rock Rock > The Sword

Biographie > The Sword of doom

Originaire d'Austin (Texas, USA), The Sword se compose depuis ses débuts (en 2003) de J. D. Cronise, Kyle Shutt, Bryan Richie et Trivett Wingo. Entre rock dur, heavy, stoner et doom, le groupe ferraille rapidement en première partie de groupes de la trempe de Mastodon, sort un EP autoproduit en 2005, avant de publier son premier album, très remarqué, en 2006 (Age of winters) via Kemado Records (Turzi), puis via un split partagé avec Witchcraft l'année suivante. La ressemblance avec Black Sabbath est alors évidente mais le groupe parvient à faire son trou et enchaîne deux ans plus tard avec Gods of the Earth. La régularité était de mise chez The Sword, c'est donc très logiquement en 2010 que le quartet américain publie son troisième opus : Warp riders toujours via la même crémerie, ainsi qu'un split avec Year Long Disaster, paru quand à lui chez Volcom Entertainment.

Review Concert : The Sword, MetallicA au POPB (avr. 2009)

The Sword / Chronique LP > High country

The Sword - High country Oui, tu n'es pas le seul à découvrir des groupes qui sont excellents et viennent de sortir leur cinquième album en presque 10 ans... Ca arrive à tout le monde, et c'est pas parce qu'on donne l'impression de connaître plein de trucs qu'on connaît tout, loin de là. Même quand ils sont chroniqués dans nos pages... La preuve avec cette pépite qu'est The Sword. Les Texans font parler leurs instruments depuis 2003 sous la direction de John D. Cronise, principal compositeur des textes et chanteur qui emmène dans son sillage Kyle Shutt (guitariste), Bryan Richie (bassiste) et depuis 2011 Jimmy Vela (batterie) arrivé juste après Warp riders. J'avais du lire l'article d'Aurelio en 2010 mais je n'avais pas retenu le nom du groupe qui a fait continuer son petit bonhomme de chemin, élargissant sa fan base peu à peu (ils ont ouvert pour MetallicA, Nebula, Clutch, Lamb of God, Machine Head, Kyuss...) et se faisant un nom en Europe au gré des tournées et du bouche à oreille. Les voilà dans les miennes avec ce que certains qui les suivent depuis longtemps considèrent comme leur meilleur album : High country.

Après une intro instrumentale assez courte plutôt psychédélique, le grand huit des riffs incandescents se met en marche avec un chant assez typé seventies et une rythmique qui joue avec les codes du genre stoner désertique. Si en quelques secondes le ton est donné, là où on chercherait des influences et des points de comparaison (oui, The Sword n'est pas franchement un précurseur dans ce genre), ici on se laisse gagner par la chaleur du combo et on apprécie purement et simplement ses compositions. Avec l'insouciance que les Américains nous transmettent (le côté pop de "High country" ou de "The bees of spring"), on est à la cool (vas-y tapisse le sol des notes de "Silver petals"), au soleil avec eux (même quand on se les gèle comme en ce moment), on oublie les soucis (et on en a bien besoin en ce moment) et avec un peu d'aide on pourrait facilement décoller pour rejoindre les gars en mode "je plane" ("Mist & shadow"). Parfois, ils vont un peu trop loin dans le délire et reviennent avec des titres complètement dépouillés ("Seriously mysterious" ou "Turned to dust") qui leur assurent une part d'originalité bienvenue. Parce que jouer des titres instrumentaux, là encore, ils ne sont pas les seuls à le faire, par contre, leur donner une couleur assez inquiétante comme sur ce "Agartha", rares sont les combos "stoner" à s'y risquer. The Sword transforme donc tout ce qu'il touche du fil de son arme en or quand il sort des clichés, et même quand il fonce droit dans le tas, c'est encore excellent ("Ghost eye" par exemple).

15 titres, 50 minutes de rock stonerisant à la fois ouvert et homogène, un son aux petits oignons, un artwork qui cadre avec le genre, High country est la très bonne sortie de ce registre pour la fin de l'année 2015 car quoi qu'il tente, The Sword le fait avec goût et nous amène toujours à trancher en son sens. Et non, il n'est pas trop tard pour les découvrir.

The Sword / Chronique LP > Warp riders

The Sword - Warp riders "Acheron/Unearthing the Orb"... Booooooom : The Sword fait vrombir les guitares, sature le studio de groove fuzzy enflammé et envoie les riffs tester l'étanchéité des enceintes. Et si celles-ci tiennent pour le moment le coup, on sait d'ores et déjà qu'au terme des titres que compte Warp riders, elles vont céder sous les coups de boutoir électriques d'un groupe qui a le feeling stoner-doom dans le sang... Gimmick rock'n'roll furieusement cool, chant monocorde plutôt approprié pour le coup, "Tres brujas" joue les singles avec sa mélodie légère, son break métallique et son efficacité radiophonique (pour les radios US s'entend hein...) pendant qu'"Arrows in the dark" soigne les ambiances stoner de l'album. Caniculaires à souhait et même légèrement psychées par instants... avant que les grosses guitares ne refassent leur apparition pour nous emmener dans un petit roadtrip à travers le désert. Quelques petits soli bien fougueux et voici que "The Chronomancer I : Hubris" vient faire parler la poudre. Et là, The Sword a décidé de faire turbiner l'usine à riffs stoner dans les règles de l'art, résultat, ça groove à tout va, c'est armé d'un son puissant et techniquement, ça assure grave (en même temps, on ne fait pas les premières parties de MetallicA pour rien). La preuve avec un "Lawless lands" très "classic rock" où l'efficacité rythmique du groupe prend tout son sens. Fin du premier acte : le dénommé "The archer & the orb" (l'album étant scindé en deux "volumes").

Après cinq premiers titres qui justifient à eux seuls l'acquisition en toute urgence de l'album, voici que les Texans en enquillent cinq autres, histoire de mettre tout le monde d'accord. Volume 2 donc, intitulé "The Android & the Sword". Le riff grassouillet, la section rythmique qui en impose, après une intro rock stellaire, "Astraea's dream" en appelle à la cavalerie et tricote quelques lignes de grattes bien velues. Et comme niveau production, c'est béton armé (merci Matt Bayles - Botch, Mastodon, Isis, Pearl Jam - aux manettes du bestiau), forcément, on reste collé au siège. D'autant que The Sword a la riche idée de varier les plaisirs : old-school et heavy pour l'éponyme "The warp riders", purement "Black Sabbathien" sur "Night city" ou plus sauvage ("The Chronomancer II : The night the sky cried"), toujours avec un petit truc en plus derrière la tête. Conceptuel, Warp riders est en effet un album de space-stoner-doom, un mélange original de sci-fi 70's (cf : l'artwork très réussi) et de gros son bien heavy qui résonne dans les tuyaux. Derrière ça, une histoire, celle d'Ereth, un archer banni par les siens de sa planète (Acheron) pour une raison inconnue. Cette dernière a la particularité de ne plus tourner sur elle-même et donc de présenter toujours la même face à ses trois soleils (histoire de compliquer la chose). Conséquence logique, l'un des versant d'Acheron ne voit jamais la nuit, l'autre, le jour. Au cours de l'album, les aventures d'Ereth l'amènent à rencontrer un certain 'Chronomancer', soit un être vivant au-delà de l'espace et du temps qui lui confie la mission de restaurer l'équilibre de la planète. Musicalement, ça ne paraît pas évident dit comme ça, mais le gros son étant au rendez-vous, avec un soupçon de finesse et originalité, The Sword fait le boulot en passant la troisième... et pas à moitié. Solide et assez imparable dans son genre.