Tang : Another thousand days, out of this world Quelle progression ! Même en imaginant le meilleur pour Tang, il était difficile de les voir atteindre un tel niveau de perfection aussi rapidement... La production est impeccable (le mixage est d'une finesse toute nordique, merci Magnus Lindberg (Cult Of Luna)), l'artwork est tout simplement somptueux (il est signé Mush qui a, entre autres, bossé pour QOTSA) et les compositions sont carrément sublimissimes. This quietness booms about on the walls like birds in panic avait déjà fait forte impression, mais avec Another thousand days, out of this world, Tang s'impose comme le fleuron de l'émo made in France et qui pourrait sans problème s'imposer à l'étranger car en anglais...
Sur ce nouvel album, le chant est moins "braillé" donc plus accessible et bien plus percutant ("Our childish behaviours"), les guitares sont limpides quand elles sont claires (le terrifiant final de "Waiting for the dragon lady"), destructrices quand elles s'alourdissent ("Rats on Oksti"), écouter les lignes de basse est un plaisir absolu ("Awake for days"), la batterie s'amuse des rythmes au millimètre ("Word necklace"), impossible de trouver une faille face à ce rouleau compresseur de tortures guitaristico-mentales. Les esprits chagrins s'autoriseront à penser que Tang reproduit assez souvent les mêmes schémas pour nous faire atteindre leur nirvana, ainsi les montées instrumentales de "Waiting for the dragon lady", "Awake for days", "Rats on Oksti" qui se rapprochent d'un post-rock / post-HxC option sludge (Isis, Cult Of Luna, Neurosis...) ou les murmures/attaques vocaux/vocales font toujours mouches, la recette fonctionne, elle est usée jusque la corde mais avec quel brio ! Si c'était si simple, bon nombre de groupes nous procureraient de telles sensations, or sans être totalement esseulé sur cette scène, Tang semble être passé largement au-dessus du lot.
Ca fait un petit bout de temps que les nordistes sont dans notre colimateur, s'ils ne sont pas dans le tien après la démonstration Another thousand days, out of this world, ils ne le seront jamais.