Ultra Zook - Epuz Ultra Zook (machine), voilà, c'est fait, on peut commencer la chronique de ce trio qui annonce la couleur avec le nom mais aussi sa bio qui qualifie son travail comme "de la musique des îles plus proche de Fukushima que des Caraïbes". Et effectivement, il y a de ça tant Ultra Zook fait zouker les chaumières avec une musique un poil caliente.. mais les chaumières de la planète Mars hein. Te voilà donc fixé. Comment ça, non ?

Difficile de ne pas se demander dans quel imbroglio musical on a mis les pieds... Sauf que ça devient rapidement très plaisant. Notamment grâce à ce clavier qui domine très clairement les débats avec des nappes et mélodies chiadées. Le trio (batterie, guitare/basse, clavier) s'échine à coller tes neurones au plafond et il y a de fortes chances qu'ils y restent collés parce que la vue est bien meilleure qu'en bas. L'introduction à voix et clappements de main de la première piste intitulée "Dance broccoli dance" annonce faussement la couleur puisque le morceau se mute rapidement en un festival musical de rythmiques sautillantes et d'arrangements touchant presque à l'onirique kitch d'un Animal Collective. L'humour, c'est aussi ce qui domine également chez Ultra Zook et "Papier bitte schnell" en est la piste la plus représentative, le clavier parsème la musique décharnée de gros éclats de coke extraterrestre, donnant un morceau qui imprègne rapidement la caboche avec cette phrase répétée qui semble tirée d'un mauvais film de Max Pécas (ok, pléonasme...).

Là où les Ultra Zook on rudement bien saisi mes attentes et peut-être les vôtres, c'est qu'ils combinent un propos expérimental qui joue sur la répétition avec une efficacité et une durée relativement courte des pistes qui permettent à cet EP d'être excitant du début à la fin. Avec le dernier Gâtechien, le Poil, Epiq et désormais Ultra Zook, Gnougn Records (Monsieur Gnougn joue de la guitare/basse dans Ultra Zook...) devrait se tailler rapidement une jolie réput' dans le petit monde de la musique pas banale.