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Valse Noot / Chronique LP > So straight architecture

Valse Noot - So straight architecture Trois ans après un EP éponyme remarqué, les Brestois de Valse Noot viennent remettre le bordel dans tes oreilles avec un album long format dans la droite lignée de leurs trois premiers titres. Le premier point d'accroche, c'est bien sûr cette très belle pochette mixant encore une fois couleurs, formes géométriques et photo ancienne, le résultat est encore plus réussi que sur le déjà très beau Valse noot, bravo à Bigno(i)se qui réalise aussi de superbes affiches.

Le deuxième point d'accroche, c'est logiquement le premier titre de l'album mais là, question de goût personnel, je ne trouve pas que "Delta" soit le mieux placé pour exciter l'auditeur volatile. Certes, c'est un titre qui correspond tout à fait à l'univers de Valse Noot avec un gros travail sur les sons, l'ambiance et des variations régulières de ton qui sont autant de fausses pistes avant de nous emmener au coeur du titre où le chant répétitif et peu inventif crée une sensation de malaise. On a donc tout ce qu'apprécie le groupe mais également un tas de trucs qui peuvent faire peur à celui qui voudrait kiffer sa race dès les premières secondes... Pour comprendre et aimer "Delta", il faut être mis en condition et, d'après moi, d'autres morceaux, plus faciles d'accès auraient formé une meilleure porte d'entrée dans ce monde particulier. Pourquoi pas le survitaminé "Run off the main" qui insuffle une énorme énergie et un peu de folie ? Ou encore "Out of my mouth" ou "My eyes will not dry" qui plairont immédiatement aux amateurs de noisy rock matheux ? Le groupe a certainement ses raisons pour son choix, il nous faut le respecter et pour moi, au final, peu importe puisque j'écoute l'intégralité de l'opus dans tous les cas ! Si sur l'EP, on sentait l'influence dans le chant de SOAD ou de n'importe quel projet de Mike Patton, c'est ici bien plus diffus et sur quelques passages de "To smithereens", j'arrive même à imaginer Maynard James Keenan (Tool plus qu'A Perfect Circle) utiliser ce genre de débit ultra saccadé avant de passablement s'énerver... Expérimentant librement et distordant à foison ce qu'ils ont sous le coude, le quatuor est insaisissable et chacun risque d'y trouver des éléments référents à diverses formations, qu'elles appartiennent aux mondes du psyché, du math, de la noise, du jazz ou de je ne sais quelle chapelle ne dérangera pas les auteurs de So straight architecture...

Si tu te lances à la découverte de Valse Noot avec cet album, surtout, écoute bien tout l'album et ne survole pas quelques titres au hasard, ton idée du groupe serait forcément faussée car avec ce genre de musique, il faut impérativement plonger tête la première dans le bordel pour espérer pouvoir l'appréhender...

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Valse Noot - Valse noot Rock noise stoner expérimental, voilà comment se définissent les Valse Noot qui ne cachent pas leur amour pour The Melvins. Depuis Brest et novembre 2009, ils sont quatre (Vincent, Def, David et Flo) à créer des titres alambiqués repoussant chacun les limites du voisin, c'est en tout cas ce qui ressort de leur première démo éponyme, qui si elle s'écoute durant 25 minutes, ne contient que trois morceaux. Trois plages très différentes avec un côté équilibriste sous acide au bord de la falaise sur le premier, un chant mixant Mike Patton (Fantomas, Tomahawk...) à Serj Tankian (SOAD) et des éclats de rage sur le deuxième et pas mal d'expérimentations sonores et supersoniques sur le troisième.
Bref, si les Valse Noot étaient une danse, ce ne serait certainement pas une valse plan-plan mais plutôt une danse de Saint-Guy enragée !