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Biographie > Unsane céhef

unsane_promo.jpg Originaire de New York, Unsane s'est formé en 1988, votre serviteur avait alors cinq ans et pour l'inutile petite histoire, n'écoutait pas du tout ce genre de musique. A cette époque, Chris Spencer (guitare, chant), Peter Shore (basse, chant) et Charles Ondras (batterie) avait une tout autre idée que de faire une version de Maya l'abeille version teenager. Les concerts commencent et le groupe sort sa toute première démo en 1989. Le groupe se consacre alors à la scène, sortant quelques maxi à droite et à gauche (chez Sub Pop notamment), histoire de préparer le terrain avant le débarquement du premier album éponyme (1991, Matador Records). Unsane est lancé, tourne, enregistre et tourne encore jusqu'à ce que le débès de Charles Ondras ne vienne stopper le groupe dans son élan. Après des atermoiements bien légitimes, Spencer et Shore continuent leur route en embauchant Vinny Signorelli (ex-Swans, ex-Foetus) pour compléter le trio. Une compilation des premières sorties (démo, maxi's...) du groupe, déjà bien souvent épuisées voit le jour (Singles 1989-1992) et les américains enchaînent en 1993 avec Total destruction, qui sort dans les bacs l'année suivante toujours via Matador.
En 1995, le groupe signe avec Amphetamine Reptile (Helmet, Melvins, Today is the Day, Chokebore...) et enregistre à cette occasion et en trois sessions Scattered, smothered and covered. Unsane s'illustre notamment en tournant avec Slayer ou passant en heavy rotation chez MTV ! A l'heure de son quatrième effort : Occupational hazard, les américains signent chez Relapse et s'embarquent dans une interminable tournée qui les verra défendre cet album encore et encore jusqu'à n'en plus finir et saborder le groupe. Nous sommes alors en 2001 et Unsane n'est plus... pour le moment car deux ans plus tard, les zikos décident de reprendre la route ensemble. Relapse flaire le bon coup (financier) et sort de ses tiroirs des chutes de studio, des morceaux live, des clips et un concert filmé, le tout regroupé sous le nom de Lambhouse : The Collection 1991-1998 et en 2005, le groupe enfante de Blood run. Power-rock noisy et qui flattent largement l'ego des hardcoreux, Unsane est culte et comme tous les groupes cultes, ne meurt jamais. Deux ans plus tard, le marché du disque étant ce qu'il est, le combo new-yorkais est désormais de tout contrat avec Relapse et met en boîte Visqueen qui sort finalement chez... Ipecac, le label de Mike Patton (Faith No more, Fantômas, Tomahawk, Peeping Tom, Crudo...), qui s'est fait une spécialité de sortir les disques de groupes qui savent créer quelque chose qui sort vraiment de l'ordinaire : Young Gods, Dälek, Hella ou Dub Trio...

Unsane / Chronique LP > Wreck

Unsane - Wreck "Rat" prend d'assaut les amplis et déjà, la tension que met Unsane dans son nouvel album éclabousse la platine. Les nerfs à vifs, le riff à couper à la machette et la rythmique qui cadence le tout au millimètre, le résultat est résolument addictif, étouffant et complètement habité par les Dieux de cette noise hardcore corrosive à laquelle les new-yorkais nous ont habitué depuis près d'un quart de siècle (bon ok un peu moins en fait, mais on ne va pas chipoter, l'essentiel est ailleurs). Toujours verts, les américains ne semblent pas réellement partis pour commettre l'album de trop, en témoigne notamment leur passage de chez le confortable Ipecac vers le plus écorché vif label Alternative Tentacles, le fameux label de Jello Biafra (Dead Kennedys entre autres choses).

Petit changement de registre dès le second titre, ça rock moins "dur", ça se laisse emporter par des atmosphère plus... désertiques osera-t-on, lesquelles évoquent les immensités du continent nord-américain sans pour autant oublier de nous servir quelques rasades de ce rock bien noise et corrodant spécialité maison ("Decay"). Mélodies ténébreuses, ambiances brûlantes et riffing intensément volubile, Unsane ne se repose pas sur ses acquis et met tout son coeur à l'ouvrage. Le charisme aidant, le groupe verrouille l'auditeur sur ses enceintes et envoie son groove de malade satelliser la concurrence le temps d'un "No chance" parfaitement imparable. Une bombe histoire de plier l'affaire en direct et de pouvoir se faire plaisir ensuite, en explorant les confins d'une noise-hardcore plus insidieuse et moins évidente, mais toute aussi vénéneuse ("Pigeon", "Metropolis"...).

