Rock > Supertuflu
Biographie > Souper tout flou ?
J'écris cette chronique à 4 jours de la fête de la musique, et donc dans quelques jours, ce sera l'anniversaire de la fécondation de Supertuflu... En 1996, lors de ladite fête, Frédéric (guitare, chant) rencontre Alexandra, leurs aspirations communes font qu'ensemble ils franchissent le cap, de "je voufrais bien monter un groupe", ils passent à "on monte un groupe", Alexandra se met à la basse et ils sont rejoints par Laurent, un ami étudiant, qui écrit des textes et joue de la guitare et par Karim Fari à la batterie, Ils affinent leurs compos, Supertuflu est lancé... mais s'appelle alors Four Wings ! En 1997, Karim part à l'armée, le groupe cherche en vain un batteur et opte pour la solution électronique, en 1998, ils changent de nom pour Supertuflu. Les concerts s'enchainent, un titre paraît sur la compilation du Fucking Festival : Les doigts dans l'auge en novembre 2000) le groupe se solidifie et en 2001 enregistre une première démo 7 titres, puis leur route croise celle de Sophie en 2002, elle devient chanteuse. Supertuflu retourne au studio.cave chez Grodolphe pour un maxi 4 titres au mois d'août. Désormais, c'est l'album qu'on attend...
Il sort au deuxième semestre 2004 et s'intitule : Aux jardins d'ébène.
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Supertuflu / Chronique LP > Aux jardins d'ébène
Sur son maxi éponyme, Supertuflu cultivait ses différents visages, sur leur premier album, Aux jardins d'ébène, ils continuent ! Ils essayent de semer l'auditeur en le désarçonnant : on a tantôt la voix posée de Frédéric ("Le rituel") tantôt celle, cristaline, de Sophie ("Cupidon"), tantôt personne ("Alone"), parfois ces voix s'offrent en anglais ("The dark side"), d'autres, c'est en français ("La mariée était en noir"), les guitares sont soit très présentes soit en attente d'une douce attaque sur la fin d'une boucle, les samples se promènent aussi libres que l'air, les tempos nous rassurent ou font monter l'angoisse, ça y est nous sommes perdus, Supertuflu nous a semé. Attiré par la musique du cortège d'un macabre mariage, on retrouve le groupe qui unit par les liens sacrés des accords parfaits un sombre électro-pop et un lumineux trip-hop.
Si les artworks portent la marque de l'auto-production, le son est d'une très bonne qualité (sauf peut-être celui de la "batterie"...), côté influences on retrouve beaucoup trop de choses pour tout citer, je te dirais juste d'aller écouter Louis 14 (le superbe "Cupidon", "La chanson que tu n'écriras pas") et Prohom ("Une teuf (v3.0)") si tu apprécies Supertuflu et vice versa.
Supertuflu démontre avec les 8 titres d'Aux jardins d'ébène que le groupe (et surtout Frédéric) peut composer des titres très variés et si la multiplicité des visages qu'il nous présente peut en rebuter quelques uns, c'est une de leurs forces, avec la disparition d'une distorsion ou l'arrivée d'une autre voix complètement différente, la formation relance perpétuellement la (ses) machine(s)...
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Supertuflu / Chronique EP > Supertuflu
Supertuflu a plusieurs facettes, voix douce ou voix plus grave, anglais ou français, on pourrait s'y perdre à multiplier les mélanges mais leur pop électronisée garde son identité grâce essentiellement aux sonorités des samples et à la chaleur de la basse. Ca commence doucement avec "4 saisons", le titre se met en place doucement, les loops entêtants ne nous quittent pas, ils se font juste un peu oublier derrière les guitares quelque peu distordues qui assombrissent un peu la fin du titre, du français on passe à l'anglais avec "Alone" quand le titre s'est chargé en énergie, les accords stridulent (toujours sur une boucle hypnotisante). Si les schémas des deux premiers titres se ressemblent, le troisième apporte beaucoup de fraîcheur, "Une teuf" est nettement plus rythmé, la grosse basse a pris ses marques et se fait entendre, au chant Frédéric rappelle Philippe Prohom, les samples sont également plus riches, ce "Une teuf" est excellent, les guitares s'électrisent et on distingue toujours aussi bien chaque instrument, la mélodie posée sur les machines donne de l'air et quand elle se tait, c'est pour laisser les instrus nous faire danser. "It's me" maintient ce cap mais en anglais, on porte alors moins attention aux paroles pour remarquer la chaleur de la voix, si les samples ne lâchent pas l'affaire, un arpège remplace les riffs et la quiétude remplace une certaine tension.
Supertuflu est axé sur l'utilisation des samples, les boucles remplacent peut-être un peu trop les rythmes de batterie mais le tout est plaisant, "Alone" et "Une teuf" sont tous deux très différents et très bons, comme l'éventail des possibilités est large, Supertuflu a de quoi nous sortir un bon album...
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