Rock > Sheeva
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Sheeva est né au coeurs de la cité phocéenne pendant l'été 2003 de la rencontre de David, François et Alex. Le groupe se mis au travail au cours des semaines qui suivent et font leurs premières armes en live au mois de septembre à la Machine à Coudre (Marseille) aux côtés des New-yorkais de Krackheadz. S'ensuivent alors tout une série de concerts ainsi qu'une première démo. Un an plus tard, David quitte le groupe. Sergio le remplace. Quelques semaines plus tard, Vinz intègre Sheeva, qui devient un quartet. A la suite de l'enregistrement de sa deuxième démo, baptisée Vices et râles, le groupe 2 de ses membres sur le chemin. Exit François et Sergio, bienvenue à Eva qui prend la batterie alors que Sheeva repasse au format trio, bosse quelques temps dans son coin, assure quelques concerts et sort en 2007 son premier EP : un 7 titres intitulé Sheol.
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Sheeva / Chronique EP > Sheol
Dans le milieu des groupes de rock, on trouve deux tendances : il y a ceux qui se laissent bercer par les tendances du moment, jouant la facilité en recyclant jusqu'à plus soif les clichés du rock pour trôner au sommet des charts... et parfois ça marche. Et puis il y a les autres, les petites formations indé qui dans leur coin, font parler les guitares avec leurs influences, leurs moyens relativement réduits, mais qui, la rage au ventre, attaquent les enceintes le mors aux dents. Sheeva est assurément dans la seconde catégorie. Pour faire simple et donner une idée du spectre musical dans lequel évoluent les phocéens, on dira que la musique du groupe est un peu à la croisée des chemins entre les Queens of the Stone Age, Muse, Placebo et un Noir Désir survolté. Soit un power-rock énergisant, chanté en français, un peu classique au niveau des textes, mais qui balance des compos parfaitement bien exécutées, aux instrumentations soignées et à l'énergie communicatrice ("Anna", "Dies Irae").
Puissante et incisive ("Veuillez recevoir"), éduquée aux guitares acérées et aux rythmiques schizophréniques, avec ce Sheol EP, la musique de Sheeva ne révolutionne rien dans la forme mais a le sens de la formule. Au niveau des textes, rien de bien inventif au premier abord, voire quelques lignes un peu naïves, mais également quelques charges plus rentre-dedans, violentes dans l'esprit et lucides sur notre époque (un "Eduque moi") : "je suis resté dans l'isoloir, je suis froissé de ta pitié [...] détruit encore mon humanité" ; "éduque-moi au suicide", surtout quand elles se terminent sur un sample de boîte à musique pour enfant. Des guitares vénéneuses, une section rythmique qui assure et un chanteur qui envoie à la face de l'auditeur des textes écorchés-vif, "Dukkha", septième et dernier morceau de Sheol est sans doute le meilleur de l'EP. Un titre compact et rageur, inventif et catchy, un "tube" comme on dit chez les maisons de disque qui vient terminer sur une excellente note le premier essai d'un groupe encore jeune qui, malgré des défauts inhérents à son manque d'expérience, parvient déjà à exploser par instants l'étiquette "rock français" pour asseoir son efficacité. Un bon début pour Sheeva..
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