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Biographie > Ok puisque tu insistes...

Après un premier concert fin 1995 marquant la naissance "officielle" du groupe, les We insist ! tournent autant qu'ils le peuvent pendant trois années avant d'enregistrer un EP éponyme en 1998 (faisant référence au manifeste de Max Roach : Freedom now suite) puis un album autoproduit (I Witness !) prolongement de l'EP, l'année suivante. France Culture utilise le titre "La Valseuse" comme générique de l'émission Peinture Fraîche, et passera commande d'un nouveau morceau, "Une chinoise égarée", l'année suivante. Le groupe bénéficie d'un petit buzz critique et fait en même temps évoluer sa musique vers un rock plus brut et sans compromis. En 2002, sort l'album Inner pond puis Crude deux ans plus tard. Le groupe affine toujours plus sa griffe musicale si particulière, à situer quelque part entre At the Drive-in, Shellac, Primus, Bill Frisell, John Zorn ou les Queens of the Stone Age avant de monter son propre label Corruptible Records via lequel le sextet sort en 2007 l'album Oh ! things are so corruptible. Deux ans plus tard, les Franciliens s'expatrient en signant avec le label Allemand Exile on Mainstream Records (Beehoover, Celan, The Hidden Hand...) et publient The Babel inside was terrible.

Review Concert : We insist!, Berlin: Die sinfonie der großstadt

We insist! / Chronique LP > The babel inside was terrible

We insist ! - The babel inside was terrible Si l'on considère que chaque groupe est une entité unique, résultant de la somme d'individus qui en font forcément quelque chose de différent du voisin, l'OVNI We insist ! est certainement plus unique que les autres. Après plusieurs albums kaléïdoscopiques et insaisissables, des disques en formes de joyeux fourres-tout un peu bordéliques et non-conventionnels, le groupe remet le couvert avec ce The Babel inside was terrible qui n'a rien à envier à ses prédécesseurs au rayon de l'originalité un peu barrée et de l'hétérogénéité complètement hallucinante. La recette ? On prend un wok géant, on balance tout ce qui nous tombe sous la main au rayon rock, prog, metal, free jazz, musique d'avant-garde, psychédélisme, punk et math-rock, on mélange frénétiquement le tout et on obtient cette étrange créature musicale qu'est We insist !. Normalement, avec un tel programme, on a de quoi tenir quelques albums, mais non, les franciliens font tout rentrer en un seul... et quelques onze titres qui partent dans tous les sens.

On pousse le bizarroïdomètre à fond, on essaie tant bien que mal de se sangler sur le fauteuil et là seulement, on est prêt à entrer dans l'univers multi-facette du groupe. Des influences qui vont, à la louche, de King Crimson à Mr Bungle en passant par les Queens of the Stone Age, les groupes de chez Dischord, ou les Primus, Magma et autres Frank Zappa... Un mise en route bien barrée sinon névrotique ("Déjà vu"), des titres mélangeant allègrement rock aux accents parfois stoner et prog aux hallucinations psychédéliques ("Oakleaves", "Efficiency and bad habits"), quelques envolées épiques ("In a maze"), le groupe surprend, déroute, s'enfuit, part dans ses délires guitaristiques et si le chant peut parfois heurter, l'ensemble reste d'une étonnante virtuosité ("Custom device"). Par contre, il faut quand même s'accrocher parce que les We insist ! ne cèdent jamais à la facilité et peuvent facilement égarer l'auditeur peut attentif à nombreuses variations de leur musique (l'intrigant mais un peu abscons "Thoughtful anatomy"). De part son approche artistique parfois autistique, le groupe prend à chaque fois le risque de se mettre à dos celui qu'il avait su convaincre quelques instants ("Ancient follies", "Our countries", "Biting tongues" régulièrement agaçants) alors-même qu'il est parfaitement capable de briller de mille feux ("Dead dog").

Un peu difficile à suivre et à digérer malgré quelques belles fulgurances...