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Publié le 05/06/2012 à 01:55
Édité le 05/06/2012 à 01:55

Los Disidentes del Sucio Motel Tour #5

Le réveil à Prague se fait sous un soleil radieux, on se croirait en plein été. J'échange quelques mots en anglais avec Radek au sujet de notre passion commune pour le vinyle. Nous nous rendons compte que nous avons la même maladie du the more I get, the more I need. C'est toujours comme ça avec les collectionneurs, une rareté dégotée en attire une autre, qui en attire une autre etc. Tout le monde à la douche et c'est parti pour une putain de vraie journée à la cool dans l'une des plus belles villes d'Europe. La capitale est belle, propre, riche en histoire et en culture. Moi qui m'intéresse un peu à l'architecture, j'en prends plein les mirettes car les bâtiments sont tous très bien entretenus et bourrés de charme. Aller aujourd'hui c'est la fête, on se paye un restau pour manger traditionnel Tchèque. Bon OK, on s'est fait un peu entuber sur le prix, mais faut dire qu'on a mangé sur LA place piège à cons de la ville. Mais bon, un cadre pareil ça se paye. C'est d'ailleurs ici, que nous trouvons un nom débile à notre prochain album : « Schmeck schpäck schneck snake » (des alsaciens pour traduire) ? Oh yes, une statue de Jésus crucifié, on va pouvoir faire une belle photo YMCA ! Oh, des flingues géants suspendus en l'air, voilà qui réjouit Sonny, grand amateur d'armes. Prague est pleine de surprises. Après une petite rincée bien violente qui nous oblige à nous abriter sous une arche où sont déjà regroupées 200 personnes serrées comme des sardines, nous nous rendons au club du soir : Chapeau Rouge. Ce nom français s'explique par la volonté du premier propriétaire, qui voulait monter un cabaret et il pensait que ça faisait plus classe en français. Normal.

Cela faisait longtemps qu'on ne nous l'avait pas fait, mais ce soir on s'appelle los disidentes del SUICIDO motel, puis Los Disidentes del SUICIO motel  suivant les affiches. L'accueil de la patronne n'est pas des plus sympathiques. Tendue la gonzesse. On s'en fout, c'est une release party d'un groupe local ce soir, devrait y avoir un peu de monde. L'endroit est super cool. Un grand bar à l'étage et un grand caveau au sous sol avec une belle petite scène, bien équipée. Marek (ouais, ils aiment bien ce genre de prénom en République Tchèque) le mec qui organise la soirée arrive enfin et me demande si je n'ai pas un problème avec mon portable car il n'a pas réussi à nous joindre. En effet, n'ayant pas de portable perso, je n'utilise que mon portable pro et mon patron nous a sucré le forfait international surement excédé des dépassements et je ne suis donc plus joignable à l'étranger et ça, ça craint. Entre ça et le GPS qui ne connaît pas le pays, on passe pour de vrais loosers à ses yeux et il n'a pas tout à fait tort. Bon au final, on s'en sort toujours, mais c'est vrai que pour le coup, on est un peu passé à coté sur cette tournée pour quelques détails d'orga. Il faut savoir que dans le milieu musical, nous avons une réputation de vrais psychopathes de l'organisation. Vous pourrez demander à d'autres groupes avec qui nous jouons régulièrement, tous vous diront la même chose Les disidentes, c'est des malades. Une vraie entreprise. Nous planifions tout, prévoyons toutes les éventualités et laissons vraiment très peu de place à l'impro. Cela nous vaut souvent de nous faire chambrer par les autres zikos quand nous nous déplaçons, mais au final, ils sont plus admiratifs qu'autre chose car eux n'ont pas forcément ce courage et préfèrent gérer au jour le jour, voire de l'heure à l'heure. Peut-être que c'est eux qui ont raison, mais nous sommes maintenant habitués à fonctionner comme ça. Personnellement j'ai un peu la phobie du risque, j'ai besoin de toujours tout contrôler, donc ça m'arrange bien.

Ce soir, il va falloir kiffer à fond, car une fois le set fini, nous devons tout de suite reprendre la route, car le lendemain, on joue à Paris. Ouais je sais, c'est un peu de la folie de booker 2 dates aussi éloignées, mais ce n'est pas tous les jours qu'on peut jouer à Prague, donc tu prends la date qu'on te propose et tu fermes ta gueule. Tiens ce soir, c'est le tradi' "sandwich/bière" au catering. Bon, on va pas faire nos princesses hein, mais c'est sur que si on avait eu ça tous les jours, je pense qu'on l'aurait eu un peu mauvaise. Il est 21h15 et après avoir réglé ce putain de problème de tom basse qui se cassait la gueule, nous envoyons le bousin. On a bien la patate ce soir et on fait tout pour marquer les esprits du public par une bonne énergie et une communication soutenue avec eux. Un jeune qui était venu discuter avec moi et m'a appris plein de choses intéressantes sur son pays est complètement à donf et a l'air de s'éclater. Le shérif harangue les badauds et motivent les gens à avancer et ça marche plutôt pas mal. La mayonnaise commence à prendre, les têtes bougent et fait toujours agréable pour un musicien, tous les visages ont la banane. Les filles sont jolies, les mecs bourrés, tout le monde se marre, c'est cool. On finit sur une vieille reprise que nous n'avions pas jouée depuis un moment, Walk like an Egyptian, qui fait toujours son effet et permet de finir le set en apothéose. Un peu de merch ce soir, ça fait toujours plaisir et sans même avoir le temps de se poser un peu, nous voilà déjà en train de ranger le backline pour charger le van dans la foulée. Je récupère le cachet de la soirée. Marek me file deux billets de 1000 couronnes, mais pas de miracle, la valeur de cette monnaie n'a pas grimpé en 24h et au final, cela revient à 80 petit Euros. Bon avec le merch', ça devrait suffire à mettre du carburant pour repartir. Un bisou à l'ami Marek (pas trop la tradition dans le pays apparemment.) et nous voilà déjà sur la route. toujours sans GPS bien évidemment. Qu'à cela ne tienne, on masterise littéralement la sortie de Prague malgré un sens de la signalisation proche du zéro dans ce pays.

