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Sleep Talker > Chronique LP / Sleep talker
Il y a un an et demi, Sleep Talker enregistrait en même temps deux disques : un EP baptisé Shelbyville bus stop chroniqué dès sa sortie et un album "full length" éponyme décortiqué par nos soins seulement maintenant. La raison ? Tout simplement parce qu'il y a en permanence et au minimum une jolie cinquantaine de disques en attente de dépeçage rédactionnel sur le bureau de chaque membre de la rédaction et qu'on essaie d'en faire un maximum sans pour autant trahir l'essence des oeuvres qui nous sont proposées à écoute. Cela dit, il était quand même grand temps de se pencher sur ce Sleep talker, d'une part pour rendre compte de ce que pouvait donner le groupe sur un long format après un EP plutôt prometteur ; et d'autre part, parce qu'on ne s'attardera jamais trop sur les productions du foisonnant et sympathique label Dead Bees Records. Une petite structure à la dynamique étonnante et à l'exigence de qualité pleinement assumée. En témoigne notamment les sorties des albums de Alone in 1982, Eyelash Pulse, Cobson, Call me Loretta ou plus récemment Junkyard Birds. Musicalement, Sleep talker, est dans la droite lignée (qui en doutait ?) de Shelbyville bus stop, leur effort inaugural. Mélange à l'anglo-saxonne de distorsion noisy, d'effluves post-rock et d'écriture typiquement indie-rock, l'album, quasi exclusivement instrumental, se veut, à l'instar, du premier essai, comme un "work in progress" permanent. A savoir qu'une fois enregistré et complètement finalisé, l'album est laissé à la libre-interprétation des auditeurs, qui peuvent à loisir écrire des textes, les enregistrer puis les envoyer au groupe. Sous l'influence discrète des Sonic Youth, Deerhof et autres Fugazi, les compositions du groupe semblent vouloir s'ouvrir à d'autres horizons musicaux, sans toutefois s'éloigner trop d'une certaine conception du rock indé : exigeant, inventif et lo-fi... Assez roots dans l'âme osera-t-on... Des guitares qui s'entrelacent à n'en plus finir, des mélodies tenues aux tendances pop, des rythmiques qui jouent la rupture sans jamais s'égarer sur des chemins de traverses, les membres de Sleep Talker osent, se mettent en danger, sans jamais copier personne ni jouer la facilité. Ils ne se posent assurément pas en réinventeurs du rock mais se plaisent à faire dans leur coin la musique qu'ils aiment, tout simplement, sans prétention ni considération mercantile. Si l'intention est louable, le résultat l'est bien plus...
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