rock Rock > A Whisper in the Noise

Biographie > AWITN

Influencé par des artistes allant de Roger Water (Pink Floyd) à Bob Dylan en passant par Philip Glass et Arvö Part, A Whisper in the Noise est à l'origine un projet initié par le seul West Thordson, musicien américain natif d'Hanska dans le Minnesota, un trou paumé (population actuelle : 406 habitants), plutôt autodidacte qui a donc fait de AWITN sa création avec un S majuscule. En 2001, l'homme est repéré par un certain Steve Albini, alors en quête de pépite pour accompagner Shellac en concert et produit assez logiquement le premier album de West Thordson : Through the ides of march (2002). Le projet A Whisper in the Noise précédé d'une flatteuse réputation (on le compare alors régulirement à Mogwai ou Sigur Ros) gagne en notoriété ce qui lui faut de jouer au Festival All Tomorrow's Parties en 2004.
West Thordson et sa création continuent de grandire, livrent deux albums (2D en 2004 puis As the bluebird sings en 2006) et se font remarquer par le réalisateur de Sixième Sens et Incassable notamment qui décide de mettre du A Whisper in the Noise sur le score de son film d'alors : La jeune fille de l'eau. En 2008, Steve Albini s'attèle à la production de l'album Dry land avant que AWITN ne soit mis en sommeil pendant quelques années par son géniteur, lequel le réactive pas mal de temps plus tard, suite à ses retrouvailles avec la violoniste Sonja Larson (qui avait déjà collaboré au projet entre 2003 et 2006), pour livrer un cinquième opus début 2012 : To forget.

A Whisper in the Noise / Chronique LP > To forget

A Whisper in the Noise Un bruissement électrique qui lentement mais inexorablement ampli la pièce, les cordes qui prennent discrètement place et les premiers éléments mélodiques qui se dévoilent, il suffit de quelques secondes à A Whisper in the Noise pour faire chanceler l'auditeur. Un premier titre ("To forget") d'une élégance rare, d'une intensité pudique troublante et après quelques minutes la conviction qui s'instille d'avoir sur la platine, quelque chose de peu commun. "Black shroud" poursuit la démarche du projet, en faisant l'étalage d'une simplicité confondante en même temps que l'évidence de la fragilité poétique du groupe éclabousse les enceintes.
Un mélange de post-rock, d'ambient et de néo-classique d'une beauté rare, on imaginerait volontiers le groupe signé chez Constellation Records, pointure du genre avec les Godspeed You! Black Emperor, Do Make Say Think et autres A Silver Mt. Zion, c'est au lieu de ça chez le très éclectique mais pointu Exile on Mainstream Records (Beehoover, Celan, Enablers, The Winchester Club, We Insist!...) qu'il a trouvé une maison correspondant à ses attentes. Proche de par le style pratiqué comme de l'émotion suscitée des Sigur Ros et Mogwai mais tout de même avec de jolies différences, A Whisper in the Noise berce l'auditeur avec le sublime "A sea estranging us", l'effleure le temps d'un "All my" précieux et envoûtant avant que "Sad sad song" ne balade son spleen désenchanté le long de la partition.
Les morceaux de To forget s'enchevêtrent merveilleusement et le duo Sonja Larson/West Thordson poursuit son cheminement artistique ralliant à chaque fois un peu plus d'adeptes à sa cause ("Every blades of grass", le très beau "Your hand") pour délicieusement boucler la boucle avec l'épilogue fleuve "Of this sorrow" ; et l'impression d'avoir un face de nous un album qui nous apparaît parfois inégal tant il est parsemé de quelques pépites, mais en même temps bouleversant de grâce mélodique et de classe intemporelle. L'ironie du titre a beau être frappante, il n'en reste pas moins que cet album sera tout simplement bien difficile à oublier.