C'est assez hallucinant, il faut vraiment beaucoup se fier à son sens de l'orientation, que nous avons évidemment ! On n'est pas des meufs ! Je plaisante bien sur (bisous, bisous les filles). C'est parti pour 5h30 de route de nuit, car nous avons choisi de faire escale à Beinheim, petite village d'Alsace où les parents de Gaëtan habitent une grande maison apte à tous nous faire dormir dans des lits. Aaaaah enfin. Et il faut dire que maman Wurtz cuisine divinement bien et nous savons que nous pourrons faire le plein d'énergie et de provision là-bas. Dans le van, ça parle du concert, comme toujours. Il est important de débriefer après chaque concert et de se dire ce qui a été ou pas, car garder ça pour soit n'est jamais bon. Si c'est pour le ressortir vilement, genre deux jours plus tard entre une bière et un coca parce que ça nous a vraiment gonflé que le troisième morceau du set avait été complètement foiré par un chant faux ou une gratte mal accordée, ça ne vaut pas la peine, car il n'y a rien de mieux pour pourrir l'ambiance avant de jouer. Donc on se dit tout, quand c'est bien et quand ça ne l'est pas et tout le monde l'accepte, c'est une très bonne chose.
Pour passer le temps, on se matte l'excellentissime film « Scott Pilgrim VS the world ». Un pur chef d'œuvre de la culture geek sous forme d'univers jeu vidéo incrusté dans la vie réelle d'un ado. Nous avons tous littéralement craqué pour ce film et particulièrement le personnage de Ramona Flowers. Gaaaaahhh. Courrez chopper le DVD, car télécharger, c'est mal. Bon ok. Là il était téléchargé, mais en tournée ça compte pas, on peut pas se balader avec cinquante boitiers DVD sous le bras, déjà qu'on ne prend pas forcément assez de fringues ! Voilà comment tuer agréablement deux heures et on enchaine derrière avec l'un des films cultes d'LDDSM : La classe américaine. Billy en connaît quasiment toutes les répliques par cœur (tout comme bon nombre de films par ailleurs. Ce mec a une capacité invraisemblable à retenir les conneries, c'est dingue). Bien que la vie de Georges Abitbol, l'homme le plus classe du monde, nous passionne tous, Morphée commence à avoir raison de nous et, nous sombrons pour la dernière heure dans un sommeil profond. Seul Bobby et Gaëtan dit "la machine" restent éveillés. Je tiens ici à tirer mon chapeau à Gets pour sa capacité à conduire. Sur des tournées comme ça, il doit rouler à peu près 90% du temps et ne bronche jamais. C'est quand même assez génial d'avoir quelqu'un sur qui compter pour remplir cette tache très ingrate, car d'une part c'est fatiguant et d'autre part, tu es soit frustré parce que tu es le seul qui rate le film, ou qui ne participe pas à la partie de Mario Kart en réseau, ou soit frustré, car tu es le seul qui ne dors pas et que tu te sens vraiment seul au monde. Chapeau rouge bas.

Arrivé en Alsace à 4h30 du mat'. On a bien roulé, grâce au trois Redbull ingurgités par notre chauffeur, ce qui constitue un exploit en soit, tellement ce truc est dégueu' quand même et on se réparti les pieux pour une bonne nuit de sommeil bien méritée. N'oublions pas que nous ne sommes qu'à mi-route. Nom de Dieu, faut l'aimer la musique pour faire tout ça.

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Publié le 01/06/2012 à 05:17
Édité le 01/06/2012 à 05:21

Los Disidentes del Sucio Motel Tour #4

Bon voilà, après une petite pause rédactionnelle, on reprend le fil de nos aventures en tournée avec Los Disidentes del Sucio Motel.

La météo est une nouvelle fois clémente avec nous. Nous sommes décidément chanceux à ce niveau. Sur la route, nous passons dans un village nommé Winterfell. Une photo de geeks s'impose donc ! Ouais car pour ceux qui n'auraient pas compris l'allusion, il s'agit du nom de la ville dans laquelle se passe la série Game of Thrones que nous suivons. Pour passer un peu le temps on décide de se mater un bon film de guerre : Act of Valor. Perso, je n'ai pas compris grand-chose à ce film, à part le fait que ça pète partout dans tous les sens pendant 2h et qu'on en prend donc plein la gueule. Plutôt bien fait cela dit. Nous sommes arrivés jusqu'à la frontière Tchèque sans aucun souci, mais la galère ne va pas tarder car comme dit plus haut, nous n'avons pas la carte du pays et "Jojo la bouteille", la voix du mec bourré de notre GPS nous a quitté dans l'infinité de l'espace. Qu'à cela ne tienne, nous avons tout de même une carte papier de l'Allemagne qui par chance, s'étend jusqu'à Prague.

La campagne Tchèque est pauvre. Les clichés qui illustrent ce pays sont relativement vrais, même si nous nous garderons ici de porter tout jugement vu le peu de temps que nous y sommes restés. Nous arrivons sur le lieu du concert, le bar boss. Nous sommes environs à 70 kilomètres de Prague, un mardi soir. hum ça risque d'être chaud de ramener du monde. Le groupe avec qui nous allons jouer ce soir s'appelle Rest In Haste. Ils sont plus ou moins du coin et ont l'air très sympa. L'endroit est roots, très roots. On ne peut pas vraiment dire qu'un style particulier de déco ait été choisi ici. Disons qu'on a pris ce qui trainait et qu'on en a fait un bar quoi. De vieilles bornes d'arcade poussiéreuses nous font retourner vingt ans en arrière, à base de jeu old school en 16 bits dégueulasses. Toutefois, l'arrière boutique comprend une vraie petite scène et une capacité d'accueil du public très correcte. On va être serré, mais ça devrait le faire à peu près. Déchargement de camion, stockage du matos à l'arrach dans un coin et j'en profite enfin pour aller aux chiottes. Petit aparté à ce propos. Je vous ai parlé du problème d'espace temps et du régime alimentaire sur la route et bien sachez aussi que l'organisme s'adapte lui aussi aux conditions de vie en tournée et y compris vos intestins. Vu que tout rythme alimentaire n'existe plus, la digestion subit plus ou moins le même sort. Donc là encore, tu pisses et chies un peu quand tu peux et inconsciemment, ton système digestif se met soit à l'arrêt ou au contraire en action, suivant la situation. C'est quand même bien branlé le corps humain ! Dieu avait du penser aux musiciens en tournée, lorsqu'il a conçu notre réseau de boyaux en tout genre. Merci gros !
Pendant que les Tchèques balancent, nous nous mettons à table. Dans le noir. car impossible de trouver une source lumineuse et la nuit commence à tomber. Nous mangeons donc sous la lumière du portable de Billy un borscht traditionnel avec des pommes de terre qui baignent dans l'huile et l'ail et mine de rien c'est très bon ! Le gras, c'est la vie les amis ! Dans la limite du raisonnable bien entendu. C'est évidemment une fois fini de manger que la patronne nous met la lumière. merci.

