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Tura Satana > Chronique LP / Relief through release
Relief through release, album de la maturité pour Tura Satana, l'équilibre entre paroles et musique est trouvé. Moins énervé, plus aboutit musicalement, l'inspiration de cet album est en grande partie religieuse, en témoigne les nombreuses icônes religieuses qui parsèment le livret, ou le clip de "Luna" présent sur le disque. Welcome to violence, en guise de message d'accueil, très vite "Luna" met dans l'ambiance, riffs surpuissants, épicés, très présent, guitare en glissando qui ricoche sur une atmosphère toute en progression. Une guitare qui se balade, accords en suspension sur une voix énervé. Intro en point d'orgue, qui attends de faire montée la pression, départ accéléré. Un refrain qui fait la part belle aux cris, aux harmoniques de guitares, un riff à détérer un macchabée, "Dry" inoubliable. Un riff de basse sublime, en rondeur, aux accents saturés, à la saveur sucrée, "Venus Diablo" a un charme sensuel, une voix qui chuchote What will you do ?, qui se cherche dans l'atmosphère claire-obscure. Une guitare qui s'allume et s'éteint, sur un gimmick acidulé. Un pont bourru, batterie à l'appui, guitare réfléchi, énervement magistral, réflexion pieuse finale qui s'efface peu à peu. Attaque directe, violente, puissante, saturé, l'intro arrive ensuite, une basse courbé, vibrante, tout en bend, sensuelle, une introduction progressive, harmoniques de guitares, riff oscillant, dents de scie au groove d'acier, puis envoûtement maléfique, "Unclean" avec sa reprise du rythme du début, contrastant parfaitement avec ce qu'il suit, accents toniques, parfum de musc, charme rythmique imparrable. Passage crescendo, subtiles notes de guitares, montée fatale, basse envouté et envoutante. Barely alive cause I'm dead on the inside, et encore une intro de basse, "Flux" et son petit riff de guitare qui accompagne le couplet, terrifiant, sublime, roulant, coulant, transporté par une basse tonnant, grondant, une voix sensible, qui s'emporte sur le refrain, atmosphère intimiste dressée par Tura Satana, destruction du refrain, la diversité des ambiances dessinées par Tura Satana est affolante. "Eternalux", un riff en flux et reflux, une basse imperturbable, une guitare qui chante des harmonies perdues, le tout balayé, emporté, par un refrain dévastateur auquel succède une reprise toujours plus forte des charmes toniques du début, Everything has change. Faisant preuve d'un originalité déconcertante, d'une attraction visionnaire, d'un charme décalé, la guitare de Scott Ueda apporte tout sa dimension à Tura Satana, fort, décalé, mystérieux, acidulé, le riff de "Storage" n'est pas à mettre dans toutes les oreilles, ni dans toutes les veines. Alternant couplet atmosphérique, épicé, décalé, et refrain énervé, puissant et sonore, Tura Satana tient là de quoi faire bouger les têtes et les esprits. I sacrifice everything I am, la fin s'éteint comme un dernier souffle, à peine soutenu par une basse cataleptique sur un vers catalectique. "Seavenger kunt" et ce riff de basse qui hante, sans repos, tout en descente, en trait fin dessiné en pente douce, dévalant une montagne aride, aidé par une guitare qui se délite autant mais se terminant sur des harmoniques optimistes. There is a girl inside of me, and I can hear her breath, couplet sporatique, légèrement ciselé, mais refrain sonore, puissant, sur ce riff grandiose, qui alterne avec un pont stéréophonique, très bien construit. La suite, tout le monde l'a connaît, la question serait plutôt de savoir pourquoi Tura Satana a repris "Negative Creep", pour le côté négatif qu'il y a en chacun de nous ? Pour l'atmosphère très sombre, très négative qui s'en dégage ? L'interprétation reste assez fidèle à l'original, même si l'approche Tura Satana est omni-présente. "Relapse", de nouveau une basse introductive, vibrante, sensible, attentive, mais une guitare un peu palichônne, une voix qui s'écoule sur un torrent sonore, "Relapse" qui s'appelait "Sickness" sur "All Is Not Well", mais qui se trouve tout à fait dans le style de Relief trough release.
Ambiance étrange, mystérieuse pour "Last rites", riff typique, atmosphère épique, moyen-âgeuse, intriguante. Encore des harmoniques artificielles pour Scott Ueda, mais mais dans le même style que Robb Flynn (Machine Head), plus littérale, plus discrète. L'album se termine sur le sublime "Omnia vinat armor", intro éreinté, atmosphère dilatée, Truth ,lies véritable symbiose de toutes les composantes de Tura Satana, chant posé, guitare originale, basse sentimentale, batterie efficace. Love, hate véritable ambiance XVIIIème italienne ou espagnole, sublimé par la magie Tura Satana. Album d'un Tura Satana mûr, l'accent n'a pas été mis seulement sur les paroles, mais aussi sur le génie de Scott Ueda, et l'art de la composition, avec des intros de basse mirobolantes. Relief through release, même s'il n'as pas ce côté militant du précédent album, est d'un tout autre charme, tissé de mélodies simples et efficaces, d'harmonies qui ne sont pas des fioritures, et comporte cet attrait particulier qu'on certains albums...
Note :
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