SUNDERFEET - nightmare for myself Ce Nightmare for myself est un peu comme un Irish Coffee. Non pas qu'on y trouve des origines irlandaises, étant donné que Sunderfeet vient d'Alsace et qu'il joue plutôt dans la catégorie stoner rock avec des pointes grunge. Ils ne pratiquent donc pas le violon ou la cornemuse, mais plutôt la sainte trilogie rock : guitare (Simon Mack) basse (Matthieu Ernewein) batterie (Luke Duke). Le parallèle entre le cocktail revigorant et ce LP de 10 tracks se retrouve plutôt dans leurs compositions respectives : la force du whisky imbibe des titres stoner aux riffs agressifs et piquants ("Mushroom fail"). La douceur d'une crème s'invite dans des ballades spleenétiques ("Nightmare for myself"). Parfois le sucré se mélange à l'alcool ("Death prowler"). La chaleur du café nous accompagne tout le long de l'album avec la voix savoureusement éraillée et mélancolique de Matthieu Ernewein. Et la noirceur intense du breuvage se distille dans ce Nightmare for myself, empreint de visions tristes et sombres, à l'instar de l'artwork, patchwork de songes inquiétants. Un LP savamment élaboré, au parfait dosage entre le chaud, l'intense, le doux, la rage, la tristesse. Aussi puissant et classe qu'un Irish Coffee.