rock Rock > Tagada Jones

Biographie > Lait fraise

Tagada Jones, line-up 2003 Tagada Jones est plus qu'un acteur de la scène rock en France. Il en est l'une des pièces maitresses. Les chiffres ne font qu'attester cette vérité : 9 ans de vie, plus de 600 concerts à son actif, 18 pays (!) traversés et trois albums. Une sacrée carte de visite. Les Tagada Jones savent où ils mettent les pieds, et à l'instar des groupes indé que notre beau pays a compté, ils ont vite compris que le meilleur moyen de s'en sortir, c'est de mettre en pratique la fameuse théorie du Do It Yourself. Et dieu sait que Tagada Jones a su avancer en se structurant. La création d'Enragés Prod, leur label, puis le développement de Rage Tour, tourneur, et depuis Enrages Publishing. Alors axé uniquement autour des Tagada, ces structures ont pris de l'ampleur et su convaincre des pointures comme Seven Hate, No Place For Soul et autres Black Bomb Ä. Mais revenons au Tagada Jones. Les cinq membres du groupe nous viennent de Bretagne, région plus connue pour ses galettes ses celtes que pour ses punk, quoique... Rennes est tout de même un des principaux bastions pour ces adeptes de mode de vie. Tagada Jones a choisi le punk agrémenté de hardcore, d'électronique et de métal, ah, ces satanés étiquettes. Chanté (et parfois hurlé !) en français, les textes du combo ne sont pas du vulgaire remplissage, et après quelques mini cd et deux brulôts longue durée (Virus et le démoniaque Manipulé) les bretons nous reviennent en cette fin 2003 avec L'envers du décors avec à la clé une tournée impressionante. L'album de la consécration ?

Review Concert : Tagada Jones, Lofo voit rouge à l'Alhambra (avril 2012)

Review Concert : Tagada Jones, Le Bal des Enragés @ la Tannerie (fév. 2010)

Chronique Compil : Tagada Jones, In the spirit of total resistance

Tagada Jones / Chronique LP > Descente aux enfers

Tagada Jones - Descente aux enfers
Tagada Jones est un groupe réac' ! Et ouais, ils sont super attachés aux mêmes valeurs depuis toujours ! La critique de la société en mode anar' ("Zéro de conduite", "Le moins que rien"), la défense des grandes idées (la démocratie, l'environnement...), une musique et un chant agressifs et l'amitié (Stéphane Buriez, André Gielen et Niko Jones sont à la prod) : voilà de quoi est faite leur Descente aux enfers. Tagada Jones n'a rien changé depuis 2008 et poursuit donc sur sa lancée à tombeaux ouverts et c'est peut-être là que l'on se lasse. Si le groupe est ultra efficace en live, sur disque, quand on a le temps de se poser et de décortiquer un peu le tout, on se retrouve avec les mêmes thèmes, les mêmes rythmes et leur punk-core n'accroche plus vraiment faute de nouveauté. Ce n'est que sur "La raison" et les deux titres bonus qu'on trouve vraiment du plaisir car on se fait bousculer par la rythmique, les variations de tons et les invités (Hescess et La Phaze) qui mettent joyeusement leur grain de sel et de sable dans la machine Tagada Jones qui sort alors de ses recettes traditionnelles. Dommage que ces bonus soient placés en fin d'album, incorporés à l'ensemble, il lui aurait donné plus de saveur.

Chronique Livre : Tagada Jones, Rock stories : Tagada Jones

Tagada Jones / Chronique LP > 6.6.6

Tagada Jones - 666 Il y a tout juste un bon mois (début février), c'était en quelque sorte le jubilée des Tagada Jones. Pensez donc, le groupe sortait ce 6.6.6 et organisait dans la foulée une fiesta de deux soirs en compagnie de leurs potes de scène et de combat (Lofofora, Parabellum, La Phaze, Burning Heads, Punish Yourself, L'Esprit Du Clan, Condkoï et Le Noyau Dur), histoire de marquer d'un grand coup le 1000° concert des Rennais ! Si, après plusieurs albums, les Tagada Jones nous avaient déjà faits le coup du (DVD) live avec L'envers du tour et des raretés (et inédits) avec The worst of Tagada Jones, ce 6.6.6 s'inscrit en pleine continuité des quatre dernières pistes du Feu aux poudres (des remixes et collaborations) en montrant d'autres aspects du groupe. Puisque "6.6.6" veut dire 6 reprises, 6 inédits, 6 remixes. Comme les enragés en ont décidé ainsi et que c'est assez judicieux d'avoir fait ce choix (trouve-je), c'est dans cet ordre-là que sont livrés ces 18 morceaux, dévoilant l'envers du décors des Tagada Jones...

