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Biographie > le trio Svink

Il est tellement rare de tomber aux détours d'un bac à disques sur un groupe qui sortent des normes et ne se complaisent pas à suivre une scène établie et déjà mourrante. Les Svinkels ont unis leurs forces en 1997 autour de leurs influences hip hop communes (en vrac le Wu Tang, Public Ennemy, Run DMC), leur amour du groove (Pastorius, James Brown, Coltrane), leur passion pour un certain esprit punk décallé, leur goût du texte bien tourné et d'un humour à base de fantaisies sémantiques toutes en finesse. Quelques temps plus tard, les Beastie Boys français (aka G. Baste, Mr. Xavier et le toaster/DJ Nico Pokus) sortent de l'ombre avec Tapis Rouge, renversent de la bière sur le tapis de Wizman, vomissent à la radio et pétent quelques amplis sur les scènes de France. Le mythe Svinkels est né, la fusion a pris forme, rassemble rockers et rappers autours du même objecif, l'arrivée d'un nouveau bébé : les parents sont heureux de vous annoncer la naissance de Bons pour l'asile, 2003, l'année du Svink.
Quelques rumeurs, incertitudes, jeux vidéos et yourtes plus tard, en juin 2008 les Svinkels sont de retour au pays, celui du Dirty centre...

Interview : Svinkels, Svinkterview (mai 2008)

Interview : Svinkels, Des maux classes !

Svinkels / Chronique LP > Dirty centre

Svinkels - Dirty centre Les Svinkels sont de retour dans la reine du rap 'n' roll, et ça, franchement, ce n'est pour me déplaire. Loin de là. Complètement accro du cultissime Bons pour l'asile et toujours plus inconditionnel de leurs lives, le Svink' reste pour moi une énigme. Mince, ces trois mecs envoient du son qui font chavirer les rockeurs les plus durs, alors que ces gars là se défendent toujours d'être des punks et affichent plus que jamais leur affiliation au rap. Alors grosse intox ? Ce qui est sûr, c'est que le trio ne triche pas, le flow est toujours virulent, les textes tranchants, et le beat affolant. Alors Svinkels, du rock, du rap, du rack ou du rop ? Bah en fait, rien à foutre. Les gros ont tout compris, ils envoient le son sans compromis, et si ça plaît, tant mieux. Sauf qu'on a eu peur des les perdre, les gaziers. Ces derniers mois, des rumeurs plus ou moins fondées annonçaient la fin du groupe. Ce qui est sûr, c'est que chacun a vaqué à ses occupations plus ou moins musicales. Si bien que le jour où j'ai appris que le Svink' signait chez nos copains d'At(h)ome, mon sang n'a fait qu'un tour. Que du bonheur. Puis Dirty centre est arrivé, et quand je l'ai lancé dans ma hi-fi, la première écoute m'a laissé perplexe. Concrètement, je ne m'y suis pas retrouvé. Qu'est ce que j'attendais ? Des guitares ? Un Bons pour l'asile bis ? J'en sais rien...En fait, je crois que j'ai été surpris par "les sons" du Svink' version 2K8. Trop minimalistes. Pas assez rock. A la fin de l'écoute de l'intégralité du skeud, je n'ai pas été emballé. Puis, la deuxième écoute m'a réconcilié. La troisième m'a intoxiqué, et depuis, Dirty centre hante ma platine disque. Pour un bon moment. J'ai le sentiment personnel que ce troisième volet longue durée des aventures de Svinkels est celui qui est le plus difficilement abordable pour l'amateur de musique amplifiée que je suis. Les sons sont rap old school, pas mal de bidouillages sonores, des effets en veux tu, en voilà, pour former dans l'ensemble une véritable banque sonore inestimable. J'ai aussi l'impression que ce troisième disque est paradoxalement le plus musical. La musique est davantage mise en avant, les mélodies et les refrains sont plus évidents, et l'ensemble sert de la plus belle façon les textes toujours aussi savoureux. La griffe Svinkels est bien sûr présente tout au long de ce nouvel effort, à savoir des jeux de mots à tour de bras et du second degré qui fait mouche. Même si à la première écoute, certains morceaux font dans l'humour scabreux, chaque morceau à un sens plus ou moins léger, et ce qui est certain, c'est qu'il y a toujours un truc à dire qui fasse rire ou qui fasse réfléchir. Dans les deux cas, c'est pas perdu pour l'auditeur. Mais plutôt que de vous établir mon top cinquante des bons textes envoyés par Baste, Nikus et Mr Xavier, je préfère vous laisser vous faire une idée des grandes envolées textuelles du Svink'. Mais je ne résiste pas à vous indiquer mes gros coups de coeur : l'incroyablement couillu "C'est des cons" (un bon scandale en règle), les très Gainsbar "Tout nu yo", le philosopho-hardcore "Du PQ (pour mon trou-trou)", le mélo dramatique "La fugue", le gangsta "Dirty centre" et le dansant "Ultras festifs". En résumé, un disque riche en sons, dansant et pas avare de bons "maux". Le Svink', c'est définitivement chic !!! Et ça sera définitivement plus chic encore sur scène avec de vrais zicos venus de Sergent Garcia, FFKK... pour envoyer les bons sons du Dirty centre. Grande classe.

Svinkels / Chronique LP > Bons pour l'asile

bons pour l'asile Le nouveau Svinkels est vraiment chic et risque de faire des dégats dans les rangs du néo fade qui continue à déverser à intervalles réguliers son street-rachitique à la limite de la nudité intellectuelle et ses data-erreurs près du degré d'évolution zéro. La grande différence est que le trio parisien n'a jamais tenté d'empoigner le taureau par les Korn, mais plutot d'intégrer par eux-même leurs pulsions de guitares métal à leurs tendances hip hop, en les mélangeant dans ce grand creuset de débilité punk d'une originalité stupéfiante en ces temps de misère. Et quand "Ca recommence" tout en puissance, on applaudit des deux mains. On s'en taperait même les couilles par terre lorsque Nikus balance ses samples jouissifs au possible ("Ca n'sert à rien", mortel) ou que le hip hop rencontre le kitch avec des dommages collatéraux maximums ("Le svink c'est chic"). Sans se prendre au sérieux, le Svink fait du "Bricolage" en rappant avec trois bouts de ficelle, le moins que l'on puisse dire et que la sauce prend mieux qu'avec Stupeflip... le jour où ses trois garçons vont vraiment se faire interner pour usage abusif de jeux de mot foireux et de samples calamiteux, je ne voudrais pas être une camisole de force.