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Biographie > Tura Satana

Premièrement connu sous le nom de Manhole, Tura Satana est un concentré de l'alchimie rock des années 90, avec un soupçon de scène hardcore et hip-hop. Le groupe est mené d'une main de maître par Tairrie B., figure emblématique de la scène de Los Angeles, autant par ses prestations scéniques que par son charisme. Suite à des problèmes avec son label de l'époque, Manhole revient sous le nom de Tura Satana. Echappatoire et thérapie, la musique de Tura Satana est un moyen pour Tairrie d'exulter ses démons, d'exorciser sa peur. Sorte de thérapie, Tura Satana/Manhole ne serait pas ce qu'il est sans la présence au sein du groupe de Scott Ueda. Si Tairrie B. est la tête, la voix de Tura Satana, Scott Ueda en est l'exécuteur, les mains, c'est lui qui met en relief le chant, met l'accent sur les paroles.
Mélange complexe, de riffs rock pensés et travaillés, d'une basse en contrepoint qui intervient quand ça fait mal, et d'une personnalité telle que Miss B. Pleine de rancoeur, de haine, de rage, prête à exploser, véritable bombe ambulante, personnalité extraordinaire, Tura Satana est un vrai exultoire pour Tairrie, affaiblie et énervé par un récent divorce. Militante active pour les droits de la femme et le respect de la personne féminine, hurlant, criant, chuchotant des paroles sincères et aigues sur une musique dure, Tairrie fait la thérapie de la société américaine des années 90, violente, machiste, superficielle. Celle qui clame -My Pussy, My Choice- haut et fort, prêt à tenir tête au prenier redneck venu, est aussi très attirée par la religion et l'aspect spirituelle des choses. Groupe a écouter et a lire, Tura Satana reste une référence, à la fois musicalement, mais également humainement.Grand groupe de Los Angeles des années 90, Tura Satana a malheuresement splitté courant 2000. Scott Ueda et Tairrie B. sont partis chacun de leur côtés. Cependant Tairrie, artiste insassiable, reforme très vite, un groupe aux accents plus métal : My Ruin.