Il est temps d'ouvrir les portes, si on peut parler de portes et comme on pouvait s'en doutait, la population n'a pas vraiment fait le déplacement. Rest In Haste commence son set devant une dizaine de personnes et nous même. Ils jouent un rock entre The Strokes et QOTSA assez particulier mais pas désagréable avec notamment un instrument que j'adore, le Theremin, du nom de son créateur. Peut-être ne connaissez-vous pas cet étrange instrument, mais je vous invite à checker ça sur Youtube, car il y a vraiment un coté magique dans cette drôle de machine. L'excellent groupe Fishbone, l'utilise également sur scène. Vous avez surement déjà du entendre son son si particulier dans certains vieux films sur les extra terrestres. Fait étrange, le groupe joue complètement dans le noir. Seule une petite lampe de bureau qui traine, fournit l'unique source de lumière. OK, la salle ne dispose pas d'un vrai système de lights, mais à la limite, allumer simplement les plafonniers serait déjà pas mal. Bon, c'est peut-être un choix artistique de leur part, mais en tout cas nous, nous ne jouerons pas comme ça. A noter, un fait amusant, le chanteur ressemble étrangement à un mélange entre Julian Casablancas des Strokes et Howard Wolowitz (personnage de la série The Big Bang Theory).

Il a donc péniblement une quinzaine de personne dans la salle dont nous. Au bout de trois chansons, plus que dix ; au bout de cinq chansons, plus que sept et à la fin du concert plus que nous. Ouah. ça calme. c'est la folie ce soir !! Je me sens complètement démotivé. Tout ce travail, toute cette énergie dépensée, tous ces mails échangés, pour ça. Jouer à 1500km de chez moi, pendant 45min, dans un rade qui fermerait ses portes au moindre contrôle d'hygiène, devant cinq pélos, ce n'est clairement pas ça que l'on cherche quand on monte une tournée. Est-ce que tout ça en vaut la peine ? C'est donc, un peu déprimé que je branche mon matos. Histoire d'en rajouter une couche, mon ampli déconne. Excellent. Au final, c'était moi qui déconnais puisque j'avais oublié d'alimenter une pédale. Billy, toujours positif dans ces moments essaie tout de même de me motiver. On joue avant tout pour nous. Il a raison. Les premières notes de The Ones retentissent et les quelques jeunes qui trainaient dans le bar commencent à pointer le bout de leurs nez et deviennent complètement hystériques. Mais c'est quoi ce délire ? Qu'est-ce qui se passe les mecs là ? Les mecs se mettent torse nu, les nanas dandinent des fesses et crient comme des folles (à moins que ce ne soit l'inverse), on dirait qu'ils sont en train de regarder Metallica. Le sourire revient sur nos visages. Ils ne sont pas très nombreux mais au moins ont l'air vraiment de prendre leur pied. Puis soudain au milieu du set, pendant le sample d'intro de Z, la salle se vide. Mais quand je dis, se vider, c'est se vider vraiment. Pendant trois minutes, nous nous retrouvons complètement seuls à jouer. Non mais on est où là les mecs ? C'est complètement hallucinant. Ce public est vraiment différent. Puis au bout de quelques minutes, ils reviennent. Une bière à la main, une odeur de bédo flottante, on comprend ce qu'ils ont été faire. Mais leur motivation n'est pas retombée pour autant et repart même de plus bel. Les filles montent sur les épaules des gars, la transpiration coule, bref, tout le monde s'amuse, nous y compris. Fin de concert dans la fosse comme le veut notre tradition. L'hystérie des nanas est à son paroxysme et l'un des mecs à moitié à poil vient me voir pour me demander "can I play smell like teen spirit with you ? I can play the drums ! I can do it ! Please !" "heu. ouai. je sais pas trop. Vois avec le batteur." Alex, le mec en question arrive à convaincre Billy de jouer sur sa magnifique DW. Perso, je pense que je n'aurai pas accepté, vu l'état d'excitation du gus, mais pourquoi pas finalement. Comme à peu prêt 90 % des guitaristes de ma génération sur cette planète, j'ai appris la guitare notamment avec les riffs inspirés et simples de Cobain, j'avais donc un vague souvenir du morceau et nous voilà en train de massacrer ce classique du Grunge. Le bougre tape fort, mais mal. Vraiment mal. Trop vite et pas en rythme. Moi je suis accordé 1 ton plus bas que le titre original et le résultat ne ressemble vraiment à rien. Kurt, si tu as vu ça de là haut, pardonne moi.

Au final, ces p'tits jeunes ont fini leur soirée sur un titre qu'ils connaissent et ça avait l'air de leur suffire. Indulgent le jeune local. On descend de scène discuter un peu avec eux et vous savez quoi ? La moitié du public n'était même pas Tchèque ! En fait, ils étaient pour la plupart russes. Il y a une forte communauté russe en République Tchèque. Ils s'éclatent à prendre des photos avec nous comme si nous étions de pires rock star, c'est très marrant. Pas de merch' pour ce soir, faut pas rêver non plus, haha, et nous repartons péniblement avec 28 malheureux Euros de doordeal. 28 putain d'Euro, même pas de quoi faire un quart de plein de diesel. Surtout que la monnaie locale est vraiment très faible par rapport à la notre (environ 25 fois moins) et qu'avec tous ces billets en main, t'as pourtant l'impression d'être le roi du pétrole. Nous rentrons dormir chez Radek, l'un des membres du groupe local qui habite à Prague. Ca fait un peu de route, mais au moins nous serons déjà sur place pour le lendemain et pourrons profiter pleinement de notre journée de tourisme. Un petit tour sur Facebook pour admirer les magnifiques photos de notre ami Bartosch de la soirée acoustique (mon Dieu que vous étiez beaux les amis !), checker les mails et au dodo.

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Publié le 18/05/2012 à 01:57
Édité le 18/05/2012 à 02:00

Los Disidentes del Sucio Motel Tour #3

La valise est prête, mon chat a de quoi se nourrir pour quelques jours, la maison est sécurisée, c'est parti pour l'avalage d'asphalte. Cette fois c'est BGB, appelé aussi Bitchy Billy de venir me chercher. Nous rejoignons les autres chez Johnny. Il nous reste encore quelques détails à la con à régler, du genre, trouver un petit de câble HDMI pour faire marcher la tablette de Gets sur l'écran du van. Décidément, ces câbles. Missions qui a lamentablement échouée, car ni Gets, ni Sonny n'ont réussi à trouver ce putain de câble de merde ! Déjà qu'on avait pété le précédent, nous sommes maudits. Sonny avait donc pour mission de repasser au studio récupérer quelques vinyles 45 tours de notre split avec Plus Guest, sorti en 2008 et de passer dans un supermarché avant de nous rejoindre. Nous sommes tous là, sauf lui. Bon 15min de retard, ça arrive, mais 30, ça commence à devenir inquiétant. Et pour cause, un sms arrive. "Me suis fait arrêter par les flics. Contrôle de routine". Contrôle de routine, mes fesses !! 4 cowboys dont le QI cumulé ne devait pas dépasser celui d'une huitre, lui ont fait la totale, ou presque. En dehors de la fouille anale, le pauvre Sonny a tout eu ! Délit de sale gueule, accusations gratuites, contrôle de l'intégralité du véhicule, tentative d'intimidation et de déstabilisation. incroyable. Demandez-lui de vous raconter tout ça, vous allez halluciner. Pourtant, nous avons montré à moult reprises que nous n'avions rien contre les uniformes hein, mais là, c'était juste abusif. C'est donc avec quasiment une heure de retard et quelque peu écœurés que nous prenons la route vers l'Allemagne.

