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Biographie > Zoë makes it burning

Zoë est en perpétuel mouvement, ce n'est pas forcément leur choix mais c'est comme ça... On peut remonter leur origine à Gasoline, un nom qui doit faire tilter la nostalgie des Dunkerquois... Ce groupe arrête ses activités en 1997 mais pas Aldo (chanteur/guitarise), Fred (guitariste) et Jean-Luc (batteur), ils embauchent Guillaume à la basse et c'est parti, le schéma habituel se met en place : démo, concerts, rencontres... Le quatuor s'enrichit d'un percussionniste (Max) et d'un autre chanteur (Xavier, ex-Dee N Dee). Des arrivées puis des départs, celui de Guillaume qui précède celui de Max et enfin celui de Xavier. Retour case départ pour le trio... Aldo cède alors sa place de frontman à Fred et Sébastien devient leur nouveau bassiste. Début 1999, un EP (5 titres) est enregistré, bonne presse, bons concerts, ça continue... Ils vont faire la fête (et quelques concerts) avec Les Hérétiques et Aeons en Allemagne, l'occasion de faire de nouvelles connaissances et pour Aldo de monter un side-project stoner avec Hervé (Loudblast, Aeons, Clearcut, Black Bomb Ä) et Eric (Gaïa). Si ce groupe ne dure pas, il va influencer l'évolution de Zoë qui va accentuer son côté stone-rock... avec l'arrivée d'Eric au poste de bassiste pour remplacer Séb. Ils mettent en boîte 3 titres et font exploser le public venu voir Out, Parabellum, No One Is Innocent, The Datsuns ou Loudblast. En avril 2005, ils enregistrent leur premier album au studio MDB (Villeneuve d'Ascq) avec Laurent (No Flag) et Mathias (Unswabbed). Mais alors qu'ils sont prêts à de nouveau brûler les planches, Jean-Luc quitte l'aventure, il est remplacé par Vince (Cod 69). Aprés avoir été retardé, Make it burning sort avec fracas chez Brennus Records le 29 avril 2006.

Review Festival : Zoë, Sequed'In Rock X

Review Concert : Zoë, Zoë à Gravelines (mai 2009)

Review Concert : Zoë, Make it burning release party

Interview : Zoë, Zoë lève le voile (avril 2013)

Interview : Zoë, Dirty little interview (juill. 2010)

Zoë / Chronique LP > Raise the veil

Zoe - Raise the veil Quatre (longues) années après nous avoir présenté sa Dirty little sister, Zoë "Raise the veil" sur son nouvel album et le moins que l'on puisse dire, c'est que les gaillards n'ont rien perdu de leur sens du riffing et de la mélodie hargneuse.

Si la production a encore été confiée aux bons soins d'Olivier T'Servrancx (Black Bomb A, Monroe est Morte, CrackMind, Glowsun...), la bestiole a ensuite été masterisée par Göran Finnberg (Meshuggah, In Flames, The Haunted...) histoire d'allier la puissance du son live à la propreté et la finesse scandinave. C'est évidemment une réussite, Zoë combinant à merveille belle dose de gras dans ses accords avec soli harmonieux ou rugosité guitaristique avec adiposité rythmique. En deux mots : ça tabasse. La pochette, super classe, entérine l'idée que le groupe ne laisse rien au hasard en ce qui concerne les si importants "à côté" que les musiciens ne gèrent pas forcément (j'émets quand même une légère réserve sur la photo du groupe en mode visage psychédélique dispo dans le digipak). Un quatuor qui s'est également bien entouré pour les titres de l'album puisqu'ils ont enregistré avec quelques amis comme Sam (Drums & Guns) qui répond à Fred sur "Slam dance union", Carl (leur manager mais aussi membre de Dee N Dee) qui renforce "Workie of the despair" ou encore Jex (Spermicide) qui se balade sur "Eternal boy".

