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Publié le 25/01/2006 à 14:01
Édité le 25/01/2006 à 14:01

A bullet in the head

Lord of War


afficheAnnée : 2005
Ecrit et réalisé par Andrew Niccol.

Le seigneur de la guerre. En ce monde, un homme sur douze possède une arme, la seule question importante étant selon Yuri Orlov de savoir comment armer les onze autres. C'est par cette affirmation choc que débute le 3e long-métrage du génie Andrew Niccol (déjà responsable de Gattaca, de s1m0ne et du scénario de The Truman Show), un pamphlet violent et cynique qui s'attaque à l'une des racines du mal de notre époque : les armes. Et qui de mieux que Yuri Orlov, le meilleur de ces marchands de mort pour illustrer son propos. Véritable synthèse vivante de ce que sont ces hommes dans la réalité, des marchands ou trafiquant passés maîtres dans l'art de jongler avec les lois internationales comme un enfant de 4 ans avec une boîte de Lego.
Incarné par un Nicolas Cage littéralement habité par son personnage, Orlov est bien évidemment un personnage fictif, on devine aisément qu'il a été inspiré par de nombreux individus existant réellement. Seigneur du billet vert, accro à l'excitation que lui procure son travail et les dangers inhérents à ce type de commerce, Orlov/ Cage n'est en réalité qu'une facette de ce que peut être l'être humain d'aujourd'hui, un être parfois fascinant, parfois abject et qui dispose d'extraordinaire faculté à fermer les yeux devant l'indicible. Mettre son propre sens moral au placard est devenu un art de vivre pour Yuri Orlov, mais il n'est sans doute pas le seul. Derrière un Nicolas Cage "bordeline", qui carbonise la pellicule à lui seul, c'est tout un casting en béton qui dégaine le M16 et explose l'écran, Jared Leto (Vitaly Orlov), Eaomon Walker (Andre Jean-Baptiste Senior), Ethan Hawk (l'inspecteur Jack Valentine) et Bridget Moynahan (Ava Fontaine) en tête...
Réaliste, cynique, et provocant, d'une précision narrative chirurgicale, le propos de Lord of War est d'une effrayante pertinence. Scénariste unanimement reconnu comme brillant (il a également participé au script de Attrape moi si tu peux), Andrew Niccol fait ici preuve d'une rare maestria tant dans sa direction d'acteur que dans sa mise en scène, pleine de tact et de petites originalités visuelles (l'hallucinant plan d'ouverture du film.), ce, de la première à la dernière minute. Les dernières secondes du film étant indispensables pour comprendre toute la force de son propos. Thriller dramatique d'une rare intensité, Lord of War est un film qui en deux heures, nous sort violemment la tête du cocon de naïveté dans lequel on aime à se complaire pour nous mettre face à la triste réalité de notre monde. Un film brillant et qui donne à réfléchir non sans humour, remarquable.

AureliO
January

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