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Publié le 05/07/2008 à 14:41
Édité le 05/07/2008 à 14:41

Empyr - The Peaceful riot (une chronique au M16)

Samedi 6 juillet, 13h pour être précis, un peu excitant challenge s'impose à (The), soit regarder le journal de TF1 pour être définitivement transformé en zombie décérébré à la solde des annonceurs publicitaires, soit écouter le fameux album d'Empyr sans craquer en cours de route (dur...). Evidemment, le choix est cornélien, mais après ça, on pourra se dire qu'on peut résister à tout. C'est donc en mode commando G.I Joe en opération d'entraînement au coeur de la jungle amazonienne qu'on appuie sur "play". "God is my lover" débute le massacre (déjà fallait oser le titre) : chant plutôt honnête, intro correcte, guitares qui se dégourdissent les cordes, mélodies ultra-radiophoniques et puis... ? Ben rien, le néant. Beyrouth après bombardements. Refrains plaintifs même que t'as envie de baillonner le chanteur pour qu'il s'arrête de geindre, guitares fainéantes, titre calibré pour exciter les pré-adolescentes (essayons de ne pas être vulgaire hein...) et qui n'a d'autre prétention artistique que... Euh, finalement oublions, les prétentions artistiques, le groupe a apparemment banni cette "notion" de son vocabulaire. Déjà passablement agacé, on passe à "New day".
Début ultra-poussif, guitares qui essaient de montrer les dents, une petite poussée de fièvre métallique avec un chanteur qui tente de gueuler pour faire "néo-metal like", certes on a déjà entendu pire (Vegastar ?), mais après deux titres, difficile de se dire qu'il faut encore tenir dix morceaux à ce rythme. Mais un peu de patience, le pire est à venir (si si c'est possible). Car après deux/trois premiers titres en carton-pâte, le groupe a le mérite de nous faire voyager. Quittant la peu accueillante jungle amazonienne pour l'aride et glaciale Sibérie, le groupe nous inflige "Birth" puis "Tonight". En gros du Kyo vener. Mais bon, du Kyo même vener, ça reste de la grosse soupasse qui fait penser qu'on préfèrerait se les pêler au fin fond de la Sibérie plutôt que d'avoir à subir la suite. Petit refrain punk-rock qui nous font regretter Sum 41 (oui... à ce point...), lignes de guitares Casio (comme le jouet pour enfant de moins de 5 ans avec les couleurs pour simuler les accords), chant à peine supportable (quand on est dans d'excellentes dispositions) ou à se fendre le crâne contre un mur en béton (après une sale journée de boulot), sans mauvaise foi, c'est vraiment dur... et on n'est pas encore à la moitié de l'album. C'est donc avec deux boîtes de Prozac et trois cachets de Tranxene qu'on attaque la suite. Et là surprise : un bon titre (??!!). Quoi ? Euh il n'y aurait pas comme un bug dans la matrice là ? Après vérification, Empyr a effectivement commis "Water Lily". Et même avec beaucoup de méchanceté gratuite (c'est l'idée de cette chronique, reconnaissons-le...), le morceau est bon. Sans une once d'ironie pour une fois. Electro-nu-rock évidemment un peu inspiré (ok beaucoup) par Team Sleep, riffs saignants, arrangements percutants et mélodies vénéneuses, le groupe expérimente ce que l'on appelle communément "l'éclair de génie". Profitons-en, ça risque de ne pas durer.
Ce qui est dommage, c'est d'avoir toujours raison aussi facilement, car effectivement, l'état de grâce du groupe (référence à notre cher nabot présidentiel) ne dure pas bien longtemps. Le néo-metal tristement basique d'Empyr reprend ses droits mais se muscle et se laisse à peu près écouter sur "The voice of the lost souls", voire à l'extrême limite sur "Forbidden song" (ok, elle est hardcore la limite...). Parce que pour le reste, c'est un chaos artistique absolu, du genre qui donne envie de prendre une enceinte et de la balancer par la fenêtre ("The one", "The fever"). Poussif, pataud, pompeux, bref, avec plein d'autres adjectifs en "p", on pourrait décrire la douloureuse agonie ("My Empress") qui accompagne la fin de l'écoute attentive (et si pourtant) de "The Peaceful riot". Des mélodies enrobées de ganache et nappées de sucre glace, l'ensemble pourrait se laisser déguster, il est juste sévèrement indigeste. Et si les deux derniers titres "March on" et "Join us" parviennent à s'en sortir avec les honneurs, ça reste insuffisant pour nous remettre l'eau à la bouche. Deux/trois titres honorables et une brouette de compositions boursouflées sinon insupportables, un manque de talent criant que dissimule tant bien que mal une prod quasi irréprochable et un produit calibré pour copiner avec les programmateurs radio (et donc pour cartonner), le premier album d'Empyr en appelle fatalement d'autres (à massacrer au Bazooka... Fatal... Bazooka... sourire crispé). Tant mieux pour eux (et les fossoyeurs de l'industrie du disque), tant pis pour le rock... Alea jacta est (oui c'est rigolo de mettre une citation latine à deux balles à la fin d'une chronique d'Empyr...)

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