Publié le 05/06/2012 à 01:55
Édité le 05/06/2012 à 01:55

Los Disidentes del Sucio Motel Tour #5

Le réveil à Prague se fait sous un soleil radieux, on se croirait en plein été. J'échange quelques mots en anglais avec Radek au sujet de notre passion commune pour le vinyle. Nous nous rendons compte que nous avons la même maladie du the more I get, the more I need. C'est toujours comme ça avec les collectionneurs, une rareté dégotée en attire une autre, qui en attire une autre etc. Tout le monde à la douche et c'est parti pour une putain de vraie journée à la cool dans l'une des plus belles villes d'Europe. La capitale est belle, propre, riche en histoire et en culture. Moi qui m'intéresse un peu à l'architecture, j'en prends plein les mirettes car les bâtiments sont tous très bien entretenus et bourrés de charme. Aller aujourd'hui c'est la fête, on se paye un restau pour manger traditionnel Tchèque. Bon OK, on s'est fait un peu entuber sur le prix, mais faut dire qu'on a mangé sur LA place piège à cons de la ville. Mais bon, un cadre pareil ça se paye. C'est d'ailleurs ici, que nous trouvons un nom débile à notre prochain album : « Schmeck schpäck schneck snake » (des alsaciens pour traduire) ? Oh yes, une statue de Jésus crucifié, on va pouvoir faire une belle photo YMCA ! Oh, des flingues géants suspendus en l'air, voilà qui réjouit Sonny, grand amateur d'armes. Prague est pleine de surprises. Après une petite rincée bien violente qui nous oblige à nous abriter sous une arche où sont déjà regroupées 200 personnes serrées comme des sardines, nous nous rendons au club du soir : Chapeau Rouge. Ce nom français s'explique par la volonté du premier propriétaire, qui voulait monter un cabaret et il pensait que ça faisait plus classe en français. Normal.

Cela faisait longtemps qu'on ne nous l'avait pas fait, mais ce soir on s'appelle los disidentes del SUICIDO motel, puis Los Disidentes del SUICIO motel  suivant les affiches. L'accueil de la patronne n'est pas des plus sympathiques. Tendue la gonzesse. On s'en fout, c'est une release party d'un groupe local ce soir, devrait y avoir un peu de monde. L'endroit est super cool. Un grand bar à l'étage et un grand caveau au sous sol avec une belle petite scène, bien équipée. Marek (ouais, ils aiment bien ce genre de prénom en République Tchèque) le mec qui organise la soirée arrive enfin et me demande si je n'ai pas un problème avec mon portable car il n'a pas réussi à nous joindre. En effet, n'ayant pas de portable perso, je n'utilise que mon portable pro et mon patron nous a sucré le forfait international surement excédé des dépassements et je ne suis donc plus joignable à l'étranger et ça, ça craint. Entre ça et le GPS qui ne connaît pas le pays, on passe pour de vrais loosers à ses yeux et il n'a pas tout à fait tort. Bon au final, on s'en sort toujours, mais c'est vrai que pour le coup, on est un peu passé à coté sur cette tournée pour quelques détails d'orga. Il faut savoir que dans le milieu musical, nous avons une réputation de vrais psychopathes de l'organisation. Vous pourrez demander à d'autres groupes avec qui nous jouons régulièrement, tous vous diront la même chose Les disidentes, c'est des malades. Une vraie entreprise. Nous planifions tout, prévoyons toutes les éventualités et laissons vraiment très peu de place à l'impro. Cela nous vaut souvent de nous faire chambrer par les autres zikos quand nous nous déplaçons, mais au final, ils sont plus admiratifs qu'autre chose car eux n'ont pas forcément ce courage et préfèrent gérer au jour le jour, voire de l'heure à l'heure. Peut-être que c'est eux qui ont raison, mais nous sommes maintenant habitués à fonctionner comme ça. Personnellement j'ai un peu la phobie du risque, j'ai besoin de toujours tout contrôler, donc ça m'arrange bien.