Tura Satana / Chronique LP > All is not well

Tura Satana : All is not well Première incursion musicale, peu remarqué à l'époque, All is not well représente un concentré de rage, d'exaspération sur la société de l'époque. Passant en revue, la violence, les violences conjuguales, le harcèlement sexuelle, Tura Satana ne pouvait pas mieux s'en sortir sans Tairrie B. Véritable dissection, mise à vif, des maux qui la ronge, qui la blesse, qui la choque. Le son de Tura Satana, c'est une guitare aux interventions idéales, sachant s'effacer, une basse aux riffs destructeurs, une batterie qui se tient à son rôle, et une voix féminine, mais quelle voix. Passant d'un phrasé presque hip-hop, à un débit hardcore, hurlé, crié, le chant reste l'arme ultime de Tura Satana. Loin de ses groupes sans histoire et sans paroles, les paroles de Tura Satana méritent le détour, et même sont indissoçiable de la musique. "Hypocrite" marque le début de l'album, son intro très séche, son break suivi d'un chant hip-hop, et d'un refain rock, And the mirror tells me lies. Enèrvement en règle, You keep fillin my mind with your bullshit. Intro maladive, malsaine et vibrante, basse saturée, très loin dans l'espace sonore, "Sickness" porte merveilleusement bien son nom, paroles malsaine, break atmosphérique, passage basse saturée/chant, All is not well. Les intros de basse chez Tura Satana ont ce charme des crépuscules d'automne, vibrant, tout en crescendo, frisquet. Véritable poésie, couplets calme à contraster aux refains tempêtueux, "Kiss or Kill" et ses charmants petits gimmicks de guitares, la basse s'énerve et la batterie s'en mêle, fin apocalyptique You will never see me on my knees.
Guitare crade, batterie orageuse, "Break" annonce la couleur. Sombre, atmosphère méfiante, rassuré par une basse simplissime. I hate what I've become, pont vibrant, crade, basse saturé, point d'appui à une rage non contenue. Laissant place aux paroles, et à leur signification, la guitare se fait discrète sur "Empty", pont silencieux, chancelant, laissant place à un couplet où la basse tempête, le chant s'énerve, la batterie aussi, You left me so fuckin empty. Le mythique My pussy, my choice, et un démentiel "Put your head out", paroles crues, mais si importante. Harcèlement sexuel, harcèlement de basse, hurlement de guitares, jeu de voix et de guitares, actes militants pour les droits de la femme, les paroles sont sensibles, vraies. Il est incensé que les droits de la femme ne soit pas respectés, Tairrie B. fout ici une claque terrible à tous les irréductibles. 1 out of every 3 women, will be a victim of sexual assault during her lifetime, "Victim" continue le combat où l'avait laissé "Put your head out", chiffres à l'appui. Hymne pour une révolte féminine, une prise de conscience générale, un coup de geule pour refuser d'être une victime, What part of No, don't you fuckin understand ? asshole.. Encore une intro au son crade, un riff qui a du groove, une basse qui appui là où ça fait mal, un couplet tout feutré sur un lit de paroles militantes, refrain qui se révèle dans toute sa splendeur. Un chant coloré, très inspiré, qui reprends son souffle sur un passage en forme de comptine, enchainé à un hurlement terrible blessant, plein de volonté. Riffs mémorables, refrain tout en résonnance, en répétition, atmosphère tendue, tissée par une guitare hérétique, "Roughness" épure le schéma classique couplet-refrain-couplet. Riff de guitare surpuissant, une basse glissante qui lui vient en aide, l'air autour de "6 Feet Deep" se raréfie, Shooting people at the age of 10, chant balançant, oscillant sur un flux et un reflux de guitare, puis s'énerve, moins hip-hop, plus hardcore, puis reprise plus calme, changement d'environnement, guitare plus brouillonne And all rest in peace. "Cycle of violonce" véritable exposé sur les violences conjuguales, mise en garde, guitare lointaine, basse présente, magie de Tura Satana. En duo avec Lynn Strait de Snot, "Down" allie violence hardcore, et féminité violente, véritable rage Down for the system, brouillard saturé, et puissance énervé, mise en relief d'un hardcore underground, final en feu d'artifice, mémorable. Album majeur de Tura Satana, ce qui ressort de All is not well, c'est surtout l'énervement de Tairrie B., son exaspération face à l'irrespect général envers les femmes. Issu d'un scène underground, Tura Satana cherche l'équilibre entre paroles militantes et musique. Coup d'essai, All is not well, permettra à Tura Satana d'évoluer et de murir.

