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Biographie > les décabristes

The Decemberists est un groupe américain basé à Portland dans l'Oregon qui sort son quatrième album studio The crane wife en 2007. Il succède à un premier EP (2001) et trois autres galettes qui a chaque fois ont étendu le nombre d'amateurs de ce groupe à géométrie variable. Castaways and cutouts (2002), Her majesty (2003) et Picaresque (2005) sont passés entre les mailles de nos filets et ce The crane wife aurait fait de même sans cet été pourri où je me décide à taper dans la pile de CDs "c'est bien mais là, j'ai vraiment pas le temps". Entrent donc ici Colin Meloy (chant, guitare), Chris Funk (guitare) et Jenny Conlee (accordéon, piano et fan de Chewbacca à ses heures) qui sont les membres "historiques", en ce moment, ils sont accompagnés de Nate Query (basse) et John Moen (batterie). Encore un peu d'histoire pour expliquer le nom du groupe qui ne fait pas qu'évoquer l'atmosphère particulière que l'on rattache au dernier mois de l'année... Le 14 décembre 1825 , prés de 3.000 personnes tentent de le forcer le régime russe à partager son pouvoir, à peine au pouvoir le tsar Nicolas Ier Pavlovitch réprime dans le sang cette révolte de ceux qu'on appellera les décembristes. Cette révolte a inspiré de nombreux auteurs dont Tolstoi ou Troyat. Si tu entends l'hymne russe en introduction des concerts de The Decemberists, ce n'est donc pas un hasard...

The Decemberists / Chronique LP > The crane wife

the decemberists : the crane wife Ce n'est pas souvent qu'on chronique du folk dans ces colonnes, la faute à notre faible connaissance du genre et d'un certain manque d'intérêt particulier pour ce genre de musique. Alors quand un artiste folk nous touche, c'est qu'il est certainement "à part", The Decemberists sont donc spéciaux. Il faut dire qu'avec uniquement quelques lignes de chant, Colin Meloy met tout le monde dans sa poche. Il possède un ton, un timbre, une énergie, un sens de la mélodie devant lesquels on est forcé de s'incliner... Et poutant The Decemberists n'avait pas choisi la facilité pour me charmer, commençant leur album par "The crane wife 3", la fin de l'histoire pour entamer l'album éponyme, c'est un peu étrange (à part ?), les deux autres parties, liées en un seul même long morceau, se découvrent en fin d'écoute, l'histoire est reprise dans le folklore japonais, un conte qui mêle le lugubre à l'amour. Après ce titre introductif, le groupe a placé sa composition la plus alambiquée, la plus "à part" de toutes celles de The crane wife : "The island : come and see - The landlord's daughter - You'll not feel the drowning", une pop song tout en progression et complètement progressive si on se focalise sur l'orgue (un Hammond ?), une dizaine de minutes avec de quoi devenir fou ou sage selon les passages (la fin et la douceur du violon de Eyvind Kang que l'on a déjà entendu aux côtés de Mike Patton, John Zorn, Beck, Mr. Bungle...). Le reste de l'album est bien plus accessible, plus "simple" et donc plus accrocheur, à commencer par "Yankee bayonet (I will be home then)" où la chanteuse folk Laura Veirs vient former un très joli duo avec Colin. Sur "Shankill butchers", il est presque seul avec sa guitare, cela donne à ce titre minimaliste de la proximité et de la profondeur. Quand le tempo augmente un peu, The Decemberists transforme ces plages folks en tubes entêtants, mis en forme par "O Valencia !", on ne peut que subir la frénésie de "The perfect crime #2", une pépite pour les rockers...
Produit par Chris Walla (guitariste de Death Cab for Cutie) et Tucker Martine (Mudhoney), The crane wife amène le folk sur des terres rock, c'est ambitieux et c'est réussi.