Ces guests se fondent dans le moule Zoë et ne vampirisent pas les titres qui laissent donc les wagons bien accrochés au train Raise the veil. Les reliefs sont davantage créés par les variations de tempo soit d'un titre à l'autre (entre un "Dusty truck" ultra nerveux et un "Eternal boy" lancinant) soit à l'intérieur même du morceau ("Slam dance union", "Time is not on my side"...). Et de temps à autre, on est irrémédiablement accroché par un "truc", la mélodie est posée, le morceau est bien en place, on est dedans tranquillement et c'est le moment choisi par les Nordistes pour envoyer l'ingrédient bonus qui nous fait chavirer : ça peut être un beau break avec un solo parfaitement intégré ("Roller coaster blues") comme un passage qui nous envoie au milieu du désert pour une session avec les potes de Josh Homme ("Don't hold my gaze"). Et quand les Zoë multiplient les petites touches, varient les sons et les rythmes, jouent sur les attaques et les relances, on obtient du très lourd comme le génial "Slam dance union" ou l'excellent éponyme "Raise the veil".

Blues crasseux et distordu, stoner massif, rock aux enluminures sudistes, valse avec le diable, on peut appeler la musique de Zoë comme on veut, le résultat est le même, ça swingue, ça pulse, ça groove et surtout ça force le respect parce que quand certains se contentent d'empiler les riffs avec un gros son rocailleux pour être dans la bonne vibe, eux vont bien plus loin, proposant des titres riches fourmillant d'idées qu'on ne se lasse donc pas d'écouter.

Zoë / Chronique LP > Dirty little sister

Zoe - Dirty little sister A toi cher lecteur fidèle (ou non...), on ne saurait que trop te conseiller de te procurer de toute urgence le nouvel album de Zoë. Pourquoi ? Sérieusement, ne pose pas de question, fonce. Casse ton Codevi, vend un rein ou ta belle-mère acariâtre (on ne saurait que trop te conseiller la deuxième solution...), débarrasse-toi de tes actions OL Group (sans déconner t'as vraiment des actions de l'OL ?) mais fais quelque chose... parce que celui-là, il vaut son pesant de cacahuètes et plutôt deux fois qu'une. D'ailleurs, c'est assez simple, ce disque aurait été composé par le trio Josh Homme/Dave Grohl/John Paul Jones (soit Them Crooked Vultures pour les deux cancres au fond), on aurait crié au génie. Bon là ce sont des mecs originaires de Calais et Dunkerque alors forcément c'est moins sexy sur le papier, mais dès que l'on enfourne la galette dans le mange-disques, là, ça turbine. Et ça turbine sec. Mais avant même de parler de musique, on ne peut que s'arrêter au moins quelques instants sur le packaging de l'album, un digisleeve tentaculaire (si si) deluxe avec un look comic-book'n'roll assumé. Au W-Fenec, on appelle ça grande la classe.
Un riff de tueur, un roulement de batterie qui nous colle au fond du fauteuil, un chant bien rocailleux comme il faut et on fonce droit dans le tas, l'hymne "Wanker for life" entame les hostilités, électrise l'assistance et nous met à genou. Dans le genre "pure bombe stoner/heavy rock inflammable", ce premier titre se pose là. Les Zoë sont déjà sur orbite et nous on essaie de suivre. Parfaitement huilée, la mécanique rock des Nordistes peut alors passer la surmultipliée et là, autant dire que ça calme de suite : "Let's get this show on the road", des guitares qui tronçonnent à tout va, un tempo de feu, break atomique, une énergie brute dopée au pack de 12, on ne se pas trop à quoi ces mecs-là carburent mais nous on veut la même chose. Pourquoi ? Mais parce que, ça fonctionne à mort bordel ! Deux titres, deux grenades à fragmentations balancées sans complexe à la face de la scène rock hexagonale et les gaziers enchaînent : "Blue devils", "Keep your noses clean", "Keep on fighting"... des titres gorgés de testostérone, un groove incandescent littéralement addictif et quelques soli de gratte bien sentis (l'excellent "Fat city"), Zoë capte l'essence-même du rock avec un grand R : ce son énorme nappé de stoner caniculaire, de blues rocailleux et de heavy rock hi-energy, le groupe le fait sien.
On a beau chercher l'erreur, l'infime défaut de fabrication, mais bon sang, rien de rien. Pas une poussière pour enrayer la mécanique ou obturer le filtre à air, il a du être écrit quelque part que Dirty little sister se devait d'être une tuerie intégrale. En témoignent notamment les "Shot me down" et autres "Time to take" qui continuent de déboiser les tympans avec une effrayante régularité. On appelle aussi ça être efficace Bro'. Riffing king size, des mélodies brûlantes et enfiévrées, un petit coup de boost speedé, un corps à corps électrique rythmé par une section rythmique qui met tout ce qu'elle a dans le futal, Zoë ne semble plus vouloir s'arrêter et déroule un peu plus la bobine de ce deuxième opus. Le choc est toujours aussi frontal mais on en reprend avec plaisir : "The little white car rescue plan" puis "On the other side of the tracks", autant de brûlots heavy puissants et racés achèvent leur travail de percussion et crament le carburateur avant que le groupe ne conclue sur un dernier titre, plus long qu'à l'accoutumée. "Many roots for one tree", une sorte de long périple aux accords burnés à travers le désert mais toujours gorgé de rock'n'roll pénétrant et brut de décoffrage. Implacable dans son genre. 7 Weeks, Bukowski, Glowsun, Mudweiser... (on s'excuse d'avance pour ceux que l'on oublie), la scène hexagonale tenait déjà de sacrés cadors, mais là, Zoë ne fait rien d'autre que dynamiter sévèrement le studio et s'affirmer comme le nouveau big boss de la catégorie. Respect.

