The Sword - Low Country En 2015, The Sword séduisait son monde avec la sortie du magnifique High country creusé en plein désert sous les vents brûlants d'un psychédélisme mêlé au stoner. Un an plus tard, les Texans déposent dans les bacs un nouvel opus : Low country.

Pour la pochette, l'idée de la sphère est conservée comme pour l'album précédent. Seulement, les couleurs chaudes s'effacent pour laisser place à une atmosphère plus sombre. Dans cette "basse vallée", un vautour - contrastant avec la blancheur de la lune - décolle d'un arbre fort tortueux. High country voulait vivre le jour, Low country vivra la nuit. L'un était électrique, l'autre sera acoustique. Et le tout avec dix des quinze pistes enregistrées l'année passée.

The Sword avait sous doute besoin de prendre une bouffée d'air frais. Une petite visite en Louisiane et dans le Tennessee a probablement poussé le groupe à composer en direction d'un rock plus classique. Ainsi la piste instrumentale "Unicorm farm" devient plus folk que psychédélique. Low country, c'est d'ailleurs un peu un retour aux racines de la musique traditionnelle américaine. En fait, l'obscurité de l'artwork est trompeuse. Ici, les chants clairs viennent s'élever au dessus d'un son épuré. Et si un brin de nostalgie teinte parfois l'horizon, ce n'est que pour le plaisir des oreilles. Transposer un album électrique en acoustique peut sembler léger comme concept. En réalité, cet effort nous montre The Sword sous un jour nouveau et met en lumière toute la dimension mélodique des créations. Catalogué dans un style plutôt heavy metal, les Texans nous invitent à découvrir un son plus posé, propice à la contemplation des grands espaces. "Seriously mysterious" donnera satisfaction aux amateurs de rock pour les cowboys. Juste à la suite, "Early snow" conserve ses basses saturées, son petit solo qui va bien et innove en terminant par l'intervention de cuivres. Un passage new wave pointe le bout de son nez et ce sera mon bémol. Tandis que "Ghost eye" me ramène dans une dimension plus aérienne, "The bees of spring" est taillée pour suspendre son auditeur dans les nuages et le laisser prisonnier de ses songes.

A peine un an en arrière, The Sword m'était inconnu. La maîtresse d'une école à l'ancienne aurait pu me taper sur les doigts devant tant d'ignorance. Mais si je me suis empressé d'avaler la discographie du groupe, ce n'est pas par crainte des représailles. C'est tout simplement parce que le concept High country/Low country m'a révélé un groupe qui s'expose avec talent et se présente sous plusieurs visages. Ses deux albums se répondent et se complètent : chacun est le miroir de l'autre. Très productifs quand il s'agit de poser un album dans les bacs, The Sword semble toujours imprimer plus profond son empreinte dans la musique. Et l'on sent que la formation en a encore sous le pied...