rock Rock > Urban Dance Squad

Biographie > Un groupe en fusion


Le groupe est né en 1987 à Utrecht. Les 2 premières années de vie d'Urban Dance Squad seront animées par les concerts où ils se font vivement remarqué grâce à ce métissage explosif, alors inédit, de rock et de hip-hop. Avec l'argent gagné lors de ces concerts, ils enregistrent Mental floss for the globe en 1989 à Bruxelles. Cet album rencontrera un succès critique qui leur permettra de jouer dans de grands festivals tels que le Roskilde Festival ou le Printemps de Bourges. En 1991, le groupe sort Life n'perspectives of genuine crossover toujours enregistré à Bruxelles. Urban Dance Squad commence à se tailler une solide réputation de groupe live. Pour cet album, ils tourneront principalement en Europe et au Japon. Le Dj DNA décide de quitter le groupe à la fin de cette tournée. En 1994 sort Persona Non Grata réalisé à Londres. Le single "Demagogue" cartonne un peu partout et le groupe fera même une tournée aux Etats-Unis. En 1996, les hollandais reviennent à Bruxelles pour réaliser Planet ultra. Un clavier est alors incorporé au line-up (U-Gene). En 1997, ils sortent leur premier album live Beograd live qui contiendra la fameuse reprise des Beatles 'Helter skelter'. Le DJ réintègre le groupe. En 1999, le groupe débarque avec Antartica, album inspiré par le film de Spielberg Il faut sauver le soldat Ryan. En 2000, Tres Manos, le guitariste emblématique quitte le groupe, ce qui a pour conséquence de plonger les hollandais dans un silence prolongé. Depuis, pas de véritable album ni de retour durable. En 2006 est sorti The singles collection, compilation retraçant le parcours du groupe qui refera quelques festivals (Lowlands, Pukkelpop, entre autres...) pour l'occasion : un retour hélas furtif.

Urban Dance Squad / Chronique LP > Planet ultra


urban_dance_squad_planet_ultra.jpg A l'instar d'un Pitchshifter, Urban Dance Squad fait partie de ces groupes précurseurs que le public a relégué aux oubliettes, les laissant à un succès d'estime et à un statut de groupe culte chez les amateurs de rock-fusion (et c'est déjà pas mal me dira l'autre...). Pourtant, ce n'est pas faute au groupe d'avoir su développer et démontrer un nombre d'atouts bien conséquents au cours de sa carrière : des performances scéniques électriques ou une discographie jalonnée d'albums excellents notamment. En 1989, le groupe hollandais avait quelques TGV d'avance mais en 1996, la donne a totalement changé (un certain Evil empire est aussi sorti cette année-là, ceci expliquant peut-être celà). A cette époque, ça fusionne dans tous les sens et les groupes de cet acabit commencent à pulluler comme les boutons sur le visage d'un adolescent acnéique. Se démarquer de la concurrence dans un style qu'ils ont eux-mêmes quasiment enfanté : tel est l'enjeu d'UDS sur ce Planet ultra. En premier lieu, ce qui identifie clairement les néerlandais des autres groupes de fusion, c'est bien évidemment leur frontman, Rudeboy Remmington, qui alterne, de son timbre de voix si particulier, flow hip-hop et lignes de chants plus conventionnelles, avec une aisance peu commune. Signe d'une maîtrise éloquente, la part de chant traditionnel par rapport au chant hip-hop sur cet album a une place bien plus affirmée que sur les efforts précédents. Du coté de la musique, UDS pratique le brassage des genres avec brio : pop, rock et fusion et même quelques morceaux purement hip-hop ("Metaphore warfare"). Là où beaucoup de groupes de fusion ont tendance à être au taquet sur tout un disque, au risque de rendre la débauche d'énergie et la virulence de leur musique monotone, les UDS n'hésitent pas à singulièrement calmer le jeu et à troquer la guitare électrique pour une guitare acoustique et un rock du meilleur effet. Le résultat n'en est que plus nuancé, l'ambiance gagne en légèreté et en variété, et les morceaux les plus énergiques sont d'autant plus percutants. Une stratégie qui s'avère intelligente sur un long effort (l'album dure une heure et quart) comme celui-ci et qui plus est, confère à ce Planet ultra une identité bien particulière par rapports aux autres albums du groupe. Enfin, l'apport du clavier et le retour de Dj DNA apporte une pierre de plus à l'originalité du son UDS, tant les interventions de ceux-ci sont judicieuses et viennent à point pour amener à chaque fois le petit plus (le clavier tonitruant de "Everyday blitzkries", les samples sur "Sriffter swifter") qui fait que le morceau fait mouche dans les oreilles averties du fan de rock-fusion bien troussé. Cocktail de morceaux apaisés ("Planet ultra", "Totalled", "Carbon copy") et d'autres plus détonants ("Dresscode", "Forgery"), Planet ultra est une belle réalisation qui permet au groupe d'asseoir sa position de maître incontesté du genre.