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Zul > Chronique LP / El golpe de la aguja
Que dira-t-on du post-rock dans plusieurs dizaines d'années ? A en écouter aujourd'hui, ce style musical, relativement "récent", me semble intemporel... Certes il semble ne pouvoir s'exprimer qu'après les années alternatives 90 (la musique "rock instrumentale" des années 80 étant très électronique) mais maintenant, quels repères avons-nous ? Quels repères aurons-nous ? Le style évolue perpétuellement avec les mêmes points de départ et malgré des recettes "simples" nous émerveille continuellement... La somptueuse découverte de ce début 2006 n'est autre que Zul, un groupe qui n'existe plus (il a fusionné pour devenir Pupille) et qui avait sorti cet opus en 2001 ! Pourquoi sortir cet album 5 ans après en France ? Parce qu'il le vaut bien (sic) mais également parce que Fred de Basement Apes en a eu la possibilité bien après avoir découvert ce groupe lors d'une tournée ibérique (avec Superstatic Revolution).
Avec 5 ans de retard sur l'Espagne on découvre donc une mine d'or qui a déjà donné toutes ses pépites (mais dont une nouvelle veine est ouverte avec Pupille), Zul est à placer non loin de Godspeed You! Black Emperor et Mogwaï mais avec des titres assez courts (ça tourne autour de 5-6 minutes) et assez peu de samples vocaux (ceux de "Maya Deren" et le chant, improvisé, de "No es una linia recta" sont des exceptions). Les instruments (guitares et batterie devant, tous les autres plus ou moins derrière) sont donc les magiciens de ce El golpe de la aguja, tout en douceur, ils bercent nos esprits et arrosent notre imagination de riffs et d'ambiances chatoyantes. Oxymorant à foison (guitares légères et rythme lourd sur "Maya Deren"), envoyant des élans irrepoussables, sachant se faire plus dur, utilisant les cuivres sur "Txargorri (a Pupille)", décochant des coups de basse ("La estrella del porno jubilada"), combinant piano et murmures ("Me da igual que sea imposible"), imposant sa dynamique ("Nadie se acuerda de Portugal"), Zul nous régale indéfiniment.
Ne faites pas attention aux titres des compositions (les post-rockeurs laissant souvent libre cours à leurs délires dans ce registre), ne faites pas attention au fait que cet album sorte du passé, tournez le dos à vos préjugés et avancez vers l'inconnue de la pochette, Zul dépasse toutes les dimensions et mérite toute ton admiration.
Maya deren: .mp3
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