Zoë / Chronique LP > Make it burning

Zoe - Make it burning LP Attention matraquage intensif de fûts, abattage de riffs démentiels et fracassage de rotules en perspective, Zoe et son Make it burning vient pointer le bout de son nez sur le W-Fenec. Décidé à mettre une grosse claque en pleine face des auditeurs, le combo français envoie du bois dès le premier titre de son album, l'éponyme "Make it burning" donc. Guitares puissantes, rythmiques et refrains accrocheurs, Zoe commence plutôt bien mais l'on ne peut alors s'empêcher de penser que le groupe en a encore sous la pédale. Et le groupe de nous donner raison dès le second titre de Make it burning, un "Think today" concentré d'énergie brute et de riffs qui défoncent. Dans le registre heavy/ stoner rock qui déboîte sévère, nos compatriotes ont carrément tout compris et nous serve des titres puissants, rapide et d'une virtuosité rare (écouter le final de "Think today" pour s'en rendre compte). Rien à dire, les gusses maîtrisent leur sujet à la perfection. Peuvent-ils encore repousser les limites? Et bien oui. A peine pense-ton reprendre notre souffle avec un titre un peu plus calme, que Zoe accélère sa cadence, déjà plutôt soutenue (sic...) et nous envoie direct dans les tympans un "People as you are" ou un "Free born man", tous deux, à très haute teneur énergétique. Explosif à souhait et d'une densité hors norme sur l'album, le rock de Zoe, ça doit assurément être un grand moment en live, parce que déjà sur la platine CD, ça fait de beaux dégâts. Riffs incandescents, basse atomique, mélodies d'une efficacité diabolique et refrain à se cogner la tête contre les murs, le groupe se lâche complètement et le fait avec une maîtrise de tous les instants, qui lui permet de mettre un bon coup de frais au beau milieu des combos français revendiquant leur étiquette "rock". Alignant les titres qui fracassent avec "Wise man", "Miss five", les Calaisiens ont débuté en envoyant du gros son qui poutre, ont continué en démontant les cloisons à la main et finiront cet album en attaquant la cave (le très branché Queens of the Stone Age "Bad vibration"). Avalance de riffs caniculaires, une puissance destructrice, une force de frappe sans égal sur la scène heavy rock hexagonale, Zoe vient de frapper avec Make it burning, un très gros coup. On pense tour à tour à Motörhead, Fu Manchu ou QOTSA, sans jamais être nostalgique des grandes heures de ces formations pourtant cultes tant les nordistes savent nous distiller des soli de gratte absolument monstrueux ("Coming down"), le tout avec feeling imparable et un groove électrisant. Décharge d'énergie atomisant les enceintes, rafale en onze coups, tous envoyés au milieu de la cible, Zoe nous livre avec Make it burning une véritable bombe hard rock, éléctrique et foutrement dopée aux hormones. Sans doute l'un des albums rock de l'année... et ce n'est pas le dernier coup de rein du groupe sur "Strike it on" qui viendra dire le contraire. Enorme !