Ce soir, il va falloir kiffer à fond, car une fois le set fini, nous devons tout de suite reprendre la route, car le lendemain, on joue à Paris. Ouais je sais, c'est un peu de la folie de booker 2 dates aussi éloignées, mais ce n'est pas tous les jours qu'on peut jouer à Prague, donc tu prends la date qu'on te propose et tu fermes ta gueule. Tiens ce soir, c'est le tradi' "sandwich/bière" au catering. Bon, on va pas faire nos princesses hein, mais c'est sur que si on avait eu ça tous les jours, je pense qu'on l'aurait eu un peu mauvaise. Il est 21h15 et après avoir réglé ce putain de problème de tom basse qui se cassait la gueule, nous envoyons le bousin. On a bien la patate ce soir et on fait tout pour marquer les esprits du public par une bonne énergie et une communication soutenue avec eux. Un jeune qui était venu discuter avec moi et m'a appris plein de choses intéressantes sur son pays est complètement à donf et a l'air de s'éclater. Le shérif harangue les badauds et motivent les gens à avancer et ça marche plutôt pas mal. La mayonnaise commence à prendre, les têtes bougent et fait toujours agréable pour un musicien, tous les visages ont la banane. Les filles sont jolies, les mecs bourrés, tout le monde se marre, c'est cool. On finit sur une vieille reprise que nous n'avions pas jouée depuis un moment, Walk like an Egyptian, qui fait toujours son effet et permet de finir le set en apothéose. Un peu de merch ce soir, ça fait toujours plaisir et sans même avoir le temps de se poser un peu, nous voilà déjà en train de ranger le backline pour charger le van dans la foulée. Je récupère le cachet de la soirée. Marek me file deux billets de 1000 couronnes, mais pas de miracle, la valeur de cette monnaie n'a pas grimpé en 24h et au final, cela revient à 80 petit Euros. Bon avec le merch', ça devrait suffire à mettre du carburant pour repartir. Un bisou à l'ami Marek (pas trop la tradition dans le pays apparemment.) et nous voilà déjà sur la route. toujours sans GPS bien évidemment. Qu'à cela ne tienne, on masterise littéralement la sortie de Prague malgré un sens de la signalisation proche du zéro dans ce pays.

C'est assez hallucinant, il faut vraiment beaucoup se fier à son sens de l'orientation, que nous avons évidemment ! On n'est pas des meufs ! Je plaisante bien sur (bisous, bisous les filles). C'est parti pour 5h30 de route de nuit, car nous avons choisi de faire escale à Beinheim, petite village d'Alsace où les parents de Gaëtan habitent une grande maison apte à tous nous faire dormir dans des lits. Aaaaah enfin. Et il faut dire que maman Wurtz cuisine divinement bien et nous savons que nous pourrons faire le plein d'énergie et de provision là-bas. Dans le van, ça parle du concert, comme toujours. Il est important de débriefer après chaque concert et de se dire ce qui a été ou pas, car garder ça pour soit n'est jamais bon. Si c'est pour le ressortir vilement, genre deux jours plus tard entre une bière et un coca parce que ça nous a vraiment gonflé que le troisième morceau du set avait été complètement foiré par un chant faux ou une gratte mal accordée, ça ne vaut pas la peine, car il n'y a rien de mieux pour pourrir l'ambiance avant de jouer. Donc on se dit tout, quand c'est bien et quand ça ne l'est pas et tout le monde l'accepte, c'est une très bonne chose.
Pour passer le temps, on se matte l'excellentissime film « Scott Pilgrim VS the world ». Un pur chef d'œuvre de la culture geek sous forme d'univers jeu vidéo incrusté dans la vie réelle d'un ado. Nous avons tous littéralement craqué pour ce film et particulièrement le personnage de Ramona Flowers. Gaaaaahhh. Courrez chopper le DVD, car télécharger, c'est mal. Bon ok. Là il était téléchargé, mais en tournée ça compte pas, on peut pas se balader avec cinquante boitiers DVD sous le bras, déjà qu'on ne prend pas forcément assez de fringues ! Voilà comment tuer agréablement deux heures et on enchaine derrière avec l'un des films cultes d'LDDSM : La classe américaine. Billy en connaît quasiment toutes les répliques par cœur (tout comme bon nombre de films par ailleurs. Ce mec a une capacité invraisemblable à retenir les conneries, c'est dingue). Bien que la vie de Georges Abitbol, l'homme le plus classe du monde, nous passionne tous, Morphée commence à avoir raison de nous et, nous sombrons pour la dernière heure dans un sommeil profond. Seul Bobby et Gaëtan dit "la machine" restent éveillés. Je tiens ici à tirer mon chapeau à Gets pour sa capacité à conduire. Sur des tournées comme ça, il doit rouler à peu près 90% du temps et ne bronche jamais. C'est quand même assez génial d'avoir quelqu'un sur qui compter pour remplir cette tache très ingrate, car d'une part c'est fatiguant et d'autre part, tu es soit frustré parce que tu es le seul qui rate le film, ou qui ne participe pas à la partie de Mario Kart en réseau, ou soit frustré, car tu es le seul qui ne dors pas et que tu te sens vraiment seul au monde. Chapeau rouge bas.

Arrivé en Alsace à 4h30 du mat'. On a bien roulé, grâce au trois Redbull ingurgités par notre chauffeur, ce qui constitue un exploit en soit, tellement ce truc est dégueu' quand même et on se réparti les pieux pour une bonne nuit de sommeil bien méritée. N'oublions pas que nous ne sommes qu'à mi-route. Nom de Dieu, faut l'aimer la musique pour faire tout ça.

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