Nous jouons ce soir au Raum2 à Neu Tramm près de Dannenberg. C'est la deuxième fois que nous y allons. La première, nous avions eu la brillante idée de nous y rendre le jour du passage de Castor, le convoi nucléaire qui a traversé une bonne partie de l'Europe. Nous étions avec nos amis Niçois des Water Pipe Cult pour un mini tour ensemble. Il faut savoir que les gens qui vivent au Raum2 forment un peu comme une sorte de communauté hippie, d'artistes engagés, anti nucléaires, anti fachos et anti capitalisme, qui vivent un peu au jour le jour en fabricant leur propre nourriture et suivent leur propre rythme de vie. Ils organisent très régulièrement des concerts dans leur grand ensemble de bâtiments désaffectés et bossent actuellement sur une grande expo d'art contemporain DIY et un projet de restaurant végétarien (forcément...). Maintenant que vous voyez un peu à qui nous avons à faire, vous vous doutez bien que l'idée de voir passer un convoi nucléaire dans leur ville ne les faisait pas marrer ! Il y avait ce jour là, une véritable guerre civile et nous étions littéralement piégés au beau milieu ! Outre le fait que le concert fut annulé, toutes les routes étaient bloquées et l'armée était partout. Impossible de quitter les lieux pour rentrer en France. Je vous laisse imaginer le décor entre mottes de foin qui crament, blindés militaires et manifestants à capuches. Enfin, bon j'aurai du vous écrire tout ça dans un autre report. Bref, nous étions donc de retour ! Back to Raum2, motivés et prêts à envoyer le pâté. On dirait que nous choisissons vraiment toujours très bien nos jours pour venir dans ce rade, car aujourd'hui c'est l'élection du président de l'asso'. Jour très important apparemment, puisque tous les membres sont là et que Marco, notre hôte, nous dit que tous les ans, une fête est organisée à cette occase, qui ramène 300 personnes. Yes, cool ça ! Un magicien a même été convié pour un petit spectacle d'interlude entre l'élection et notre concert. Grosse bouffe à la fraiche, sous le soleil couchant à base de gnocchis et salade composée maison, à l'ail des ours. une pure merveille. Et ce pain !! Bordel !! Un vrai pain fabriqué sur place dans un grand four traditionnel. J'en bave encore. Pour le moment, pas grand-chose à redire sur cet accueil chaleureux. Le lieu est vraiment très roots, mais tout est là pour assurer un minimum de confort. Des matelas pour tout le monde, de l'eau, de l'électricité, à manger, à boire, bon. L'élection se passe, les membres ont l'air super chauds et apprécient aussi le petit spectacle d'illusionnisme. Perso j'ai rien vu, trop occupé avec Sonny à repérer le trajet du lendemain vers la République Tchèque, car notre GPS n'avait pas la carte du pays et à prendre des clichés de White Vader, notre nouvelle mascotte. Vous verrez les photos.

Il est 23h et y a personne. C'est un peu l'hallu'. Où sont les 300 personnes ? L'ambiance est clairement retombée, c'est assez bizarre. L'endroit n'est pas non plus désert, mais les quelques personnes présentes n'ont vraiment pas l'air d'être intéressés par ce qu'on s'apprête à leur proposer. Ils sont posés là, au bar ou autour de baby-foot, pendant que nous branchons les guitares. Une dizaine de personnes font quand même l'effort de venir devant et ont l'air d'apprécier, mais qu'il est dur de jouer dans une ambiance pareille. Nous déroulons le set, sans trop de conviction, je dois l'avouer. Disons que nous faisons le job quoi. Nous quittons la scène et nous posons en backstage pépère descendre quelques bières et soda à l'orange bio. Marco vient nous voir et s'excuse du manque d'affluence et de l'attitude pourrave de ses potes. Pas grand-chose à dire, c'est comme ça, ça arrive. Une nana vient quand même nous voir quelques minutes plus tard et nous supplie de rejouer car elle est arrivée trop tard et n'a vu que les dix dernières minutes. "Hummm, ok but, only if you can motivate all the others to come". Ouais bon, pour ça on repassera aussi hein. On remonte sur scène, le DJ (très mauvais au passage) nous laisse la table de mix, mais personne ne s'occupe de gérer notre son. C'est le shérif qui s'en charge. Nous ne rejouons au final que deux titres, car nous nous faisons littéralement virer de scène par le DJ qui profite de l'absence de Rudo revenu sur scène pour reprendre possession de la console. Bon, allez, laisse tomber, c'est pas le jour pour envoyer du Rock c'est tout. Pourtant, je précise que Billy avait l'effort de remonter sur scène. en slip !! Mais ça n'a pas suffit on dirait. Pourtant dans certaines villes de France, ça aurait fait son effet !
On finit la soirée tranquillement en nous baladant entre les différentes salles d'expo de l'atelier d'art et allons nous coucher avec les boules quiès, nos sauveuses car décidément ce DJ est vraiment nul.

Le réveil du lendemain se fait un peu dans la douleur car l'un de nous, dont je ne citerai pas le nom, n'a pas arrêté de couper du bois avec son nez. Nous avons 6h théorique de route aujourd'hui, il ne faut pas trop trainer. Douche à l'italienne (= Déodorant et eau froide sur le visage) comme disent nos potes des Flashfalcon (pourquoi à l'Italienne d'ailleurs, ces gens sont pourtant réputés pour être extrêmement coquets. ?), gros petit déj' délicieux, toujours avec cet excellent pain et ces produits home-made et nous voilà en train de recharger le Master pour la 3ème fois. Un hug à l'américaine avec notre ami Marco, le temps pour Sonny d'oublier le road book (hum hum hum bravo.) et nous voilà sur la route, direction, une contrée encore inconnue pour nous : la République Tchèque.

par Francky Maverick pour Los Disidentes del Sucio Motel

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Publié le 13/05/2012 à 17:37
Édité le 14/05/2012 à 15:39