Tura Satana / Chronique LP > Relief through release

Tura Satana : Relief through release Relief through release, album de la maturité pour Tura Satana, l'équilibre entre paroles et musique est trouvé. Moins énervé, plus aboutit musicalement, l'inspiration de cet album est en grande partie religieuse, en témoigne les nombreuses icônes religieuses qui parsèment le livret, ou le clip de "Luna" présent sur le disque. Welcome to violence, en guise de message d'accueil, très vite "Luna" met dans l'ambiance, riffs surpuissants, épicés, très présent, guitare en glissando qui ricoche sur une atmosphère toute en progression. Une guitare qui se balade, accords en suspension sur une voix énervé. Intro en point d'orgue, qui attends de faire montée la pression, départ accéléré. Un refrain qui fait la part belle aux cris, aux harmoniques de guitares, un riff à détérer un macchabée, "Dry" inoubliable. Un riff de basse sublime, en rondeur, aux accents saturés, à la saveur sucrée, "Venus Diablo" a un charme sensuel, une voix qui chuchote What will you do ?, qui se cherche dans l'atmosphère claire-obscure. Une guitare qui s'allume et s'éteint, sur un gimmick acidulé. Un pont bourru, batterie à l'appui, guitare réfléchi, énervement magistral, réflexion pieuse finale qui s'efface peu à peu. Attaque directe, violente, puissante, saturé, l'intro arrive ensuite, une basse courbé, vibrante, tout en bend, sensuelle, une introduction progressive, harmoniques de guitares, riff oscillant, dents de scie au groove d'acier, puis envoûtement maléfique, "Unclean" avec sa reprise du rythme du début, contrastant parfaitement avec ce qu'il suit, accents toniques, parfum de musc, charme rythmique imparrable. Passage crescendo, subtiles notes de guitares, montée fatale, basse envouté et envoutante. Barely alive cause I'm dead on the inside, et encore une intro de basse, "Flux" et son petit riff de guitare qui accompagne le couplet, terrifiant, sublime, roulant, coulant, transporté par une basse tonnant, grondant, une voix sensible, qui s'emporte sur le refrain, atmosphère intimiste dressée par Tura Satana, destruction du refrain, la diversité des ambiances dessinées par Tura Satana est affolante. "Eternalux", un riff en flux et reflux, une basse imperturbable, une guitare qui chante des harmonies perdues, le tout balayé, emporté, par un refrain dévastateur auquel succède une reprise toujours plus forte des charmes toniques du début, Everything has change. Faisant preuve d'un originalité déconcertante, d'une attraction visionnaire, d'un charme décalé, la guitare de Scott Ueda apporte tout sa dimension à Tura Satana, fort, décalé, mystérieux, acidulé, le riff de "Storage" n'est pas à mettre dans toutes les oreilles, ni dans toutes les veines. Alternant couplet atmosphérique, épicé, décalé, et refrain énervé, puissant et sonore, Tura Satana tient là de quoi faire bouger les têtes et les esprits. I sacrifice everything I am, la fin s'éteint comme un dernier souffle, à peine soutenu par une basse cataleptique sur un vers catalectique. "Seavenger kunt" et ce riff de basse qui hante, sans repos, tout en descente, en trait fin dessiné en pente douce, dévalant une montagne aride, aidé par une guitare qui se délite autant mais se terminant sur des harmoniques optimistes. There is a girl inside of me, and I can hear her breath, couplet sporatique, légèrement ciselé, mais refrain sonore, puissant, sur ce riff grandiose, qui alterne avec un pont stéréophonique, très bien construit. La suite, tout le monde l'a connaît, la question serait plutôt de savoir pourquoi Tura Satana a repris "Negative Creep", pour le côté négatif qu'il y a en chacun de nous ? Pour l'atmosphère très sombre, très négative qui s'en dégage ? L'interprétation reste assez fidèle à l'original, même si l'approche Tura Satana est omni-présente. "Relapse", de nouveau une basse introductive, vibrante, sensible, attentive, mais une guitare un peu palichônne, une voix qui s'écoule sur un torrent sonore, "Relapse" qui s'appelait "Sickness" sur "All Is Not Well", mais qui se trouve tout à fait dans le style de Relief trough release.
Ambiance étrange, mystérieuse pour "Last rites", riff typique, atmosphère épique, moyen-âgeuse, intriguante. Encore des harmoniques artificielles pour Scott Ueda, mais mais dans le même style que Robb Flynn (Machine Head), plus littérale, plus discrète. L'album se termine sur le sublime "Omnia vinat armor", intro éreinté, atmosphère dilatée, Truth ,lies véritable symbiose de toutes les composantes de Tura Satana, chant posé, guitare originale, basse sentimentale, batterie efficace. Love, hate véritable ambiance XVIIIème italienne ou espagnole, sublimé par la magie Tura Satana. Album d'un Tura Satana mûr, l'accent n'a pas été mis seulement sur les paroles, mais aussi sur le génie de Scott Ueda, et l'art de la composition, avec des intros de basse mirobolantes. Relief through release, même s'il n'as pas ce côté militant du précédent album, est d'un tout autre charme, tissé de mélodies simples et efficaces, d'harmonies qui ne sont pas des fioritures, et comporte cet attrait particulier qu'on certains albums...