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Biographie > Sheavy

Relativement peu connu du grand public de ce côté de l'Atlantique, hors du cercle des amateurs de stoner rock qui défouraille, Sheavy existe pourtant depuis plus de 13 ans. Petite info qui fait toujours grimper le capital sympathie du groupe, ses membres ont commencé par reprendre des titres de Kyuss, figure incontournable du genre, tout en travaillant dans le même ses propres compositions. Forcément, le son de cette formation, native du Canada, qui était encore un quintet à l'époque, s'est naturellement nourri des influences de ceux qui sont, quasiment à eux seuls, les fondateurs du mouvement stoner.
Se cherchant encore, Sheavy sort sa première démo en 1993 avec Reproduction E.P, un premier essai rapidement suivi d'un second, l'année suivante : Salves to fashion. Deux ans après, soit en 1996, le groupe sort enfin son premier LP avec Blue sky mind, un album qui permet au groupe de percer et d'être repéré par l'un des labels les plus reconnus sur la scène stoner/doom : Rise Above Records (Cathedral, Electric Wizard, Orange Goblin...). Les membres de Sheavy signent alors un deal pour trois albums : Electric sheep (1998), Celestial hi-fi (2000) et Synchronized (2002). 3 efforts sur lesquels le groupe va trouver son propre style, la "Sheavy's touch". Un son particulier, proche des grandes heures du heavy rock hérité des 70's qui vaudra notamment à l'album Electric sheep d'être consacré à sa sortie "Meilleur album de Black Sabbath depuis 25 ans", par la presse spécialisée.
Une critique élogieuse, un deal avec un gros label indépendant, Sheavy s'est imposé comme l'un des groupe à suivre de la scène stoner rock nord-américaine. En 2005, le groupe sort son cinquième album studio avec Republic?, toujours chez Rise Above Records et se décide à occuper le terrain en annonçant (déjà) un nouvel album ainsi qu'un DVD pour 2006.

Interview : Sheavy, sHeavy, l'interview lourde (Mars 2006)

Sheavy / Chronique LP > Synchronized

sheavy_synchronized.jpg Celui-là, je dois admettre que je ne le connaissais que de réputation, sans jamais avoir eu la chance, ni pris le temps de mettre la main dessus. Et voilà que, (coup de bol), mon très estimé collègue et spécialiste renommé de bières belges, j'ai nommé Oli, me confie qu'il lui reste un exemplaire de Synchronized dans sa discothèque plutôt bien fournie. Ni une ni deux, le champion national du bon goût envoie la galette dans le terrier du champion national du mauvais et voici comment un disque qui nous été passé complètement à côté, faute de temps, arrive dans ces pages un peu après son successeur (et oué, nous on ne fait rien comme les autres et on assume...). Et finalement, ce n'est pas plus mal de ressortir les veilleries des cartons, parce que dès le premier titre ("Firebird 350"), Sheavy déballe le matos et ne se prive pas pour envoyer du grain à moudre sur la platine. Et une bastos directe sur les enceintes de votre serviteur. Un titre purement stoner/ rock'n roll qui décrasse les boulons, catchy et furieusement efficace. De quoi faire du bien par où ça passe. Petit souci cependant avec le deuxième titre "Last of the V8 Interceptors", puisque les canadiens tendent un peu vers un heavy rock calibré FM, pas forcément du meilleur effet et sommes toutes assez convenu, ce, malgré une prod absolument nickel chrome. Mais le groupe va relever la tête, après tout, Sheavy on a suffisamment de bouteille (désolé pour les jeux de mots vaseux) pour ne pas se laisser griser par la facilité, et les bûcherons de nos servir un Nex exit to vertigo et des parties de basse aux petits oignos tandis que le gratte s'enfile un petit solo carrément ultime. Et oui, les solo, chez le groupe, on sait faire. Et là surprise, Sheavy enchaîne avec une petite ode bluesy gorgée d'effets et un peu brumeuses, histoire de nous endormir un peu pour mieux nous remettre les idées en place avec un titre éponyme aux textures synthétiques pas forcément les bienvenues, mais surtout deux nouveaux titre : "Kill queens go disco" et "AFX..." définitivement "rock in your face". On l'a compris, si Synchronized ne parvient pas à éviter quelques clichés un peu quelconques, cet album nous réserve tout de même suffisamment de rock qui dérouille et se révèle plus que sympathique. Ni plus, ni moins qu'un solide album de heavy rock solide et hormoné.

Sheavy / Chronique LP > Republic?

sheavy_republic_artwork Avant-propos : avant d'aller plus loin, on va préciser une petite chose pour ne pas choquer les petites âmes chagrines : Sheavy, c'est le Black Sabbath des années 2000. Bien sûr, certains diront peut-être qu'il est exagérer d'affirmer ça, comme ça. auquel cas, ils feraient mieux de poser une petite oreille sur le dernier effort en date des quatre Canadiens. Voilà ça c'est fait. Parce qu'on vous aura prévenu, ceux qui n'aiment pas le bon gros heavy rock de mamie peuvent passer leur chemin, on ne leur en tiendra pas rigueur.
Ce petit point de détail ayant été éclairci, il est peut-être temps de se pencher un peu plus sérieusement sur Republic?, le petit dernier de la discographie de Sheavy. Le riff alerte, les inflexions de voix à la Ozzy (Osbourne pour les mous du bulbe... sic), "Spy vs spy", "Hangman" ou encore "Moment of silence" remplissent allégrement le cahier des charges de tout bon album de gros rock bien heavy qui se respecte. Du rock catchy, rugueux, énergique lesté de quelques soli de gratte bien comme il faut. Une prod impeccable, un son terriblement efficace et qu'importe si ça reste assez conventionnel, ça fait du bien par où ça passe.
Dans le genre remède contre la gueule de bois de la veille, c'est mieux qu'un Aspro 1000mg, Sheavy remet directement la tête à l'endroit, lestant par la même occasion, son album de quelques hits qui tabassent ("Revenge of the viper three", "The man who never was", "Stingray part III") et se permet même quelques passages un peu plus "expérimentaux" plutôt réussis ("A phone booth in the middle of nowhere"). Au final, malgré quelques morceaux manquant un peu de renouvellement ("The rook", "Imitation of Christ"), les Canadiens accouchent d'un album fort sympathique, à l'énergie contaminatrice, même si dans le genre qui met des claques, on peut toujours préférer les Américains d'Artimus Pyledriver. Question de préférence personnelle évidemment.