Los Disidentes del Sucio Motel Tour #2

13h, ouah déjà ! Nan mais j'avance un peu. C'est avec une bonne tête dans le cul que je me lève. Ce soir, on joue au Mudd Club en centre ville de Stras' City. La concurrence va être très rude, car d'un coté, la Laiterie organise une soirée "Scène d'ici" sur laquelle de nombreux excellents groupes jouent, dont pas mal de potes, une autre au Molodoï avec d'autres groupes locaux et un match de roller derby. Pas question d'annuler pour autant, vis-à-vis du bar qui nous soutient depuis leur ouverture. Nous jouons ce soir avec the Pokals, nouveau groupe d'un copain batteur. Après une mission impossible de type "câble VGA" de dernière les fagots pour dépanner les copines du roller derby, j'arrive en ville hyper en retard. Les autres ont déjà tout déchargé et sont même à la quête de bouffe. Nom de Dieu, il est déjà 20h, j'ai l'impression de n'avoir strictement rien foutu. Le rythme de vie de tournée, se prend très vite et bien que très fatigante, la vie s'écoule à une vitesse hallucinante. Quand tu tournes, tu rentres dans un espace temps complètement à part. Déjà tes journées ne commencent pas avant 11h. Petit déj, douche quand c'est possible, puis tu roules. Longtemps. Parfois très longtemps. Et quand tu arrives sur place, il est déjà au moins 18h. Balances, bouffe et c'est déjà l'heure d'envoyer le gras. Du coup t'as vraiment l'impression de n'avoir bien branlé de ta journée.

Drôle de sensation d'ailleurs que d'avoir ce rythme de vie si particulier dans ta propre ville. Cela ne nous arrive pas souvent, car en général, Strasbourg est soit notre ville de départ, soit celle d'arrivée pour des raisons économiques et pratiques. Bref. Ce soir on ne s'attend pas à avoir grand monde et c'est un peu le cas à 21h, car les entrées se font rares. Bon. On va faire avec, ce n'est pas bien grave. Comme le disent les paroles de Brotherhood "just for one man, or for a thousand people, we play the same, it's always fun for all. Les Pokals terminent leur show devant un public qui commence à venir petit à petit. N'ayant pas participé au déchargement du van, je suis un peu paumé sur où ce trouve mon matos, mais j'ai une confiance aveugle en mes partenaires, en générale il ne manque jamais rien. La configuration scénique d'hier a bien marché, alors on continue comme ça. Les fans habituels sont là (comment font-ils pour éprouver encore du plaisir à nous revoir après autant de fois ? hahaha ! C'est tout bonnement génial ! Merci à eux, ils se reconnaîtront). De nouvelles têtes également qui font tout autant plaisir. Nous avons l'impression que notre date avec les Crucified Barbara, nous a ouvert un nouveau public. Peut-être un peu plus vieux et plus Metal. Au final, le caveau est plein et l'ambiance est déjà bien chaude, dès les premières notes de "The ones". Nous aimons ce titre pour démarrer le set car il envoi bien tout droit et vite tout de suite. Les murs commencent à transpirer avec nous. Il fait chaud, très chaud, c'est étouffant. Certains ont peut-être vu les photos sur facebook, mais je n'avais pas sué comme ça depuis longtemps. C'est bien, ça nous permet d'éliminer toutes les saloperies que nous ingurgitons toute la journée. OK, on boit quelques bières, bien que nous ne soyons pas de grands buveurs dans le groupe, mais qu'est-ce qu'on bouffe aussi comme merdes bourrées de conservateurs et arômes artificiels sur une semaine de tour. Là encore, comme pour l'espace temps, la vie sur la route possède son propre régime alimentaire. Comme tu ne sais jamais si tu vas avoir un bon repas à l'heure habituel, ben tu grignotes un peu tout le temps. Des trucs plus ou moins saints. Des fois, tu manges quand même un fruit, mais le plus souvent, c'est de la bonne vieille imitation de Pépito, ou tout ce qui est Kitkat Ball et autres M&M's. Comme le dit si bien la pub, un Mars et ça repart. Enfin, "repart" c'est un grand mot, disons que ça te cale pour 1h ou 2 avant l'arrivée sur place, où t'as 9 chances sur 10 d'enchainer avec du sandwich charcutaille. Donc tu manges quand tu peux, et tu prends ce qu'il y a. C'est pas le moment de faire son difficile. A noter tout de même que depuis quelques dates, nous sommes très agréablement surpris par la qualité des repas du soir qu'on nous sert.

Revenons à notre sujet initial, le concert. Le set tourne bien ce soir, il faut dire que quand le public est motivé, l'énergie qui circule nous donne souvent des ailes. Fin de set, mais les gens en veulent plus. Problème c'est que je me suis pété la gueule, sur le dernier morceau après avoir fait le con avec le public et que du coup je n'ai plus son. Je n'aime pas ça. Mon ampli est vieux et il est déjà tombé 2 fois en panne. Mais là, ça ressemble plus à un problème de jack. Les gens insistent pour un dernier titre. Alors je balance "OK. Si vous criez plus fort, on joue un nouveau morceau", "OUAAIIIIIIIIS !!!!". Excellent. C'est là que je vois la tronche de mes compères, les yeux écarquillés. "Mais tu veux qu'on joue quoi ?". Il est vrai, qu'avec la préparation de la soirée acoustique, nous avons complètement mis de coté l'électrique et il faut savoir que le passage au studio Cube, nous a un peu chamboulé nos nouvelles chansons et nous devons presque réapprendre à les jouer tellement nous y avons apporté de modifs sur place. "On se fait un petit "Kraken" ?". OK ! "Kraken" est une nouvelle chanson, peut-être la plus lourde que nous ayons écrite avec Ouija. Nous aimons ce titre car il possède une dimension épique pirate. Malheureusement, le temps que je résolve mon problème de son, une partie de salle a déjà filé à la Laiterie pour voir la fin des concerts. On comprend ça, vu que nous avons prévu d'en faire de même ! Dans un sens, ça n'est pas plus mal car nous voulions garder la surprise pour la sortie de l'album. On recharge vite le camtar en sifflotant la mélodie pirate du titre (vous ne pourrez pas vous empêchez d'en faire autant, quand vous l'aurez écouté ) direction la Laiterie pour voir au moins le set d'Hermetic Delight. Les amis Atef et Zeynep qui avaient joué avec nous 2 jours auparavant à la soirée de l'IURRS III se donnent à fond et je découvre enfin leur musique pop à la Cure, électrique, bordélique et atmosphérique. C'est vraiment cool, je kiffe.
On discute dehors avec tout le "gratin" de la scène locale. Les retours sur la soirée acoustique de jeudi sont nombreux et arrivent de tout horizon. C'est tout bonnement super. A priori les gens du public ont autant kiffé que nous sur scène. Les deux bluesmen du moment à Strasbourg, en les personnes de Dirty Deep et Thomas Schoeffler JR, nous motivent pour une dernière pinte de Guinness au Nelson pub. Bon OK, mais juste une alors ! Nom de Dieu, il est déjà 3h15. pfff ça commence bien cette tournée. Un petit câlin à mon petit chat et au pieu ! Demain, c'est pénard, day-off.