Quasiment cinq années se sont écoulées depuis le must-have implacable qu'était Visqueen et s'il y a fort à parier que ce Wreck marquera un peu moins les esprits que son prédécesseur (malgré une pochette encore plus marquante), le Unsane nouveau n'est certainement pas à sous-estimer. Loin s'en faut Et si la formule est toujours à peu de choses près la même : une intensité désespérée, cette puissance de feu irradiante et la rage chevillée au corps qui fait qu'il n'y a finalement qu'Unsane qui puisse faire ça avec cette efficacité, les morceaux qui en découlent carbonisent toujours autant les conduits auditifs. "Ghost" puis "Don't" font gonfler le "truc", la tension est toujours palpable et les américains assènent quelques mélodies amenant à l'abrasion sensorielle pendant que les lignes instrumentales, bien lourdes et telluriques, retournent tout sur leur passage. Alors certes "Stuck" ne se foule pas trop et roule à l'économie mais c'est surtout une petite respiration avant que "Roach" ne parachève ce nouvel effort signé par l'increvable trio new-yorkais. Unsane, plus de vingt années passées à ferrailler : souvent imité, jamais égalé.

Unsane / Chronique LP > Visqueen

unsane_visqueen.jpg Il y a des jours comme ça où rien ne va. Des jours où le réveil n'a même pas encore sonné que ton téléphone t'a déjà dérangé trois fois. Alors tu tentes de t'extirper tant bien que mal de dessous ta couette, tu fonces vers le frigo te verser un grand verre de lait et tu te rends compte que tu as oublié de t'en acheter. A ce moment là, tu jettes un oeil vers la baie vitrée de ton salon... oui, c'est bien ce que tu pensais, la grisaille est de retour et vient d'achever de plomber ton réveil, déjà bien difficile. D'une humeur forcément massacrante, tu jettes un regard mauvais vers la pile de linge sale qui s'amoncèle chaque jour un peu plus au pied de ton lit (même qu'à force que ta chambre soit en bordel, un jour tu vas y retrouver un vieux pote de biture) et là... tu te dis qu'il te faut quelque chose pour enfin démarrer, sinon ça va être dur. Tu admires alors tout fier ta collection de disques, parfaitement rangée (elle) par style, ordre alphabétique et tout (oui le bordel à ses limites quand même...), tu contemples fièrement tes quelques collectors et autres éditions spéciales qui t'ont coûtés les yeux de la tête même que personne ne comprend pourquoi tu as payé ça si cher (les ignares...) et tu tombes nez à nez avec Visqueen, le dernier Unsane. Du gros rock noise à souhait, des décibels qui vont s'entrechoquer jusqu'à te faire dresser les cheveux sur la tête, à coup sûr c'est ce qu'il te faut. Et avec ça, c'est sorti c'est chez Ipecac, donc raison(s) de plus.
Là tu enfournes la galette dans le mange-disques, tu appuies sur play et tu écoutes religieusement "Against the grain" faire son oeuvre. Riffs démentiels, mélodies abrasives, Unsane a pris Helmet, Today is the Day et Sonic Youth, les a passé au broyeur et à enregistré ce qui en sortait. Soit du rock sauvage, bien lourd, gueulard à souhait et qui te met le cerveau à l'envers en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Plutôt satisfait de ses trajectoires et de son analyse des courants transversaux, le groupe réajuste à peine sa lunette à visée nocturne avant de descendre froidement la concurrence. C'est net, propre et sans bavure. Une exécution toute en douceur (enfin douceur, tout est relatif quand même...) qui fait qu'en écoutant "Last man standing" ou "Only pain", t'as envie de faire subir le même traitement au premier voisin venu se plaindre du volume sonore de ta musique de sauvage (ignare : épisode II). Noise, hardcore, rock incandescent, Unsane marche sur des charbons ardents et écrase quiconque se dressera devant lui à coups de "Windshield" sanglant ou "Shooting clay" au feeling monstrueux. Les nerfs à vif, le groupe nous balance en pleine face un "Line on the Wall " sur lequel viennent s'accoupler brutalement des riffs de mammouths en rut (copyright déposé, sic) pendant que Chris Spencer vomi ses tripes un peu partout sur les amplis. Des brûlots rageurs, des titres abrupts qui castagnent sec, des vibrations métalliques qui nous compriment les vertèbres à coup de parpaings sonores parfaitement identifiés, "Disdain", "Eat crow" et "East Broadway" s'enchaînent avec une régularité dans l'efficacité tout bonnement effrayante. Un must have. Mais... quoi c'est déjà fini ? 11 rafales soniques et puis s'en va. Oui, finalement il y a des jours comme ça...