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Né dans la petite ville de Cuneo en Italien, Treehorn est un power-trio batterie/guitare/basse-chant qui depuis 2008 ferraille autant qu'il le peut ses instruments entre son pays natale et son hexagone d'adoption. Un premier effort, Amine, paru la première année d'existence du groupe via Canalese Noise Records inaugure sa discographie, qui viendra s'enrichir d'apparitions remarquées sur les deux compilations Noise to the Bone (2008 et 2009). En 2011, les italiens livrent leur premier album long-format, en CD et vinyle, via Escape From Today Records, A Tant Rever Du Roi (Kourgane), Riff Records et Swarm Records (Ed Wood Jr, Josh, Royal McBee Corporation). Son titre : Hearth.

Treehorn / Chronique LP > Hearth

Treehorn - Hearth Noise vénéneuse et mouvante qui rampe le long des enceintes, rock abrasif qui lentement mais sûrement carbonise les enceintes, stoner brut aux guitares incendiaires, "Stockholm", titre inaugural du premier album de Treehorn c'est un peu tout ça à la fois et même un peu plus. Un groove... sidéral, des riffs qui viennent s'empiler aux quatre coins du studio et un chant habité par l'ombre des dieux Kyuss, on se visse à la platine et on laisse les natifs de Cuneo enchaîner avec un brûlot noise addictif et acerbe, aux structures complexes qui rompt quelque peu avec l'urgence électrique de leur musique ("Taurus, not bull").
Mais quand on est un power-trio de la trempe de Treehorn, on ne refait pas dix fois la même chose. Il était peut-être temps de ralentir la cadence et de proposer un morceau (heavy) blues de cramé au feeling caniculaire et presque étouffant. Une échappée belle vers les canyons américains, un tempo délibérément lancinant, psychotrope et envoûtant, porté par une voix pas si éloignée de celle de John Garcia (Kyuss, Hermano, Unida...) et des morceaux imparables. Le groupe connaît ses classiques sur le bout du manche et a su parfaitement digérer ses influences pour proposer avec Hearth un album de rock noisy/stoner/blues à l'efficacité diabolique.
Retour au gros son frondeur qui tamponne dans les vertèbres avec "Senescence" et des musiciens qui martèlent leur propos avec une conviction rare. Les décibels s'entrechoquent et Treehorn met tout ce qu'il dans un "Aluminium" qui démonte tout ce qu'il rencontre sur son passage. On l'a compris, les labels A tant rêver du roi (Io Monade Stanca, Kourgane, Mr Protector...) et Swarm Records (Ed Wood Jr, Royal McBee Corporation), co-producteurs sur cet album et déjà connus pour leur bon goût en matière de noise/rock/indie salvateur, on encore flairé la bonne affaire. Les italiens donnent dans la fulgurance noisecore ("Freeway to the sun"), la tension émotionnelle paroxystique, la répétitivité obsédante ("Apostolic") et la lourdeur flirtant avec les frontières du sludge. Tellement balèze qu'on en vient à se dire lorsque les Treehorn raflent la mise avec leur "Black mirror" final, que l'on pourrait bien tenir avec ce power-trio là l'un des futurs cadors du genre...