont dégorger le poireau de la créativité. Tiens justement en parlant de bourse, on va gentiment changer de sous-vêtement, parce que là, c'est l'automne-indien (si si, même qu'avant c'était l'été qu'on disait indien, mais que depuis que la canicule a élagué les rangs de nos chers retraités, on dit "automne", mais bon on s'en fout, la température est là même...) et là, c'est du lourd qui débarque... Ben si Gégé, les Deftones, Isis, The Melvins The Haunted, Battle of Mice... ça va le faire, du moins en attendant les prochains Radiohead, Massive Attack, NIN et QOTSA...M'enfin, tu t'en cognes toi, tu ne jures que par Bob Sinclar. Fais chier, ça va être long d'ici 2007.

> Commenter le blog. 21 commentaires  Tags :

Publié le 25/01/2006 à 14:01
Édité le 25/01/2006 à 23:01

A bullet in the head

Lord of War


afficheAnnée : 2005
Ecrit et réalisé par Andrew Niccol.

Le seigneur de la guerre. En ce monde, un homme sur douze possède une arme, la seule question importante étant selon Yuri Orlov de savoir comment armer les onze autres. C'est par cette affirmation choc que débute le 3e long-métrage du génie Andrew Niccol (déjà responsable de Gattaca, de s1m0ne et du scénario de The Truman Show), un pamphlet violent et cynique qui s'attaque à l'une des racines du mal de notre époque : les armes. Et qui de mieux que Yuri Orlov, le meilleur de ces marchands de mort pour illustrer son propos. Véritable synthèse vivante de ce que sont ces hommes dans la réalité, des marchands ou trafiquant passés maîtres dans l'art de jongler avec les lois internationales comme un enfant de 4 ans avec une boîte de Lego.
Incarné par un Nicolas Cage littéralement habité par son personnage, Orlov est bien évidemment un personnage fictif, on devine aisément qu'il a été inspiré par de nombreux individus existant réellement. Seigneur du billet vert, accro à l'excitation que lui procure son travail et les dangers inhérents à ce type de commerce, Orlov/ Cage n'est en réalité qu'une facette de ce que peut être l'être humain d'aujourd'hui, un être parfois fascinant, parfois abject et qui dispose d'extraordinaire faculté à fermer les yeux devant l'indicible. Mettre son propre sens moral au placard est devenu un art de vivre pour Yuri Orlov, mais il n'est sans doute pas le seul. Derrière un Nicolas Cage "bordeline", qui carbonise la pellicule à lui seul, c'est tout un casting en béton qui dégaine le M16 et explose l'écran, Jared Leto (Vitaly Orlov), Eaomon Walker (Andre Jean-Baptiste Senior), Ethan Hawk (l'inspecteur Jack Valentine) et Bridget Moynahan (Ava Fontaine) en tête...
Réaliste, cynique, et provocant, d'une précision narrative chirurgicale, le propos de Lord of War est d'une effrayante pertinence. Scénariste unanimement reconnu comme brillant (il a également participé au script de Attrape moi si tu peux), Andrew Niccol fait ici preuve d'une rare maestria tant dans sa direction d'acteur que dans sa mise en scène, pleine de tact et de petites originalités visuelles (l'hallucinant plan d'ouverture du film.), ce, de la première à la dernière minute. Les dernières secondes du film étant indispensables pour comprendre toute la force de son propos. Thriller dramatique d'une rare intensité, Lord of War est un film qui en deux heures, nous sort violemment la tête du cocon de naïveté dans lequel on aime à se complaire pour nous mettre face à la triste réalité de notre monde. Un film brillant et qui donne à réfléchir non sans humour, remarquable.

AureliO
January

> Commenter le blog. 12 commentaires  Tags :

Publié le 18/12/2005 à 22:14
Édité le 18/12/2005 à 22:32

King Big Size

King Kong

Année : 2005
Réalisation : Peter Jackson
Scénario : Fran Walsh, Philippa Boyens& Peter Jackson
Production : Universal Pictures& Wingnut Films Ltd.

