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Biographie > USX

Originaire des Appalaches (située entre l'ouest de la Caroline du Nord et l'est du Tennessee, USA), US Christmas également surnommé plus simplement USX est un collectif atypique composé de six membres évoluant entre post-space-rock psychédélique, americana et spoken word chargés en effets. Le groupe, qui existe en 2002 sort ses premiers albums de manière totalement confidentielle (Prayer meeting en 2003, Bad heart bull en 2004 et Salt the wound en 2005) avant de se voir repéré par un certain Scott Kelly qui les signe alors chez Neurot Recordings (A Storm of Light, Grails, Neurosis, Shrinebuilder). Cette signature va tout changer pour le groupe qui va désormais tourner avec des groupes majeurs (Mastodon, Neurosis, Kylesa), être programmé à la grande messe du Roadburn et sortir un 12'' éponyme puis l'album Eat the low dogs en 2008. Une apparition sur la compilation Falling down II plus tard et voici que le groupe participe en 2010 à un 3-way split avec Minsk et Harvestman avant de publier l'album Run thick in the night toujours via Neurot.

US Christmas / Chronique LP > Songs of Townes Van Zandt Vol.II

Songs of Townes Van Zandt Vol.II Il y a à peu près deux ans, trois musiciens de renom, Scott Kelly, Steve Von Till et Scott "Wino" Weinrich s'étaient réunis sous l'égide de My Proud Mountain et Neurot Recordings afin de donner naissance à un "tribute album" au cultissime (mais encore trop méconnu de ce côté de l'Atlantique) songwriter américain Townes Van Zandt. Le résultat étant une véritable pépite du genre et ayant récolté une constellation d'éloges plus que méritées, les deux labels se sont associés pour remettre le couvert le temps d'un deuxième volet sobrement baptisé Songs of Townes Van Zandt Vol.II pour lequel ils ont changé le casting originel, ouvrant ainsi l'hommage à d'autres voix et sensibilités.

Confiés cette fois aux bons soins d'un nouveau trio de curateurs soit John Baizley (Baroness), Nate Hall (US Christmas) et Mike Scheidt (YOB, Middian, Lumbar, VHÖL...), lesquels se sont entourés de quelques musiciens additionnels (Katie Jones, Stevie Floyd - Dark Castle, Taurus et Dorthia Cottrell de Windhand), ce second volume, bien que disposant d'un casting un peu moins prestigieux sur le papier, a quand même déjà fière allure. Et lorsque les premières notes de la petite dizaine de titres que comptent l'album viennent effleurer l'épiderme de l'auditeur, l'évidence se fait jour d'elle-même, l'héritage du maître est toujours entre de très bonnes mains. Que ce soit avec un Mike Scheidt en solo sur l'inaugural "To live is to fly" puis sa réponse immédiate orchestrée par Nate Hall lui aussi en solitaire (le somptueux et fragile "Pancho & lefty"), les compositions ténébreuses et leurs brisures mélodiques de Townes Van Zandt trouvent ici un nouvel écrin à la classe intemporelle.

Lorsque le duo Katie Jones/John Baizley prend possession du morceau "St John the gambler" pour lui donner une seconde vie, le rendu à deux voix frôle le sublime, cristallisant par la même occasion tout l'intérêt qu'offre un album hommage aussi respectueux de l'œuvre originelle (et son esprit surtout), en la sublimant sans jamais la dénaturer (l'intense "Rake" par Mike Scheidt encore en solo, "Waitin' around to die" par le duo Nate Hall & Stevie Floyd). Au détour de ces petites merveilles country/folk bluesy aux confins de l'americana crépusculaire, on trouve quelques associations d'idées absolument exquises comme celle de faire collaborer une nouvelle fois Katie Jones et John Baizley pour "For the sake of the song" (poétique) puis "If I needed you" (lumineux) ou la paire Nate Hall/Dorthia Cottrell sur le très beau "Our mother the mountain". Encore un sans-faute pour conclure ce Songs of Townes Van Zandt Vol.II idéalement placé dans le sillage de son prédécesseur. Grande classe.

US Christmas / Chronique LP > Run thick in the night

USX - RTITN 13 minutes d'une errance rock noctambule et aride au royaume des chamans, "In the night", est plus qu'une introduction fleuve à l'univers de Run thick in the night, c'est une véritable plongée en apnée dans une musique aux mille facettes, enfiévrée et vénéneuse. Une batterie sentencieuse, des riffs qui tourbillonnent autour de mélodies organiques, un chant qui effleure les contours d'un postcore embrasé, "Wolf on Anareta" présente le versant le plus abrupt de l'oeuve d'USX... Son tout aussi brillant successeur immédiat sur la tracklist en offrira le plus feutré et intimiste ("Fire is sleeping"). Americana/noise/post/rock/core psychédélique d'ascète ou folk de songwriter nomade, le travail du collectif américain se meut dans une forme de confusion des genres qui, au-delà de la simple fascination qu'elle procure, fait voyager l'auditeur au travers de tout un pan de la musique nord-américaine des quinze/vingt dernières années. Rock folkeux aux tentations parfois country, le psychédélisme lunaire en plus, les lignes mélodiques et de chant qui se superposent ("Ephraims in the stars"), US Christmas accouche avec ce Run thick in the night de véritable petites merveilles intimistes ("The leonids", "Suzerain"). Intemporelles et introspectives, efflorescentes et tourmentées, elles distillent une intensité émotionnelle rare, traversant les immensités désertiques en travaillant leur ambiances afin de nous laisser planer entre chaque poussée de fièvre, primale et abrasive, qui sommeille sur "Maran" ou "The Quena". De la lourdeur, de la densité post-rock ("Deep green"), du minimalisme folk ("Mirror glass"), une écriture précieuse malgré un chant régulièrement sur la corde raide, certes parfois trop approximatif mais habilement dissimulé derrière des arrangements rampants et autres complaintes déchirantes, les titres se suivent et au final, forment un ensemble qui détonne au sein de la production actuelle. Car US Christmas est de ces groupes au songwriting rare et insaisissable, ce qui le rend à la fois fascinant et envoûtant, facilement une classe d'écart avec ces contemporains... Bluffant.