Je vous passe bien sur ma journée de dimanche qui n'a consisté qu'en une glande phénoménale entre mon lit, le ménage, mon ordi, ma quête pour délivrer cette conne de Zelda et un film assez mauvais sur une bande de super héros en collants et d'une bonnasse au visage figé en mode duck face pendant 2h au ciné avec des potes.

c'était Francky Maverick pour les Los Disidentes del Sucio Motel. A demain pour la suite... Ou plus tôt. Ou plus tard... who knows ?;-)

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Publié le 13/05/2012 à 04:18
Édité le 13/05/2012 à 04:28

Los Disidentes del Sucio Motel Tour #1

03 Mai 2012, il est 13h44. Nous sommes 6 dans un van Renault Master vert étincelant. A ma gauche, la route ; à ma droite 2 mec jouent à "Left for dead" sur XboX et se prennent la tête sur qui passe le premier ; devant, le chauffeur, Rayban sur le nez, concentré; à coté de lui 2 autres gusses, l'un rédige des mails, pendant que l'autre lit un recueil d'interviews de Freddie Mercury. Il fait beau et chaud, malgré les estimations initiales de Météo France, tout avec du Queen dans les tuyaux. Tuer du zombie, sur un tel fond sonore, ça n'a pas de prix. Nous avons dormis 5h cette nuit, après un trajet Prague - Strasbourg nocturne et c'est dans ces conditions que je vais tenter de vous faire partager notre vie en tournée.

Nous sommes tout d'abord partis le 27 avril, lendemain d'une soirée extraordinaire avec l'International Unpluged Rock n' Roll Socitety à la Laiterie (Strasbourg) qui nous laisse encore des étincelles dans les yeux lorsque nous en parlons. Nous avons bossé toute la journée du lendemain pour la plupart d'entre nous. Un boulot qui ne nous passionne pas vraiment, mais qui a l'avantage de nous assurer un confort matériel et de vivre notre passion sans précarité tout en nous donnant quand même le sentiment d'être utiles à la société. 18h30, je passe chercher Billy à son taf et nous traçons retrouver le reste de la troupe pour partir pour Nancy au départ du Super U de Brumath, l'un de nos points de rdv fétiches. Nous jouons ce soir au 915Kafé. Nouvel établissement de la ville ouvert fin d'année dernière et sur lesquels les retours sont unanimement positifs. 2h de route environ pour arriver sur Nancy et 30min de plus rien que pour se garer. On ne connaît que trop bien cette situation. Vous savez, celle qui consiste à parquer un van de 4m de long dans une petite rue à sens unique en plein centre ville. en travaux bien entendu. 3 tours de quartier plus tard, on arrive à se poser devant le bar où Julien vient nous accueillir avec un grand sourire. Nous commençons à décharger le matos pour la première fois. Ce soir, c'est cool, on joue avec A Very Sad Story, groupe de metal local aux sonorités entre Black Label Society et Crowbar bien groovy et lourd, qui nous prête une bonne partie du backline. Petit tour très rapide des lieux et on nous emmène dans un excellent resto de gastronomie de République Dominicaine. Apéro, puis plat unique pour tout le monde, mais la bouffe est tout bonnement excellente et le service plus qu'agréable ! Voilà une très bonne entrée en matière pour cette soirée. L'estomac bien rempli, on retourne à la salle regarder le set d'AVSS. Le son est vraiment bon. Ca joue fort et bien ! Petite pinte d'Affligem fruits rouges bien fraiche et c'est parti pour la première date du tour. Ce soir, nous tentons notre nouvelle disposition de scène. Bobby et moi avons interverti nos places, tandis que Sonny passe clairement en front. Cela nous a paru plus logique, vu l'évolution vocale du groupe sur nos derniers morceaux. En effet, Sonny et moi, sommes désormais plus des chants lead, tandis que Bobby a plus un rôle de backing vocal musclé. Espérons que cette décision soit la bonne.

Des amies et amis ont fait le déplacement ce soir et ça fait toujours plaisir à voir, notamment les Wheelfall, The Nunchaks et les Pretty Deadly. La scène est assez grande, il y a de la place pour le matos, le volume sonore est bon et l'affluence est là ! Déjà une bonne centaine de personnes sont prêtes à se prendre du gros son dans la face avec motivation. Il y a même des gens dans l'escalier qui monte sur la petite mezzanine au dessus de la scène. Yeah plutôt sympa comme config' de salle. 4 coups de charley, et c'est parti pour 45 minutes de stoner rock bien burné. Depuis quelques concerts, nous tournons sur une setlist option pot-pourri de tout ce que nous avons pu enregistrer depuis 4 ans. Des titres de Soundtrack from the motion pictures, du split vinyle East side story et du prochain album à venir. Il commence à faire chaud sur scène et dans le public. On aperçoit des têtes bouger, des cheveux voler et certains se risquent à chanter un peu de yahourt lyrics. "Vous aimez les Beatles ici ?", " . ", "Ok, vous êtes plus Black Sab' je pense", "OUAAAIIIIIS !!!", "Tant pis pour vous, on va la jouer quand même". Fin de set bien énergique et au final, si, ils aimaient bien les Beatles. Comme d'hab !

On glande un peu autour du merch. Ce soir ça vend bien. On écoule les derniers exemplaires du split de notre première livraison. Bordel, mais comment on va tenir jusqu'à Paris ? Est-ce qu'on sera bien livrés à temps chez Mathieu Yassef ? Tant pis, on vend nos propres exemplaires et on improvisera après. Là-dessus on a vraiment merdé ! Partir en tournée pour défendre un split, et n'en avoir presque pas à vendre. PARFAIT ! Chargement du camion, quelques derniers verres et dédicaces d'affiches avec l'équipe des lieux (super sympa!!!) et nous traçons vers Strasbourg, car demain, on joue à la maison !! Il est 4h30 du mat' je me pieute. Bonne nuit.

c'était Francky Maverick pour les Los Disidentes del Sucio Motel. A demain pour la suite...

