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Somnaa: MySpace
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Somna > Chronique EP / Somna
Il y a parfois des groupes dont on sait qu'ils ne vendront pas forcément des dizaines de miliers d'albums. Pas plus qu'ils ne seront, dans la foulée d'une petite chronique, propulsés en tête de gondole dans quelques grandes surfaces dites "culturelles" dont nous tairons ici les noms pour ne pas leur faire plus de publicité qu'elles n'en matraquent déjà. Somna fait indéniablement partie de ces groupes, parfois méconnus hors de leurs frontières régionales, mais qui ne peuvent que susciter l'intérêt lorsqu'ils nous soumettent leurs disques à l'écoute. Confidentielle mais foisonnante, se nourrissant de ces paradoxes pour mieux développer ses ambiances, planantes et contrastées, la musique des quatre nouveaux titres composant le deuxième EP de Somna est dans la veine de ceux figurant sur Hyperréalité, l'élégant premier essai du groupe. Toujours dans cette veine post-rock classieuse imprégnée de sonorités jazzy ; et désireux de développer l'imaginaire de l'auditeur, lui donner la trame d'une histoire, l'esquisse d'un rêve... d'après ses propres dires, le trio développe une musique qui parle à l'inconscient. Une ode à l'onirisme qui s'empare de nos pensées lorsque que le sommeil s'empare de nous et que l'on s'apprête à rejoindre paisiblement les bras de Morphée, notre esprit dérivant lentement vers l'inconscience. En réduisant quelque peu le format de ses compositions (10'35 pour le plus long, 4'18 pour le plus court de ses 4 titres), les reimois n'ont pas pour autant abandonné ce qui faisait l'essence de sa musique. La production est ainsi d'une limpidité extrème et met parfaitement en relief ces entrelacs instrumentaux qui invitent au voyage sensoriel, à la rêverie post-rock intimiste dont Somna a le secret. Maniant l'épure sans jamais plonger dans l'ennui, s'offrant quelques instants de plénitude stratosphérique avant de rejoindre plus longuement la terre ferme. A l'instant d'Hyperréalité, les morceaux composant le tracklisting de Somna n'ont pas de titre et n'ont que des numéros de pistes, d'ailleurs, la 8 semble s'être égarée en route puisqu'on a droit à 6,7, 10 et 9 dans cet ordre, mais a priori, on peut quasiment être certain que c'est quelque chose de parfaitement délibéré. Et en même temps, il est tellement difficile de prendre un morceau part, les 4 titre formant déjà un ensemble parfaitement homogène, que cela n'a finalement que peu d'importance, la seule chose vraiment essentielle étant cette faculté qu'à le groupe à capter des instants fugaces, presques irréels où le réél et l'imaginaire semblent ne faire plus qu'un. Il y a finalement des groupes dont on sait qu'ils auront un peu de mal à se faire connaître du plus grand nombre et c'est à ce moment que l'on se rend compte que c'est quand même une chance inouïe d'avoir accès à leur musique, un plaisir rare d'avoir la possibilité d'écrire ses quelques lignes quand tant de mélomanes passeront à côté d'elle sans même lui jeter un regard. A eux de nous faire mentir...
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