Le choix des reprises est on ne peu plus clair : keupon, keupon, keupon ! Ça attaque directement avec "Jouer avec le feu" des Sheriff, un morceau tout en tension, lâché par des Tagada habités et en très grande forme. Ensuite, le groupe envoi magistralement l'"Osmose 99" des inénarrables Parabellum et s'en prend avec autant de vigueur à "Quelle sacrée revanche", titre d'une autre pointure de Dock Martens à savoir les regrettés OTH. Histoire de continuer en si bonne voie, Niko libère un gros grain de folie sur "Vivre libre ou mourir" des Bérus et le groupe n'hésite pas à faire flotter le pavillon noir de The Exploited en interprétant leur "Alternative". Enfin, en guise clôture de cette première partie, on a droit à une version un peu (trop ?) édulcorée d'"Antisocial" de Trust.
Après avoir fait honneur à une scène alternative fière en son temps de nager à contre-courant, place aux inédits "made-by-Tagada" ! Tout d'abord, le groupe se fend d'un vibrant "Hommage à Parabellum" sans qui, semble-t-il, les Tagada n'auraient pas eu envie de se jeter dans leur aventure. Suivent un bon p'tit morceau que les Tagada savent faire sans trop se fatiguer ("L'alternative") ainsi qu'un autre ("On roule"), moins inspiré et un poil auto-contemplatif, chose à laquelle on est pas forcément habitués. Mais cette petite baisse de régime s'efface vite devant ce qui suit. En l'occurrence "A qui la faute ?" qui renoue avec le meilleur des Tagada Jones en redonnant les couleurs qu'ils aiment porter et les deux morceaux coécrits. On a à faire à un très grand moment avec "Nation to nation", titre sur lequel s'imbriquent parfaitement Punish Yourself et Tagada Jones, chose paraissant difficilement imaginable, et pourtant ils l'ont fait ! Et à grands coups de blasts, si j'ose dire ! La deuxième collaboration est un léger ton en dessous mais n'enlève rien à l'initiative et a le mérite d'exposer à un autre public les géniaux électro-rappeurs à tendances "fusion" de Cellule X. Le temps passe mais les Tagada Jones ne font pas de ce disque un hold-up, car restent "encore" à assimiler les six remixes.

Et ce sont d'autres sonorités qui sont dévoilées à travers ces remixes, essaimés (avec justesse) du plus énergique au plus atmosphérique. C'est sur une trame plutôt technoïde que Rotator (inconnu au bataillon) a réussi à transformer avec talent "Pavillon noir" tandis que ce sont en voisins des Tagada Jones que X Makeena s'évade avec "Le feu aux poudres" sous le bras pour le libérer de sa carapace alors qu'"Epidémie" a fait l'objet d'excellentes triturations de la part de VDZ Break (membre d'Alif Sound System). Après trois remixes (très) rythmés, les trois derniers ont été axés sur des bases moins rentre-dedans. Ainsi, deux membres de Formal Dehyde se sont attelés à adoucir "Thérapie" tout en conservant le terrible riff de guitare, Yosh a offert une seconde vie à "Cauchemar" en le poussant vers un dub inattendu et Chandora a transfiguré "Kamikaze" en l'orientant sur une piste quelques peu introspective. D'autres aspects auraient encore pu être abordés, mais inutile de s'étendre outre mesure, les Tagada Jones prouvent qu'ensemble, de nouveaux horizons sont accessibles, a profité de l'occasion pour produire (différemment) toujours plus de bruit et a donné une tribune à des artistes dont on aurait pas forcément eu vent. Bref, cela fait maintenant 13 ans et plus de 1000 concerts que les Tagada Jones occupent une place de choix dans le paysage musical et 6.6.6 nous démontre qu'ils sont encore bien là, toujours prêts à agir !