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Publié le 29/10/2009 à 12:52
Édité le 29/10/2009 à 12:52

Paperback Freud : l'instant suédois

Om Freuds teori stämmer och om det medvetna är konsekvensen av försakandet av våra begär så måste ju Paperback Freud vara totalt omedvetna. Den glödheta high-energi(drink)- rocken som de levererar låter verkligen inte som om den kom från ett band med förträngda lustar. Tvärtom!
En groovy och karismatisk "Bogie rock" som uppvärmning, låt gitarrsträngarna mjukna upp, lite inandning och så riffar vi i gång!
Med de renaste rock'n roll melodierna och med refränger bebodda av rockens Gudar så har bandet proppat sina boots med allt vad det har och det svänger! Detta är byggt i granit för att spelas live!
Låt nummer två är "Hound dog" och gasverksarbetarna från kyliga trakter gör det igen! En oavbruten energi, kortfattade och avskalade låtar, fast skrämmande effektiva. Grabbarna gör vad de vill och det funkar hela tiden! Galet!
Mördarsolon och takterna är inbäddade i ett monstertempo! Paperback Freud uppfinner inte stilen men förnyar den med en otrolig stil!
Är det slut med Hellacopters? Det gör inget eftersom Longfellow Deeds Records har grävt fram deras efterträdare; i klarspråk är "Paperback på plats" som en viss punkare från Bruyères City skulle uttrycka det.
Skivans tredje spår behöver inte recenseras eftersom titeln lyder "High speed rock'n roll". Såja. Inget överflödigt.

Man får för sig att detta är ett förbannat skojigt gäng, men på varje låt hävdar svenskarna deras kärlek för tuffa gitarrer och brinnande rockmelodier. AC/DC får äntligen möjligheten att pensionera sig i lugn och ro.
Låtarna radas upp och efterliknar varandra ja, men samtidigt är det vad man vill ha! Man vill inte att bandet avviker från sitt recept av helt obehindrad och njutningsbar rock'n roll!
Nordmännen tar sig också ett par turer ner i kolgruvan ("My frequency", "Straight out of Moscow") och kanske i vissa stycken tar de till lite enkla knep, kanske man kan få för sig att man har hört det förr, fast å andra sidan tillhör ju detta själva musikstilen.
Albumets effektiva kraft överträffar allt annat och skivan får en helt enkelt att vilja kliva upp på vardagsrummets soffbord och ge sig in i en hair-guitar-solo.

Rock'n roll dude!


Backbone Bob / Eurosouthernrockers

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Publié le 20/10/2009 à 01:51
Édité le 20/10/2009 à 01:51

Kronik Express #1 : Pearl Jam - Backspacer

Pearl Jam - Backspacer Cover A pochette franchement pas terrible du tout, album. euh ben pas terrible du tout. Bon d'accord, ça c'était surtout pour balancer un peu sur les intouchables que sont tonton Eddie, cousin Gossard et consorts. N'empêche que sur "Gonna see my friend" ou "Got some", les deux premiers titres de Backspacer, il n'y pas vraiment de quoi s'extasier pendant des heures. C'est du rock classieux, mâtiné de grunge bien poussiéreux, certes bien sympathique au demeurant mais c'est à peu près tout. Et pas vraiment mieux (sinon pire) lorsque le groupe sacrifie au traditionnel exercice du single radiophonique et bien calibré pour les masses ("The fixer"). Lourdingue au début, bien agaçant dès la troisième écoute. Passée cette entrée en matière très quelconque, on espère encore quelque chose, un éclair de génie qui emballerait l'album et l'emmènerait dans des sphères voisines de Vs, Ten ou Vitalogy, du Pearl Jam quoi. Mais rien ne vient. Les titres s'enchaînent (un "Johnny Guitar" chiant, un "Just breathe" un peu guimauve et un "Amongst the waves" quand même plutôt agréable...) et si on ne s'endort pas tout de suite, la torpeur qui nous gagne peu à peu n'annonce rien de bien explosif pour le final. Ben, là au moins, là le groupe ne nous déçoit pas car il continue dans la même voie, soigne ses mélodies ("Unthought known", voire à la limite "Force of nature") ou pas ("Supersonic", "Speed of sound") et s'approche doucement de la pré-retraite. Parce que là, au bout d'une dizaine de titres, il y a un truc qui cloche. Pearl Jam joue avec le frein à main et a vraisemblablement oublié d'enlever la sourdine. Son Backspacer manque cruellement de c... aractère et on n'est pas loin de s'ennuyer ferme. D'ailleurs, s'il n'était pas signé Pearl Jam qui nous dit que ce disque ne serait pas passé complètement inaperçu ? Verdict : un album pas franchement dégueu mais certainement pas transcendant. Aussitôt écouté, aussitôt oublié.

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Publié le 05/07/2008 à 14:41
Édité le 05/07/2008 à 14:41

Empyr - The Peaceful riot (une chronique au M16)

