rock Rock > Shoot The Singers

Biographie > Tuez les tous

Ce trio bisontin distille depuis l'année dernière un son qui sent bon le rock n' roll grassouillet du fin fond de la cave. Composé de Mickaël (ex-Lead Orphans, ex-Tennisoap) et Benjamin (The Tiger Theory et ex-Tennisoap) aux guitares, le tout rythmé par Benoît de Seven Of Nine, Shoot The Singers sort son premier LP limité à 300 exemplaires en octobre 2012 chez Impure Muzik. Enregistré live en deux jours, A good singer is a dead singer impose déjà son style par l'intermédiaire d'un artwork plutôt réussi où le groupe se met en scène façon "killers" à la Tarantino... Les chanteurs n'ont qu'à bien se tenir !

Shoot The Singers / Chronique LP > A good singer is a dead singer

Shoot the singers - ADSIAGS Besançon... encore et toujours. L'une des capitales du rock français (avec Lille ?) abrite depuis l'année dernière un trio signé sur le label local (et international) de référence Impure Muzik (Microfilm, Interlude, Jack And The Bearded Fishermen). Il ne s'agit ici pourtant pas de noise, de (post-)hardcore, de sludge et autre post-rock apocalyptique si chers au précité. Non, la violence ici, si tant est qu'il y en ait une, se traduit par un langoureux indie-rock à l'esprit "garage" et se prénomme Shoot The Singers. Deux guitares, une batterie et un chant relativement discret (vu le nom du groupe et son artwork, on peut aisément le comprendre) : voilà en clair la formule de ces Bisontins en mal de rock US qui nous ramène inexorablement vers des sonorités nineties. Quand on plante un décor pareil, difficile de résister à la découverte de ce premier LP.

Avant même de poser le micro-sillon sur la platine, A good singer is a dead singer charme par sa pochette recto-verso dont l'artwork en forme d'affiche de film met en scène le trio se débarrassant du corps d'un chanteur, pour rester dans le propos. Shoot The Singers mise donc sur le son et ils ont bien raison. Deux guitares en parfaite harmonie qui sonnent brutes (du rock quoi !) et dont le ton est d'humeur grave, les riffs caressant le stoner ("The last coach" fait penser par moment à du Queens Of The Stone Age), le rock alternatif US (on retrouve quelques plans à la And You Will Know Us By The Trail Of Dead époque Madonna sur "Be quiet" and "I'll laugh") avec une belle prise de liberté dans les structures où un soupçon de post-rock noisy (certains citent les très influents Slint) vient se frayer un chemin dans cette aventure enregistrée live en deux jours. Sans parler de la bluesy "Ashtray".

Le moins que l'on puisse dire c'est que moult formations apparaissent inconsciemment à l'esprit pour tenter de décrire l'univers de Shoot The Singers, qui, au delà du fait que leur premier disque n'apporte pas vraiment de pierre à l'édifice, s'avère foutrement efficace et largement assez bandant dans son approche artistique. Il y a de quoi bouffer dans ce A good singer is a dead singer et cette digestion de réminiscences citées plus haut par ces pensionnaires du Data Music (les gars de Besac comprendront) passerait presque comme un souffle divin au vu du nombre de formations françaises qui ont été vouées à l'échec dans ce genre d'exercice.