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Yowl
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Rentre-dedans, jouissif, torturé. S'il n'y avait que trois adjectifs pour qualifier ce groupe grenoblois, ça serait ceux là. Ensemble depuis leurs 15 ans (en 1996) l'histoire d'amour des Yowl se poursuit aujourd'hui avec la sortie d'un 6 titres éponyme, de nombreux et bons concerts derrière eux, et surtout un rock impitoyable, frémissant et bien construit, dans la lignée de Sonic Youth, Fugazi ou Virago. Composé de Mike à la batterie, Manu au chant et à la guitare avec Thibaut, Fred à la basse, le groupe joue dans un registre noisy sans faille et qu'il personnifie petit à petit.
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Yowl / Chronique EP > Yowl Maxi
Si tu en as l'occasion, jette donc un coup d'oil sur la pochette, elle t'en dira long sur Yowl : ambiances froides d'un bleu tourmenté, musique à fleur de peau, sons écorchés, jusqu'au bout de soi. La batterie est acharnée, avec des résonances presque métal par endroits, le délire musical est total mais bien structuré (elle est où la période où ça partait dans tous les sens ?) le chanteur vocifère. C'est à la fois rock'n roll et puissant, enjoué et déchirant.
Comme sur scène, lors de leurs prestations où ils s'écartèlent vifs, cette atmosphère se ressent dès la première compo. Ici, les influences sont faciles à retrouver, comme Fugazi et surtout les torturés de Grenoble, Virago. Ainsi le chant aidé d'un micro bidouillé pour des effets radio réussis, font parfois repenser à Premier jour, les paroles mêmes pourraient être les petites soeurs de celles sur Introvertu, l'auteur semblant très portée sur les relations intimes. Ce qui n'empêche en rien un discours très personnel, où chacun pourra essayer de se retrouver. Gros point fort également, la basse très en avant qui donne le ton, bourrine, nous plonge en quelques instants dans leur univers. "Flash" ouvre le Cd, avec son riff pointu et ses breaks caractéristiques. Belle entrée du sax sur cette compo qui ajoute un peu au mystère. Enchaînement avec "Que faire", qui semble plus rapide, titre qui "se reflète dans ma tête", guitares "garage", arrangements et sonorités bien encastrées, coupures qui relancent la tension.ça monte... Sur "Pas question" le malaise est toujours là "il faudra tout foutre en l'air", la voix parlée me semble beaucoup plus personnelle au chanteur, plus adaptée aussi. Ce titre montre bien que le groupe s'est forgé une personnalité propre qu'on retrouve d'ailleurs en concert, où il ne se contente pas d'imiter ses aînés. L'ascension est prenante, difficile de ne pas se crisper. "Encore" car ça fait du bien, "encore à se rentrer-dedans", autre influence avec At The Drive-In sur certaines montées, petits à coups secs de guitares exaspérées à la Sonic Youth, on débouche alors sur "C'est clair". Compo un plus métallique, on se laisse porter par ce souffle glacial, moi ça me fait penser à du Melvins première période. Et finalement arrive ce qui arrive avec "Faut que j'explose" en conclusion. Cris défiguré genre "Scentless appentice" de Nirvana et lamentations damnées des guitares, ça larsène, c'est rapide, ça va dans tous les sens, attention c'est grungisant et noise, c'est crade et on en redemande, "Il faut que j'explose", ouf moi aussi et ça fait du bien.
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