Samedi 6 juillet, 13h pour être précis, un peu excitant challenge s'impose à (The), soit regarder le journal de TF1 pour être définitivement transformé en zombie décérébré à la solde des annonceurs publicitaires, soit écouter le fameux album d'Empyr sans craquer en cours de route (dur...). Evidemment, le choix est cornélien, mais après ça, on pourra se dire qu'on peut résister à tout. C'est donc en mode commando G.I Joe en opération d'entraînement au coeur de la jungle amazonienne qu'on appuie sur "play". "God is my lover" débute le massacre (déjà fallait oser le titre) : chant plutôt honnête, intro correcte, guitares qui se dégourdissent les cordes, mélodies ultra-radiophoniques et puis... ? Ben rien, le néant. Beyrouth après bombardements. Refrains plaintifs même que t'as envie de baillonner le chanteur pour qu'il s'arrête de geindre, guitares fainéantes, titre calibré pour exciter les pré-adolescentes (essayons de ne pas être vulgaire hein...) et qui n'a d'autre prétention artistique que... Euh, finalement oublions, les prétentions artistiques, le groupe a apparemment banni cette "notion" de son vocabulaire. Déjà passablement agacé, on passe à "New day".
Début ultra-poussif, guitares qui essaient de montrer les dents, une petite poussée de fièvre métallique avec un chanteur qui tente de gueuler pour faire "néo-metal like", certes on a déjà entendu pire (Vegastar ?), mais après deux titres, difficile de se dire qu'il faut encore tenir dix morceaux à ce rythme. Mais un peu de patience, le pire est à venir (si si c'est possible). Car après deux/trois premiers titres en carton-pâte, le groupe a le mérite de nous faire voyager. Quittant la peu accueillante jungle amazonienne pour l'aride et glaciale Sibérie, le groupe nous inflige "Birth" puis "Tonight". En gros du Kyo vener. Mais bon, du Kyo même vener, ça reste de la grosse soupasse qui fait penser qu'on préfèrerait se les pêler au fin fond de la Sibérie plutôt que d'avoir à subir la suite. Petit refrain punk-rock qui nous font regretter Sum 41 (oui... à ce point...), lignes de guitares Casio (comme le jouet pour enfant de moins de 5 ans avec les couleurs pour simuler les accords), chant à peine supportable (quand on est dans d'excellentes dispositions) ou à se fendre le crâne contre un mur en béton (après une sale journée de boulot), sans mauvaise foi, c'est vraiment dur... et on n'est pas encore à la moitié de l'album. C'est donc avec deux boîtes de Prozac et trois cachets de Tranxene qu'on attaque la suite. Et là surprise : un bon titre (??!!). Quoi ? Euh il n'y aurait pas comme un bug dans la matrice là ? Après vérification, Empyr a effectivement commis "Water Lily". Et même avec beaucoup de méchanceté gratuite (c'est l'idée de cette chronique, reconnaissons-le...), le morceau est bon. Sans une once d'ironie pour une fois. Electro-nu-rock évidemment un peu inspiré (ok beaucoup) par Team Sleep, riffs saignants, arrangements percutants et mélodies vénéneuses, le groupe expérimente ce que l'on appelle communément "l'éclair de génie". Profitons-en, ça risque de ne pas durer.
Ce qui est dommage, c'est d'avoir toujours raison aussi facilement, car effectivement, l'état de grâce du groupe (référence à notre cher nabot présidentiel) ne dure pas bien longtemps. Le néo-metal tristement basique d'Empyr reprend ses droits mais se muscle et se laisse à peu près écouter sur "The voice of the lost souls", voire à l'extrême limite sur "Forbidden song" (ok, elle est hardcore la limite...). Parce que pour le reste, c'est un chaos artistique absolu, du genre qui donne envie de prendre une enceinte et de la balancer par la fenêtre ("The one", "The fever"). Poussif, pataud, pompeux, bref, avec plein d'autres adjectifs en "p", on pourrait décrire la douloureuse agonie ("My Empress") qui accompagne la fin de l'écoute attentive (et si pourtant) de "The Peaceful riot". Des mélodies enrobées de ganache et nappées de sucre glace, l'ensemble pourrait se laisser déguster, il est juste sévèrement indigeste. Et si les deux derniers titres "March on" et "Join us" parviennent à s'en sortir avec les honneurs, ça reste insuffisant pour nous remettre l'eau à la bouche. Deux/trois titres honorables et une brouette de compositions boursouflées sinon insupportables, un manque de talent criant que dissimule tant bien que mal une prod quasi irréprochable et un produit calibré pour copiner avec les programmateurs radio (et donc pour cartonner), le premier album d'Empyr en appelle fatalement d'autres (à massacrer au Bazooka... Fatal... Bazooka... sourire crispé). Tant mieux pour eux (et les fossoyeurs de l'industrie du disque), tant pis pour le rock... Alea jacta est (oui c'est rigolo de mettre une citation latine à deux balles à la fin d'une chronique d'Empyr...)

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Publié le 17/08/2007 à 02:02
Édité le 17/08/2007 à 02:02

.:: M(y)TV::. : Episode 3 : Sunshine TV (ou presque...)

L'été, pour les sérivores un peu geeks que nous sommes, c'est un peu comme un automne dans les highlands écossais, autant dire que ça ne rigole pas tous les jours... quand on parvient à voir du jour... Et lorsque vient le moment de percer l'épais manteau nuageux télévisuel qui plane sur nos têtes, ben on a alors l'air un peu con... Pas de grosses séries à l'horizon, même pas de Grey's Anatomy (ou alors des rédiffs sur TF1... youpi. Promis j'arrête avec ça). Mais quand on n'a pas la tarre de vivre dans les highlands (notez au passage que je n'ai, personnellement, rien de spécial contre cette région, c'est tout bêtement tombé sur elle...), ben l'été, c'est plutôt sympa, car outre un soleil de plomb un peu partout (private joke inside), on a également la possibilité de rattraper notre retard en excellentes séries loupées faute de temps... (The Shield à la bourre, c'est un peu la honte quand même) Ou pas.

Dans ce cas, changement de programme, on se met avidement à la recherche de la moindre pépite télévisuelle à se mettre sous le croc... La pêche est parfois bonne, parfois un peu moins... Des fois, on tombe sur une perle aussi... Pas forcément du premier coup d'ailleurs. On tombe ainsi sur Painkiller Jane (arghhh), on retente Heroes (re-arghhhh...), on jette un oeil sur le revival Jurassic Park pour ado-boutonneux décérébrés Primeval (oh mon dieu, vite, la télécommande!!!), Traveler (ah, plutôt pas mal...), Meadowsland et là, c'est le choc : on tombe sur les premières secondes de Jekyll. A première vue, rien d'autre qu'une énième variation sur le thème archi rebattu de l'oeuvre de Stevenson, mais rapidement, on se rend compte qu'on a en face de nouveau un véritable "otni". Un truc sorti tout droit des cerveaux des scénaristes de la BBC qui, encore une fois (ça devient lassant à la fin), nous ponde une mini-série en béton armée... Un scénario retors, un acteur prodigieux et un subtil mais éléctrisant dosage d'humour corrosif, de démons intérieurs et de démence borderline. C'est violent, cru, drôle... jouissif. A ne pas mettre devant n'importe quels yeux... Donc Jekyll on l'a compris, c'est le pied intégral, mais problème, après ça, la descente est brutale, le retour à la réalité, violemment en pleine face... Genre tu viens de passer deux semaines à te faire dorer la pilule à soleil de Malaga, et tu retournes dans ta mégapole à l'urbanité crasse en te disant que lundi, c'est boulot. Pas facile. Du coup, tu te passes un chti épisode de la drôlissime et toujours aussi farfelue Eureka et tu attends l'éclair de génie... Ce petit moment de lucidité absolue où tu comprends que ton salut viendra de chez FX Networks...

Cette même chaîne qui a donné naissance à The Shield il y a six ans et qui depuis à un peu tendance à se chercher avec des demi-réussites un peu sabotées et pas mal vulgaire (Dirt avec l'ex-Friends Courteney Cox dans le rôle de la garce de service) ou des ratages complets scandaleusement voyeuristes (Nip/ tuck et ses pétasses siliconnées de concours). Mais en cet an de grâce 2007, la lumière nous vient de FX Networks avec Damages, l'autre grosse claque, "séries TV" dans la tronche, de cet été. Qui a vu Glenn Close dans la saison 4 de The Shield sait pertinemment que cette grande dame du cinéma, dans un rôle taillé sur mesure de procureur impitoyable et n'hésitant pas à user de tous les moyens, même immoraux, pour parvenir à ses fins, va dominer de toute sa classe une intrigue, tordue, violente et sans concession... Un modèle de précision à la mise en scène frisant le génie de Six Feet Under, quasiment un must instantané... Et finalement, en attendant une rentrée US qui ne s'annonce pas forcément très excitante, on aura quand même eu droit à deux petits bijoux télévisuels estivaux... en attendant la prochaine saga de l'été française sur TF1. Rhoo ça va, si on peut même plus se moquer...

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