Thomas Schoeffler Jr - the hunter Originaire du sud de l'Alsace, Thomas Schoeffler Jr trouve ses premières influences dans la musique rock et grunge. Ses compositions prendront pourtant leur source chez les grands de la country et du blues : Hank Williams, Johnny Cash et Mississippi Fred McDowell. Son premier album est d'ailleurs marqué par la reprise du blues traditionnel "No more my lord" ainsi que par celle de "Alone and forsake" (Hank Williams). Un souffle de trois années et Thomas revient avec un second opus : Jesus shot me down. Un enregistrement bien réussi qui lui permet de partir sur les routes pour exorciser ses démons. Soutenu par Echo Productions (Sinsemilia, Mountain Men), l'aventure continue et l'artiste sort cette année The hunter.

L'image de la pochette laisse présager que ce disque est le beau dans l'obscur. Thomas est seul sur le chemin et se tient droit dans l'espace de lumière que veulent bien lui laisser les forêts d'Alsace. "Daisies all around" fait son entrée. La guitare lance un rythme qui balance dans le fond mais elle se retient. Pendant près d'une minute, des mots sont jetés dans un micro à la manière d'un discours souffrant d'un filtre. Puis la voix du chanteur vient et c'est parti ! Nous voilà dans les espaces libérés et sauvages que les cow-boys parcourent bride abattue sur le dos de leurs chevaux. Mais si ce premier titre marche dans les pas des pères fondateurs de la country, Thomas montre ensuite qu'il peut aussi sortir des sentiers battus. "Sauerkaut" est résolument plus rock et se rapproche d'avantage de Joy Division. L'énergie est entretenue sur "Oh, Mary Lynne" qui manque cependant d'être orchestré par un vrai batteur. Le morceau suivant ressemble davantage à une ballade en solo emprunt d'une nostalgie touchante. En quelque sorte plus rythmé, "My baby kiss me farewell" est dans la même veine. L'homme erre sur son chemin et chante aux étoiles. C'est l'esprit du blues dans une enveloppe rock et c'est franchement très bon. Parenthèse qui se prolonge avec le titre de l'album : "The hunter". C'est un véritable virage qui s'opère ici pour Thomas Schoeffler Jr. N'hésitant à sortir l'harmonica le chanteur guitariste se sort de la mélancolie avec "Hips & lips" plus proche des 16 Horsepower dans la manière d'allier rock et folk. Tandis que "Why is made of tears" semble être perchée dans le coton d'un rêve, "You've got love me better than I did" clôt le disque sur des airs de Nick Cave.

J'avais vu l'artiste en première partie des Mountain Men et l'impression avait été très bonne. Mais entre le live et l'écoute à la maison, se creuse parfois un fossé (notamment celui de la consommation de bière). Dans The hunter, Thomas Schoeffler Jr a poussé plus loin sa musique et ce fût un délice de A à Z !