King KongAprès avoir signé l'un des plus gros succès de tous les temps, tant d'un point de vue économique qu'artistique, avec la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson est devenu LE king de la planète cinéma. Autoproclamé seigneur du B.O (box-office), le néo-zélandais a empilé les millions de dollars par centaines (presque 3 milliards de $ de recette dans le monde pour l'ensemble des trois films), amassé une belle brouette de récompenses dont 21 oscars au total et après avoir pulvérisé les records peut désormais tout se permettre. Même de mettre en chantier le film dont il rêve depuis tout gamin, un remake du King Kong réalisé en 1933 par Merian C.Cooper et Ernest B.Schoedsack, celui-là même qui lui a donné l'envie de faire du cinéma. Ironie de l'histoire, Peter Jackson avait déjà proposé le projet à Universal en 1996, sans succès. Mais ça c'était avant le méga succès que l'on sait et désormais, quand l'homme parle, on écoute. 207 millions de $, un salaire taille "seigneur du billet vert" (20M$) alloué par. Universal et l'équipe technique du Seigneur des Anneaux reconstituée, King Kong est sur les rails. Direction la Nouvelle-Zélande pour un tournage pharaonique. Disposant de moyens quasi illimités à le démesure de son génie, Jackson peut désormais raconter cette histoire connue d'une équipe de cinéma venu assurer les prises de vue d'un film sans budget sur une île inconnues des cartes : Skull Island. Une terre très inhospitalière abritant nombre de créatures que l'on pensait disparues, ainsi que le fameux Kong. Un gorille, de neuf mètres de haut et quelques tonnes de barbaque, au mauvais caractère.
Scindant son film en trois actes, Peter Jackson livre un film largement à la hauteur de ce que l'on était en droit d'attendre de lui. Une première partie prenant pour cadre le parcours d'une jeune actrice de cabaret, Anne Darrow (magnifiquement incarnée par Naomi Watts), tentant de survivre en pleine Dépression des années 30 ; et celui d'un réalisateur has-been mais qui refuse de le reconnaître et qui cherche à tout prix un moyen de tourner le film qui doit être celui de sa renaissance (Carl Denham, interprété par le surprenant Jack Black). Un second segment se déroulant sur l'île inconnue, puis le troisième et dernier acte, le retour des survivants de l'épisode de Skull Island à New York. Le tout pour plus de 3h de bobine et un film à la fois spectaculaire et romanesque, mettant en scène avec finesse la romance contre nature, mais tendre et touchante, entre Anne Darrow et Kong, ainsi que celle plus classique qu'entretiennent la même Anne avec Jack Driscoll (Adrien Brody), le scénariste du film de Carl Denham. Des décors saisissant de réalisme reconstituant le New York des années 30, des scènes d'action d'anthologie (notamment celles se déroulant sur Skull Island) et de destruction massive dans le dernier tiers du film, un casting très haut de gamme avec Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody et Andrew Sirkis dans le rôle de Kong, le film de Peter Jackson est un divertissement de très haute volée. Classieux mais raffiné, doublé en filigrane d'une critique acerbe et finalement très actuelle du monde de l'entertainement, King Kong marque le retour aux affaires du roi du box-office mondial. 72 ans après le film originel, le réalisateur perpétue le mythe en livrant un classique instantané à l'échelle de son génie. Vous en aviez rêvé, Peter Jackson l'a (re)fait. Respect.


