rock Rock > WovenHand

Biographie > tressé à la main

WovenHand est le groupe de David Eugene Edwards qui écrit, compose, joue de différents instruments et chante. Sa carrière personnelle est longue, et nous l'avons surtout connu pour 16 Horsepower, son groupe principal qui s'arrête en 2005 alors WovenHand n'est encore qu'un side-project... Un groupe où il s'exprimait sans avoir à discuter avec ses comparses et qui servait d'exutoire depuis 2000 (le groupe s'écrit alors Woven Hand, l'espace disparaissant en 2004) et qui se fait connaître en 2002 avec un premier album éponyme. DEE écrit ensuite la musique d'un spectacle d'Ultima Vez (Blush qui sort en 2003) avant de faire paraître Consider the birds (2004) et de retravailler avec la compagnie de danse contemporaine de Wim Vandekeybus (Puur en 2005). Retour aux affaires personnelles en 2006 (Mosaic) et il y reste pour livrer Ten stones en 2008.

Review Concert : WovenHand, WovenHand à la cartonnerie (avril 2011)

WovenHand / Chronique LP > The laughing stalk

WovenHand - The laughing stalk C'est avec une tige qui se marre que David Eugene Edwards continue sa route et cette fois-ci, il prend un chemin qui l'éloigne un peu de ses habituelles ritournelles indie-folk, indie étant alors aussi proche d'indépendant que d'indien...
Et alors que ses célèbres incantations shamaniques faisaient souvent la part belle aux percussions et aux sonorités acoustiques de quelques instruments à corde venus de l'Ouest américain, sur ce nouvel opus, c'est sa guitare qu'il met à l'honneur. Et pas seulement car le bonhomme y a branché ses pédales de distorsions et nous régale de sons électriques et électrisants. Que ses pressions fassent décoller la saturation pour propulser le sagement rock "In the temple" vers les cieux, qu'elles la ramènent au niveau du sol pour faire ramper les riffs de "Coup stick" ou qu'elles permettent de remplir l'atmosphère de "Glistening black". De par la présence de ces sons distordus WovenHand livre un album très dense et très rock où les illuminations religieuses sont plus que discrètes, on remarque juste les "Gloire à Dieu" (les "Alleluia" donc) du pourtant endiablé "King o king" dont le rythme très marqué, les riffs inspirés, les petits cris et les sons graves en font un des morceaux les plus accrocheurs de l'opus, un des plus "classiques" également car très proches des codes amenés par WovenHand. "The laughing stalk" et dans une moindre mesure "Long horn" sont eux aussi bien dans la veine de ce que nous a proposé David Eugene par le passé, ils n'ont pourtant pas le même impact que "King o king". Au coeur de The laughing stalk, on se fait surprendre par un "Closer" parsemé de bidouillages assez particuliers, aux amateurs de ce titre, je ne saurais que conseiller la découverte (éventuelle) de Nic-U dont les ambiances lugubres sont assez similaires. "Maize" remet l'auditeur en selle avec davantage de calme et de sérénité grâce à quelques lumineuses notes de piano venant contraster une ambiance relativement ténébreuse. Rarement à la fête et enjoué, l'ancien frontman de Sixteen Horsepower semble même très revanchard sur "As wool" où aux sons gras, il ajoute un ton assez vindicatif.
Après avoir fait montre de son immense délicatesse avec l'album Live at Roepan, WovenHand délivre une offrande très rock'n'roll qui risque de fort de dynamiser ses prochains concerts sans qu'ils ne perdent pour autant toute leur magie.

