rock Rock > Songs of Green Pheasant > Chronique LP / Gylling street

Songs of Green Pheasant
EP : Gylling street
Label : FatCat Records
fat-cat.co.uk/
Style : Folk pop
Date de sortie : 20/08/2007
Boats
King Friday
The Ballad Of Century Paul
West Coast Profiling
Alex Drifing Alone
Fires P.G.R.
A Sketch For Maenporth


songs_of_green_pheasant_gylling_street.jpg Un homme seul le regard rivé sur un horizon brumeux, en haut d'une falaise surplombant l'océan... tout ou presque est déjà sur la pochette de Gylling street, le troisième opus de SOGP. Certains s'enferment dans un mutisme absolu pour intérioriser leurs sentiments, d'autres extériorisent leur ressenti en l'évoquant humblement dans des compositions feutrées et raffinées... c'est évidemment la deuxième voie qu'à choisi Duncan Sumpner avec le projet Songs of Green Pheasant. A l'heure de ce nouvel effort, il évoque avec retenue et mélancolie le temps où il était étudiant, qu'il écrivait des morceaux dans sa chambre avant de les enregistrer sur un 4-pistes dans son salon (d'où le titre de l'album Gylling street, qui est la rue dans laquelle il résidait pendant ses études). "Boats" puis "King friday" se suivent et ne se ressemblent pas, deux compositions pop-folk qui flirtent avec le mouvement shoegaze de My Blood Valentine et les tendances "slowcore", des morceaux rêveurs, hypnotisant à souhait, très produits et au songwriting affirmé.
Quelques fulgurances post-rock, des arrangements typiquement pop, une voix qui vient planer par dessus, cajolant l'auditeur en l'enveloppant d'un épais manteau folk à la douceur infinie. On pense tour à tour à Grizzly Bear ou à Red House Painters, voire à Codeine au moment d'évoquer la musique de Songs of Green Pheasant. Puis vient "The ballade of Century Paul", petite pépite noctambule, intimiste mais jamais nombriliste, aussi fragile que stratosphérique. La musique est à fleur de peau, jouant de ces quelques arrangements dépouillés à la Sigur Ros pour nous plonger au coeur de l'âme en peine de son auteur. "West coast profiling" vient alors nous ramener vers la lumière. Des instrumentations denses et raffinées, une pop-folk angélique, magnétique à la nostalgie d'un autre temps et quelques instants d'un pur bonheur musical immaculé.
Tout au long des sept morceaux que compte Gylling street, Songs of Green Pheasant met en place son puzzle émotionnel, étonnamment subtil, magnifiquement aventureux ("Alex drifting alone"). Duncan Sumpner se met en scène sans fausse pudeur et parvient à faire naître chez nous des émotions contradictoires, entre tristesse insondable et bonheur incertain, par les thèmes qu'il aborde (la fuite du temps, la réflexion sur la foi etc...) et les mélodies qu'il distille (le sublime "A sketch for Maenporth"). Et qu'importe si, en voulant se détacher du lo-fi de ses débuts, sa musique cède à quelques facilités un peu mainstream, il n'en reste pas moins que son pouvoir d'attraction, d'addiction même, est incomparable et qu'elle mérite, sans l'ombre d'un doute, de recevoir un écho qui dépasse largement le seul cercle des seuls initiés.

aureliO
Octobre 2007

Commenter
Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

Pas encore de commentaires

Revenir en haut de page

Dans la rubrique Songs of Green Pheasant :
Liens pour Songs of Green Pheasant
Songs of Green Pheasant discographie sélective
Liens Internet
Publicité