Aurelio
December 2005

> Commenter le blog. 9 commentaires  Tags :

Publié le 28/11/2005 à 13:51
Édité le 24/02/2006 à 13:47

Domino

Domino

Année : 2005
Réalisation : Tony Scott
Scénario : Richard Kelly

domino afficheAprès un passage à vide artistique dans les années 90 (Jour de tonnerre, Le Dernier Samaritain, The Fan), Tony Scott, réalisateur culte de Top Gun et du Flic de Beverly Hills a effectué un retour en grâce spectaculaire, en 1996, en réalisant Ennemi d'état. Revenu dans le cercle des réalisateurs qui comptent à Hollywood, Tony Scott a alors enchaîné avec Spy Game et un épisode de la série de courts-métrages publicitaires commandée par BMW (The Hire : Beat the devil). Deux productions où le réalisateur a pu réinventer son style visuel et faire de ses oeuvres, de véritables laboratoires filmiques d'expérimentation formelle, afin de se sortir du carcan de l'oeuvre de commande trop conventionnelle. Le résultat ? On l'a eu avec une claque viscérale intitulée Man on fire.
Le style Scott dans tout ce qu'il a de plus épidermique et fascinant, là où Michael Bay (Bad Boys) joue dans la frime intégrale juste pour épater la galerie, Tony Scott s'impose comme le boss du genre. Esthétique ultra léchée, narration explosée, direction d'acteur béton et images triturées dans tous les sens, le réalisateur livre un film brut, violent et sans concession. 2005, Tony Scott dirige le tournage de Domino, inspiré de la sulfureuse trajectoire de Domino Harvey, top-model devenue chasseurs de primes, un film où le réalisateur pousse son style visuel à son paroxysme. Véritable trip visuel sous acide, brûlot punk rock torturé, le film synthétise tous les désirs visuels de son géniteur. Jusqu'à l'orgasme.
Scénarisé par le surestimé Richard Kelly (Donnie Darko, le très attendu Southland Tales), Domino est un film fiévreux, à l'ambiance moite et la tension palpable. Un puzzle cinématographique à la narration déstructurée, satirique et tentaculaire. Une chasse à l'homme impitoyable mais qui manque paradoxalement de noirceur et de percussion. En dépit d'une distribution très "hype" avec une Keira Knightley lascive et sulfureuse, un Mickey Rourke massif et la découverte du magnétisme animal d'Edgar Ramirez, Domino pêche parfois par excès de style et en devient trop souvent caricatural. Images saturées jusqu'à l'extrème, montage millimétré et découpage épileptique, le film en devient un exercice de style, certes brillant, mais un peu quelconque d'un point de vue strictement scénaristique. Reste une tension sexuelle omniprésente, quelques gunfights bien filmés et une photo qui décrassera la rétine du cinéphile le plus blasé. Efficace, stylé et nerveux, mais pas inoubliable. On était en droit de s'attendre à mieux.

AureliO
November 2005

> Commenter le blog. 17 commentaires  Tags :

Publié le 14/11/2005 à 14:04
Édité le 08/02/2006 à 00:23

Devoir de mémoire ou facilité de l'oubli

Criminels de guerre nazis : Une justice aléatoire


La Shoah : Six millions de victimes juives, tziganes, handicapées, homosexuelles. exploitées, violées, torturées et gazées dans des camps d'extermination dits "camps de la mort". L'élimination systématique des "races" supposées "inférieures". Les heures les plus sombres de l'humanité ; la seconde guerre mondiale a révélé l'être humain dans ce qu'il pouvait avoir de plus barbare en lui. Auschwitz Birkenau, Dachau, Treblinka. Autant de noms synonymes de l'horreur, insoutenable, innommable ; et gravés dans la mémoire collective pour l'éternité.

1946 : Le Procès de Nuremberg jugeait les 24 principaux dignitaires du Régime nazi, des membres du NSDAP (Parti Nazi), la SS, le SD (Service de Securité d'Hitler) et la Gestapo. Parmi ceux-ci, tous les proches d'Hitler, dont notamment Hermann Goering, Rudolf Hess, Alpert Speer. Pour autant le sort de nombre d'autres responsables de crimes de guerre n'a pas été aussi limpide et tous les responsables n'ont pas été traduits en justice aussi aisément. L'exemple de la fuite de Maurice Papon pour échapper à la justice française n'étant pas un fait isolé.