WovenHand / Chronique LP > Live at Roepan

WovenHand - Live at Roepan David Eugene Edwards a une voix en or, sur disque, on le sait depuis longtemps (16 Horsepower a été fondé il y a 20 ans déjà !) mais quand on l'entend lors d'un concert, on est complètement transporté dans son monde, c'est magique... Qu'il sorte un album live avec WovenHand est donc une évidence... En décembre 2010, il emmène donc son groupe (renforcé par un percussionniste) dans la petite église d'Ottersum aux Pays-Bas pour enregistrer un concert exceptionnel qui deviendra non seulement un album live mais également un DVD live puisque le show est filmé et offert en cadeau bonus aux acheteurs du digipack.
Et rappelant ce qu'on a déjà pu vivre, le spectacle musical est total, le son est d'une pureté phénoménale (l'acoustique de l'église est particulièrement réputée), une de ces qualités qui font que les silences ont presque autant d'importance que les douceurs jouées par les cinq zicos qui occupent la place de l'autel recouvert de feuilles mortes et encadrés par des chandeliers, uniquement éclairés par ces bougies, des lumières blanches et les vitraux les surplombant... S'il était attendu que WovenHand joue plusieurs titres de son dernier album en date (The threshingfloor en 2010), on n'imaginait pas forcément découvrir des versions live d'autres titres que "Horse head fiddle" de Folklore, l'album de 16 Horsepower dominé par les reprises folk, l'air traditionnel de "Horse head fiddle" fait partie du répertoire live de WovenHand contrairement aux compositions "Hutterite mile" et "Flutter" dont le public est gratifié ce soir-là. Pour le reste, c'est dans Mosaic (2006), Consider the birds (2004) et Ten stones (2008) que les américains font leurs choix.
Son clair, images propres et nettes, plans larges ou serrés, montage mesuré, le DVD permet de revivre ces instants précieux avec l'image en plus de la musique mais n'en fait pas plus, comme c'est un bonus à l'album, on n'a pas le droit aux classiques clips, galeries photos, images backstage ou autres documentaires sur la soirée ou le groupe... C'est un peu dommage mais il faut aussi savoir ne pas trop se montrer gourmand...
Quand le chamanisme croise le christianisme, les poils de castor comme de fennec se hérissent et WovenHand nous donne des frissons, ce Live at Roepan est un joli cadeau pour tous les fans du génie Edwards et une belle occasion de découvrir son univers pour les autres...

WovenHand / Chronique LP > Ten stones

wovenhand : ten stones Allier pureté et densité n'est pas donné à tout le monde, tel un Nick Cave des plaines sauvages, David Eugene Edwards livre avec Ten stones 10 pierres ciselées dans la plus pure des matières, une sorte de rock originel, celui d'ancêtres et d'esprits qui n'ont certainement jamais croisé une guitare. Un peu de blues, des instruments traditionnels mais aussi des ambiances chargées de spiritualité, une voix déchirante, WovenHand continue de nous embarquer ailleurs dès les premiers accords. Complètement charmé, on est transporté près d'un feu de camp ou au coeur d'une incantation. L'album alterne pièces plutôt rock et donc assez énergiques et électrisantes ("Beautiful axe", "White knuckle grip", ...) et morceaux assez calmes, pesants où l'on retient sa respiration comme si le moindre souffle pouvait gêner l'écoute et rompre un instant empli de solennité ("Iron feather", "His loyal love"...). Au rayon demi surprises, David Eugene Edwards nous gratifie de la transposition d'un chant indien, "Kicking bird", assez rythmé et endiablé, et d'une reprise de "Corcovado" un standard de bossa nova écrit par Antônio Carlos Brasileiro de Almeida Jobim et souvent repris par les anglo-saxons sous le nom de "Quiet nights of quiet stars" (Frank Sinatra, Charlie Byrd, Miles Davis, Cliff Richard, Ella Fitzgerald, Marvin Gaye... ont déjà usé du titre pour hypnotiser leur public...), un titre où il joue au crooner et détend donc un peu l'atmosphère. Personnellement, je le préfère dans son personnage d'envoûteur/shaman qui donne des titres d'une puissance imparable en quelques accords et quelques mots comme le sublime "Not one stone".
Certains diront que WovenHand se disperse un peu (le titre bonus est-il utile d'ailleurs ?), d'autres qu'il suit toutes les pistes pour remonter aux sources de son inspiration, ce qui est certain c'est que Ten stones impose autant le respect que ses prédécesseurs et probablement que ses successeurs.