Tagada Jones / Chronique LP > Le feu aux poudres

Tagada Jones : Le feu aux poudres Les Tagada Jones, que l'on ne présente plus, viennent de sortir leur nouvel album Le feu aux poudres, qui comme l'indique assez clairement son titre, s'enflamme à volonté, explose et implose en même temps. 12 titres de feu, plus 4 titres bonus pour la version bonus, des duos ou remixes avec La Phaze, Shane Cough, Bionik Dread et Guizmo.
Tagada Jones surgit cette fois avec un album, à mi-chemin entre un retour au punk et une évolution éléctro-hardcore, une citation reprise de la bio, qui résume en toute justesse l'impression générale de cet album. Un chant écorché, toujours aux taquets, qui donne le cap et embraye dès le furieux "Cargo", et poursuit sans faiblir sur les titres qui suivent. Format punk pour un son métal, trois minutes en moyenne, -main dans la main, peut-être jeune et con-, "La relève" ou "Cauchemar" enchaînent les décibels, guitares solides, basse un peu en retrait, une grosse voix aigüe avec un petit côté Noxious Enjoyment, mais sans les excès.
Tagada Jones serait une coquille métallique sans les paroles corrosives qui sont les leurs, "Cargo" ou "Pavillon Noir", avec une mention spéciale pour ce dernier, une mélodie subtile menée avec maîtrise sur des guitares frénétiques, qui partent en palm-muting condensé pendant le refrain, un chant très en avant, ce "Pavillon Noir" est un peu un étendard pour le style Tagada Jones, punk-métal avec un chant particulier, prise d'otage des mélodies et séquestrations des riffs méchants dans une version orchestrée à la perfection. Que dire alors de "Soleil de feu" qui surgit à cent à l'heure, irradie comme autant de chaudrons d'acier en fusion, un refrain rythmé que l'on se surprend à essayer de chanter, mais la locomotive Tagada Jones va vite, très vite, met le tableau en place, distribue ces baffes et repart avec emportement une fois sa mission terminée.
Le feu aux poudres gardent le meilleur pour la fin, avec l'incendiaire titre éponyme qui embrase toutes les substances inflammables à sa portée, et les titres bonus, notamment "Ensemble" avec La Phaze, ou le surprenant acoustique "Combien de temps encore" avec les troubadours de Guizmo.

Tagada Jones / Chronique LP > L'envers du décor

Tagada Jones - L'envers du décor L'envers du décor. Rien qu'au titre, on a compris que pour leur troisième album, Tagada Jones n'a toujours pas envie de rigoler. Car oui, Tagada Jones n'est pas un groupe qu'on écoute pour évacuer un coup de blues ou pour se remettre d'une peine de coeur. Non, franchement, je ne vous le conseille pas. Enfin, c'est juste un conseil. Pour leur retour en grande pompe, les rennais ont mis les petits plats dans les grands : super pochette, son énorme enregistré dans un studio de leur ville natale, et surtout, supers compos. Bon, il est vrai que le style "Tagada Jones" n'est pas le plus accessible du moment, mais en tout cas, ils n'ont pas eu le bas gout de retourner leur veste comme certains recemment pour jouer l'accessibilité (no comment). Non, pour les Tagada Jones, c'est toujours à fond et surtout toujours fort, très fort. Le chant est si particulier, on adore ou on déteste, mais le coté grosses voix aigues avec le style punk hardore de la musique se mélange à ravir. Les textes sont d'une noirceur mélée à une intelligence remarquable. La politique ("A gauche comme à droite"), les USA ("[D^blju :]"), l'extremisme ("Un kulte"), la télé ("Reality show"), la music business ("Star system") et j'en passe. De ce coté là, pas de soucis, on retrouve bien nos chers Tagada Jones, qui ne parlent pas dans le vide et qui offre un discours qui mérite une réflexion. Ce qui pourrait sembler quelque peu nouveau et qui, paradoxalement, fait la force de ce nouveau disque, c'est cette volonté des rennais d'incorporer à leur morceaux durs et parfois malsains une pincée de mélodie. Une pincée, bon, tout est relatif, les Tagada Jones ne la joue pas dans la lignée de toutes les merdes qu'on peut entendre à longueur de journée, mais des titres comme "Ecowar" ou "A gauche comme à droite" trouvent leur force dans ces refrains et autres passages qui marquent une certaine évolution chez le quintet, marquant les esprits avec une certaine pointe de mélodie, ce qui rend la colère et la puissance du reste des morceaux encore plus flagrant ! Mais Tagada Jones, c'est aussi des compos encore plus maitrisées, compositions sans aucun défaut. A coup sur, L'envers du décor est le disque de la maturité, qui plairont aux afficionados de métal et de punk. Oui, oui, on peut aimer les deux, je vous le confirme. Ne pas faire de bruit que poru faire du bruit, voilà une devise qui va si bien à Tagada Jones. Preuve en est ce "S.O.S. Dub", morceau comme son nom l'indique plus électronique que sa version hardcorisée présente sur le disque, mais avec la même intensité et le même sentiment de malaise qui s'en échappe. OUf !!!! Il ne vous reste plus qu'à aller prendre une claque en concert, car Tagada en live, c'est quelque chose, croyez moi ! Le son et le visuel, deux atouts pour les bretons. Et puis, pas d'excuse, avec 80 concerts par an, pas possible de les louper !