Crimes contre l'humanité

L'exil volontaire a été ainsi le système de défense commun à la plupart de ceux qui se sont rendus coupables de crimes contre l'humanité, crime le plus grave pour lequel un individu peut être jugé, aujourd'hui devant le Tribunal Pénal International de La Hayes (Pays-Bas). Assassinat, extermination, réduction en esclavage, déportation et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile", telle fut la définition de la notion juridique de crimes contre l'humanité, lorsque celle-ci fut instaurée lors du cadre du Tribunal Militaire International de Nuremberg.
Qu'ils aient été nazis ou collaborateurs de ceux-ci dans les pays occupés (France, Pays-Bas, pays nordiques.), bénéficiant de l'absence d'accord d'extradition entre les pays (souvent d'Amérique du Sud), d'appuis évidents de personnages influents et de la corruption, nombres d'anciens nazis ou collaborateurs s'étant rendus coupables de tels crimes ont souvent réussis à fuir l'Allemagne en 1945. Certains parvenant même à faire sortir du pays une partie du trésor de guerre spolié aux juifs.


Simon Wiesenthal, seul contre tous

Simon Wiesenthal, rescapé avec sa femme des camps de la mort, a passé le restant de sa vie à tenter de faire juger les responsables de l'Holocauste. Eminent spécialiste en la matière, il estimait, en 1967, lorsqu'il écrivait les Assassins parmi nous, que sur les quelques 110000 nazis ayant participé à des crimes contre l'humanité, 14 000 seulement avaient été jugés et 10 000 vivaient en toute liberté sous de faux noms. Les autres ayant trouvé refuge dans des pays peu regardant ou disposés à accueillir d'anciens nazis : Argentine, Chili, Paraguay et même Etats-Unis ; plusieurs états dont certains ne disposaient alors pas de traités d'extradition avec les états européens.
Si des hommes tels qu'Andrija Artukovic surnommé le "boucher des Balkans", ou l'estonien Karl Linas, criminels de guerre notoires ont été extradés des USA en 1984 pour le premier et en 1987 pour le second, il faut rappeler que la Yougoslavie réclamait l'extradition d'Artukovic depuis près de trente ans. Condamné à la peine capitale en 1986 lors de son procès (soit près de 40 ans après les faits), il décédera en 1988 à l'hôpital de la prison de Zagreb. A croire que le concept de justice ne devait pas nécessairement s'appliquer à tous de la même manière. Certains criminels de guerre, tristement célèbres, ayant pu longtemps échapper à la traque pourtant impitoyable des chasseurs de nazis tel que Simon Wiesenthal.
Seulement aidé de sa femme, sans aucun moyen logistique ni appui politique (ou si peu), il a traqué sans relâche et par delà les continents, tous ceux qui avaient participés de près ou de loin à l'extermination systématique des juifs, des tziganes, des handicapés... Mais difficile, parfois infructueuse et d'autres fois couronnée de succès, fut l'oeuvre de Simon Wiesenthal.


L'Amérique du Sud comme terre d'exil

C'est ainsi en Argentine que le tristement célèbre docteur Mengele, surnommé " l'ange de la mort ", médecin chef du camp d'Auschwitz et responsable d'expériences, d'une barbarie difficilement imaginable, pratiquées sur des cobayes humains, est parvenu à échapper à la justice internationale. Une fois installée en Amérique du Sud, il y coula des jours tranquilles et organisa l'accueil et l'intrégration de centaines d'autres nazis. Le Dr.Mengele y mourut en 1979, mais preuve de la difficulté des institutions internationales à opérer efficacement de concert et des soutiens dont des hommes tels que lui bénéficiaient, on continua à l'y rechercher jusqu'en 1985, date où son corps fut enfin identifié.
A l'inverse, preuve que les méthodes dites « musclées » peuvent parfois s'avérer plus efficaces que d'autres plus conventionnelles, c'est également en Argentine qu'un commando du Mossad (Services Secrets israéliens) enleva, en 1960, Adolph Eichmann, homme de confiance d'Hitler, logisticien du IIIe Reich et maître d'oeuvre de la solution finale. Emmené à Jérusalem, il fut jugé et pendu en 1962. Celui grâce à qui Eichmann a pu être traduit en justice n'est autre que Simon Wiesenthal, lui-même qui avait perdu la quasi-totalité de sa famille dans les camps de la mort nazis et qui parvint alors à réussir l'impossible, capturer l'un des grands responsables sinon LE responsable de la Shoah.


