Younghusband - Dissolver L'histoire des Anglais de Younghusband donne beaucoup d'espoir aux jeunes générations de musiciens qui tentent de percer, souvent avec difficulté, la faute à un carnet d'adresses pas très étoffé. Après plusieurs années de galère et un premier EP nommé Crystal E.P sorti en 2011 sur le label shoegaze Sonic Cathedral (Yeti Lane, Lorelle Meets The Obsolete, Odd Nosdam), Euan Hinshelwood, le frontman de la formation londonienne, envoie des démos à Nicolas Vernhes, membre de Deerhunter et producteur plutôt bien côté (Dirty Projectors, Animal Collective, Wild Nothing, Daughter). Comme ça, sans jamais l'avoir rencontré auparavant et surtout en n'ayant aucun budget pour arriver à ses fins ! Le tout paye puisque, séduit par leur style, il s'occupe de la production de leur premier disque Dromes sorti en 2013. Ce dernier leur vaut d'être décrit comme un mélange entre The Jesus & Mary Chain, Yo La Tango et Spacemen 3, entre autres. Rien de moins que ça !

A la fin du mois d'octobre 2015, Dissolver débarque dans les bacs avec une guest-list pas dégueulasse dans ses crédits, jugez plutôt : production et mixage par Geoff Barrow de Portishead et Robert Hampson des Loop et arrangements des cordes (pour 3 morceaux) de Warren Ellis et Nick Cave (tout deux dans Nick Cave And The Bad Seeds). Une équipe dédiée pour un projet de 10 titres dream-pop aux influences psyché-rock dans les guitares, pour un résultat sans réelle prise de risques, proposé par le label ATP Recordings (Tall Firs, The Mars Volta, Fuck Buttons). Car Younghusband joue à fond la carte de la séduction grâce à des compositions mélodiques et entêtantes, sans se soucier d'avoir une patte artistique qui ferait de lui l'un des fleurons de la psych-pop anglaise. Mais peu importe pour Euan et sa bande, car la production aux petits oignons sublime leurs morceaux tantôt énergiques (mais toujours avec une retenue assumée, comme sur "Waverly street", "Blonde blending" ou "Dissolver"), tantôt suaves ("Broken girls", "Orange flare") voire neurasthéniques ("Heavy expectations", "Only for you").

Dissolver est le genre de bande son à partager avec soi-même, idéale dans de grands moments de solitude, lors d'une psychanalyse introspective ou pour lire un bouquin. Un peu comme celles d'American Analog Set ("Better times" aurait pu être l'un de leurs morceaux), d'Elliott Smith (Écoutez "Orange flare", c'est dingue) voire de Troy Von Balthazar (qui cultive l'art de la vocalise fragile et tristoune).