rock Rock > Ultraphallus

Biographie > Sex Toy Band(e)

Les Ultraphallus sont nés en 2002 à Liège (en Belgique) avec la collaboration de Phil Maggi et Gabriel Marguerie pendant les sessions du groupe ambiant Eve and the sickness. Le line-up est aujourd'hui composé de Phil Maggi (voix,bruit et samples), Julien Bockiau (batterie et basse), Xavier Dubois (guitare et basse) et enfin Ivan Del Castillo (basse). Ils nomment le groupe Ultraphallus en hommage au père de Michael Jackson, Joe Jackson, qui avait une manière plutôt douteuse d'élever ses enfants notamment en les violant. Il voit en ce personnage le père ultime et donc l'Ultraphallus. Après une première démo 4 titres en 2004, le groupe publie deux ans plus tard son premier album nommé Lungville et distribué via Conspiracy Records. Le disque leur permet d'avoir un premier accueil positif et de faire une tournée conséquente, notamment pour le Suma tour avec des dates un peu partout en Europe et des groupes comme Amen Ra, Kylesa et Nadja. En 2008, les Ultraphallus reviennent à la charge avec l'album The clever enregistré en cinq jours avec John Roo et Snoninovitch et toujours via Conspiracy Records.

Ultraphallus / Chronique LP > Sowberry Hagan

Ultraphallus - Sowberry Hagan Le phallus suprême est de retour avec un nouvel album du nom de Sowberry Hagan. Exit Conspiracy Records, welcome Riot season, un label anglais méconnu par chez nous mais tout à fait respectable. Changement de crèmerie donc mais pas d'orientation drastique à l'horizon, les Ultraphallus ne se sont pas mis au hip-hop bling-bling, le groupe belge continue sa voie, voix aussi, tout en restant cette bestiole assez imprévisible qu'il était déjà par le passé. A l'instar de ce deuxième titre ("Right models") d'ailleurs qui lorgne autant vers la rapidité que des aigus de L7, la Ultraphallus's touch en plus. Et la touche Ultraphallus c'est pas rien ("touche", "phallus", voilà...). La suite ? Du gros riff qui fait "splash", des morceaux directs ("River Jude") et d'autres ("Indians love rain") qui vont développer des ambiances nettement plus progressives avec pour aboutissement le Saint-Graal du dépaysement sonore. Que ce soit avec "Cinghiale" qui me rappelle Kiss The Anus Of A Black Cat (tiens, tiens, un autre groupe belge...) dans l'atmosphère ou l'intermède country "The crumbled", le voyage qu'ils proposent est atypique, hanté (le chant en retrait de "Golden fame") et balaie d'un revers de main les sceptiques, direction la fosse commune. L'un des paradoxes de ce Sowberry Hagan, c'est que même avec un disque sans une trace de compromis, il reste relativement facile à écouter, très diversifié et catchy (Sowberry Hagan pourrait être le Meanderthal d'Ultraphallus) et s'en imprégner revêt plus du doux plaisir que de la séance de sado-masochisme auditif. Et que dire du featuring d'Eugene Robinson (Oxbow) sur "The red print" qui offre une participation ahurissante, si ce n'est qu'il ajoute de la folie à un tout lourd et malsain qui n'en avait absolument pas besoin. Titre assez génial. Ultraphallus, c'est un peu ce qui se fait de mieux en la matière en ce moment : si je mens, qu'on me la coupe sur le champ. Range ton couteau à viande, Sowberry Hagan est une réussite saisissante. Oui.

Ultraphallus / Chronique LP > The clever

Ultraphallus - The clever Après Kiss The Anus Of A Black Cat et son dark folk mystique asexué (également un groupe belge et également distribué par l'excellent label Conspiracy Records), voici les non-moins atypiques Ultraphallus et leur musique probablement fruit d'une relation aussi incestueuse que bestiale pendant un bad trip de substances opiacées. S'il faut absolument mettre la musique d'Ultraphallus dans une case (grande la case vu la taille de l'engin...), on peut dire qu'elle brasse autant les Melvins pour cette facette rock mi-stoner mi-sludge à l'apesanteur parfois digne d'un troupeau de diplodocus envoyé sur la lune que les Jesus Lizard pour ces relents noisy assez tenaces et le coté viscéral/possédé d'une voix qui aime se rouler dans un bain d'excentricité à la manière de David Yow (avec des petites intonations à la Andy Cairns de Therapy?). Ne vous fiez pas à la pochette en forme de publicité pour un passe-temps du 3e age (et en même temps, c'était ça ou du viagra donc...), la musique d'Ultraphallus n'a absolument rien de cotonneuse et confortable. C'est plutôt une remise en question perpétuelle et The clever oscille dans ses formats et dans ses attaques un peu comme un compteur geiger à la recherche d'une source radioactive nocive. D'ailleurs la nocivité, les belges la manient plutôt bien avec une propension à développer des ambiances vénéneuses, "pénétrantes" et "chtarbées" ("Thrombosis") entre asile psychiatrique (à la manière du film L'Armée des 12 singes de Terry Gilliam, la fameuse scène avec Brad Pitt) et maisons hantées par des esprits sacrément tapageurs et tourmentés. Abrupte, escarpé, chaotique, protéiforme, embrumé, bourrin ("ultraphallus oblige") et subtil à la fois : Ultraphallus vient de créer un disque ultra-bandant pour peu que vous soyez adepte des territoires musicaux parfois bordéliques et qu'on veuille s'y imprégner un tant soi peu en plongeant dans ce magma sonore. On parle souvent de qualité en matière de musique mais quand c'est aussi hors-norme que ce disque d'Ultraphallus, il s'agit plus de la propension de l'auditeur à adhérer ou pas à un univers. Et vous, vous adhérez ?