Appuis politiques

D'autres tels que Klaus Barbie ont sans doute largement bénéficié du peu d'empressement des autorités de certains pays d'Amérique du Sud à collaborer avec les états européens. Ainsi celui qui fut surnommé durant la guerre le "boucher de Lyon", chef de la Gestapo lyonnaise entre 1942 et 1944 et responsable de la mort de Jean Moulin s'était enfui en Bolivie d'où il fut extradé à la demande de la France en 1983, soit un peu moins de 40 ans après les faits.
Louis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives du gouvernement de Vichy n'eut, quant à lui, qu'à traverser les Pyrénées pour trouver refuge au coeur de l'Espagne franquiste ; tandis que Paul Touvier, chef de la milice de Lyon et condamné à mort par contumace en 1945 et 1947, a réussit le tour de force d'échapper à la justice en demeurant sur le territoire français. Gracié par le président Georges Pompidou en 1971, mais surtout protégé par des prêtres intégristes, il fut finalement arrêté dans un prieuré de Nice en 1989 puis condamné pour crimes contre l'humanité en 1994. Incarcéré à la prison de Fresne, il y mourut deux ans plus tard.


Le cas Brunner

Reste toujours Aloïs Bruner, nazi autrichien, secrétaire d'Eichman et ingénieur de la solution finale, arrêté par les Américains en 1945 et relâché. Longtemps réfugié à Damas, les autorités syriennes affirment, sans preuve, qu'il est mort. Ce qui n'a pas empêché la France de le renvoyer en septembre 2001 devant une cour d'assises pour avoir été responsable de la mort des centaines d'enfants du camp de Drancy, qu'il dirigeait d'une main de fer. Responsable de 147 000 déportations, Brunner fut condamné à perpétuité par contumace pour crimes contre l'humanité. Lorsque l'on sait que la plus jeune de ses victimes était un petit garçon âgé d'à peine 15 jours et que nul ne sait avec exactitude ce qu'il est advenu d'Alois Brunner, la question de savoir si la justice a véritablement été rendue de manière partiale peut légitimement être posée.
Quant à Paul Schaefer, son cas reste d'actualité puisqu'il a été arrêté en Argentine cette année. A 83 ans, à l'instar des plus célèbres barons de la drogue, cet ancien nazi était jusqu'alors l'un des hommes les plus recherchés d'Amérique latine, notamment par les chasseurs de nazis. Fondateur en 1966 de "Dignidad", une communauté (une secte diront la plupart.) de quelques 300 âmes venus d'Allemagne est vivant au Chili sur 1500 hectares de terrain situés aux pieds des Andes. Gourou manipulateur, condamné pour pédophilie et recherché activement pour des actes de torture perpétrés sur de jeunes enfants, Schaefer avait fui l'Allemagne après la fin de la guerre pour se réfugier au Chili, où il fut notamment protégé par des membres influents du gouvernement dont l'un d'entre eux n'était autre qu'Augusto Pinochet en personne.


Après avoir consacré la majeure partie de sa vie à traquer des ombres, Simon Wiesenthal, véritable "conscience de la Shoah", s'est éteint le 20 Septembre 2005. Il avait 96 ans et laisse derrière lui plusieurs centres portant son nom et chargés de poursuivre son oeuvre, Wiesenthal lui-même estimant qu'encore aujourd'hui, plusieurs dizaines, voire centaines d'anciens responsables nazis mènent une vie paisible sans avoir jamais rendu compte de leurs actes devant la justice. Sans avoir droit à des funérailles officielles malgré l'importance de son oeuvre, Simon Wiesenthal a été inhumé dans le village où réside sa fille.

AureliO
Novembre 2005

> Commenter le blog. 14 commentaires  Tags :

[ 1 2 :: ]