Tang - And Still No Sunrise A part une petite modification de line-up, j'ai l'impression que Tang n'a pas changé depuis ses débuts... Non pas musicalement (encore que j'ai découvert l'émo-core en les écoutant dans des bars près de chez moi et si on réécoute leurs premières productions, ils ont conservé le même esprit) mais dans leur manière de faire. Certes, ils ont beaucoup plus d'expérience (20 ans !) mais ils continuent de faire comme s'il fallait encore et toujours convaincre. Comme les "jeunes" groupes, ils ont besoin d'être rassurés, pour leur retour en studio, ils repassent au Boss Hog et travaillent de nouveau avec Clément Decrock (l'ex-batteur de General Lee était responsable de Dynamite drug diamond mais a aussi enregistré The Prestige, The Gay Corporation, Fall of Messiah...), ils signent chez Uproar for Veneration, le label de Grégory Smets, activiste lillois qui les suit depuis toujours (et qui le bon goût de signer des groupes qu'on apprécie comme Adolina, Ed Wood Jr, Generic...) et demandent à Pierre C. Philippe (encore un ami) de leur réaliser l'artwork. Bref, bien que majeur, le groupe a toujours besoin d'amis proches pour avancer. Et malgré tout cela, le soleil ne se lève toujours pas ?

En tout cas, c'est ce que laisse penser le titre de cet EP And still no sunrise qui sonne comme un retour après 5 années de disette (moins de 10 concerts en 4 ans malgré un LP acclamé par tous). Premier des cinq nouvelles pépites, "One day at a time" est une petite plage qui fait plus que servir d'introduction, la guitare lâche déjà quelques notes de tension sur un rythme ultra lent et aérien, le titre du morceau est répété de manière lointaine et "Togetherness is compromised" nous explose à la tronche, Tang pur jus, on passe par toutes les émotions avec ce qu'il faut de chant plaintif et rageur pour nous faire frissonner. Plus longue piste de la galette, "Off with your arms" installe ses différentes ambiances dont une plus tortueuse menée par une basse qui s'infiltre dans les oreilles (et me rappelle les bonnes lignes de Justin Chancellor) et permet de trancher avec la partie plus explosive, on connaît par cœur ce chant émo, ici, c'est donc l'exceptionnelle qualité de la partie instrumentale qui est à remarquer. Beaucoup plus direct, "Bruises and goosebumps" ouvre un dialogue fictif mais souffre d'être placé juste après un petit chef d'œuvre. On est déjà en bas de la liste avec "To the source" et son riffing rentre dedans qui ne laisse pas respirer, là encore, Tang fait du Tang et c'est au final ce que l'on pourrait leur reprocher, refaire ce qu'ils ont déjà fait.

Pas moi qui suis converti depuis très longtemps (plus de 15 ans) et ne me lasse toujours pas, et tant que le groupe pourra enchaîner des morceaux comme "One day at time" / "Togetherness is compromised" / "Off with your arms", je ne vois pas comment je pourrais m'ennuyer. Merci d'avoir ravivé la flamme même si le soleil ne se lève toujours pas...