rock Rock > Songs of Green Pheasant

Biographie > Itinéraire d'un professeur doué


Duncan Sumpner est enseignant à Sheffield (au nord de l'Angleterre pour ceux les réfractaires à la géographie). Evidemment, son job lui plaît mais il aime également prendre sa guitare et transposer ses rêves, ses craintes, ses envies, ses peurs sur des compositions pop-folk (ou peut-être est-ce l'inverse...) qui tiennent autant des Cocteau Twins que de 4AD et Grizzly Bear. Après avoir passé pas mal de temps à écrire dans son coin, à composer seul avec son instrument, il décide un beau jour de démarcher des labels, histoire de... comme on dit. Et là, une opportunité s'offre à lui, démontrant par là-même qu'il suffit parfois de tenter sa chance pour qu'elle s'offre à vous. En effet, les gens de chez Fat Cat Records, grands découvreurs de talents rares (Mum, Panda Bear, Sigur Ros) jettent une oreille attentive sur le petit CD-r que Sumpner leur a fait parvenir et tombent sous le charme de sa musique. On est alors en 2002 et l'homme qui se cache derrière le pseudo de Songs of Green Pheasant s'attele alors à son premier album. Un disque éponyme qu'il mettra 3 années à achever et qui sort donc à la rentrée 2005 chez Fat Cat. Bien que confidentiel, le succès d'estime de ce premier opus attire sur Duncan Sumpner l'attention des amateurs de folk-songs finement ciselées et celui-ci poursuit sa collaboration avec le label, en enchaînant directement avec un deuxième opus qui voit le jour l'année suivante (Aerial days). En 2007, Songs of Green Pheasant a désormais son rythme de croisière et sort donc son troisième album avec Gylling street, qui sort toujours, il va s'en dire, chez Fat Cat.
> 0 commentaire - ajoute un commentaire Ajoute un commentaire !

aureliO
Octobre 2007

Songs of Green Pheasant / Chronique LP > Gylling street


songs_of_green_pheasant_gylling_street.jpg Un homme seul le regard rivé sur un horizon brumeux, en haut d'une falaise surplombant l'océan... tout ou presque est déjà sur la pochette de Gylling street, le troisième opus de SOGP. Certains s'enferment dans un mutisme absolu pour intérioriser leurs sentiments, d'autres extériorisent leur ressenti en l'évoquant humblement dans des compositions feutrées et raffinées... c'est évidemment la deuxième voie qu'à choisi Duncan Sumpner avec le projet Songs of Green Pheasant. A l'heure de ce nouvel effort, il évoque avec retenue et mélancolie le temps où il était étudiant, qu'il écrivait des morceaux dans sa chambre avant de les enregistrer sur un 4-pistes dans son salon (d'où le titre de l'album Gylling street, qui est la rue dans laquelle il résidait pendant ses études). "Boats" puis "King friday" se suivent et ne se ressemblent pas, deux compositions pop-folk qui flirtent avec le mouvement shoegaze de My Blood Valentine et les tendances "slowcore", des morceaux rêveurs, hypnotisant à souhait, très produits et au songwriting affirmé.
Quelques fulgurances post-rock, des arrangements typiquement pop, une voix qui vient planer par dessus, cajolant l'auditeur en l'enveloppant d'un épais manteau folk à la douceur infinie. On pense tour à tour à Grizzly Bear ou à Red House Painters, voire à Codeine au moment d'évoquer la musique de Songs of Green Pheasant. Puis vient "The ballade of Century Paul", petite pépite noctambule, intimiste mais jamais nombriliste, aussi fragile que stratosphérique. La musique est à fleur de peau, jouant de ces quelques arrangements dépouillés à la Sigur Ros pour nous plonger au coeur de l'âme en peine de son auteur. "West coast profiling" vient alors nous ramener vers la lumière. Des instrumentations denses et raffinées, une pop-folk angélique, magnétique à la nostalgie d'un autre temps et quelques instants d'un pur bonheur musical immaculé.
Tout au long des sept morceaux que compte Gylling street, Songs of Green Pheasant met en place son puzzle émotionnel, étonnamment subtil, magnifiquement aventureux ("Alex drifting alone"). Duncan Sumpner se met en scène sans fausse pudeur et parvient à faire naître chez nous des émotions contradictoires, entre tristesse insondable et bonheur incertain, par les thèmes qu'il aborde (la fuite du temps, la réflexion sur la foi etc...) et les mélodies qu'il distille (le sublime "A sketch for Maenporth"). Et qu'importe si, en voulant se détacher du lo-fi de ses débuts, sa musique cède à quelques facilités un peu mainstream, il n'en reste pas moins que son pouvoir d'attraction, d'addiction même, est incomparable et qu'elle mérite, sans l'ombre d'un doute, de recevoir un écho qui dépasse largement le seul cercle des seuls initiés.
> 0 commentaire - ajoute un commentaire Ajoute un commentaire !

aureliO
Octobre 2007

Liens pour Songs of Green Pheasant
Songs of Green Pheasant discographie sélective
Liens Internet
Publicité